L’Enfer au Paradis

 

 

 

 

 

Sur le lac de Srinagar, capitale du Cachemire

 

 

L’Enfer au Paradis

 

Si vous avez aimé le nazisme allemand et le sionisme israélien, vous adorerez l’hindouisme indien, Anschluss, Nakba et Apartheid incluses

 

 

 

 

 

 

Dans un article publié ici même en janvier 2019, K. Badhrakumar opposait à Narendra Modi la cohérence et le cran d’Imran Khan et croyait pouvoir dire que le président des USA, impressionné par celui qui avait osé lui tenir tête, allait se tourner vers le dirigeant pakistanais, tellement plus fiable que le dangereux Indien. Hélas, il semble qu’il se soit trompé dans ses prédictions ou qu’il ait prêté au président des États-Unis plus de cran et de cohérence qu’il ne possède.

 

 

 

 

Ses cheveux sont devenus gris mais elle est toujours là.

 

 

L’ascension de Modi et de l’extrême-droite hindoue

 

Arundahti Roy – I.C.H. – 2.1.2020

(Elle s’adresse ici aux Américains, on verra pourquoi)

 

 

 

 

Alors que les manifestations se propagent dans les rues du Chili, de la Catalogne, de Bolivie, de Grande Bretagne, de France, d’Irak, du Liban et de Hong Kong et qu’une nouvelle génération enrage contre ce qui a été fait à sa planète, j’espère que vous voudrez bien m’excuser de vous parler d’un endroit où quelque chose de très différent a pris possession des rues. Il fut un temps où la contestation était la meilleure exportation de l’Inde. Mais aujourd’hui, alors que  les vagues de protestation enflent en Occident, nos propres grands mouvement de protestation anticapitaliste et anti-impérialiste, pour la justice sociale et environnementale – les manifs contre les grands barrages, les privatisations et le pillage de nos rivières et de nos forêts, contre les déplacements de populations en masse et l’aliénation des territoires de nos populations indigènes – se sont presque entièrement tus. Le 17 septembre dernier, le Premier ministre Narendra Modi s’est offert en cadeau, pour son 69e anniversaire, le réservoir plein à ras bord du barrage de Sardar Sarovar, sur la rivière Narmada, tandis que des milliers de villageois qui s’étaient battus contre ce barrage pendant plus de 30 ans regardaient disparaître leurs foyers sous les eaux montantes. Ce fut un moment hautement symbolique.

En Inde aujourd’hui, un monde de ténèbres rampe vers nous en plein jour et il devient de plus en plus difficile de communiquer l’échelle de la crise, y compris à nous-mêmes : une description précise risquerait de passer pour de l’hyperbole. Et c’est ainsi qu’au nom de la crédibilité et des bonnes manières, nous faisons la toilette de la créature qui a planté ses crocs en nous, nous lissons ses poils et nous essuyons la bave qui dégoutte de ses babines, pour la rendre plus avenante en compagnie civilisée. L’Inde n’est pas, loin s’en faut, le pire ou le plus dangereux endroit du monde – du moins pas encore – mais peut-être la différence entre ce qu’elle aurait pu être et ce qu’elle est devenue n’en est-elle que plus tragique.

En ce moment même, sept millions de gens, dans la vallée du Cachemire, dont un nombre incalculable ne souhaitent pas être citoyens de l’Inde et se battent depuis des décennies pour leur droit à l’autodétermination, ont été mis sous blocus au moyen d’un siège digital et de l’occupation militaire la plus dense au monde. Simultanément, dans l’état oriental d’Assam, presque deux millions de gens qui  meurent d’envie d’appartenir à l’Inde ont découvert que leurs noms étaient absents du Registre National des Citoyens (RNC) et qu’ils risquaient de se retrouver apatrides. Le gouvernement indien a annoncé son intention d’étendre le RNC à la totalité de l’Inde. Un texte de loi est en route. Cela pourrait conduire à la formation d’une apatridie à une échelle jusqu’ici inconnue.

Dans les pays occidentaux, les riches procèdent à leurs propres arrangements pour faire face aux calamités climatiques futures. Ils se construisent des bunkers et y stockent des réserves de nourriture et d’eau potable. Dans les pays pauvres – et l’Inde, tout en étant la 5e économie mondiale, est encore, honteusement, un pays pauvre et affamé – une autre sorte d’arrangement est en cours. L’annexion du Cachemire par le gouvernement, le 5 août 2019, a autant à voir avec l’urgence qu’éprouve ce gouvernement de s’assurer l’accès aux 5 rivières qui coulent dans l’état de Jammu et Cachemire qu’avec n’importe quoi d’autre. Et le RNC qui va créer un système de citoyens à deux étages, où certains auront plus de droits que d’autres, fait aussi partie des préparatifs en vue du temps où les ressources deviendront rares. La citoyenneté, selon la formule célèbre de Hannah Arendt, c’est le droit d’avoir des droits.

Le démantèlement de l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité, est déjà, en fait, la première victime de la crise climatique. Je vais essayer d’expliquer un peu en détail comment c’est en train de se produire. Et comment, en Inde, le système de « management », qui a émergé pour prendre en charge cette même crise moderne, s’est enraciné dans un odieux et dangereux élément de notre histoire.

La violence de l’inclusion et la violence de l’exclusion annoncent une convulsion qui pourrait altérer les fondements de l’Inde et modifier sa signification et sa place dans le monde. Notre constitution qualifie l’Inde de « République démocratique laïque socialiste ». Nous nous servons du mot « laïque » dans un sens légèrement différent du reste du monde. Pour nous, c’est un code pour désigner une société où toutes les religions ont le même statut aux yeux de la loi*. Dans la pratique, l’Inde n’a jamais été ni laïque ni socialiste. Elle a toujours fonctionné comme un état hindou de caste supérieure. Mais la prétention à la laïcité, si hypocrite qu’elle ait pu être, est le dernier fragment de cohérence qui rendait l’Inde possible. L’hypocrisie est ce que nous avons eu de mieux. Sans elle, l’Inde ne sera plus.

Dans son discours de victoire de Mai 2019, après que son parti ait remporté un second mandat, Modi a fanfaronné  qu’aucun politicien d’aucun parti n’avait osé faire campagne « sur la laïcité ». Le « réservoir » de la laïcité, a semblé dire Modi, est désormais vide. C’est donc officiel : l’Inde roule à vide. Et nous apprenons bien trop tard à chérir l’hypocrisie. Parce qu’elle implique au moins un vestige de décence.

L’Inde n’est pas vraiment un pays. C’est un continent. Plus complexe et plus divers qu’un pays, avec plus de langues – 780 au dernier comptage, dialectes exclus – plus de tribus et de religions indigènes, et peut-être plus de communautés qui se considèrent comme des nations séparées que toutes celles de l’Europe. Imaginez ce vaste océan, ce fragile et indiscipliné écosystème social se retrouvant tout à coup confisqué par une organisation hindouiste, suprémaciste, qui croit en la doctrine d’Une nation, Une langue, Une religion, Une constitution.

Je parle ici de la RSS, de la Rashtriya Swayamsevak Sangh [« Organisation Volontaire Nationale »] fondée en 1925 – navire-amiral du Bharatiya Janata Party (BJP) [« Parti indien du peuple »], au pouvoir. Ses pères fondateurs ont été très influencés par les fascismes allemand et italien. Ils ont assimilé les musulmans de l’Inde aux juifs d’Allemagne, et tenaient que les musulmans n’avaient aucune place dans une Inde hindoue. Aujourd’hui, la RSS, en typique parler caméléon RSS, prétend se distancier de ces vues. Mais son idéologie sous-jacente, en vertu de laquelle les musulmans sont portraiturés en sempiternels traîtres perfides, est la rengaine qui revient constamment dans les discours publics des politiciens du BJP et s’exprime ad nauseam dans les slogans vociférés par des foules déchaînées. Par exemple : “Mussalman ka ek hi sthan—Kabristan ya Pakistan” (« Une seule place pour les musulmans : la tombe ou le Pakistan »). En octobre dernier, Mohan Bhagwat, le leader suprême de la RSS a dit : « L’Inde est un rashtra hindou » – une nation hindoue – « Ceci n’est pas négociable ».

Cette idée change tout ce qui était beau dans l’Inde en vitriol.

Pour la RSS, présenter ce qu’elle est en train de combiner aujourd’hui comme une révolution par laquelle les hindous effaceraient enfin des siècles d’oppression musulmane, fait partie de son projet historique bidon. En réalité, des millions de musulmans, en Inde, sont les descendants de gens qui se sont convertis à l’Islam pour échapper au cruel système des castes de l’hindouisme.

Si l’Allemagne nazie est un pays qui a essayé de se dilater en imposant ses fantasmes à un continent (et au-delà), l’élan qui pousse l’Inde vers une domination RSS est, dans un certain sens, inverse, car il y a, ici, un continent qui essaie de rétrécir jusqu’à devenir une simple nation. Pas même une nation, d’ailleurs, mais une province. Une province primitive, ethno-religieuse. Ce processus s’avère être inimaginablement violent.

Aucun des groupes néo-nazis en plein essor dans le monde aujourd’hui ne peut se vanter de posséder l’infrastructure et la main-d’œuvre dont la RSS dispose. Elle dit qu’elle a 57.000 shakras – branches – à travers le pays et une milice armée de plus de 600.000 « volontaires ». Elle dirige des écoles où sont inscrits des millions d’étudiants et possède ses propres missions médicales, syndicats, organisations d’agriculteurs, médias et associations féminines. Récemment, elle a annoncé qu’elle allait ouvrir un centre d’entraînement pour ceux qui souhaitent entrer dans l’armée indienne. Sous son bhagwa dhwaj – son fanion safran -, une multitude d’organisations d’extrême-droite connues sous le nom de Sangh Parivar – la « famille » RSS – ont prospéré et multiplié. Ces organisations, équivalent politique des sociétés-écran, sont responsables d’attaques scandaleusement violentes contre des minorités dont, au cours des années, des milliers et des milliers de ressortissants ont été assassinés.

Le Premier ministre Narendra Modi est membre de la RSS depuis l’âge de 8 ans. Il est une création de la RSS. Quoique n’étant pas brahmane, il a fait davantage que n’importe qui d’autre pour en faire l’organisation la plus puissante de l’Inde.et pour en avoir écrit le plus fameux chapitre à ce jour. Il est assez exaspérant d’avoir à répéter constamment l’histoire de l’ascension de Modi au pouvoir, mais l’amnésie standardisée et cultivée qui l’entoure fait de cette répétition une espèce de devoir.

La carrière politique de Modi a démarré en octobre 2001, peu de semaines après les attaques du 11 septembre aux États-Unis, lorsque le BJP a destitué son ministre principal dans l’État du Gujarat pour l’y remplacer par Modi. Lequel n’était même pas, à l’époque, un membre élu de l’assemblée législative de cet État. Au bout d’à peine cinq mois de son premier mandat, il s’est produisit un odieux mais mystérieux incendie criminel, au cours duquel 59 pèlerins hindous furent brûlés vifs dans un train. En guise de « vengeance » des émeutiers de milices privées sauvages se livrèrent, dans tout l’État, à un saccage bien planifié. On estime que 2.500 personnes, presque toutes musulmanes, furent assassinées au grand jour. Les femmes furent violées collectivement dans les rues des villes et près de 150.000 personnes furent chassées de chez elles. Aussitôt après le pogrom, Modi réclama des élections. Il les remporta, non en dépit du massacre mais grâce à lui, et fut réélu ministre en chef pour trois mandats consécutifs. Pendant la première campagne électorale de Modi comme candidat du BJP au poste de Premier ministre – qui se distingua également par un massacre de musulmans, cette fois dans le district de Muzaffarnagar de l’État d’Uttar Pradesh, un journaliste de Reuters lui demanda s’il regrettait le pogrom de 2002 au Gujarat. Il répondit qu’il regretterait même la mort d’un chien tombé accidentellement sous ses roues. Pur et simple jargon RSS bien rodé.

Quand Modi prêta serment comme 14e Premier ministre de l’Inde, sa victoire ne fut pas célébrée que par sa base de supporters nationalistes hindouistes, mais aussi par la plupart des grands industriels et hommes d’affaires de l’Inde, par la plupart des libéraux, et par beaucoup de médias internationaux, comme une quintessence d’espoir et de progrès, comme un sauveur en costume safran, représentant le point de convergence de l’ancien et du moderne, du nationalisme hindou et du capitalisme de libre marché sans entraves.

Alors que Modi a répondu aux attentes sur le nationalisme hindou, il a salement trébuché sur le front du libre marché. Par toute une série d’erreurs, il a mis à genoux l’économie de l’Inde. En 2016, à un peu plus d’un an dans son premier mandat, il a annoncé à la télévision que, à dater de ce moment, tous les billets de 500 et de 1.000 roupies – c’est-à-dire plus de 80% de la monnaie en circulation – cessaient d’avoir cours légal. Rien de semblable n’avait jamais été fait, à cette échelle, dans l’histoire d’aucun pays. Ni le ministre des Finances, ni le conseiller économique en chef ne parurent avoir été consultés. Cette « démonétisation », selon le Premier ministre, était une « frappe chirurgicale » contre la corruption et le financement du terrorisme. Pur charlatanisme économique, remède de rebouteux appliqué à une nation de plus d’un milliard d’humains ! Il s’avéra rien moins que dévastateur. Mais il n’y eut pas d’émeutes. Pas de manifestations. Les gens firent docilement la queue devant les banques pendant des heures, pour déposer leurs billets, seule moyen qu’ils avaient de les racheter. Pas de Chili, pas de Catalogne, pas de Liban, pas de Hong Kong. Presque en l’espace d’une nuit, des emplois disparurent, l’industrie de la construction s’arrêta pile, les petites entreprises disparurent du jour au lendemain.

Certains d’entre nous s’imaginèrent follement que cet acte d’hybris inimaginable serait la fin de Modi. Comme nous nous trompions ! Les gens se réjouirent. Ils souffrirent mais se réjouirent. C’était comme si la douleur s’était métamorphosée en joie. Comme si leurs douleurs étaient celles d’un enfantement qui n’allait pas manquer de mettre au monde une Inde hindoue, glorieuse et prospère.

Mais ce qui était mauvais pour le pays s’avéra excellent pour le BJP. De 2016 à 2017, alors même que l’économie capotait, il devint l’un des partis politiques les plus riches du monde. Ses revenus augmentèrent de 81%, le rendant cinq fois plus riche que son principal rival, le Parti du Congrès, dont les revenus diminuèrent de 14%. Les partis politiques plus petits firent pratiquement faillite. Ce trésor de guerre fit remporter au BJP l’élection cruciale en Uttar Pradesh, et fit de l’élection de 2019 une course entre une Ferrari et quelques vieilles bicyclettes. Et, puisque les élections sont de plus en plus une affaire d’argent, nos chances de voir une élection libre et juste dans un futur proche sont à peu près inexistantes. Si bien que la démonétisation n’a peut-être pas été une erreur après tout.

Au cours du deuxième mandat de Modi, la RSS a intensifié son jeu. Elle n’est plus du tout un État-fantôme ou un État parallèle,elle est l’État. Jour après jour, nous voyons se multiplier les exemples de son contrôle sur les médias, la police, les services secrets, plus inquiétant encore, elle a l’air d’exercer une influence considérable sur l’armée aussi. On a vu les diplomates étrangers et les ambassadeurs frayer avec Mohan Bhagwat. L’ambassadeur d’Allemagne s’est même appuyé tout le chemin jusqu’au quartier général de la RSS à Nagpur pour y présenter ses respects.

 

 

Walter Lindner, ambassadeur d’Allemagne, présentant ses respects à Nagpur

 

 

En fait, les choses ont atteint le stade où un contrôle manifeste n’est même plus nécessaire. Plus de 400 chaînes de télévision émettant 24 h sur 24, des millions de groupes What’s App et de vidéos Tik-Tok maintiennent les populations, sous perfusion, dans un état de bigoterie frénétique.

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URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/lascension-de-modi-et-de-lextreme-droite-hindoue/

Source   http://www.informationclearinghouse.info/52789.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

 

 

Illustration :

 

Trump et Modi au stade de Houston

 

 

 

 

 

Voir aussi (en anglais) :

 

“How is it human ?” : India’s largest detention centre almost ready

Tawqeer Hussain – Al Jazeera – 2.1.2020

 

 

 

Lire et voir

 

https://www.aljazeera.com/news/2020/01/human-india-largest-detention-centre-ready-200102044649934.html

 

 

 

 

En français :

 

L’annexion du Cachemire par l’Inde s’inspire directement de la stratégie israélienne

Azad Essa – Middle East Eye – 9.8.2019

 

5 août 2019 – Soldat indien patrouillant sur un pont pendant le blocus du Jammu et Cachemire

 

https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/lannexion-du-cachemire-par-linde-sinspire-directement-de-la-strategie-israelienne

 

 

 

 

 

Et l’Inde créa 2 millions d’apatrides

The Conversation – 5.9.2019

 

 

 

Lire, voir écouter

http://theconversation.com/et-linde-crea-2-millions-dapatrides-122992

 

 

 

 

 

La police utilise un logiciel de reconnaissance faciale alors que les manifestations s’intensifient en Inde

Anurag Kotoki – Bloomberg

Les Crises – 24.1.2020

 

 

Défilé de protestataires lors d’une manifestation contre la nouvelle loi sur la citoyenneté à New Delhi le 24 décembre. Photographe : T. Narayan/Bloomberg

 

 

Le journal Indian Express a rapporté que la police indienne a commencé à utiliser un logiciel de reconnaissance faciale pour filtrer les grandes foules alors que les manifestations contre une nouvelle loi sur la citoyenneté fondée sur la religion s’intensifient, citant des personnes non identifiées.

