Vont-ils le laisser vivre ou l’ont-ils déjà fait mourir ?

 

 

 

Imran Khan est en prison depuis plus de deux ans. 

Sa famille et ses avocats sont sans nouvelles et ne sont plus autorisés à le voir.

 

 

 

Ses geôliers prétendent qu’il va bien mais refusent qu’on le voie ou qu’on lui parle au téléphone, et les rumeurs de mort réfusent de se calmer.

On dirait presque que ceux qui le détiennent ne savent que faire de lui ou alors l’ont déjà tué et ne savent comment l’admettre, dans un pays qu’une telle fin pourrait faire exploser.

 

 

 

Mario Nawfal, journaliste australien que nous vîmes, il y a quelques mois, reçu avec Larry Johnson et le juge Napolitano au Ministère des Affaires étrangères de Russie par Sergueï Lavrov et Maria Zakharova, et qui a pris à cœur le sort de l’ex-Premier ministre pakistanais, embastillé parce que son existence dérangeait une grande puissance lointaine, propriétaire de l’armée de son pays. Mais aussi, peut-être, parce que le chef de cette armée a fait de lui et de son épouse, pour des raisons inconnues, ses ennemis personnels.

 

 

 

Asim Munir et Imran Khan, pakistanais inconciliables

 

 

 

Comme il le dit lui-même, Mario Nawfal a déjà parlé avec Imran Khan et avec plusieurs membres de sa famille. Il s’entretient aujourd’hui, pas pour la première fois, avec sa sœur Alima Khan.

 

 

Des bruits courent avec insistance, selon lesquels Imran Khan aurait été empoisonné ou transféré en cachette dans une prison inconnue où il subirait des pressions, voire des tortures, pour l’amener à abandonner sa lutte en faveur d’un Pakistan démocratique.

Il y a maintenant 24 jours que personne ne l’a vu ni ne lui a parlé. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’ils essaient de cacher ?

Aujourd’hui, je parle à nouveau avec sa courageuse sœur, Alima Khan, qui, elle aussi, subit toutes sortes de pressions et est menacée d’incarcération, tandis qu’elle et d’autres membres de leur famille continuent de se battre pour la liberté d’Imran.

La dernière fois que j’ai parlé avec Alima, c’était il y a trois mois, ses deux fils venaient juste d’être enlevés e jetés en prison, et son neveu [Nous ignorons qui est ce neveu, fils d’une de ses autres sœurs sans doute NdGO] continuait de subir sa condamnation à 10 ans d’emprisonnement.

J’ai déjà été confronté à la corruption ; j’ai défendu la liberté de parole et la démocratie un peu partout dans le monde. Mais le Pakistan est un cas à part. Un ancien Premier ministre est en prison, sa famille est persécutée et des milliers de ses partisans sont derrière les barreaux. Pourtant, la résistance ne s’est pas calmée. C’est pourquoi je suis à nouveau là. J’ai parlé à Imran Khan. J’ai offert de l’espace à ses deux fils pour qu’ils puissent s’exprimer en public et j’ai parlé plusieurs fois avec Alima Khan, au fil de la lutte qu’elle mène en soutien de son frère.

Aujpourd’hui, avec des précautions accrues pour ma propre sécurité, mon but reste simple : que le monde entende directement ce qu’ont à dire ceux qui subissent cette répression. »

 

 

Et, oui, c’est en anglais.

 

 

Imran Khan’s Sister Shares Latest News On Brother, Physical Assault, Prison Visits & Pakistan...

 

[La soeur d’Imran Khan parle de son frère, d’agressions physiques, de visites en prison déniées et du Pakistan]

 

 

 

 

 

 

Pour ceux de nos lecteurs qui débarqueraient :

 

 

L’homme dont on parle ici est Imran Khan, ancien champion international de cricket, né le 5 octobre 1952 à Lahore et homme d’État pakistanais.

En avril 1996, Khan a fondé le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI), un parti politique longtemps marginal, dont il a été le seul membre élu au Parlement jusqu’en 2013. (Wikipedia).

Mais le PTI, parti d’opposition – c’est-à-dire plus favorable au peuple qu’aux « protecteurs » étrangers, n’a cessé de croître, si bien qu’en 2018, Imran Khan a été élu Premier ministre.

En 2022, il a été, sans surprise, renversé par une motion de censure préfabriquée. Il faut dire qu’il voulait que son pays entretienne avec la Russie des relations civilisées, fussent-elles juste commerciales.

