Que s’est-il passé au juste à Valdai ?
Que s’est-il passé au juste à Valdai ?
Commençons par le discours officiel de Vladilmir Poutine que vous arriverez peutêtre à vous sous-titrer ou à vous doubler en français :
Ce qui s’est passé d’autre à Valdai ?
Beaucoup de chooses. Et notamment la traditionnelle conférence de presse-marathon du président russe, qui a, cette fois, duré 3h20’
On sait qu’il y répond brillamment et sans notes à toutes sortes de questions souvent déstabilisantes.
Ajoutons pour être honnêtes, que les questions lui sont souvent posées par des journalistes russes qui savent ce qu’il convient d’éviter ou de formuler de façon acceptable. Le contraire serait impossible, là et n’importe où ailleurs, l’essentiel étant que cela lui permet de dire ce qu’’il tient à dire et qu’il ne pourrait pas exprimer si on ne lui en donnait pas l’occasion.
Pourquoi y a-t-il eu, cette fois, un problème ? Quel problème ? Et venu d’où ?
Le problème a été que, cette fois, en plus de questions venues par exemple de la Suisse allemande (Nestlé & C°) deux questions lui ont été posées par des intervenants « free lance » : une personnalité turque et le Pr. Marandi qui, comme tout le monde le sait, est iranien.
La circonstance inhabituelle est que Vladimir Poutine a dû ainsi répondre à deux questions successives relatives au « problème » palestinien.
Or, il est ressorti de sa réponse à la première question que le sort des Palestiniens doit être tranché par… le peuple israélien.
QUOI ??? ! ! !
Oui, M. Poutine a dit, en long, en large, et en travers, que le sort du peuple palestinien doit être décidé par Israël…
alors qu’Israël (pas Netanyahou, Israël !) a été formellement condamné par tous les peuples de la terre sauf trois (USA – Israël – Paraguay) et que le peuple américain dit tous jours, de plus en plus violemment, qu’il s’oppose là-dessus à ce qui lui sert de gouvernement.
Et quelle question M. Marandi à-t-il ensuite posé à M. Poutine ?
Il lui a demandé si le peuple russe avait l’intention d’empêcher le massacre des enfants palestiniens (qui restent).
Or, tout le monde sait que l’immense majorité du peuple russe – en ce comprise une grande partie de la population juive russe – est horrifiée par le sort infligé à ce peuple martyr par le nazisme israélien, qu’il soit partiellement d’origine russe ou pas.
Que devait répondre à cela, sans mentir, le président Poutine, après la réponse aussi hallucinante que circonstanciée qu’il venait de faire sur le même sujet ? Il ne pouvait que dire exactement le contraire de ce qu’il venait d’affirmer sans qu’aucun de tous les brillants analystes sous le charme ait eu le réflexe de moufter pour s’en ébahir.
C’est là qu’entre en scène M. John HELMER.
https://www.youtube.com/watch?v=lqy_fLCfe3w
qui explique à Dimitri Lascarisde Reason2Resist que, coincé entre l’obligation d’apporter deux réponses aussi inévitables que contradictoires, Vladimir Poutine, après une réflexion de 90 secondes (soit à la vitesse de l’éclair) a eu recours à un langage qu’on ne lui a jamais entendu utiliser depuis qu’on le connaît, en prononçant plusieurs fois de suite des expressions marxistes-léninistes voire staliniennes, qui ont dû lui remonters tout droit de sa studieuse adolescence.
Selon M. Helmer, il a désespérément tenté de jeter un pont entre deux positions inconciliables… sans y parvenir.
Soyons clairs : John Helmer est un homme intègre, un très grand journaliste et beaucoup plus que cela. Et… l’observant depuis le jour de son apparition, il connaît Vladimir Poutine comme la couture de ses propres poches. Parce que, contrairement aux autres observateurs, il écoute ce qu’il dit avec la plus grande attention, et il doit en connaître sur le Président beaucoup plus qu’il n’en dit. Qu’il ne peut en dire.
Permettons-nous de le faire un tout petit peu à sa place.
Pour celui qui danse avec les ours, Vladimir Poutine est un homme extrêmement intelligent, d’une grande culture et, en outre, doté d’une mémoire phénoménale. Il ne met pas en doute son honnêteté, mais il ne fait pas non plus l’impasse sur ses dilemmes.
Quels dilemmes ?
Coomment Vladimir Poutine est-il arrivé au pouvoir ?
Il y a été mis.
Par qui ?
Par les véritables propriétaires de la Russie d’après la Perestroika, à savoir les oligarques russes (tous juifs ou se prétendant tels).
Fallait-il qu’il renonce à tenter de sortir la Russie de l’abîme pour ne pas se salir les mains en signant un pacte avec le diable ?