Selon l’article, ce logiciel, acquis à l’origine en 2018 pour retrouver les enfants perdus, a été utilisé pour la première fois lors d’un rassemblement politique le 22 décembre, lorsque le Premier ministre Narendra Modi a défendu avec acharnement, à New Delhi, la loi controversée. La police de la capitale indienne a commencé à alimenter le logiciel avec des images des manifestations en cours afin de trier les « manifestants habituels » et les « éléments turbulents ».

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Source : https://www.les-crises.fr/la-police-utilise-un-logiciel-de-reconnaissance-faciale-alors-que-les-manifestations-s-intensifient-en-inde/

 

 

 

 

 

Le poids des mots, le choc des photos ?

 

 

 Verrouillage d’un pays

 

 

« L’Inde assassine la démocratie »

 

 

 

Soldats indiens bloquant une rue au Jammu et Cachemire

 

 

Idem (photo Reporters sans frontières)

 

 

Forces du CRPF (ministère de l’Intérieur) en opération de bouclage et de perquisition à Srinagar

 

 

 

« Huit martyrs de plus, victimes des forces d’occupation au Cachemire »

 

 

Premier attentat au Cachemire : 37 morts

 

 

 

Ouvriers briquetiers en Inde

 

 

 

Ouvriers – des deux sexes et de tous âges – déchargeant du charbon

 

 

 

 

 

Manifestations hostiles au gouvernement Modi

 

Des Indiens de la Diaspora manifestant contre Modi autour du Houston Stadium

 

 

Une coalition [réunion temporaire de plusieurs partis, groupes politiques ou groupes de pression, NdT]  d’Indo-Américains a protesté contre la visite de Modi à Houston dimanche. Ils se sont élevés contre les violations des droits humains qui ont lieu aux États-Unis et en Inde. La coalition comprenait des groupes d’Indo-Américains sans distinction de religions, dont Hindous pour les Droits Humains (HfHR), Conseil Musulman Indo-Américain et Organisation pour les Minorités de l’Inde. Un certain nombre d’organisations américaines ont également apporté leur soutien à la protestation, Notamment Voix juives pour la Paix et Les Vies Noires Comptent. L’événement « Howdy, Modi » au stade NRG de Houston a été un des plus grands rassemblements jamais vus de la diaspora indienne, auquel ont participé plus de 50.000 Indo-Américains. C’était la première fois qu’un président US se joignait à un Premier ministre indien pour s’adresser à un rassemblement de la diaspora indienne.

 

 

 

 

 

Houston, Texas

 

 

Devant le Parlement britannique

 

 

 

 

Au Canada

 

 

 

Affiche de la Résistance au Cachemire

 

 

 

Hostiles ? Non, pas vraiment : la mano en la mano là aussi…

 

 

 

Sonia Gandhi à la tête d’une manifestation contre l’achat des Rafale à la France

 

 

 

Militants du parti communiste indien bloquant un train de voyageurs lors d’une action de protestation à Calcutta

 

 

 

 

 

On aura bien compris que, suite à la politique du führer newlook, l’Inde et le Pakistan sont sur le pied de guerre et que ces deux pays détiennent la bombe atomique.

 

 

 

 

India Can Defeat Pakistan in 7-10 Days, Claims Modi – ACE News – 29.1.2020

https://acenews.pk/india-can-defeat-pakistan-in-7-10-days-claims-modi/

 

Félicitations à tous les apprentis sorciers !

 

 

 

 

 

Question béotienne :

 

Que vont devenir les BRICS ? Comment la Fédération de Russie et la République Populaire de Chine vont-elles faire cohabiter les valeurs de leurs peuples respectifs avec ce nazo-sionisme à l’échelle d’un continent et d’un milliard d’êtres humains ?

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 15 février 2020

 

 

 

Vous avez dit « Plan de paix » ? Ah, ha, ha, ha, ha !

 

 

 

 

 

Le grand navire amphibie USS Batam sera de retour au Moyen-Orient. En 2002, il avait été utilisé par le secrétaire à la Défense Colin Powell pour abriter une prison secrète. Plusieurs milliers de combattants furent enlevés sur différents champs de bataille et torturés en eaux internationales pour y être conditionnés, puis relâchés.

 

 

Vous avez dit « Plan de paix » ? Ah, ha, ha, ha, ha !

 

 

 

L’attitude des États-Unis au Moyen-Orient : préparation à un désastre

 

Le Saker – Vineyard of the Saker  – 29.1.2020

Via The Unz Review

Traduction : Le Saker francophone

 

 

 

 

Mensonges, foutus mensonges et statistiques

Il s’avère que Trump et le Pentagone mentaient encore cette fois, sur le véritable impact de la contre-attaque iranienne sur les forces américaines en Irak. Ils ont d’abord affirmé qu’il n’y avait pas de personnel américain blessé, pour finalement devoir cracher le morceau que 34 soldats avaient subi une lésion cérébrale traumatique, que Trump a «reclassée» comme un «mal de tête». Ensuite, ils ont dû admettre que ce n’était pas vraiment 34, mais en fait 50 !

Selon certaines sources, tout le personnel américain ne se cachait pas dans des bunkers et certains ont été déployés pour défendre le périmètre de la base. Quoi qu’il en soit, cela ajoute une autre indication que la contre-attaque iranienne était beaucoup plus robuste que celle initialement rapportée par l’Empire. En fait, des sources iraniennes indiquent qu’après la frappe, un certain nombre de blessés ont été transportés par avion en Israël, au Koweït et en Allemagne. Encore une fois, nous ne découvrirons probablement jamais toute la vérité sur ce qui s’est passé cette nuit-là, mais deux choses sont maintenant certaines :

1 – L’attaque iranienne a été extrêmement efficace et il est indéniable que toutes les forces américaines / OTAN / israéliennes de la région sont désormais exposées comme des canards assis attendant la prochaine frappe iranienne.

2 – L’oncle Shmuel a dû considérablement sous-estimer l’ampleur et la nature réelles de la contre-attaque iranienne.

Maintenant, soyons clairs sur la qualité de l’avertissement du personnel américain. Nous savons maintenant au moins que les avertissements suivants ont été reçus :

Lire la suite…

:

Source : https://lesakerfrancophone.fr/bagatelles-pour-un-massacre

Sources d’origine :

https://thesaker.is/u-s-posture-in-the-middle-east-preparing-for-disaster/

https://www.unz.com/tsaker/u-s-in-the-middle-east-preparing-for-disaster/

 

 

 

 

P.S. des Grosses Orchades

On comprend que les mots « Bagatelles pour un massacre » se soient imposés à JJ à la lecture de cet article du Saker. Nous l’avons supprimé et remplacé par le titre original traduit par nous, pour les raisons suivantes :

– Ce titre n’est pas libre.

– Il appartient à un auteur et coiffe un texte qui sont interdits de publication.

– Il nous a paru assez violent de faucher son titre à un auteur interdit pour en coiffer autre chose de quelqu’un d’autre, quoique, nous en sommes sûrs, cela ait été fait sans mauvaise intention.

– Mais soyons clairs :

Il est inadmissible à nos yeux que quiconque se permette d’interdire qui que ce soit et quoi que ce soit. À quel titre ? De quel droit ? Quel est l’humain assez présomptueux pour se croire apte à juger de ce que pense et dit un autre humain ? Pour s’accorder à soi-même l’autorisation d’interdire à d’autres humains – censés adultes et dotés de libre arbitre – la lecture de qui et de quoi que ce soit ?

Si l’auteur de Bagatelles pour un massacre a pu subir des influences ou céder à des manies, ceux qui le lisent n’en sont pas exempts et le principe absolu doit être que celui qui lit est ou devrait être capable d’en juger par lui-même, sans l’aide non sollicitée ou les diktats de gens qui – pour ce qu’il en sait – sont peut-être de parfaits crétins et dans tous les cas des abusifs. On ne fait pas des gens des adultes en les infantilisant de force.

En résumé, nous ne reconnaissons à personne le droit d’interdire la publication des écrits de L.-F. Céline (ou d’autres) et nous considérons comme des lâches ou des vendus les éditeurs qui se soumettent à une telle aberration. Même sa femme n’en avait pas le droit – mémoire ou pas mémoire ! – sauf si elle était absolument sûre d’exprimer la volonté définitive de celui qui les avait écrits.

On commence comme ça, et on sait où ça finit…  à Belmarsh par exemple, ou sur le bûcher de Giordano Bruno. Que NON soit NON !.

 

 

 

 

Deux Israël Shamir d’un coup :

C’est que nous étions en retard pour le premier et que les deux sont exceptionnellement importants.

 

La bataille pour Auschwitz (II)

 

Israël Adam Shamir – Entre la plume et l’enclume – 26.1.2020

Traduction : Maria Poumier

 

 

 

 

 

Ces jours-ci, Jérusalem a pu rivaliser avec Davos et Bilderberg. Les personnages les plus éminents, les plus haut-placés et les plus puissants se sont réunis ici, pour le Forum d’Auschwitz, au mémorial de Yad-va-Shem, le Centre mondial pour la mémoire de l’Holocauste : rois, présidents, premiers ministres; une preuve vivante que les Juifs ont un certain ascendant sur le monde. 

La Cour britannique de St James était représentée par le prince Charles; la France par le président Macron; les puissants États-Unis avaient envoyé le vice-président Mike  Pence, cette réalisation suprême de l’Intelligence Artificielle (il a l’air presque humain, mais pas tout à fait). Il y avait le gouverneur général de l’Australie, le président de l’Autriche, le président de l’Albanie, le président de l’Argentine, le président de l’Arménie, le roi de Belgique, le président de la Bulgarie, le président de la Hongrie, le prince de Galles, le président de l’Allemagne, le président de la Grèce, le président de la Turquie , le président du Danemark, le président de l’Islande, le roi d’Espagne, le président de l’Italie, le gouverneur général du Canada, le président de Chypre, le grand-duc de Luxembourg, le président de la Macédoine du Nord, le président de la Moldavie, le roi des Pays-Bas, le prince héritier de Norvège, le président de la Roumanie, le président de la Serbie, le vice-président des États-Unis, le président de la Finlande, le président français, le président monténégrin, le Premier ministre suédois, le président du Conseil européen, le président du Parlement européen, le président de la Commission européenne…

Les hôtes avaient tiré tout le parti possible de l’occasion. M. Netanyahou, le Premier ministre intérimaire israélien, a comparé l’Iran à l’Allemagne nazie et a déclaré que la destruction de l’Iran aujourd’hui étaitt l’équivalent de la libération d’Auschwitz. Le président israélien, Reuven Rivlin, a déclaré qu’il n’y avait pas de différence entre antisémites et antisionistes; celui qui est un ennemi d’Israël est l’ennemi de tout le peuple juif, c’est aussi simple que cela.

Lire la suite…

Source : https://plumenclume.org/blog/528-la-bataille-pour-auschwitz-ii

Source d’origine : https://www.unz.com/ishamir/battle-for-auschwitz-ii/  

 

 

 

 

Les Assassins sont de retour !

 

Israël Adam Shamir – Entre la plume et l’enclume – 4.2.2020

Traduction : Maria Poumier

 

 

 

 

Ron Unz, notre intrépide perturbateur du dogme établi, vient de publier un long essai où il fait le lien entre plusieurs de ses textes précédents, sous l’intitulé Mossad Assassinations. J’aime son style naturel, l’absence de pathos et de dramatisation, dans ce qu’il écrit. Quand on le lit, on a l’impression de bavarder avec un agréable voisin, qui gagne à être connu. Dans un biopic, c’est Henry Fonda qui devrait jouer le rôle. Pour moi, la longueur de ses essais (celui-ci fait 27.000 mots) ne constitue pas un défaut mais un avantage, et j’en fais tout de suite un résumé. Il s’agit de le suivre dans sa lecture du gros volume de Ronen Bergman Rise and Kill First (750 p.), l’ouvrage qui vient de paraître sur les assassinats par le MOSSAD, à partir d’une enquête serrée [en français, c’est chez Grasset : « Lève-toi et tue le premier », de Ronen Bergman, Johan-Frédérik Hel Guedj]. Unz a fait le tri dans cette montagne, et il est resté sur sa faim, pour une excellente raison : Bergman a volontairement soumis son étude des assassinats commis par le MOSSAD à la… censure du MOSSAD. Une telle prudence a épargné à Bergman la fureur du Kidon, comme on appelle l’unité des assassinats du Mossad, mais cela a rendu l’énorme pavé bien moins utile. Un livre sur des assassins, corrigé par un comité d’assassins, est un exercice d’hagiographie, mais non une évaluation historico-critique. Unz s’en est allé fouiller dans les lacunes du livre de Bergman, les sombres histoires où l’on n’a pas entendu aboyer les chiens, et, tel un glosateur médiéval, il a ajouté sa compréhension inestimable à un texte qui sans lui resterait fort obscur (peut-être à dessein).

 

 

Pourquoi devrions-nous nous intéresser au sujet, au fait ? Unz donne une réponse aussi courte que tranchante. Le MOSSAD a assassiné plus de gens que tous les services spéciaux des autres pays (plus que le sinistre KGB, la CIA déchaînée et le MI6 de James Bond) mis ensemble. « Le comptage de cadavres (par le MOSSAD) est supérieur au total de celui des autres grands pays du monde. Je pense que toutes les révélations scabreuses sur la CIA létale ou les complots du KGB pendant la Guerre froide que j’ai vues commentées dans les récits des journaux  ne feraient guère qu’un chapitre ou deux dans le livre interminable de Bergman », écrit Ron Unz.

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URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/les-assassins-sont-de-retour/

 

 

 

 

 

 

Victor OSTROVSKY – Claire HOY

By way of Deception : The Making of a Mossad Officer

Wilshire Press Inc – 1990 – 2002

 

 

En français :

Victor OSTROVSKY (et Claire HOY)

MOSSAD. Un agent des services secrets  israéliens parle

Presses de la Cité – 1.11.1990

323 pages

 

Victor OSTROVSKY

The Other Side of Deception : A Rogue Agent Exposes the Mossad’s Secret Agenda

Harper Collins, Australia, 1995

315 pages

_______________

 

Vladimir BARTOL

ALAMUT

Phébus – 1991

584 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vladimir BARTOL

ALAMUT

Libretto ­– (Nouvelle traduction) – 2012

592 pages

Présentation de Libretto

« … je partage l’humanité en deux catégories fondamentalement différentes : une poignée de gens qui savent ce qu’il en est des réalités et l’énorme majorité qui ne sait pas. »

Vladimir Bartol  

Retranché dans sa citadelle dominant la plaine, le grand maître Hassan Ibn Sabbâh mène, à la fin du XIe siècle, une guerre sainte en Iran. Il n’a que peu de soldats et seuls ses proches le connaissent intimement. Parti de presque rien, sans armée, sans terre et sans guère d’appuis à la cour, il dominera le monde. Des hommes seront prêts à mourir pour lui avec le sourire aux lèvres. Des foules entières se prosterneront sans combattre. Un millénaire plus tard, la manipulation des masses, telle qu’il la pratiqua, continue d’ébranler les empires modernes.   Mélange d’aventures et de philosophie politique, Alamut n’évoque la violence des complots d’alors que pour mieux renvoyer aux problèmes cruciaux des civilisations modernes.

Note des Grosses Orchades :

Ceci est un roman, écrit avent la IIe Guerre mondiale. L’histoire qu’il raconte n’a jamais été prouvée. Mais la réalité (d’aujourd’hui) peut dépasser la fiction (d’hier). C’est ce que pensent et disent Ron Unz et Israël Shamir.

 

 

 

 

Dernière minute :

 

L’art de la guerre

Plus liés encore au Pentagone avec Guerini

 

Manlio Dinucci – il manifesto – 4.2.2020

 

 

Ecco il jolly italiano per l’Iraq. Il colloquio tra Guerini e il capo del Pentagono

 

 

« Relation historiquement privilégiée, qu’il faut renforcer le plus possible » : ainsi, dans sa visite à Washington (29-31 janvier), le ministre de la Défense Lorenzo Guerini (Pd) a défini le lien de l’Italie avec les États-Unis. Le secrétaire US à la Défense Mark Esper a qualifié l’Italie de « solide allié OTAN » qui, en hébergeant plus de 34.000 militaires et autres personnels du Pentagone, « joue un rôle vital dans notre projection de force en Europe, dans la Méditerranée et en Afrique du Nord ».