« L’armée pakistanaise et les États-Unis sont intervenus en coulisse pour favoriser la destitution d’Imran Khan » dit encore Wikipedia, qui poursuit :  « Le nouveau gouvernement, dirigé par Shehbaz Sharif, frère cadet de Nawaz Sharif, qui fut Premier ministre à trois reprises depuis les années 1990, tente de l’éliminer de la vie politique en lançant contre lui de multiples procédures judiciaires. Au total, Imran Khan est poursuivi dans plus de 200 affaires depuis qu’il a été chassé du pouvoir. Il est condamné, entre août 2022 et février 2024, à quatre peines de prison pour des accusations de corruption et pour s’être marié sans avoir attendu un délai de trois mois après le divorce d’avec son épouse. Son entourage politique et son parti sont également ciblés par la répression. Un panel d’experts de l’O NU a estimé que sa détention « n’a aucune base légale et semble avoir été destinée à disqualifier sa candidature à une fonction politique ». Il reste considéré comme la figure politique la plus populaire du Pakistan. »

Bref, les accusations de circonstance et les actes arbitraires ne cessent de pleuvoir, sur lui et sur ses partisans, mais aussi sur ses proches.

Ce que ne dit pas Wikipedia, c’est que la popularité d’Imran Khan au Pakistan n’a cessé de croître elle aussi et que le peuple pakistanais, en ce compris des parties de l’armée et de la police, reconnaît en lui son défenseur. Sa popularité avoisinerait même les 80% chez les jeunes hommes de moins de 36 ans, ce qui lui ferait frôler la cote de Vladimir Poutine en Russie.

Le mouvement du Pakistan pour la Justice (PTI) a un site officiel en ligne, mais il est censuré en Belgique. Vous avez bien lu :  il est interdit aux Belges de s’en informer.

Vous pouvez toujours regarder ce qu’en dit Wikipedia. On vous le redonne ici :

Movement du Pakistan pour la justice

 

 

 

L’épouse d’Imran Khan, Bushra Bibi, est également incarcérée. Elle a été transférée en prison en mai 2024, après une période d’assignation à résidence.

Les enfants d’Imran Khanses fils Kasim et Sulaiman – vivent en Angleterre, où ils ont fait leurs études, et ne sont donc pas emprisonnés. Le cadet avait écrit à Donald Trump, au début de son second mandat, lui demandant d’intervenir pour qu’un traitement légalement correct soit accordé à son père, l’aîné vient d’exiger du gouvernement pakistanais, par voie de réseaux sociaux, une « preuve de vie ».

Ses trois sœurs, Noreen Niazi, Alima Khan et le Dr Uzma Khan, ne sont pas non plus emprisonnées – pas encore – mais se sont vu refuser l’accès à toute visite à leur frère, en dépit des autorisations judiciaires. Car l’armée vendue aux USA est au-dessus des lois.

 

Voici ce que Kasim Khan a publié sur X :

 

  Mon père est détenu depuis 845 jours. Depuis six semaines, il est maintenu à l’isolement dans une cellule de couloir de la mort, sans aucune transparence. Ses sœurs se voient refuser toute visite, malgré des ordonnances judiciaires claires les autorisant. Aucun appel téléphonique, aucune rencontre, aucune preuve de vie. Mon frère et moi n’avons aucun contact avec lui.

Ce black-out total n’est pas un protocole de sécurité. C’est une tentative délibérée de dissimuler son état et d’empêcher notre famille de savoir s’il est en sécurité. Que les choses soient claires : le gouvernement pakistanais et ses complices devront répondre pleinement de leurs actes sur les plans juridique, moral et international quant à la sécurité de mon père et à toutes les conséquences de cet isolement inhumain.

J’appelle la communauté internationale, les organisations mondiales de défense des droits humains et toutes les voix démocratiques à intervenir d’urgence. Exigez une preuve de vie, faites respecter les droits de visite ordonnés par la justice, mettez fin à cet isolement inhumain et demandez la libération du dirigeant politique le plus populaire du Pakistan, détenu pour des raisons purement politiques. »

 

 

 

Cette semaine, des manifestations se sont multipliées – ici c’est à Karachi – pour réclamer la levée du secret sur le sort d’Imran Khan

 

 

 

 

Où est-il le temps où le monde entier se passionnait pour la lutte de Gandhi réclamant la liberté de l’Inde ? De l’Inde qui n’aurait jamais dû, en 1947, être séparée du Pakistan (les Grand-Bretons n’en font jamais d’autres et même c’est leur truc préféré) !

 

 

12 mars 1930 : Gandhi entame la marche du sel

 

 

Le monde entier assiste aujourd’hui en direct,  et sans que cela dérange sa digestion, au massacre des Palestiniens, de toutes les façons possibles, y compris les plus inventives.

Et pour comble d’ironie, alors que l’Inde et le Pakistan sont en guerre ouverte (merci, les Zuniens !), c’est Narendra Modi qui, finalement,marchant sur les traces de son prédécesseur Imran Khan, se rapproche de la Russie.

 

 

 

 

 

 

Hélas, l’emprisonnement arbitraire, pour complaire aux Zuniens, d’un homme politique du bout du monde, surtout s’il est populaire, ne suffit pas à réveiller les humains qui ronflent.

 

Pourtant, pendant qu’ils dorment, au Pakistan…

 

 

 

 

Des militants du PTI ont manifesté récemment contre des amendements constitutionnels anti-constitutionnels par une protestation anti-gouvernementale . Ici, encore à Karachi, Photo Reuters.

 

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 29 novembre 2025

par Les Grosses Orchades

 

 

 

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