En choisissant de le signer, il s’est mis exactement la même laisse au cou que Donald Trump, pour des raisonstotalement différentes mais un résultat égal : laisse au cou sur laquelle les vrais maîtres du jeu peuvent tirer à n’importe quel moment pour le rappeler à ses obligations contractuelles.
Dans quelle mesure est-il des leurs ? Impossible de le savoir.
Dans quelle mesure a-t-il dû leur donner des gages contre son gré ?
Mystère.
Depuis 1999, il navigue entre ces deux écueils – le capitalisme triomphant et le peuple russe qui s’est fait voler sa souveraineté – en essayant de ne pas sombrer. Qui sommes-nous pour le juger ?
Qui sommes-nous pour juger M. Xi Jinping ?
Qui est exactement dans la même situation que le président Poutine.
Il est évident pour nous (pas pour tout le monde ?) qu’en Chine comme en ex-URSS, le capitalisme a gagné cette manche de la sempiternelle guerre.
Il est non moins évident que quiconque s’y mêle des affaires publiques doit soit obéir aux maîtres actuels, qu’ils soient définitifs ou temporaires, soit naviguer entre deux blocs irrémédiablement antagoniques, en essayant de ne se faire écraser ni par l’un ni par l’autre.
On ne peut qu’essayer de deviner quel est celui pour lequel ces deux hommes se battent et faire des vœux pour qu’ils aient choisi celui que nous, sans dents, voulons voir triompher.
Combien de temps durera cette empoignade ? Les Chinois parlent d’un si§cle pour en finir avec l’empire US, et l’empire US est loin d’être tout le capitalisme…
Nous ne pouvons donc même pas rêver d’en voir le bout.
Pour ce qui est de l’Europe… (Oui, nous.)
Elle est entièrement sous la botte nazie, celle de 1940-1945, mais cette fois au cube et sans résistance, sans maréchal Tito, sans général De Gaulle et autres hommes de devoir, comme sans résistance des bases.
Il n’y a pas, dans tout l’espace européen, une seule personnalité susceptible de porter les espoirs des populations sacrifiées après avoir été décervelées comme l’ont été, avant elles et dans le même but, les foules américaines.
C’est une guerre qui vient de loin et où nous ne pouvons plus être que des spectateur perdants.
Spengler aurait dit – a dit – que tout organisme vivant doit mourir un jour. Ce jour est sans doute pour nous venu. En tant qu’Europe. En tant que classe, c’est une autre histoire.
Il ne nous reste qu’à former des vœux et à souhaiter une issue victorieuse à ceux qui trouvent encore la force de se battre, qu’ils soient Cubains, Palestiniens, Yéménites, Iraniens, Russes, Chinois, Libanais, Vénézuéliens ou autres. Et quoi qu’on en dise, cela nous fait quand même plaisir d’entendre M Ibrahim Traoré se servir de notre langue avec le talent et la clarté qu’elle mérite, même s’il l’a apprise sous la contrainte.
Nous ne trouvons pas anodin, en revanche, qu’en Russie, l’université Patrice Lumumba de Moscou s’appelle désormais « Université russe de l’Amitié des peuples ». Qui Lumumba dérangeait-il. ? Ce maquillage de nom est un affront qui n’est pas fait qu’aux Africains.
Tout cela étant dit, John Helmer vient de mettre en ligne un article où il dit ce qu’il pense de l’incident de Valdai. On ne peut faire moins que lui laisser la parole.
La Russie parle-t-elle de la classe dirigeante mondiale pour la critiquer ou pour la rejoindre ?
[ DOES RUSSIA SPEAK AGAINST THE RULING CLASS OF THE WORLD OR FOR JOINING IT ? ]
John Helmer, Moscou – Dances with Bears
@bears_with
Traduction : c.l. pour L.G.O.
Dans la longue histoire de la pensée politique mondiale, les grandes contributions russes ont consisté à reconnaître l’oppression humaine et à développer l’état d’esprit nécessaire pour la combattre.
Haut du formulaire
Bakounine, Kropotkine, Lénine, Trotsky, Staline : ces noms ne sont plus absents des rayons des librairies moscovites, mais leurs leçons ne sont pas enseignées dans les programmes scolaires russes.
Penser n’est pas la même chose que faire. Autrement dit il importe de lutter contre l’oppression et de la vaincre. Dans ce combat, les grands noms russes de cette courte histoire doivent figurer aux côtés d’autres : Joukov, Giap, Mao, Bolívar, Castro. L’histoire plus longue des généraux est jalonnée d’hommes qui ont combattu pour l’oppression et qui ont triomphé. L’histoire des rois, et des généraux qui se sont proclamés rois, ne compte pas : par définition, ils sont pour l’oppression. À l’exception peut-être de Cromwell.