Le rôle de l’Italie est plus important que ne le dit même Esper. Le Pentagone peut lancer de notre territoire, à travers les commandements et les bases USA/OTAN, des opérations militaires dans une aire qui de l’Atlantique s’étend à la Russie et, au sud, à toute l’Afrique et au Moyen-Orient. Toujours avec l’accord et la collaboration de l’État italien. « Les deux pays -souligne le communiqué officiel du Pentagone- reconnaissent l’influence déstabilisante de l’Iran au Moyen-Orient et s’accordent pour continuer à opérer ensemble afin de contenir les activités iraniennes de plus en plus perturbatrices ».

Ainsi est effacée la position formelle assumée par le Gouvernement italien (et donc par Guerini aussi) qui, après le meurtre de Soleimani ordonné par Trump et la réaction iranienne, avait souligné la nécessité d’« éviter une escalade ultérieure et favoriser un apaisement de la tension par la diplomatie ». Confirmant que c’est Washington qui décide et non pas Rome, Guerini a déclaré, dans la conférence de presse au Pentagone, que l’« Italie a décidé de rester en Irak après une conversation téléphonique avec le secrétaire Esper ». Guerini – informe le ministère de la Défense – a été reçu aussi par le conseiller du président Trump, Jared Kushner, « promoteur du récent plan de paix pour le Moyen-Orient », c’est-à-dire du plan de créer un « État palestinien » sur le modèle des « réserves indiennes » créées par les USA au 19ème siècle. 

Le ministre Guerini s’est aussi fait un peu tirer les oreilles par Esper : l’Italie doit davantage s’engager pour porter sa dépense militaire (environ 70 millions d’euros par jour) à au moins 2% du PIB (environ 100 millions d’euros par jour) ; elle doit en outre limiter ou bannir l’usage de technologie chinoise 5G, notamment Huawei, qui « compromet la sécurité de l’Alliance ».

Mais immédiatement après, le ministre Guerini a eu sa plus grande satisfaction : le chef du Pentagone l’a remercié d’« avoir renforcé le rôle de l’Italie comme partenaire fondamental des États-Unis dans l’industrie de la Défense, et de son fort soutien au programme du chasseur F-35 dans lequel l’Italie, partenaire de second niveau, a fait d’importants investissements en recherche et développement ».

À Washington, lit-on dans un communiqué publié à Rome, le ministre Guerini a rencontré des « représentants de l’industrie italienne de la Défense et les principaux think tank du secteur ». Au premier rang, certainement, les dirigeants de la société Leonardo – la plus grande industrie militaire italienne, dont le Ministère de l’économie et des finances est le principal actionnaire – qui, aux États-Unis, fournit des produits et services aux forces armées et aux agences de renseignement, et en Italie gère le site de Cameri des chasseurs F-35 de Lockheed Martin.

Guerini a aussi rencontré à Washington les dirigeants de Fincantieri, contrôlée à plus de 70% par le Ministère de l’économie et des finances. Aux USA le Fincantieri Marine Group construit des navires de combat littoral pour l’US Navy. Quatre navires du même type sont maintenant construits par cette société Fincantieri pour l’Arabie Saoudite sur la base d’un contrat de 2 milliards de dollars stipulé par Lockheed Martin. 

En 2019, tandis que Fincantieri, contrôlée par le Gouvernement, signait le contrat de construction des navires de guerre pour l’Arabie Saoudite, la Chambre approuvait une motion, présentée par la majorité de gouvernement, qui demandait l’embargo sur la vente d’armements à l’Arabie Saoudite.

Édition de mardi 4 février 2020 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/con-guerini-ancora-piu-legati-al-pentagono/ 

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/plus-lies-encore-au-pentagone-avec-guerini/

 

Soyons assurés que nos propres pays – France macronienne et Belgique sans gouvernement depuis un an en tête – le sont de même, sur les pas de Guerini ou devant lui.

 

 

 

 

 

Lire aussi, sur Réseau Voltaire :

 

Appel aux armes, l’OTAN mobilisée sur deux fronts

Manlio Dinucci – 18.1.2020

https://www.voltairenet.org/article208956.html

 

 

 

 

IDLIB à 7 km ! MAJ

 

Observatus Geopoliticus – Chroniques du Grand jeu – 4.2.2020

 

 

 

 

 

Il se passe actuellement des choses assez extraordinaires dans l’Idlibistan. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin après la prise de Maarat al-Numan, les loyalistes ont poussé leur avantage et sont maintenant aux portes du noeud stratégique de Saraqib. Développant leur offensive à l’ouest de la ville, ils ont coupé la M4 et établi leur position à sept petits kilomètres d’Idlib.

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Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/02/idlib-a-7-km.html

 

Pendant qu’on y est :

Passage du Pr. Christian GREILING (Observatus Geopoliticus) chez Frédéric Taddéi, pour la sortie de son livre Le Grand Jeu, aux éditions Héliopoles.

 

 

 

 

Mis en ligne le 5 février 2020

 

 

Anatole Atlas au Chili

 

 

 

 

 

 

 

ANATOLE ATLAS

AU CHILI

 

Théroigne – Les Grosses Orchades – 22.1.2020

 

Nous ne pouvons mieux amorcer l’évocation de cette péripétie dans la saga d’Atlas (alias Jean-Louis Lippert) qu’en reproduisant tel quel un article paru dans La libre Belgique en 2001, mais qui n’a pas une ride.

 

 

 

Souvenirs parricides : un entretien avec l’écrivain Jean-Louis Lippert

 Éric de Bellefroid – La Libre-Culture – 12.4.2001

 

 

 

Qui a osé dire que les rebelles étaient des gens tristes? Que celui-là aille tout de go visiter Jean- Louis Lippert dans sa campagne du Brabant flamand et il reviendra métamorphosé. Parce que, comme diraient les publicitaires, Lippert, c’est un caractère. Une grande figure de la contestation depuis qu’il osa toiser Lacan, impromptu, un jour que celui-ci tenait un séminaire extraordinaire à Louvain l’ancienne.

On était en octobre 1972. Il a 21 ans et vit dans le vieux Louvain. Mais certainement pas pour y étudier; en vérité, il bricole dans des maisons collectives, profitant de sa toute fraîche liberté, lui qui a été brimé dès l’enfance au Congo dont il conserve une indéfectible affection pour les opprimés et a vécu toute son adolescence «cloîtré» dans un pensionnat catholique.

Ce jour-là, Jean-Louis Lippert cherche un copain à travers la ville. Pour lui parler, peut-être, de «l’être-ensemble» situationniste ou de «l’imminence d’un bouleversement radical des rapports sociaux». Dans un bistrot, on lui désigne l’auditoire où il pourra le retrouver. Il s’y rend de ce pas et trouve là une foule dense, pour ainsi dire hypnotisée. La psychanalyse, à ce moment- là, est devenue une institution. La société vit un peu ce que Prigogine nomme «la fin des certitudes» : certaines particules instables, en déséquilibre, proches du chaos, se mettent à innover. Au plus intime de la matière inerte, se reproduisent des phénomènes semblables à de la vie. «C’était là l’état d’esprit du moment, rappelle Jean-Louis Lippert. On était en situation de particules instables.»

Lippert savait déjà qu’il ne ferait jamais partie de la classe des dominants. «Je suis entré, j’ai vu le Maître parler. Il était impossible de ne pas se laisser aller à la provocation.» L’échange est frontal. Le jeune effronté interpelle Lacan: «Est-ce que vous ne trouvez pas bizarre que ces futurs cadres grattent la parole de leur Maître?» Le psychanalyste, interdit, acquiesce calmement: «Oui, effectivement, je trouve ça bizarre.» Lui qui avait toujours refusé d’être filmé l’est ce jour-là exceptionnellement par la RTB.

Avançant peu à peu vers Lacan, soudain fébrile, celui qui se fera connaître sous le nom de code d’Anatole Atlas le double de Lippert en personne poursuit son invective et déverse soudain la cruche d’eau de l’orateur sur ses feuilles rendues illisibles. «Il s’agissait de construire une situation. Moi qui voulais écrire et noircissais des carnets contre l’art et le roman, j’étais en train d’écrire en actes.»

Jean-Louis Lippert entendait signifier, par cet étrange happening, par un geste dont il salue la théâtralité, que l’homme n’a pas besoin de psychanalystes, que c’est la société bourgeoise tout entière qui est malade, dominée par l’avoir au point d’en occulter l’être. «La psychanalyse agissait comme un lubrifiant du système social et était donc destinée à la bourgeoisie. Il était vain de croire que les psychanalystes pouvaient réparer les maux de l’être humain en faisant l’économie d’une psychanalyse du corps social tout entier.» Le maudit gredin se souvient qu’il avait aussi trempé dans l’eau, «pour la perturber», une pâtisserie: on est en plein attentat pâtissier! Tandis que de nombreuses filles, comme des groupies au bord de l’hystérie, buvaient les paroles du Maître, dont la cravate voire même le cigare allaient être à leur tour éclaboussés. «Il fallait peut-être souiller le symbole qu’était Lacan en tant que détenteur du verbe, et donc du pouvoir.»

Près de trente ans plus tard, Jean-Louis Lippert confesse sans manière son respect et sa sympathie pour le plus surréaliste des psychanalystes. «Une époque a les maîtres qu’elle mérite. Où sont les maîtres d’aujourd’hui? Les maîtres de la parole? On mesure l’abîme» Il vit lui-même à l’écart de la ville, dans une apparente dialectique de sérénité et d’exaltation. «J’ai toujours fait des boulots de merde parce que, par principe, je refuse de gravir des échelons dans la société.» Situationniste de coeur, ami fervent de Raoul Vaneigem, héraut de 68, il reste obsédé par «l’acte d’écriture». Il y cultive une démarche d’interrogation qui n’a pas cessé depuis sa célèbre intervention. Et qu’il se refuse obstinément à clore par une réponse. D’ailleurs, il s’est mis aussi à écrire des romans.

Né en 1951 à Kisangani (ex- Stanleyville), Anatole Atlas se considère toujours congolais. Il n’a pas oublié les petits enfants noirs qui, en 1957, sont entrés à l’école en même temps que lui. Et il garde brûlante la marque de la chicote qu’il avait un jour reçue pour avoir joué avec ces mêmes enfants d’une autre couleur.

Source : https://www.lalibre.be/culture/livres-bd/souvenirs-parricides-un-entretien-avec-l-ecrivain-jean-louis-lippert-51b871d6e4b0de6db9a5a9a9

 

 

 

Or donc, à l’origine de tout ceci, il y eut, le 13 octobre 1972,  une conférence de Jacques Lacan à l’Université (Catholique) de Louvain, où le maître fut interrompu par un jeune homme de 21 ans : Lippert futur Atlas.

La conférence fut filmée et, bien entendu, l’interruption aussi.

Pour les admirateurs de Jacques Lacan ou les simples curieux, voici le film qu’en fit Françoise Wolff, future star du JT de la RTBF. Il s’intitule « Lacan parle ». C’est une version presque intégrale de la conférence, parce que Françoise Wolff n’a pas eu tout à fait assez de bande pour filmer jusqu’au bout.

 

Lacan parle

 

 

Et voici l’interruption qui en est extraite :

 

 

 

 

À l’âge d’être grand-père – il va, croyons-nous, sur ses 69 ans -, Lippert, qui justement s’est mis à signer Atlas en mémoire d’un sien grand-père, n’a rien abdiqué de sa fougue interventionniste ni de ses idées, qu’il n’a pas cessé, au contraire, d’affiner et de préciser avec le temps. Bref, il persiste et signe.

Dire que cela ne le met pas en odeur de sainteté auprès de ceux que M. Serge Halimi appelle, je crois, « les chiens de garde », serait vraiment très peu dire. Et nous sommes en Belgique vous savez…

Comme il met ses actes en concordance avec ses paroles, Anatole est pauvre. Ce détail va jouer un rôle dans l’épisode évoqué ci-dessous.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en 2017, un jeune universitaire chilien, Rodrigo Gonzalez [« Instructor adjunto y Doctorante en Psicoanalisis » (UNAB)] a écrit et publié un livre consacré à son historique interruption de Lacan.

 

Rodrigo GONZALEZ,

Lacan Y Un Situacionista : Intervencion Performativa De Su Encuentro Pifiado
Editorial: Polvora Editorial – 2017

161 páginas

ISBN: 9789569441141

La anécdota es relativamente conocida… la interrupción pr parte de un estudiante de la conferencia que dicta Lacan en la universidad belga de pronto exhibe y compromete una escena sobre psicoanálisisn a la que sobreviene un encuentro político, no sólo por la irrupción siempre traumática, de una circunstancia que disloca la situación, haciéndola fallar, haciendo que no marche según la expectativa que trama el discurso universitario que inevitablemente la enmarca.

 

 

 

 

En conséquence de quoi, au Chili, deux colloques furent  convoqués :

 

… l’un, intitulé « DESTINO ESTELAR DE LA PALABRA », par l’Université Andrès Bello de Santiago du Chili, pour le (vendredi !) 13 décembre, auquel devaient participer, outre l’interrupteur Lippert et l’auteur du livre, MM. Felipe Larrea, Docteur en Philosophie (+Esthétique et Théorie de l’Art), et Juan Pablo Bustamante, Psychanalyste de la Nouvelle école lacanienne et diplômé en, psychologie,

 

 

 

 

… l’autre, intitulé « SITUATIONNISME, CONJONCTURE ET NOTES SUR LA SITUATION AU CHILI – Colloque sur l’art, la politique et la psychanalyse, avec la participation de l’écrivain belge Jean-Louis Lippert ». pour le lundi 16, par la « Faculdad de Humanidades y Educacion » de  l’Université de Valparaiso.

 

 

 

 

… dans un Chili agité par les convulsions que l’on sait, même si nos merdias s’appliquent à les minimiser.

 

Tout cela était fort intéressant et même attrayant, mais… pour aller au Chili, il faut un billet d’avion. Or, comme tous ceux (si rares !) qui mettent leurs actes en accord avec leurs paroles, Atlas-Lippert est irrémédiablement pauvre. Que faire, sinon demander une aide logistique aux pouvoirs publics (car aussi pauvre qu’on soit on paie toujours, quand même, des impôts, qui sont censés servir à ces choses). Que croyez-vous que lui répondirent les dits pouvoirs (ministériels, universitaires, « culturels » et autres), dans leur ineffable langue de bois bureaucratique ? Ils lui répondirent « va te faire foutre ». Laissons de côté les mécènes qui avaient déjà Greta Thunberg sur les bras. Il a donc failli ne pas pouvoir s’y rendre. Quand, heureusement, le Centre Wallonie-Bruxelles (qui siège à Paris) a décidé de ne pas laisser faire à son pays aussi grotesque figure, et puisé dans sa petite caisse. Il faut croire que le fait d’officier depuis des années hors des frontières a contribué à les civiliser. Pour les autres : voyez Baudelaire.

 

Mais répétons-le, ce qui n’était pas prévu, c’est que l’invité tomberait dans un pays en pleine ébullition révolutionnaire. Ce qui fait que le colloque de Santiago ne s’est pas tenu à l’Université du tout, mais dans un parc public, au milieu de 50.000 personnes, dont l’une a fait cadeau à l’invité de cette bannière mapuche, qui deviendra – qui est déjà – un de ses fétiches.

 

 

 

 

De retour dans sa marâtre patrie (qui est prophète en son pays ?), Anatole s’est mis en devoir de coucher ses souvenirs et ses réflexions par écrit, et de les offrir à spherisme.be

Nous les y avons cueillis pour vous, dans l’ordre où ils apparaissent. Qui s’étonnera d’y trouver Pablo Neruda, Julio Cortazar et Salvador Allende aux côtés de Jacques Lacan ?

 

CHILI

Santiago de Chile

« J’entre au vrai royaume des enfants de Cham. »

 

Dans l’anthropocide en cours, qui prête l’attention qu’elle mérite à la voix de l’Ancêtre Cham, cette ombre tutélaire de l’humanité ? J’entre au vrai royaume des enfants de Cham, nous avait lancé Rimbaud. Combien pourtant cette voix millionnaire en années se lamente sur la cécité de notre troisième œil et l’occlusion de nos anciennes facultés imaginales ! Combien déplore-t-elle notre soumission à l’impitoyable colonisation des zones psychiques où se joue notre dignité !…
À l’aube de l’ère bourgeoise, Emmanuel Kant osait une définition de la dignité dont la prise en considération ferait exploser Kapitotal et la tour Panoptic : « ce qui est supérieur à tout prix et n’admet pas d’équivalent »…
Depuis trente ans que la propagande enrobe de prestiges idéels une très matérielle ouverture des marchés, la tyrannie de Kapitotal est une absolue négation de sa dignité pour la plus immense part de l’espèce humaine, murmure l’Ancêtre Cham. Comment ne pas l’écouter quand il ajoute que cette société ouverte équivaut à une fermeture de l’esprit, cadenassé par les verrous de la tour Panoptic ?…

S’il est un lieu où sa voix bientôt se fera entendre, ce sera Santiago de Chili. C’est lui qui inspira Destino estelar de la Palabra !

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 Source : http://www.spherisme.be/Texte/Santiago.htm

 

 

 

CHILI

Graal de l’Œil imaginal

 

L’invisible main du marché s’est emparée de tous les crânes.

Deux doigts surgissant par les orbites, un pouce par la bouche, replient leurs serres sur l’unité monétaire faisant fonction d’hostie sacrificielle au Moloch, dont les commandements sont exclusive transcendance…

Il saute aux yeux que la scène fut une Cène ; et que les miettes versées par un hirsute gueux des rues dans la cruche du conférencier le furent ainsi qu’en un ciboire, à l’effroi des fidèles groupés autour du Grand-Prêtre pour une communion rituelle. Mais pourquoi l’officiant parla-t-il, après la fuite précipitée du profanateur dans un auditoire universitaire de Louvain, ce lointain soir d’octobre 1972, de « Jérusalem céleste » ?…

 

 

 

 

La moitié de l’establishment culturel belge était alors présente, l’autre moitié ne s’en souvient plus. Le gueux des rues marchait déjà dans les débris d’un Graal que nous crûmes à portée de la main : celui du rêve d’une chose dont parlait Marx, que Rimbaud précisa, faisant briller l’œil d’un rare éclat ces années-là. Mais il y eut loin de la coupe aux lèvres. Blasphématoire transmutation de l’archaïque chaudron magique, puis du calice de la Sainte Table en la corne d’abondance néocapitaliste : récipients prometteurs d’une plénitude explosant en gerbes de sang tirées aux veines de tous les continents — singulièrement au Chili !… Par quelle intuition l’orateur évoqua-t-il une Jérusalem céleste, où selon sa mystique resplendirait le divin calice ? Débris qui seraient héritage, à propos duquel il faudrait s’expliquer un jour à Santiago du Chili…

 

 

 

 

Car un cri primal comparable à celui de la naissance, il arrive qu’on le pousse à 20 ans. Telle soirée d’octobre 1972, le souvenir en resta gravé sur pellicule, images et sons circulant depuis par la grâce des électrons. Ces éclats de voix vieux d’un quasi demi-siècle, parvenus au pays voisin de la Terre de Feu, le philosophe Rodrigo González en tirerait un livre : Lacan y un situacionista

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 Source : http://www.spherisme.be/Texte/Graal.htm

 

 

 

CHILI

Destino estelar de la Palabra

 

« Qu’est l’homme, sinon une âme tenant vertical un cadavre. »
Malcolm Lowry, Uppon the Volcano

 

Toute Parole rend un culte à la Trinité, mon propos tentera de le montrer. La psychanalyse utilise un opérateur à trois termes (Es, Ich, Über-Ich) pour explorer les modalités de la formation du sujet. Ces figures peuvent s’interpréter comme celles d’un récit. Mon hypothèse est que, comme les figures de toute autre forme de récit, ces trois termes de la psychanalyse ont un lien avec la trinité grammaticale fondamentale : Je – Tu – Il

Avant d’aller plus loin, je voudrais poser la question :

Qu’a-t-il fallu pour que je vous parle en cet instant ?

Le chemin que je vous invite à suivre conduit aux lointaines origines de l’activité littéraire. Quelle plus haute mission l’écriture assume-t-elle que de plonger à la source même des conditions de naissance du sujet de la langue ? Un texte, s’il a pour objet cette naissance, ouvre sur une co-naissance. Mais aussi sur une re-naissance. À connaître et renaître convie la littérature, si elle n’est pas oublieuse de ses origines orales…

Je reviens à la question : Qu’a-t-il fallu pour que je vous parle ?.

Des bibliothèques entières nous documentent, sous formes théologiques, anthropologiques et mythologiques, sur les mystères entourant la Parole. Mais je voudrais vous convier à vivre l’expérience du temps d’avant le premier mot. N’existent, pour les grands singes de l’Est africain, voici X millions d’années (je ne me soucie pas ici de datation précise), que nature physique, ici-bas fini, pure immanence d’une existence biologique et organique. Un long apprentissage des outils, grâce à l’activité des mains libérées de leur seule fonction locomotrice, a favorisé les connexions neuronales du cerveau qui permettront de faire jaillir le feu…

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Source : http://www.spherisme.be/Texte/Palabra.htm

 

 

 

CHILI

Trump & tramp

 

 

Je n’ai jamais écrit que mon testament, lequel dilapide un héritage riche en reconnaissances de dettes. Ainsi voici tout juste 100 ans, le 23 janvier 1920, lors de la première matinée littéraire organisée par les fondateurs de la revue Littérature André Breton, Philippe Soupault et Louis Aragon, sous les vociférations suraiguës de Tristan Tzara, s’amorçait une émeute intellectuelle et spirituelle dont la culture occidentale ne se purgerait qu’au prix du double stratagème de l’occultation, puis de la récupération. Les surréalistes salueraient bientôt la rébellion contre l’impérialisme et le colonialisme engagée dans le Rif par Abd el Krim. Que dénonçaient-ils, sinon ce moteur à explosions qu’est un capitalisme faisant des peuples réduits en bouillie son carburant ? Dans le même temps, où donc était passée l’essence humaine ? La vieille Europe a-t-elle depuis jamais cessé de distiller d’épaisses fumées de confusion obscurcissant les consciences et saturant l’air du poison mortel de la guerre, agrémenté de déodorants pacifiques, humanistes et démocratiques ?

Le sort de la planète n’était pas encore un enjeu médiatique planétaire quand naquit la dernière avant-garde littéraire de la modernité sous le nom de Sphère Convulsiviste, voici 40 ans. Tout être humain devrait être considéré comme un axe du monde portant le globe sur ses épaules et assurant une relation vivante entre terre et ciel : ce postulat convulsiviste, qui me fit adopter l’hétéronyme d’Atlas en 1979, était une conséquence logique de l’insurrection surréaliste fomentée un demi-siècle plus tôt.

 

 

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Source : http://www.spherisme.be/Texte/Tramp.htm

 

 

 

CHILI

Las Tres Casas de Pablo Neruda (I)

Botella en el Mar desde l’Isla Negra

 

 

Les rochers de l’Isla Negra n’ont pas oublié la voix de Pablo Neruda…
Dans leur mémoire séculaire sont gravées les images de son assassinat par la soldatesque chilienne de Kissinger, le 23 septembre 1973…

Sur la plage en contrebas, les mouettes parlent aux algues du Canto General en une langue ancestrale que traduisent les murs de Santiago. J’envoie le talisman de leur message comme une bouteille à la mer contenant une carte au trésor que l’humanité n’a pas fini de déchiffrer :

« En la cosmovision andina, los ojos estan en la espalda y la mirada hacia al pasado. »
     (Selon la cosmovision andine, les yeux sont dans le dos et le regard est tourné vers le passé.)

Aux yeux des bourgeoisies coloniales d’Amérique du Sud, les peuples indigènes sont toujours un vieux film qu’on n’a pas choisi de voir ou choisi de ne pas voir. La question du regard pour le pouvoir ne se pose donc jamais que via les caméras et les écrans de la tour Panoptic…

Implantées dans les têtes comme dans les poches du prolétariat, ces bouillies d’images et de mots frelatés l’éloignent de lui-même comme un film distillant les fausses consciences nécessaires à Kapitotal. *

 

 

48 ans plus tard…

 

Souvent le destin m’a pris pour un autre…

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Source : http://www.spherisme.be/Texte/Botella.htm

 

 

 

CHILI

Las Tres Casas de Pablo Neruda (II)

Septième Étage à Santiago

 

 

J’avoue que j’ai vécu : ces Mémoires, si l’on envisage la sphère entière des missions séminale, racinienne, florale, fruitière et chorale (voix des oiseaux ivres de l’alcool du fruit) confiées à un livre, sont les plus riches en sève jamais offertes à l’humanité pour se rassasier corps et âme…

Tu l’ignorais encore apercevant le bonhomme assis sur ce banc comme un paisible retraité. Sifflets, tambours, trompettes, manifestants juchés sur des statues équestres peinturlurées de slogans dénonçant tortures et assassinats depuis des heures t’avaient mené vers cette maison, phare en surplomb de Santiago. Les paupières du type étaient trop lasses pour qu’il ne te considérât pas de ses yeux mi-clos, presque avec indifférence ; à ceci près que, dans sa paume ouverte, fumait un morceau de braise ardente, qu’il te tendit comme du feu à un passant…
Ce visage glabre et rond sous la casquette et ces yeux globuleux : pouvait-il connaître la fin de ton dernier message, une citation d’Aragon t’enjoignant de souffler sur les charbons pour dire ce qui est à voir ? Le nom de cette maison devenue musée – la Chascona – référait à la chevelure de Matilde Urrutia. Flammes ébouriffées. Tout feu n’est-il pas une convocation de l’esprit des morts ? S’il n’est pas de plus haut devoir pour les vivants que de les faire s’esclaffer, l’humour est leur forme d’expression la plus raffinée quand ils s’adressent aux mortels. Sur la façade bleue deux graffitis : Piñera dictador, Neruda violador

 

 

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Source : http://www.spherisme.be/Texte/7eEtage.htm

 

 

 

CHILI

Las Tres Casas de Pablo Neruda (III)

Bal céleste à Valparaiso

 

 

« … sur une place de Valparaiso, un soir de chaleur et de tristesse,
j’ai lu assis sur un banc ton
Espagne au cœur …  »

Julio Cortázar, préface à l’édition française de Residencia en la Tierra (1972)

 

 

Le ciel de Valparaiso s’affairait à son crépuscule, faisant jouer toutes les couleurs du monde aérien pour être digne des explosions criardes et sensuelles dont le prolétariat de la ville a vêtu ses habitations. Tableau vertical épousant les collines que cette ville où la montagne plonge dans l’océan. Cette abstraction picturale recouvre un sens du concret dont nul ne parle mieux que le penseur Emilio Guzmán. Pour l’heure je ne le connais pas encore, ni n’ai revu le philosophe Rodrigo González – l’un et l’autre organisateurs du colloque* prévu ce soir à l’université – mais je gravis la côte au pourcentage de col alpin menant à la maison locale de Pablo Neruda…

Déambuler seul, parfois sans un rond, toujours très peu fortuné, dans une ville inconnue : cette expérience poétique absolue, je l’ai vécue sur tous les continents excepté l’Océanie (nom fabuleux qui devrait plutôt servir à désigner l’Atlantide). Ici vous dépassez à pied des bus poussifs qui ne montent pas jusqu’en haut de la côte. Au sommet du bien nommé quartier Bellavista, dont la vue plonge vers le port et ses lions de mer, le soleil est une chair pantelante que reflètent les hautes voiles rouges de la Sebastiana, demeure en forme de navire de l’aède chilien. Je m’attendais à retrouver le spectre de don Pablo, mais un poète peut-il aimer la routine ? D’autres urgences devaient le requérir dans l’autre monde, et je m’adresse à un passant (pourquoi la formule Alguien que anda por ahi te vient-elle en tête ?) pour le prier de bien vouloir prendre une photo sur son téléphone portable…
Un grand oiseau blanc fit des ronds dans le ciel au-dessus des mats de la Sebastiana. Quel signe y lire ? Ces lettres que je trace afin d’éterniser l’instant de la photographie spectrale prise par l’inconnu, ne passeront pas de l’état de larves à celui de lucioles sans la métamorphose opérée par l’œil d’un lecteur éventuel. Encore faudrait-il que celui-ci n’ait pas été réduit à l’état de cloporte, et qu’il envisage possible que certaines Fleurs du Mal aient fait condamner leur auteur moins pour de supposés poèmes licencieux qu’en raison de cette impardonnable insulte à la bourgeoisie représentée par l’Albatros, toujours le même, dont les ailes déployées tournoient autour du navire aérien de l’aède Neruda, pour ouvrir j’ignore encore quel bal dans le ciel de Valparaiso

 

 

 

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Source : http://www.spherisme.be/Texte/Valparaiso.htm

 

 

 

 

 

Un Manifeste de  la Sphère convulsiviste

 

1848 a eu son Manifeste du parti communiste, par la grâce de Karl Marx et de Friedrich Engels. D’une mémorable matinée littéraire du  23 janvier 1920, par celle d’André Breton, de Philippe Soupault et de Louis Aragon, est né, en 1924, le Manifeste du surréalisme.  Ce 23 janvier 2020 (c’est nous qui sommes en retard), le Manifeste de la Sphère convulsiviste a vu le jour, sous le titre Destin stellaire de la Parole.

 

 

 

 

 

Qui reprend l’essentiel de ce qui précède, dans un autre ordre et complété de manière à en faire ce que John Cowper Powys appelait une « borne d’histoire terrestre ».

Vous, chers lecteurs, ne pourrez cependant pas le voir, sauf si…

 

Petit extrait :

« Ensemble ils m’inspirèrent l’idée d’imiter Zo d’Axa. Parmi les lecteurs de sa revue L’En Dehors, seuls ceux qui lui envoyaient une lettre assez motivée pour le convaincre avaient une chance d’acquérir ses livres. »

 

En un mot comme en cent, Destin stellaire de la parole ne sera pas rendu public avant le mois d’avril prochain. Il le sera en même temps qu’un autre livre en gestation et à des conditions que nous ne connaissons pas encore. Mais notre petit doigt (celui de Mercure) nous dit que ceux qui, d’ici là, le demanderaient à spherisme, pourraient bien le recevoir en cadeau.

On peut déjà voir en couverture que l’auteur a emprunté à sa bannière mapuche ce qui est devenu chez lui l’étoile rouge du communisme, le croissant vert de l’Islam et le soleil noir de la mélancolie. Ce n’est pas par caprice et c’est très loin d’être gratuit.

 

À suivre…

 

Source : spherisme.be

 

 

 

 

Mis en ligne le 26 janvier 2020

 

 

 

Et pendant ce temps l’actualité…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ET PENDANT CE TEMPS L’ACTUALITÉ

 

 

 

 

Coronavirus en Chine

(3 cas en France)

qu’il soit d’origine criminelle ou naturelle…

 

 

Pendant qu’en France, les hôpitaux sont sinistrés au-delà du tolérable et que plus de mille médecins de la fonction publique démissionnent en signe de protestation, en Chine…

 

La ville de WUHAN est en train de construire « en six jours » un hôpital à 1.000 lits pour y traiter les patients atteints de cette épidémie de grippe

 

 

 

 

 

 

La construction a commencé dans la nuit du 21 janvier, dans la ville de Wuhan, en Chine centrale. L’hôpital est prévu pour occuper 25.000 m2 et abriter un millier de lits. Il devrait entrer en fonctions le 3 février, dans le quartier de Caïdian, qui se trouve dans les faubourgs occidentaux de la ville.

De source officielle : cet hôpital est construit sur le modèle de l’hôpital Xiaotangshan de Pékin, centre médical temporaire qui avait été mis sur pied en sept jours en 2003 pour traiter les patients atteints du syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus (SARS) qui se répandait avec une grande rapidité en Chine continentale. Cet hôpital avait accueilli, en deux mois, un septième de tous les patients atteints dans le pays, créant de ce fait un véritable miracle dans l’histoire de la médecine.

 

Source : https://strategika51.org/2020/01/25/epidemie-de-pneumonie-a-coronavirus-les-autorites-chinoises-diffusent-des-images-dun-chantier-dun-hopital-de-1000-lits-devant-etre-construit-en-six-jours/

 

La France est pourtant le 7e des pays les plus riches du monde… Elle était le 4e, mais depuis qu’« on » brade tous ses actifs aux petits copains, elle a un peu régressé.

 

 

 

 

 

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Drôle de Nouvel An Chinois :

 

Une situation « grave » selon Xi Jinping… Déploiement d’équipes militaires médicales sur le terrain

 

Strategika 51 – CCTV – CGTN – 25.1.2020

 

 

 

 

450 travailleurs médicaux de l’Armée Populaire de Libération (APL) sont arrivés à Wuhan dans la nuit de vendredi, veille du Nouvel An Chinois, pour renforcer la lutte contre la nouvelle pneumonie liée au coronavirus.

 

 

 

 

Le 24 janvier, veille du Nouvel An Chinois, six équipes totalisant 1.230 personnes venues de toute la Chine, ont convergé sur la ville de Wuhan, en Chine centrale. Parmi elles se trouvaient trois équipes médicales totalisant 450 personnes, en provenance des trois universités militaires de Chine.

 

Source : https://strategika51.org/2020/01/25/crise-du-coronavirus-une-situation-grave-selon-xi-jinping-deploiement-dequipes-militaires-medicales/

 

 

 

 

Sept milliards d’impuissants dehors…

Une poignée de braves dedans…

 

Soutenu par ses co-détenus de la prison de Belmarsh, Julian Assange sort de l’isolement

 

RT français – 25.1.2020

 

 

 

 

Après plusieurs mois de détention, Julian Assange vient d’être sorti de l’isolement dans lequel il était confiné, grâce à la mobilisation de ses soutiens, parmi lesquels les détenus de la prison de Belmarsh qui se sont mobilisés en sa faveur.