Dans son discours à la Claque – pardon ! – au Club Valdaï, le 1er octobre, le président Vladimir Poutine a tenté d’appliquer sa pensée politique à sa méthode de lutte contre l’oppression de la Russie d’abord, bien entendu, mais aussi contre l’oppression dans le reste du monde, où « les changements radicaux et l’ouverture d’opportunités stimulent et alimentent les ambitions, la volonté de prendre des risques pour tenter d’obtenir ce qui ressemble à une victoire éclatante ».
… in which « the radical shifts and opening up where opportunities stimulate, fuel ambitions, willingness to take risks for the sake of an apparent big win ».
Poutine sr souvient parfaitement du langage de ses prédécesseurs russes, mais en omettant leurs termes catégoriels de « capitalisme » et d’« impérialisme » – qu’il qualifie de « schémas idéologiques étroits et inadéquats, en lieu et place de pragmatisme ». Et pourtant, il a répété à trois reprises le terme opérationnel de « classe dirigeante ».
La « classe dirigeante » japonaise, il l’espérait, allait partager avec la Russie « une disposition mutuelle à œuvrer dans l’intérêt des deux pays ». « La classe dirigeante des États-Unis », estime-t-il, « sait comment construire des relations… mais en fin de compte, les États-Unis sont guidés par leurs propres intérêts nationaux (nationaux ?! !NdT), surtout sous la présidence de Trump ».
[M. Poutine a quand même très fort l’air d’identifier les intérêts nationaux des pays avec ceux de leurs classes dirigeantes ! NdT – Pardon pour l’intrusion.]
En Suisse, « ce n’est pas la taille du pays qui compte, mais la classe dirigeante qui prend les décisions. L’essentiel est de savoir dans quelle mesure elle est responsable des intérêts de son peuple et capable de mener une politique indépendante et souveraine. »
Depuis Staline, aucun dirigeant russe n’avait encore tenté d’expliquer publiquement ce qu’il considère comme les causes profondes de ces guerres ; et ce qu’il a décidé être la méthode russe pour traiter les classes dirigeantes des États ennemis.
Ce que sous-entend le président, c’est que la Russie n’a pas de classe dirigeante ; qu’il ne représente pas lui-même une classe dirigeante ; et qu’en l’absence d’un capitalisme gouvernemental dans le pays et s’étendant à l’étranger sous forme d’impérialisme, il peut négocier la défense immédiate et la sécurité à long terme de la Russie avec les « intérêts nationaux » des États ennemis, « surtout sous la présidence de Trump ».
Et pss seulement Poutine pour la Russie et Trump pour les USA, mais aussi Netanyahu pour Israël dans ses guerres [!!! NdT] à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Iran.
« Le problème d’Israël », a-t-il déclaré à Taha Ozhan, conseiller d’État turc qui l’interrogeait sur les cinq guerres menées par Israël, « doit être résolu par le peuple israélien. C’est au cours de ses procédures électorales démocratiques que le peuple d’Israël doit définir tous les problèmes d’Israël. » En réponse à une question iranienne concernant les guerres israélo-américaines contre l’Iran et la Palestine, Poutine a affirmé que l’assassinat du conseiller iranien à la sécurité nationale Ali Larijani était « une erreur » et que le génocide à Gaza « constitue l’un des problèmes humanitaires les plus graves et les plus sensibles ».
(“is one of the most acute and sensitive humanitarian problems.”)
« Le monde entier observe attentivement », a poursuivi Poutine, « et admire le courage, l’héroïsme et la fermeté du peuple iranien, ainsi que… dans la direction de l’État, dans les forces armées, dans le Corps des gardiens de la révolution islamique et chez le peuple lui-même, la disposition au sacrifice de soi au nom de l’avenir du peuple. ». « Pas de celui des Palestiniens » a omis d’ajouter Poutine. « Le problème palestinien, je l’ai dit et je le répète, ne peut être résolu que par la création d’un État palestinien à part entière. Quant à l’idée que la politique américaine envers la Palestine soit dictée par Israël, je me permets de dire que c’est peu probable. Je connais la position de la Turquie sur ces questions. Mais il n’en reste pas moins que les dirigeants américains actuels sont guidés avant tout par leurs intérêts nationaux : je n’en ai aucun doute, connaissant le président Trump. »
Poutine n’a aucun doute non plus, sachant que « l’interdépendance du monde est une réalité et qu’elle ne va apas disparaître. Le principe de la force primant sur le droit semble parfois [sic] guider certains acteurs internationaux convaincus de leur propre exceptionnalisme militaire, politique, économique et, d’après eux, moral. L’histoire nous enseigne parfaitement que cela ne finit jamais bien. » Dans cette histoire qui ne finit jamais bien, Poutine croit qu’il peut y avoir quelques « exceptionnalistes moraux » européens : ni capitalistes, ni impérialistes, et certainement ni Trump ni Netanyahou.