Lire la suite…

Source : https://francais.rt.com/international/70720-julian-assange-sorti-isolement-prison-grace-mobilisation-ses-soutiens

 

Et Viktor Dedaj interviouvé ne mâche pas ses mots : « Extradition, mon cul ! C’est du kidnapping. ». Bon, d’accord, il ne l’a pas dit comme ça.

 

 

 

 

 

 

« Il n’y a eu aucune manifestation ou cri d’indignation, aucun chant de “ Nous sommes RTS ”… »

 

Un Noam Chomsky des grands jours :

Catalogue d’horreurs et mémoire sélective.

 

Chomsky : les attaques contre Charlie Hebdo révèlent l’hypocrisie de l’Occident

 

Noam Chomsky – Le cri des peuples – 27.1.2020

 

 

 

 

 

Après l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo, qui a tué 12 personnes, dont le rédacteur en chef et quatre autres caricaturistes, et l’assassinat de quatre Juifs dans un supermarché casher peu après, le Premier ministre français Manuel Valls a déclaré « une guerre contre le terrorisme, contre le djihadisme, contre l’Islam radical, contre tout ce qui vise à briser la fraternité, la liberté, la solidarité. »

 

Des millions de personnes ont manifesté pour condamner les atrocités, amplifiées par un chœur horrifié sous la bannière « Je suis Charlie ». Il y a eu des déclarations éloquentes d’indignation, bien captées par le chef du Parti travailliste israélien et le principal challenger des prochaines élections, Isaac Herzog, qui a déclaré que « le terrorisme est le terrorisme, il n’y a pas deux façons d’y remédier » et que « toutes les nations qui recherchent la paix et la liberté [font face] à l’énorme défi » posé par la violence brutale.

Les crimes ont également suscité un flot de commentaires, investiguant les racines de ces agressions choquantes dans la culture islamique et explorant les moyens de contrer la vague meurtrière du terrorisme islamiste sans sacrifier « nos valeurs ». Le New York Times a décrit l’agression comme un « choc des civilisations », mais a été corrigé par le chroniqueur du Times, Anand Giridharadas, qui a tweeté qu’il ne s’agissait « Pas et jamais d’une guerre des civilisations ou entre elles. Mais d’une guerre POUR la civilisation contre des groupes qui se trouvent de l’autre côté de cette ligne (de démarcation entre la civilisation et la barbarie). #CharlieHebdo. »

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Source : https://lecridespeuples.fr/2020/01/26/chomsky-les-attaques-contre-charlie-hebdo-revelent-lhypocrisie-de-loccident/

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Spontanéité rare chez les Zélites…

 

 

À Bethléem, Vladimir Poutine ramasse la casquette tombée d’un garde palestinien et la lui remet sur la tête

 

 

 

 

Petit rappel en passant :

 

Une rue Vladimir Poutine à Bethléem

Maxime de Valensart – 7 sur 7.be – 6.5.2019

 

 

 

 

La rue de Bethléem dans laquelle Jésus serait né sera rebaptisée du nom du président russe Vladimir Poutine, qui était mardi [en mai 2019, NdGO] en visite en Cisjordanie, indique mercredi le cabinet du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Le président russe a réagi avec humour à cette annonce. « J’espère quand même vivre encore un certain temps », a-t-il déclaré.

Vladimir Poutine a inauguré un centre culturel et scientifique, financé par la Russie, dans la rue qui portera son nom.

Source : 7 sur 7.be

 

 

 

 

Péripéties microniennes

 

Scoop : pour Macron, un président élu n’est pas forcément légitime

 

Théophraste R. – LGS – 25.1.2020

 

 

 

 

Mai 2018. Sous le contrôle d’observateurs étrangers, Nicolas Maduro est élu président de la république bolivarienne du Venezuela avec 67 % des voix (40 % de plus que son principal concurrent).

Janvier 2019. Un pantin des USA, Juan Guaidó, qui n’avait même pas été candidat, s’autoproclame « président » du Venezuela. Il est soutenu par une poignée de pays occidentaux, mais le peuple vénézuélien, son armée, restent fidèles au président élu.

Janvier 2020. En recevant Guaidó à l’Elysée, Macron (24 % des voix au premier tour des présidentielles, talonné par Le Pen, Fillon, Mélenchon) indique implicitement au peuple français qu’à ses yeux, un président élu peut être remplacé avant la fin de son mandat.

Je vous laisse y réfléchir.

Théophraste R. (Auteur de l’opuscule (inachevé) : « La rue doit-elle à présent appeler la police et l’armée à se soulever contre les Ceausescu de l’Elysée ? »

C’est quelque chose d’hallucinant de comparer Macron, infoutu de mettre le nez hors de l’Elysée sans la protection des centaines de policiers, avec Maduro, acclamé par des centaines de milliers de manifestants à Caracas.

Source : https://www.legrandsoir.info/scoop-pour-macron-un-president-elu-n-est-pas-forcement-legitime.html

 

Mais pourquoi foutredieu toujours ramener les Ceaucescu !? Y’a pas d’autres sources de comparaison que celles des merdias ?

 

 

  

 

 

Emmanuel Macron : Illégalité, illégitimité et imposture.

 

Régis de Castelanu – Vu du droit – 25 .1.2020

 

 

 

 

La France et le problème Macron.

La République française à un gros problème avec celui qui lui sert de président. Celui-ci est désormais perçu massivement par le peuple comme complètement illégitime à en occuper ce poste à diriger le pays.

Cette situation explique le rejet dont il est l’objet et ce au-delà de la politique mise en œuvre, la corruption qui l’entoure, sa nullité politique, ses traits de caractère insupportables et son arrogance personnelle. Toutes ses interventions quelles qu’elles soient, sont immédiatement disqualifiées avec une rage surprenante. Et il apparaît maintenant d’évidence qu’il ne pourra pas gouverner sans le recours à une répression féroce à l’aide de sa justice, sa police et les lois liberticides que son Assemblée nationale croupion adopte en cadence. Interpellé sur les dérives de son régime Emmanuel Macron a voulu imprudemment nous donner une petite leçon en lançant à la volée « essayez la dictature et vous verrez! », en définissant en parallèle dictature et démocratie. Le problème est que sa description de la dictature colle à son système. Et celle de la démocratie entretient avec le macronisme des rapports étonnamment lointains. Quand par exemple il dit : « Une dictature, c’est un régime ou une personne ou un clan décident des lois », on a envie de lui répondre « mais Monsieur Macron c’est exactement ce qui se passe avec votre Assemblée nationale croupion complètement caporalisée et qui n’a aucun état d’âme à piétiner nos libertés publiques à votre demande. Et quand les sénateurs essaient d’utiliser leurs maigres prérogatives de contrôle, vous et vos hommes de main les insultez et les menacez. »

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Source : https://www.vududroit.com/2020/01/emmanuel-macron-illegalite-illegitimite-et-imposture/

 

Oups ! Et voilà que le Conseil d’État s’y met…

Va-t-il oser s’en prendre aussi aux marionnettistes ?

 

 

 

 

 

La deuxième partie de l’article de Régis de Castelnau vient d’arriver

 

Illégalité, illégitimité et imposture (2e partie).

 

Régis de Castelnau – Vu du droit – 26.1.2020

 

 

 

 

La disparition de la séparation des pouvoirs.

 

Nous avons vu dans une première partie que dans un système de démocratie représentative, pour qu’une majorité électorale puisse imposer son point de vue à la minorité, il était nécessaire que les représentants élus soient parvenus au pouvoir dans des conditions régulières et après un scrutin que l’on peut qualifier incontestablement de « sincère ». Et que cela soit reconnu comme tel par le corps social. C’est ce qui construit la première branche de la « légitimité » des gouvernants. Nous avons vu que l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron à ce point illégale et irrégulière pouvait s’apparenter à une forme de coup d’État. Raison pour laquelle s’est installée dans l’opinion publique et dès le début de son mandat l’idée que cet homme « n’était pas sa place ».

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Source : https://www.vududroit.com/2020/01/emmanuel-macron-illegalite-illegitimite-et-imposture-2e-partie/ 

 

 

 

 

 

 

 

4 millions de manifestants en Irak : l’AP en voit « des centaines » :

 

Irak : l’AP voit des « centaines » de manifestants alors que les photos en montrent des millions

 

Entelekheia – 25.1.2020

 

 

 

 

10h01 UTC hier, l’Associated Press a tweeté que des « centaines » de personnes se rassemblaient dans le centre de Bagdad pour exiger le départ des troupes américaines.

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Source : http://www.entelekheia.fr/2020/01/25/irak-lap-voit-des-centaines-de-manifestants-alors-que-les-photos-en-montrent-des-millions/

 

 

 

 

 

Qu’à cela ne tienne…

 

Les États-Unis préparent le retour de « l’homme fort » en Irak

 

M.K. Bhadrakumar – Comité Valmy – 24.1.2020

 

 

 

 

Le départ de l’ancien Commandant de la Force Al-Qods, Qassem Soleimani, commence à se faire sentir en Irak. Les deux rencontres que le Président américain Donald Trump a eues avec le chef du gouvernement régional kurde irakien Nechirvan Barzani et le Président de l’Irak Barhem Saleh en Suisse, mercredi en marge du Forum Économique Mondial, sont symptomatiques de l’agenda de Washington pour poursuivre le recul de l’influence iranienne en Irak.

 

Barzani devient un interlocuteur clé pour Washington dans les nouvelles circonstances, qui aurait un rôle majeur à jouer dans la consolidation de l’autonomie des régions kurdes du nord de la Syrie. En effet, du point de vue de Washington, le Kurdistan irakien reste une oasis de stabilité et peut fournir une feuille d’ancrage pour une présence militaire américaine illimitée dans la région. L’évacuation du pétrole de l’est de la Syrie devient également possible via le Kurdistan irakien.

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Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11650

 

 

 

 

Le rêve des uns et le cauchemar des autres

 

Michel Raimbaud – Comité Valmy – 22.1.2020

 

 

 

 

 

Il est dans l’air du temps de considérer les épisodes troubles que nous vivons aujourd’hui comme une réplique à ce que furent hier les « années folles » de l’entre-deux guerres. Ce n’est pas une perspective encourageante, car cet entracte convulsif de vingt ans tout juste (1919/1939), loin d’être seulement une explosion des libertés, un foisonnement des innovations, une envolée du progrès, allait déboucher sur le festival de boucherie et d’horreur que nous savons, suite logique de son échec. Peut-on recréer un ordre universel, alors que la moitié de la planète reste sous le joug colonial ? Rétablir la stabilité alors que quatre empires viennent de disparaître, deux d’entre eux, Russie et Allemagne, ne se voyant nullement comme des vaincus, et que le statut des deux « superpuissances » coloniales est ébranlé par l’ascension de l’Amérique ? Quand cette dernière refuse d’adhérer à la Société des Nations qu’elle a patronnée, comment donc garantir la paix ?

 

Folles ou non, les présentes années sont écervelées, ou décervelées. Mais en 2020, l’heure n’est plus à renifler un séisme attendu, car celui-ci gronde déjà de toutes parts. Pourtant, si le monde revisité est bien devenu universel, l’Occident préfère s’identifier à une « communauté internationale » qui ne l’est pas. Le refus de prendre en compte cette « fracture » est à l’origine de la rage et/ou de la démence de ses élites pensantes, dirigeantes et rugissantes.

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Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11643

 

 

 

 

 

Réforme des retraites : la trahison des syndicats

 

Ramin Mazaheri – Le cri des peuples – 22.1.2020

 

 

 

 

En raison d’un black-out des médias occidentaux [notamment anglophones] sur le sujet, beaucoup pourraient être surpris d’apprendre que la grève générale en France vient d’entrer dans sa septième semaine consécutive. C’est le mouvement des travailleurs le plus long de l’histoire de France, et de moitié, mais les médias occidentaux dominants ont décidé d’ignorer la France jusqu’à ce que ce moment historique s’estompe.

 

Il semble sur le point de prendre fin.

Les syndicats français ont fait un travail lamentable à la tête de la grève malgré le fait que tout allait pour le mieux au début.

La prétendue supériorité du modèle syndical dit « indépendant », favorisé par l’Occident mais rejeté par tout pays ayant connu une révolution après 1917, déçoit à nouveau la nation, entendez par là ceux qui ne sont pas membres cotisants.

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Source : https://lecridespeuples.fr/2020/01/22/reforme-des-retraites-la-trahison-des-syndicats/

 

 

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Et ce n’est pas fini…

 

 

 

 

Mis en ligne le 26 janvier 2020

 

 

De chiens et de saints, d’enfants et de pédomaniaques…

 

 

 

 

 

 

 

De chiens et de saints, d’enfants et de pédomaniaques

 

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Du viol considéré comme un des beaux-arts

 

 

Mardi dernier 21 janvier était le jour anniversaire de la naissance d’Augustin Robespierre, qui aurait eu cette année 257 ans. On est en retard :

Bon anniversaire, citoyen !

 

 

 

 

 

Il s’agit d’abord d’un livre pour les enfants (petits et grands) :

 

 

 

Maria POUMIER

Angu Roquet chien du Vexin

Illustrations de projetKO

JEANNE éditions

104 pages – 21×29 cm

22 €

On peut le commander ici : https://plumenclume.org/home/49-angu-roquet-chien-du-vexin.html

 

 

 

 

Que fait-on quand on ne croit ni à Dieu ni à Diable et qu’il faut rendre compte d’un livre écrit par quelqu’un qui croit dur comme fer qu’il existe, au-dessus de nous et tout autour de nous, QUELQU’UN d’infiniment bon, d’infiniment grand, d’infiniment puissant et par conséquent d’infiniment miséricordieux, vers qui tourner nos espoirs, nos désespoirs, nos détresses, nos peurs et nos angoisses ?

Un croyant, c’est quelqu’un qui, lorsqu’une brute épaisse, animal humain détraqué, lui enfonce des aiguilles sous les ongles ou l’initie aux joies répétées du waterboarding, pense, CROIT, qu’il y a, derrière la porte, QUELQU’UN, résumé de tous les « infiniment » ci-dessus, qui, du fond des æons de l’éternité et des inimaginables années-lumière de l’espace, s’intéresse au petit vermisseau souffrant qu’il est, va le sauver in extrémis de son cancer ou de ses bourreaux, ou le vengera s’Il est hélas arrivé trop tard. La foi ne s’explique pas. L’absence de foi non plus.

Maria Poumier est une croyante. Sensible plus que beaucoup d’autres aux injustices et aux malheurs du monde, elle met toute sa confiance en ce Dieu inventeur des flammes éternelles pour ceux qui ne croient pas en Lui. C’est pourquoi, délaissant pour un bref instant les malheureux – Palestiniens et autres -, elle vient de revisiter quelque chose que même les papes et les évêques ne prennent plus depuis bien longtemps au sérieux : La légende dorée de Jacques de Voragine, histoire qui fut un temps officielle d’une ribambelle de saints, évidemment presque tous martyrs.

 

 

Jacques de Voragine (Jacopo da Varazze ) présentant son livre au Christ, par Ottaviano Nelli, Foligno, Italie

 

 

La légende dorée ! avec sa cascade d’empereurs romains dont l’occupation principale fut toujours d’inventer des tourments inédits pour les récalcitrants qui refusaient de « ployer le genouil » devant tous les dieux, à l’exception de celui des chrétiens… On en a beaucoup ri depuis le XIIIe siècle (mais surtout au cours des trois derniers). On aurait pu aussi s’émerveiller des infinies ressources de l’imaginaire humain.

Dans ce livre-ci, la trouvaille – touchante – de l’auteur a été de confier le rafraîchissement – on peut même dire la résurrection – des saints légendaires à la seule espèce innocente qui reste sur la terre : l’animale. Sous sa forme canine. Et elle a limité ses évocations aux saints du Vexin, qui, heureusement, sont nombreux.

L’Angu Roquet du titre, vous vous en doutiez peut-être, n’est autre que le chien de saint Roch, de qui on aurait dû deviner qu’il tenait son nom.

 

[Votre servante appartient à l’espèce désespérante qui a fait sa première (et dernière) communion dans une église précisément consacrée à saint Roch et qui a découvert ensuite, à force de curiosité impie, que Roch avait été, chez les païens préhistoriques, une divinité canine, avant que ces présomptueux d’humains ne l’affublent d’une carcasse à leur ressemblance, tout en laissant persister (mauvaise conscience ?) à côté du saint imposteur à deux pattes, le dieu d’origine, à quatre et à queue, devenu factotum…]

 

Et comme tout est permis dans les légendes, Roquet, à l’instar du baron de Münchausen, reste immortel tant que cela lui chante : tous ces saints qui se sont succédé au cours des siècles, il les a personnellement connus.

C’est ainsi que, feuilletant d’une griffe délicate ce joyau prétendu dépassé du christianisme occidental, il (c’est-à-dire Maria) revisite par la même occasion quantité de traditions populaires de cette région de France, en grand danger de disparaître sous les coups du capitalisme moribond, impatient de remplacer les humains par des robots et les petits enfants des hommes par des résidus d’éprouvettes qui feraient peur au père de Frankenstein.

Reconnaissons-le, ce n’est pas vraiment à nous qu’Angu Roquet s’adresse pour raconter la légende des siècles chrétiens : nous n’en sommes pas dignes ! C’est avec d’autres chiens qu’il s’entretient, et nous faisons ainsi la connaissance de Mâchefer, un grand chien de berger tout noir qui a, lui aussi, vu bien des choses que nous ne soupçonnions pas, et de Reniflard, chien breton caractériel, envers qui ses congénères font preuve de grande patience, car il est dévoré par la gale et souffre beaucoup.

Bien sûr, on pense au Colloque des chiens de Cervantès, sinon aux dialogues de ceux du Cymbalum Mundi de ce pauvre Bonaventure des Périers. On ne peut pas ne pas penser aussi aux toutous moralistes de La Fontaine, sans oublier les maîtres de notre maître Diogène de Sinope.

Le collier de légendes sacrées de Maria Poumier est illustré par des dessins de projetKO, qui sont en parfaite harmonie avec ses mots et l’esprit de ses mots. Que pourrait-on en dire de plus ?

 

 

 

Maria Poumier :

« Les mots des enfants de mon village, St Cyr-en-Arthies, sont absolument authentiques, quand ils se demandent : « C’est qui, Dieu », ce sont eux qui ont spontanément donné et enchaîné ces répliques, alors que nous préparions la mise en scène des « Mystères de saint Cyr »… »

 

En guise de bonus (au Pays de Liège, on dit « rawète »), la vidéo de ce spectacle :

https://www.youtube.com/watch?v=yoWPGlC-SK0

 

 

 

L’empereur Dèce ordonnant l’emmurement des Sept Dormants – Manuscrit du XIVe siècle

 

 

Angu Roquet chien du Vexin

 

Extrait :

 

X. Les chiens de la nuit

 

Mais, j’y songe, je ne vous ai pas présenté mes amis Mâchefer et Reniflard. Mâchefer était un taiseux, il aimait baver doucement et grommeler tout bas. C’est sur la route des Crêtes, à l’entrée de Chérence, là où il y a beaucoup de grottes bien commodes pour s’abriter, qu’on s’était retrouvés quelques jours plus tard. Reniflard, lui, venait de Villers-en-Arthies, où il avait souvent accompagné un certain Renan, qui partageait avec lui un tempérament coléreux.

Peu après la nuit mémorable de Saint-Clair-sur-Epte, nous admirions la voûte étoilée au-dessus des champs fraîchement moissonnés, les grillons s’égosillaient, nous ne pouvions pas dormir et nous sentions comme les chiens de garde des étoiles, astreints au service des astres et dociles à leur magnétisme ; il n’était pas question pour nous de fermer l’œil jusqu’à ce que les coqs aient pris le relais et appelé le soleil à la rescousse pour remettre de l’ordre dans la nature que le firmament attirait comme un aimant, arrachant hommes et bêtes, comme des épis mûrs, pour les lancer dans l’épaisseur des songes les plus touffus. La Voie Lactée…

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Là aussi, il s’agit d’un livre, mais vraiment très différent :

 

 

Affaire Matzneff, un théâtre de la terreur et de l’absurde

 

Slobodan Despot Le bruit du temps – 20.1.2020

 

 

La nouvelle chasse aux sorcières en France s’acharne sur un écrivain connu, Gabriel Matzneff, qui n’a jamais fait mystère de sa pédophilie. Pourquoi maintenant et pas hier ? Pourquoi lui et pas un autre ? Et jusqu’où ce délire de l’hypermoralisme nous mènera-t-il ?

 

 

 

 

Vers le milieu de l’an dernier, j’ai croisé Gabriel Matzneff dans les couloirs de notre commun éditeur, Gallimard. Nous avons échangé quelques mots, puis il a poursuivi son chemin en laissant derrière lui le sillage prestigieux des grands mandarins de la société parisienne. Cette aura particulière qui nimbe dans ces mêmes lieux les Sollers, les Garcin ou les Assouline, à quoi est-elle due ? A la démarche, aux manières, à l’eau de toilette ou au demi-sourire autocontemplatif qui ne les quitte jamais ?

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Source : https://antipresse.net/affaire-matzneff-un-theatre-de-la-terreur-et-de-labsurde/

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Du viol considéré comme un des beaux-arts

 

Anatole Atlas – spherisme.be – 10.1.2020

 

 

« I was damned if I did, and also damned if I didn’t. »

Pirozka Nagy, économiste au FMI harcelée par DSK

 

(…)

L’heure est venue de le divulguer pour la militante féministe que je suis, tant pleuvent sur la scène médiatique les accusations de viols et de harcèlements sexuels, de préférence contre des potentats du cinéma – milieu fondé plus que tout autre sur une prostitution généralisée…

(Toute star de la caméra, s’il appartient à la race élue, peut — sous couvert de l’Histoire — violer en criant «  J’accuse ! «  pour imposer silence à une damnée marquée au fer. Mais l’Histoire judéo-chrétienne entière ne se confond-elle pas à celle du viol depuis Canaan ?)

Pour que ne soit jamais mise en question la culture d’acquiescement au viol nécessaire à l’ensemble d’un système économique et politique, doit périodiquement exploser un scandale faisant écran à cette réalité. Des têtes quelquefois tombent, qui expient toutes les turpitudes, afin d’enrichir une mythologie sulfureuse et d’aviver les fantasmes faisant prospérer une telle industrie. Ces éclairages brutaux d’un monde placé sous la loi des projecteurs, servent à ce que ne soit pas mis en lumière le rapport sadomasochiste entre winners et losers, où le consentement à la soumission vaut approbation, sans quoi n’existerait pas Kapitotal. Ceux dont un Baby Mac disait qu’ils ne sont rien, ceux dont un Killer Donald (Big Mac) se présentait comme le souteneur, sont contraints pour survivre de mimer chaque jour une jouissance à la violence qu’ils subissent. Arrive-t-il qu’ils se révoltent ? Ce n’est pas tant contre leur servitude, qu’en raison d’une aggravation telle des conditions de celle-ci qu’ils se sentent trahis dans l’accès aux voluptés promises…

(Il fallait une puissance de désintégration mentale sans équivalent dans l’histoire des idéologies, pour persuader des milliards d’humains survivant à grand peine dans l’angoisse des misères et des guerres, des pestes et des famines, des cataclysmes et des paroxysmes de barbarie promis à leurs enfants, qu’heureusement pour eux prit fin avec l’Union soviétique ce goulag totalitaire assurant un emploi digne pour tous, l’accès gratuit à l’instruction publique et aux soins de santé, le développement par un très haut niveau de culture dans un système plus handicapé que dopé par la guerre, et que grâce à la sagesse éclairée des propriétaires de la démocratie libérale de marché, les 250.000 milliards de dettes offertes aux générations futures sont déjà les graines d’opulentes floraisons à venir.)

N’est-ce pas l’autorité de la puissance qui leur promet l’émancipation s’ils acceptent le modus moriendi imposé ? N’est-ce pas l’impuissance des victimes qui entretient leur esclavage ? La force de travail n’est-elle pas tout entière, corps et âme, une viande à l’étal d’un marché où la balance pèse plus-values des uns, survie des autres ? Et n’est-ce pas le désir de ceux-ci pour la séduction de ceux-là qui interdit la mise en question de ce rapport ? La victime doit donc refouler son dégoût sous peine de mort, et se féliciter de son sort. Imagine-t-on une prise de parole, quand les propriétaires de la parole appartiennent au camp des plus forts ? Codifié en devoir par le quotidien, le jeu de rôles entre insiders et outsiders fait du plaisir éprouvé dans la consommation de pacotilles, l’instrument magique de cette mise en scène…

( » Violez ! Violez ! Violez ! Je dis aux hommes : violez les femmes ! « , clame Finkielkraut à l’une des innombrables tribunes médiatiques offertes aux porte-voix de la nouvelle extrême-droite par la tour Panoptic. Cette injonction à violer, consubstantielle à celle de ne pas se voiler, est le dernier commandement de la loi mosaïque… Le même idéologue ajoute au micro, pour légitimer l’abjection : « En un mot, je préfère Elisabeth Badinter à Caroline De Haas« .)    

Une continuelle inversion dans les représentations doit brouiller sans cesse le sens de cette soumission dite libératrice. Toujours la lame du salut feint de trancher le nœud du servage, mais entaille les chairs plus inexorablement.

Pascal Bruckner assimile à un maccarthysme néo-féministe, comparable aux persécutions staliniennes et nazies, les plaintes pour viols et sévices formulées contre Polanski, celui-ci revêtant l’uniforme de Dreyfus et la toge morale de Zola pour fustiger des accusatrices l’ayant condamné à relégation sur l’Île du Diable.)

La stratégie mise en œuvre empêche toute issue, dès lors que l’hypothèse d’une issue au capitalisme a été abolie. Prière de communier aux célébrations de la liberté retrouvée en novembre 1989.

(Sus au drapeau rouge, voilà l’ennemi !)

Hier vint un souteneur bonhomme osant affirmer que son adversaire était la finance. Passé la galéjade, surgit un nouveau maître au prestige olympien s’affirmant Jupiter. Baby Mac s’imposa comme un amant au charme équivoque, unissant la fougue de Mars à la grâce d’Apollon. Plus que jamais les damnés désireraient leurs élus, plus que jamais les victimes seraient consentantes. L’élu des élus n’avait-il pas annoncé la révolution ? C’est dans un tel contexte que certains viols sélectionnés parmi les rangs de l’élite peuvent détourner l’attention publique des sévices et harcèlements de masse, promus au rang des beaux-arts par les maîtres de ce rapport social…

Ainsi des foules aveugles partout sur la planète beuglent, ruent, s’empêtrent les cornes sur des muletas dans les plis desquelles se dissimule une épée prête pour l’estocade : ce corps mugissant peut-il -— veut-il — déjouer feintes et ruses de la tour Panoptic au service de Kapitotal ?…

(Nos taureaux babyloniens sont bien placés pour savoir les conséquences de foncer sans penser. Mais ils ont besoin d’un enclos mental. Demain, leurs cris transformés en voix électorales, ils voteront encore pour chacune des branches de la mâchoire du Moloch !)

L’urgence de cette confession m’est venue d’une rencontre mythique avec le couple formé d’Ishtar et de Gilgamesh, à qui je rends grâce de m’avoir fait accéder à la Sphère.

 

Élisabeth B. (18 novembre 2019)

(Qui croirait voir une personne réelle en cette « Élisabeth B » pourrait fort se tromper, car il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’une affabulation de Gilgamesh lui-même.)

 

 

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/du-viol-considere-comme-un-des-beaux-arts/

 

 

 

 

 

 

Et quoi d’autre dans notre monde ? De quoi regretter celui des chiens.

 

 

 

 

Pas de #MeToo pour ces Palestiniennes emprisonnées en Israël

 

Gideon Lévy – Chroniques de Palestine – 17.1.2020

Via France-Irak Actualités

 

 

 

 

Ce ne sont pas des femmes, ce sont des «terroristes», donc personne ne se soucie d’elles lorsqu’elles sont victimes de mauvais traitements et d’abus.

À une époque où toute remarque sexiste adressée à une femme peut conduire à une émeute, la torture lors des interrogatoires ou les incarcérations totalement injustes de femmes ne fâchent personne. Lorsque des carrières et des vies sont ruinées à cause d’un baiser ou d’une accolade inappropriés, la retenue des femmes pendant des jours et des nuits dans des positions contraintes et douloureuses, la privation de sommeil et les réclusions sont acceptables parce qu’elles sont des «terroristes».

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Source : http://www.france-irak-actualite.com/2020/01/pas-de-metoo-pour-ces-palestiniennes-emprisonnees-en-israel.html

 

 

 

 

Affaire Nisman, nouvelles révélations 

 

Entre la plume et l’enclume – 17.1.2020

 

 

 

 

Maria Poumier répond aux questions de MetaTV

 

Quoi de neuf sur le front du sionisme en Argentine ?

– Netflix vient de produire une série documentaire en 6 épisodes sous l’intitulé « Nisman, le procureur, la présidente et l’espion »; les Argentins, qui les visionnent fébrilement depuis le 1er janvier alors  qu’en France la pièce montée n’est pas encore sortie, reconnaissent que la chose comporte des éléments contredisant la version israélienne. Grâce au réalisateur Justin Webster, alors qu’on  commémore le cinquième anniversaire de la disparition brutale du procureur Nisman le 18 janvier, énormément de questions sont à nouveau débattues en Argentine, et au-delà; l’assassinat du commandant Soleimani remet la question des relations entre l’Argentine et l’Iran au premier plan.

Rappelons les dates fondamentales:

– 17 mars 1992, attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires;

– 18 juillet 1994, attentat contre l’AMIA, centre communautaire juif de Buenos Aires, faisant 85 morts et 300 blessés;

– janvier 2013, la présidente Cristina Fernandez signe avec l’Iran un protocole de coopération avec les autorités pour débloquer l’enquête concernant l’attentat de 1994, imputé à des représentants du gouvernement iranien;

– 2015, le 18 janvier, disparition brutale du procureur Nisman, chargé d’enquêter sur ledit attentat depuis dix ans; la présidente est accusée de l’avoir fait assassiner; son parti perd les élections présidentielles, au profit du libéral Mauricio Macri;

– décembre 2019: elle revient au pouvoir en tant que vice présidente du nouveau président élu, Alberto Fernandez.

– Le 18 janvier 2020, les médias vont commémorer avec tout leur tintamarre la disparition brutale de Nisman, qui était téléguidé dans le sens des intérêts israéliens. Cet individu semble bien avoir été chargé par la CIA d’une mission: faire tomber la présidente. Mais nous verrons que ce n’est pas tout..

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Source : https://plumenclume.org/blog/525-affaire-nisman-nouvelles-revelations

 

 

 

 

Les USA livrent une bataille homérique pour stopper l’intégration eurasienne

 

Pepe Escobar – 18-19.1.2020

Paru sur Asia Times sous le titre Battle of the Ages to stop Eurasian integration

Via Entelekheia

 

Pourquoi le général Qassem Soleimani a-t-il été assassiné ? Pourquoi les USA refusent-ils catégoriquement de partir de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan ?

Il est impossible de comprendre leur stratégie sans la situer dans le contexte de la montée de la Chine, de ses ambitions géo-économiques en Eurasie et de la perte d’influence majeure des USA dans la région, et à terme sur tout le continent eurasien, de Lisbonne jusqu’au Pacifique, qui s’ensuivra si la Chine continue de jouer les locomotives de développement régional – et ce, sans même mentionner que Pékin compte aussi développer l’Afrique et connecter ainsi les économies des trois continents de l’entité supercontinentale afro-eurasienne.

 

 

 

Les années folles du XXIe siècle ont commencé en fanfare avec l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani.

Mais un autre big bang nous attend tout au long de la décennie : les innombrables déclinaisons du Nouveau Grand Jeu en Eurasie, qui oppose les États-Unis à la Russie, à la Chine et à l’Iran, les trois principales locomotives de l’intégration eurasienne.

Chaque changement de donne en géopolitique et en géo-économie, au cours de la prochaine décennie, devra être analysé en relation avec ce conflit épique.

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Source : http://www.entelekheia.fr/2020/01/18/les-usa-livrent-une-bataille-homerique-pour-stopper-lintegration-eurasienne/

 

 

 

 

La Bataille pour Auschwitz

 

Israël Adam Shamir – Entre la plume et l’enclume – 21.1.2020

Traduction : Maria Poumier

 

 

Libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge

 

Le vendredi 17 janvier 2020, trois mille salves ont ébranlé le sol de la capitale russe; le ciel sur Moscou s’était emblasonné de glorieux feux d’artifice. C’était une répétition de la célébration mémorable, soixante-quinze ans plus tôt, soulignée, le 17 janvier 1947, par 24 salves de 324 canons lourds pour la libération de Varsovie par l’Armée rouge. Varsovie en ruines venait d’être sauvée de la disparition totale.

Cela pourrait être une excellente occasion pour un déploiement de l’amitié entre les deux nations slaves. Les Polonais pourraient se souvenir que 200 000 Russes, soldats et officiers furent tués en action à Varsovie et ils pourraient dire: ils sont morts pour nous permettre de vivre. Ils pourraient remercier la Russie pour les terres généreuses et les grandes villes arrachées à l’Allemagne vaincue, pour se les avoir vue offertes à la Pologne: Dantzig devint Gdansk, Stettin devint Szczecin, Breslau Wroclaw, et Posent Poznan. Ils pourraient remercier la Russie même pour avoir passé à l’Ukraine les terres peuplées d’Ukrainiens qui étaient sous commandement polonais avant les guerres, commandement qui se termina par un grand massacre des Polonais qui y résidaient par les nationalistes ukrainiens.