CE QUI S’EST DIT
De gauche à droite : Seyed Mohammed Marandi, de l’Université de Téhéran, porte-parole de l’Etat iranien ; Taha Ozhan, de l’Institut d’Ankara, ancien conseiller du gouvernement turc ; la réaction immédiate du président Poutine à la question d’Ozhan sur « le problème d’Israël ».
Cliquez ici pour visionner la session complète de 3 heures et 20 minutes.
LE PODCAST
Cliquer ici pour voir ou écouter :
https://www.youtube.com/watch?v=lqy_fLCfe3w
NOTE : Image de tête, de gauche à droite : Karl Marx, Joseph Staline, Vladimir Lénine, Nikita Khrouchtchev, Vladimir Poutine.
À notre humble avis de lecteurs lambdas, dans sa réponse à l’intervenant turc, M. Poutine se fout éperdumment du monde et s’amuse à jeter de la poudre aux yeux de ses auditeurs, les jobards et les trop polis pour lui clouer le bec. On dirait qu’il a pris des leçons chez Trump. sur l’art de dégoiser n’importe quoi. Mais qui sommes-nous, hein, pour critiquer ?
Toute dernière minute :
Américain, chrétien, communiste, partisan de Muammar Kadhafi quand toute la gauche US était contre et résolument pro-chi’ite !
Dans cette vidéo, réservée à nos lecteurs anglophones ou à ceux qui sont très habiles à tripoter les paramètres de Youtube,
Dimitri Lascatis interviewe Caleb Maupin, citoyen US, homme de la véritable gauche, à parler des Yéménites, qu’il connaît bien depuis longtemps – depuis les années Obama ! – et qui continue à les soutenir et à les défendre.
Avec de passionnants aperçus des « gauches » américaines (la vraie et l’officielle) et des différences entre musulmans chi’ites et sunnites, entre chrétiens de petites villes de l’Ohio et juifs new yorkais, etc. etc.
Le blocus saoudien du Yémen est un crime contre l’humanité
[Saudi Blockade Of Yemen Is A Crime Against Humanity]
Dimitri Lascaris et Caleb Maupin
Reason2Rzsist – 4 octobre .2026
https://www.youtube.com/watch?v=j_9cP5ZX88Y
Ne mourons pas idiots !
C’est d’il y a 5 ans :
Comment pouvons-nous expliquer la guerre au Yémen ?
[How can we explain the war in Yemen ]
Caleb Maupin, chez George Galloway
²
Un livre :
Caleb T. Maupin
Who are the Houthis and what are they fighting for ?
(Qui sont les Houthnis et pour quoi se battent-ils ?)
Independantly published – JAN. 2024
Langue : anglais.
96 pages-
14 x 22 cm
Western media has worked to obscure the roots and history of the Ansar Allah (Houthi) movement in Yemen. However, the Yemeni resistance forces are now at the center of the world stage as they stop ships in the Red Sea in solidarity with the Palestinians. Caleb Maupin, an anti-imperialist journalist who participated in a Red Crescent Society mission to Yemen in 2015 gives an overview of the Houthis and their origins. He traces the movement back to the Young Believers organization created by Hussein Al-Houth in the 1990s, all the way up to the 2015 seizure of Sanaa, and the Red Sea crisis of today. He makes a case as to why American patriots and working class people in the United States struggling to defend their jobs, homes, schools and communities should support the Houthis and oppose Joe Biden’s operations against them.
Les médias occidentaux se sont efforcés d’occulter les origines et l’histoire du mouvement Ansar Allah (Houthi) au Yémen. Pourtant, les forces de résistance yéménites se trouvent aujourd’hui au cœur de l’actualité internationale, ayant bloqué des navires en mer Rouge en signe de solidarité avec les Palestiniens. Caleb Maupin, journaliste anti-impérialiste ayant participé à une mission du Croissant-Rouge au Yémen en 2015, dresse un panorama des Houthis et de leurs origines. Il retrace l’histoire du mouvement depuis l’organisation des Jeunes Croyants, fondée par Hussein al-Houth dans les années 1990, jusqu’à la prise de Sanaa en 2015 et la crise actuelle en mer Rouge. Il explique pourquoi les patriotes américains et les travailleurs des États-Unis, qui luttent pour défendre leurs emplois, leurs foyers, leurs écoles et leurs communautés, devraient soutenir les Houthis et s’opposer aux opérations menées par Joe Biden à leur encontre.
(Ce livre est sorti sous l’administration Biden et reste encore plus valable sous l’administration Trump. NdT)
Tous les livres de Caleb Maupin
évidemment en anglais :
https://www.amazon.fr/stores/author/B0BWPJR1BQ
Mis en ligne le 5 octobre 2026
par Les Grosses Orchades


















