La gratitude n’est pas un trait marquant du caractère national polonais: le gouvernement polonais a ignoré l’évènement. Bien au contraire, les Polonais ont détruit les mémoriaux et tombes des soldats russes. C’était terrible, mais bien moins important que la décision de Varsovie d’établir le système US de radars, et d’un bouclier de missiles sur son sol, le système qui fait d’une soudaine attaque nucléaire US une possibilité fort tangible. L’effort de la Pologne pour saboter l’oléoduc qui relie la Russie à l’Allemagne; l’invitation de la Pologne aux blindés US à prendre place sur sa frontière orientale, l’hostilité inextinguible de la Pologne envers la Russie au parlement européen ont fait que les Russes voient cet ancien membre fondateur du Pacte de Varsovie comme leur ennemi n°1 sur le continent européen.

Vous ne serez pas surpris que les Russes aient vu là une bonne occasion de leur rendre la pareille.

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Source : https://plumenclume.org/blog/527-la-bataille-pour-auschwitz

 

 

 

 

 

Petit Addendum

En août 1920, Curzio Malaparte, jeune attaché mlitaire à l’ambassade d’Italie, se trouvait dans Varsovie assiégée par Trotski.

 

1920 – L’expérience polonaise.

L’ordre règne à Varsovie

 

 

Femmes polonaises défendant Varsovie – Août 1920

 

 

Combattants polonais de l’Armée Rouge

 

   […]

   « Varsovie, au cours de ces journées, présentait l’aspect d’une ville résignée au saccage. Une chaleur lourde étouffait les voix et les bruits ; un profond silence pesait sur la foule massée dans les rues. De temps en temps, des files interminables de tramways, chargés de blessés, fendaient lentement cette foule. Les blessés mettaient la tête aux fenêtres et montraient le poing en jurant. Un long murmure se propageait de trottoir en trottoir, de rue en rue. Au milieu d’une escorte de uhlans, parmi les sabots des chevaux, courbés, boiteux, vêtus de haillons, l’étoile rouge sur la poitrine, des prisonniers bolcheviques défilaient. Au passage des prisonniers, la foule s’ouvrait en silence, et se refermait pesamment derrière eux. Des tumultes éclataient par-ci par-là, immédiatement étouffés par la foule. Par-dessus cet océan de têtes, de hautes croix noires se dressaient parfois, portées en procession par des soldats maigres et fiévreux : le peuple avançait lentement, par vagues ; un courant se dessinait, au milieu de la rue, suivait les croix, stagnait, refluait, se perdait en bras tumultueux. À la tête du pont de la Vistule, une foule silencieuse tendait l’oreille à un tonnerre lointain. Des nuages denses, jaunes de soleil et de poussière, fermaient l’horizon qui vibrait en grondant comme sous le choc d’un bélier.

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URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/1920-lexperience-polonaise-lordre-regne-a-varsovie/

 

 

 

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 24 janvier 2020

 

 

 

Toujours ultra-brièvement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours ultra-brièvement

(Pour cause de morticoles récalcitrants)

 

 

 

 

 

Il était muet depuis juste un an. L’assassinat du général Soleimani le fait aujourd’hui sortir de son mutisme, pour rappeler deux ou trois choses qui devaient être dites. Sur le général et sur son pays.

Nous en profitons pour informer ceux de nos lecteurs qui ne le savent pas encore que « À contre-courant » a un site jumeau, spécialement consacré à l’Iran et à sa place dans le monde : « IRAN – Analyses et perspectives »

 

 

Soleimani : La Victoire Posthume d’un Valeureux Général…

 

Georges Stanechy — À contre-courant  – 11.1.2020

 

 

« Comme Faust, ils ont fait le choix de la haine pour devenir immortels.

La haine est une force malfaisante et mortifère de destruction qui donne de l’énergie. »

Saverio Tomasella  (1)

 

 

Le général Iranien Soleimani a été assassiné, le 3 janvier 2020, à sa descente d’avion sur l’aéroport international de Bagdad sur ordre du président des Etats-Unis. Il revenait de Beyrouth avant de rentrer à Téhéran. Faisant escale en Irak à l’invitation de son gouvernement, au cours d’un voyage officiel.

Pour justifier cet acte, l’industrie de la désinformation a activé les fourneaux de ses cuisines pour nous servir la bouillie de sa propagande diabolisante, la France se distinguant par son zèle : presse, radio, TV,  ‟censure-occultation” des moteurs de recherche, trolls automatisés distillant leurs commentaires sur les réseaux sociaux ; avec, brassant de leurs louches cette soupe, les « prêcheurs-bonimenteurs » travestis en « experts » autoproclamés du Moyen-Orient et de l’Iran.

Objectif : Blanchir les auteurs du crime et anesthésier les opinions publiques, dans une soporifique ‟Bonne Conscience”…

Dressant de ce général, dans le meilleur des cas, un portrait à la Picasso. Autrement dit : n’importe quoi…

Cet événement par sa dimension symbolique a une portée aux conséquences majeures pour la région, dont les enjeux échappent totalement à ceux qui l’ont organisé ; révélant leur abyssale imbécillité, leur analphabétisme crasse : culturel, historique, géopolitique. Et, même, spirituel.

Leur fanatisme colonial. D’un autre âge.

Essayons la simplicité et la précision, pour en délimiter les contours…

 

 

 

 

 

Un Soldat d’Elite…

 

Il était un ‟soldat”. Et tel, il se revendiquait. Tout simplement et uniquement.

‟Soldat” d’élite. Au service de sa Nation, en premier lieu. Mais aussi, des Peuples de la région occupés, dévastés, spoliés par la soldatesque étrangère, d’une cruauté sans borne, venue de pays situés à des milliers de kilomètres ; avec ses hordes de mercenaires et coupeurs de gorges. (2)

Non pas un ‟Homme de l’Ombre”, comme l’affirme la propagande francophone ; copié-collé du qualificatif ‟Shadow General”, de la propagande anglophone. Il ne se cachait pas, dans des grottes ou des souterrains. Il était connu de tous, dans son pays et au-delà.

Homme discret pourtant, dont l’humilité était une qualité fondamentale, il devait sa notoriété à ses faits d’armes.

Il commandait la brigade Al Qods, qu’il avait contribué à forger, secondé par un remarquable encadrement issu, comme lui, des tranchées, marais et combats de rue des 8 ans de la guerre Irak-Iran. (3)

Cette Unité des forces spéciales est intégrée aux Forces Armées des Gardiens de la Révolution. Immense organisation militaire qui gère outre son armée de terre, avec sa propre artillerie et sa défense anti-aérienne, sa marine, son aviation, ses missiles à longue portée, ses centres de recherche, ses usines d’armement. Avec des centaines d’officiers généraux et supérieurs, d’ingénieurs et de chercheurs ; de très haut niveau, technique, mais tout aussi important, en termes de motivation.

Nous sommes loin, très loin, des descriptions caricaturales de la propagande décrivant les Gardiens de la Révolution en ramassis de fanatiques…

Normal : les propagandistes n’ont jamais lu, ni cherché à comprendre, la Constitution Iranienne. Un modèle du genre, qui a su contourner le problème de toute révolution : le détournement de ses acquis, notamment économiques et sociaux, par l’oligarchie et ses profondes ramifications.

 

 

… Membre d’une Armée d’Elite

Deux forces armées coexistent, en effet, en Iran.

Les Gardiens de la Révolution mais encore, une Armée Nationale, régulière, avec sa marine, son aviation, ses régiments de missiles, ses centres de recherche (très pointus dans les radars) et industries d’armement (chantiers navals, notamment).

Deux armées se répartissant la protection du pays en étroite collaboration, et sous la coordination d’un Ministère de la Défense dont le titulaire, à tour de rôle, est un général provenant de chacune d’elles. Les Gardiens de la Révolution ayant pour responsabilité essentielle la façade sud du Golfe Persique, alors que l’armée régulière, notamment sa marine et son aviation, protège la façade iranienne de la mer Caspienne et celle donnant, à la sortie du détroit d’Ormuz, sur le Golfe d’Oman.

Les forces armées des Gardiens de la Révolution sont directement rattachées au « Guide Suprême » qui est le ‟garant de la Constitution”. Tout coup d’Etat militaire est ainsi rendu impossible. Pour comprendre cette conception, ou ce mécanisme, livrons-nous à une analogie.

Le Guide Suprême, assisté d’un Conseil aux membres cooptés, n’a aucun pouvoir exécutif qui relève du gouvernement, ni pouvoir législatif qui est exercé par le parlement élu. En tant que « gardien de la Constitution », pour la faire éventuellement respecter face à des putschs, généralement orchestrés par des gouvernements étrangers (actuellement : Venezuela, Bolivie, etc.), il dispose des forces dissuasives nécessaires. Agissant, en fait, comme le Président d’un Conseil Constitutionnel, avec « le pouvoir » de la faire appliquer si besoin est.

Imaginons que le CNR (Conseil National de la Résistance), à qui nous devons tous nos acquis sociaux (Retraites, Sécurité Sociale, etc.) que nos oligarchies successives (4), depuis la présidence Pompidou, s’acharnent à démanteler sous couvert de « modernisation » du pays (6° pays le plus riche du monde…) ait conservé à la fin de la deuxième guerre mondiale les FFL (Forces Françaises Libres) de la Résistance ; les organisant, les renforçant, en puissantes forces armées, indépendantes de l’armée nationale, pour les mettre à disposition du Conseil Constitutionnel…

Il n’est pas certain que nos oligarques, officiels et dissimulés, agiraient à longueur d’année dans l’impunité et le mépris de la volonté populaire. Crevant des yeux et arrachant des mains… (5)

 

 

 

Des centaines de milliers de personnes ont participé aux funérailles du général Soleimani dans les principales villes du pays

 

 

Un Homme d’Honneur et de Valeurs

 

En dehors de ses responsabilités militaires, il menait une vie simple. Hors des coteries politiques – elles sont aussi nombreuses et vibrionnantes en Iran qu’ailleurs – et sans aucune relation avec les milieux d’affaires, sans lesquels aucun destin politique n’est possible. D’une rigoureuse probité, il se tenait à l’écart de cette sphère.

Prétendre, comme certains médias l’ont claironné, que le général Soleimani aurait été un probable candidat à la présidence du pays, pour succéder à Rouhani, est d’un ridicule intergalactique… Mais, chacun sait que nos médias débitent des bobards à la chaîne.

La propagande, il est vrai, veut faire croire que l’Iran est « décapité« , selon les termes d’un journal du soir : ‟le numéro 2 du régime” vient d’être ‟éliminé” !… Comme un poulet dont la tête vient d’être tranchée d’un coup de sabre et qui continue à courir en battant des ailes, sans savoir où il va…

C’est prendre ses désirs pour la réalité…

Il était un général parmi d’autres. Tous aussi valeureux et décorés que lui. Certes, le général Soleimani commandait une brigade d’élite, couvert de gloire, admiré et aimé de ses frères d’armes, ce qui ne faisait pas de lui ‟le numéro 2 du régime”, ou de l’Etat. Proférer de telles affirmations est aussi grotesque que prétendre que le général commandant la Garde Impériale de Napoléon était ‟le numéro 2 du régime napoléonien”. Mais nos médias, dans un rapport fusionnel, ne cultivent-ils pas le grotesque ?…

Vieille mentalité coloniale, considérant qu’assassiner un chef de tribu permet d’assurer l’asservissement du reste de la collectivité…

L’Iran « décapité« , apeuré ?…

C’est démontrer, là encore, une idiotie, une ineptie, de dimension sidérale. Héritier d’une des civilisations les plus brillantes que l’Humanité ait connue, des siècles de connaissances et de réalisations accumulées, plus de 3 fois la France en superficie, près de 85 millions d’habitants, aux multiples universités à la pointe des recherches (nanotechnologies, en particulier), ressources naturelles et potentiels économiques : « décapité » ?…

Evidemment, ce courageux général était détesté des Occidentaux qui voulaient sa peau, le portraiturant en » terroriste » ; eux, qui détruisent des pays, et sèment le chaos, pour mieux piller… Il le savait, mais ne craignait pas la mort.

Il avait développé une activité importante, au sein de sa brigade, dans la formation et l’entraînement des armées alliées ou partenaires de l’Iran, à leur demande.

En Syrie, avec ses collaborateurs, en association avec les forces russes et syriennes, il avait fortement contribué à reprendre villes et villages, occupés et saccagés par les mercenaires de l’OTAN. Rue par rue, tunnel par tunnel, immeuble par immeuble, étage par étage, les principales agglomérations furent reconquises. Plusieurs de ses hommes, dont des officiers supérieurs, y laissèrent leur vie.

Se retrouvant face aux forces spéciales américaines, britanniques et françaises, armant et encadrant chacune leurs propres milices sous des noms différents. La France, s’illustrant par son dynamisme dans la création du chaos syrien ; souvenons-nous de notre ministre des affaires étrangères Fabius se félicitant du ‟bon boulot” de la milice Al-Nostra ‟made in France”…

Les vociférateurs de l’OTAN ne pouvaient lui pardonner.

D’autant qu’il avait, par son charisme, sa patience et sa compassion, un formidable talent diplomatique « de terrain » ; sachant convaincre et rassurer, lors des nombreuses négociations de reddition, ou de retournement, de certaines milices.

 

 

Un Résistant Intransigeant face à la prédation Occidentale

 

On le disait anti-américain, anti-occidental… Même pas. C’était pour lui, l’archétype du faux problème.

Le général Soleimani se considérait foncièrement comme un « résistant » face aux prédateurs, quelle que soit leur nationalité, se comportant en terre conquise. Il ne voyait pas pourquoi sa Nation, sa Région, devaient être livrées au pillage de pays étrangers, dictant leur mode de gouvernement, d’organisation économique et sociale, ou sociétale. Dans le mépris, l’humiliation, les destructions et les souffrances les plus horribles. (5)

De quel Droit ?… Droit Divin ?… Droit Biblique ?… Droit Chamanique ?… Droit sorti de la cuisse de Jupiter ?…

Il était né peu de temps après le renversement du gouvernement démocratique de Mossadegh, par les services secrets britanniques et américains, en 1953. Les Iraniens en ont été marqués. Renversé par un  coup d’Etat fomenté par des puissances étrangères pour avoir eu l’audace de demander des comptes sur les extractions de pétrole et de gaz des compagnies anglo-américaines et, devant leur refus, les avoir nationalisées…

Les Occidentaux installèrent, alors, leur polichinelle mégalomane, le Shah d’Iran, dans une des plus atroces et sanglantes dictatures – avec sa sinistre police secrète la Savak – que la planète ait engendrée.

Ils n’acceptèrent jamais la révolution populaire de 1979 qui provoqua l’exil du Shah.

Il n’oubliait pas, pour l’avoir vécu et vu beaucoup de ses concitoyens y mourir, que les Occidentaux armèrent et poussèrent Saddam Hussein à envahir par surprise l’Iran en 1980. Imposant (les Iraniens le qualifient de « Guerre Imposée ») un conflit qui dura 8 ans, et provoqua d’immenses destructions.

Particulièrement visées, toutes les installations pétrolières et gazières furent détruites, l’Iran se trouvant otage d’un blocus l’empêchant  de s’armer ou de se procurer des pièces détachées pour se défendre ; l’Union Soviétique frontalière étant entravée par son effondrement ne pouvait apporter aucune aide.  Tout son matériel étant, sous le Shah, quasi intégralement de fabrication anglo-américaine…

Il était intransigeant, comme la majorité des Iraniens, sur le respect de la souveraineté de sa Nation, et la protection des acquis de la Révolution. Tout particulièrement, les acquis sociaux, représentés par la gratuité des soins et de l’accès à l’enseignement pour tous.

Son assassinat est sa dernière victoire… Dans d’immenses, et émouvantes funérailles, le Peuple iranien s’est uni dans une réaction solidaire face à l’arrogance sanguinaire des Occidentaux.

Il avait une sereine confiance en l’avenir de son Pays, qu’il savait à présent solide, en état de se défendre. En pleine Renaissance, malgré menaces et embargos qui ne l’impressionnaient pas. Avec une jeunesse pleine de vitalité et confiante dans son avenir.

 

 

Une vidéo très récente, tournée par un couple de français lors des dernières fêtes de fin d’année. Pour en finir avec « l’iranophobie » délirante de notre industrie de la désinformation

 

 

La Nation Iranienne, grâce à des hommes comme lui, peut enfin vivre dans la dignité de sa souveraineté, malgré la guerre économique qui lui est infligée par l’Occident depuis une quarantaine d’années, dans une iranophobie délirante ; renouant peu à peu avec la force et le rayonnement du prestigieux passé de la Perse.

Quand je vois le niveau d’avilissement de nos oligarques, corrompus, vendus, vassalisés, dans l’obséquiosité la plus abjecte, j’éprouve à l’égard d’un Homme de la trempe du général Soleimani un immense respect et la plus profonde admiration.

 

–––––––––––––––––

1. Saverio Tomasella, La Folie Cachée, Albin Michel, 2015, p. 213
2. Georges Stanechy, Noël : Les Enfants de Fallujah, 14 décembre 2012,
http://stanechy.over-blog.com/article-noel-les-enfants-de-falloujah-113449774.html
3.  Georges Stanechy, Khorramchahr : Le Verdun Iranien, 18 juin 2014,
http://stanechy.over-blog.com/2014/06/khorramchahr-le-verdun-iranien.html
4.  Georges Stanechy, Macron : Le Masque de L’Hyperviolence Oligarchique, 11 mars 1917, http://stanechy.over-blog.com/2017/02/macron-le-masque.html
5.  Georges Stanechy, Où Va l’Argent ?…, 15 janvier 2019,
http://stanechy.over-blog.com/2019/01/ou-va-l-argent.html

 

Source : http://stanechy.over-blog.com/2020/01/soleimani-la-victoire-posthume-d-un-valeureux-general.html

 

 

 

 

 

Dans l’article qui suit, à propos de « snipers ciblant à la fois des manifestants et du personnel de sécurité » selon des « modes opératoires similaires observés au Caire en 2009, en Libye en 2011 et à Maidan (Ukraine) en 2014 », Federico Pieraccini paraît oublier que ce « mode opératoire » avait déjà été utilisé lors du putsch raté de 2002 contre Hugo Chavez, les snipers ayant même, alors, été filmés à l’oeuvre, comme l’a montré une vidéo célèbre qui a fait le tour du monde (« La Révolution ne sera pas télévisée » : https://www.youtube.com/watch?v=XrpLzKFuXWA ).

 

 

Derrière la propagande, les véritables raisons de l’assassinat de Qassem Soleimani

 

Federico Pieraccini – Strategic Culture – 10.1.2020

Traduction : lecridespeuples.fr

 

 

 

 

Quelques jours après l’assassinat du Général Qasem Soleimani, de nouvelles informations importantes sont révélées par un discours prononcé par le Premier ministre irakien. L’histoire qui se cache derrière l’assassinat de Soleimani semble aller beaucoup plus loin que ce qui a été rapporté jusqu’à présent, impliquant le rapprochement entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, l’avancée de la Chine sur la scène du Moyen-Orient ainsi que les dangers qui pèsent sur le dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale.

 

Dans un discours au parlement irakien, le Premier ministre irakien, Adil Abdul-Mahdi, a révélé les détails de ses interactions avec Trump dans les semaines précédant l’assassinat de Soleimani. Il a essayé d’expliquer à plusieurs reprises en direct à la télévision comment Washington l’avait rudoyé et intimidé, ainsi que d’autres parlementaires irakiens, pour qu’ils se soumettent à la ligne américaine, menaçant même de recourir à des opérations sous faux drapeau impliquant des tirs de snipers ciblant à la fois des manifestants et du personnel de sécurité afin d’aggraver la situation, ce qui rappelle les modes opératoires similaires observés au Caire en 2009, en Libye en 2011 et à Maidan (Ukraine) en 2014. Le but d’un tel cynisme était de plonger l’Irak dans le chaos.

 

Voici la reconstitution de l’histoire :

 

[Le Président du Conseil des représentants de l’Iraq] Halbousi a assisté à la session parlementaire alors que presque aucun des députés sunnites ne l’a fait. En effet, les Américains avaient appris qu’Abdul-Mehdi prévoyait de révéler des secrets sensibles lors de la session et ont envoyé Halbousi pour l’en empêcher. Halbousi a interrompu Abdul-Mehdi au début de son discours, puis a demandé l’arrêt de la diffusion en direct de la session. Après cela, Halbousi, avec d’autres membres, s’est assis à côté d’Abdul-Mehdi, parlant ouvertement avec lui mais sans que l’échange soit enregistré.

Voilà ce qui a été discuté lors de cette session qui n’a pas été diffusée : Abdul-Mehdi a parlé avec colère de la façon dont les Américains avaient ravagé le pays et refusaient maintenant de mener à bien les projets d’infrastructure et de réseau électrique promis, exigeant en retour 50% des revenus pétroliers, ce qu’Abdul-Mehdi a refusé.

 

 

Voici les mots complets (traduits) du discours d’Abdul-Mahdi au Parlement :

 

C’est pourquoi j’ai visité la Chine et signé un accord important avec eux pour qu’ils entreprennent la reconstruction à la place des Etats-Unis. À mon retour, Trump m’a appelé pour me demander de rejeter cet accord. Quand j’ai refusé, il a menacé de déclencher d’énormes manifestations contre moi, qui mettraient fin à mon poste de Premier ministre.

D’énormes manifestations contre moi se sont effectivement matérialisées, et Trump m’a appelé à nouveau pour me menacer : si je ne donnais pas suite à ses demandes, il ferait en sorte que des tireurs d’élite Marines juchés sur de hauts bâtiments ciblent les manifestants et le personnel de sécurité afin de faire pression sur moi.

J’ai de nouveau refusé, et j’ai présenté ma démission. À ce jour, les Américains insistent pour que nous annulions notre accord avec les Chinois.

Après cela, lorsque notre ministre de la Défense a déclaré publiquement qu’une tierce partie ciblait à la fois les manifestants et le personnel de sécurité (tout comme Trump avait menacé de le faire), j’ai reçu un nouvel appel de Trump menaçant de me tuer, ainsi que le ministre de la Défense, si nous continuions à parler publiquement de cette « tierce partie ».

 

Personne n’imaginait que la menace devait être appliquée au Général Soleimani, mais il était difficile pour le Premier ministre Adil Abdul-Mahdi de révéler la trame de fond qui s’était tissée depuis plusieurs semaines derrière l’attentat terroriste.

 

Je devais le rencontrer [Soleimani] plus tard dans la matinée quand il a été tué. Il venait délivrer un message de l’Iran en réponse au message que nous avions transmis aux Iraniens de la part des Saoudiens.

 

Nous pouvons supposer, à en juger par la réaction de l’Arabie saoudite, qu’une sorte de négociation était en cours entre Téhéran et Riyad :

 

La déclaration du Royaume concernant les événements en Iraq souligne l’opinion du Royaume sur l’importance de la désescalade pour sauver les pays de la région et leur peuple des risques de toute escalade.

 

Surtout, la famille royale saoudienne a voulu faire savoir immédiatement au public qu’elle n’avait pas été informée de l’opération américaine :

 

Le royaume d’Arabie saoudite n’a pas été consulté sur la frappe américaine. Compte tenu de l’évolution rapide de la situation, le Royaume souligne qu’il importe de faire preuve de retenue pour se prémunir contre tous les actes susceptibles de conduire à une escalade, qui aurait de graves conséquences.

 

Et pour souligner sa réticence à la guerre, Mohammad bin Salman a envoyé une délégation aux États-Unis. Liz Sly, chef du bureau du Washington Post à Beyrouth, a tweeté :

 

L’Arabie saoudite envoie une délégation à Washington pour exhorter à la retenue avec l’Iran au nom des États du golfe Persique. Le message sera : « Veuillez nous épargner la douleur de traverser une autre guerre ».

 

Ce qui ressortirait clairement est que le succès de l’opération contre Soleimani ne devrait rien à la collecte minutieuse de renseignements par les États-Unis ou Israël. Tout le monde savait que Soleimani se rendait à Bagdad dans une démarche diplomatique qui reconnaissait les efforts de l’Irak pour trouver une solution à la crise régionale avec l’Arabie saoudite.

Il semblerait que les Saoudiens, les Iraniens et les Irakiens étaient en bonne voie afin d’éviter un conflit régional impliquant la Syrie, l’Irak et le Yémen. La réaction de Riyad à la frappe américaine n’a manifesté ni joie ni célébration publiques. Le Qatar, tout en n’étant pas d’accord avec Riyad sur de nombreuses questions, a également immédiatement exprimé sa solidarité avec Téhéran, organisant une réunion à un haut niveau du gouvernement avec Mohammad Zarif Jarif, le ministre iranien des Affaires étrangères. Même la Turquie et l’Égypte, en commentant l’assassinat, ont employé un langage modérateur.

Cela pourrait refléter la crainte d’être la cible de représailles de l’Iran. Le Qatar, pays d’où serait parti le drone qui a tué Soleimani, n’est qu’à un jet de pierre de l’Iran, situé de l’autre côté du détroit d’Ormuz. Riyad et Tel-Aviv, les ennemis régionaux de Téhéran, savent tous deux qu’un conflit militaire avec l’Iran signifierait la fin de la famille royale saoudienne.

Lorsque les paroles du Premier ministre irakien sont reliées aux accords géopolitiques et énergétiques dans la région, l’image inquiétante d’une Amérique désespérée s’en prenant à un monde qui tourne le dos à un ordre mondial unipolaire en faveur de l’émergence multipolaire, sur lequel j’ai longtemps écrit, commence à émerger.

Les États-Unis, qui se considèrent désormais comme un exportateur net d’énergie à la suite de la révolution du pétrole de schiste (sur laquelle aucune décision finale n’a été prise), n’auraient plus besoin d’importer de pétrole du Moyen-Orient. Cependant, cela ne signifie pas que le pétrole peut désormais être échangé dans une autre devise que le dollar américain.

Le pétrodollar est ce qui garantit que le dollar américain conserve son statut de monnaie de réserve mondiale, accordant aux États-Unis une position monopolistique dont ils tirent d’énormes avantages en imposant une hégémonie régionale et même mondiale.

Cette position privilégiée de détention de la monnaie de réserve mondiale garantit également que les États-Unis peuvent facilement financer leur machine de guerre, une grande partie du monde étant obligée d’acheter ses bons du Trésor, que Washington est tout simplement capable de faire apparaître de nulle part. Menacer cet arrangement confortable, c’est menacer la puissance mondiale des Etats-Unis.

Malgré cela, la tendance géopolitique et économique va inexorablement vers un ordre mondial multipolaire, la Chine jouant de plus en plus un rôle de premier plan, en particulier au Moyen-Orient et en Amérique du Sud.

Le Venezuela, la Russie, l’Iran, l’Irak, le Qatar et l’Arabie saoudite possèdent ensemble la grande majorité des réserves de pétrole et de gaz dans le monde. Les trois premiers entretiennent des relations étroites avec Pékin et sont très présents dans le camp multipolaire, ce que la Chine et la Russie sont désireuses de consolider davantage afin d’assurer la croissance future du supercontinent eurasien sans guerre ni conflit.

L’Arabie saoudite, quant à elle, est pro-américaine, mais pourrait à terme graviter vers le camp sino-russe à la fois militairement et en termes d’énergie. Le même processus se poursuit avec l’Irak et le Qatar grâce aux nombreuses erreurs et/ou défaites stratégiques de Washington dans la région, à commencer par l’Irak en 2003, la Libye en 2011 et la Syrie et le Yémen ces dernières années.

L’accord entre l’Irak et la Chine est un excellent exemple de la façon dont Pékin a l’intention d’utiliser la troïka Irak-Iran-Syrie pour relancer le Moyen-Orient et le relier à l’Initiative de la Nouvelle route de la soie chinoise.

Alors que Doha et Riyad seraient les premiers à souffrir économiquement d’un tel accord, la puissance économique de Pékin est telle qu’avec son approche gagnant-gagnant, il y a de la place pour tout le monde.

L’Arabie saoudite fournit à la Chine la majeure partie de son pétrole, et le Qatar, conjointement avec la Fédération de Russie, fournit à la Chine la plupart de ses besoins en gaz naturel liquéfié, ce qui correspond à la vision 2030 de Xi Jinping qui vise à réduire considérablement les émissions polluantes.

Les États-Unis sont absents de cette perspective, avec peu de capacité à influencer les événements ou à proposer des alternatives économiques attrayantes.

Washington voudrait empêcher toute intégration eurasienne en déclenchant le chaos et la destruction dans la région, et tuer Soleimani a servi cet objectif. Les États-Unis ne peuvent pas envisager l’idée que le dollar perde son statut de monnaie de réserve mondiale. Trump se lance dans un pari désespéré qui pourrait avoir des conséquences désastreuses.

Dans le pire des cas, la région pourrait être engloutie dans une guerre dévastatrice impliquant plusieurs pays. Les raffineries de pétrole pourraient être détruites dans toute la région, un quart du transit mondial d’hydrocarbures pourrait être bloqué, les prix du pétrole monteraient en flèche (200 à 300 dollars le baril) et des dizaines de pays seraient plongés dans une crise financière mondiale. La responsabilité en serait entièrement attribuée à Trump, mettant fin à ses chances de réélection.

Pour essayer de maintenir tout le monde dans le rang, Washington doit recourir au terrorisme, aux mensonges et à des menaces imprécises de répandre indistinctement la destruction chez ses amis et ses ennemis.

Trump a manifestement été convaincu par quelqu’un que les États-Unis pouvaient se passer du Moyen-Orient, qu’ils pouvaient se passer d’alliés dans la région et que personne n’oserait jamais vendre du pétrole dans une autre devise que le dollar américain.

 

 

Nasrallah annonce la fin de l’hégémonie américaine : Trump va quitter le Moyen-Orient et abandonner ses alliés from Sayed Hasan on Vimeo.

 

 

La mort de Soleimani est le résultat d’une convergence des intérêts américains et israéliens. Sans autre moyen de stopper l’intégration eurasienne, Washington ne peut que plonger la région dans le chaos en ciblant des pays comme l’Iran, l’Irak et la Syrie qui sont au cœur du projet eurasien. Alors qu’Israël n’a jamais eu la capacité ou l’audace de mener lui-même un tel assassinat, l’importance du lobby israélien pour le succès électoral de Trump aurait influencé sa décision, d’autant plus que nous sommes en pleine année électorale.

Trump pensait que son attaque pourrait résoudre tous ses problèmes en effrayant ses adversaires, en obtenant le soutien de ses électeurs (grâce à l’assimilation de l’assassinat de Soleimani à celui d’Oussama Ben Laden) et en envoyant un avertissement aux pays arabes sur les dangers d’un approfondissement de leurs liens avec la Chine.

L’assassinat de Soleimani est le trépignement frénétique des États-Unis contre leur perte constante d’influence dans la région. La tentative irakienne de médiation d’une paix durable entre l’Iran et l’Arabie saoudite a été entravée par la détermination des États-Unis et d’Israël à empêcher la paix dans la région et à accroître le chaos et l’instabilité.

Washington n’a pas atteint son statut hégémonique par une préférence pour la diplomatie et le dialogue apaisé, bien au contraire, et Trump n’a pas l’intention de s’écarter de cette approche.

Les amis et les ennemis de Washington doivent reconnaître cette réalité et mettre en œuvre les contre-mesures nécessaires pour contenir cette folie.

 

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Source : https://lecridespeuples.fr/2020/01/10/derriere-la-propagande-les-veritables-raisons-de-lassassinat-de-qassem-soleimani/

Source d’origine : https://www.strategic-culture.org/news/2020/01/08/the-deeper-story-behind-the-assassination-of-soleimani/

 

 

 

 

Pendant ce temps-là en Occident…

 

 

Le choeur des esclaves de Nabucco serait-il en passe de remplacer l’Internationale ?

 

 

 

 

Va Pensiero, hier… Comme aujourd’hui

 

Jo Busta Lally – jbl1960 – 10.1.2020

 

 

 

 

12 Janvier 2016, sur ce blog…

 

 

En 2011, le chef d’orchestre Riccardo Muti, pour dénoncer les coupes sévères du budget de la Culture, demande au public du Teatro Dell’Opera di Roma de reprendre l’air « Va Pensiero » sous sa direction, en chœur avec la troupe qui joue Nabucco.

C’est à la 7e minute qu’encouragé à bisser le célèbre chœur « Va pensiero », le maestro prend la défense du budget de la Culture et invite les spectateurs à entonner l’air patriotique avec les choristes présents sur scène.

 

 

 

 

 

 

Comme aujourd’hui, 8 janvier 2020

 

En pleins vœux, la PDG de Radio-France Sibyle Veil interrompue par le « Chœur des esclaves » de Verdi

 

 

Le Chœur de Radio-France a interrompu les vœux de Sibyle Veil en chantant le célèbre air de Verdi, devenu un véritable hymne à la liberté. Comme Radio-France ne vous en informe pas, ses salariés sont entrés dans leur 36e jour de grève contre le plan de la direction.

 

 

 

 

Source : https://www.nouvelobs.com/social/20200108.OBS23199/en-plein-v-ux-la-pdg-de-radio-france-sibyle-veil-interrompue-par-le-ch-ur-des-esclaves-de-verdi.html

Notre source : https://jbl1960blog.wordpress.com/2020/01/10/va-pensiero-hier/

 

 

 

 

Avec nos excuses catarrheuses à tout le monde, aux articles en attente et surtout aux grévistes.

 

 

 

Mis en ligne le 11 janvier 2020

 

 

.

Les commentaires sont innombrables

 

 

 

 

 

 

 

 

Les commentaires sont innombrables

 

 

 

 

 

On est malades, on sera donc brefs

 

 

Pour voir ceux de Hassan Nasrallah, de Bachar al-Assad et quelques autres, rendez-vous sur :

 

Le cri des peuples

https://lecridespeuples.fr/

 

 

 

 

Mais celui-ci, quoique publié à chaud, mérite une attention particulière :

 

 

 

 

 

Meurtre de Soleimani : que pourrait-il se passer ensuite ?

 

Le Saker – 3.1.2020

Traduit par Le Saker francophone

  

https://lesakerfrancophone.fr/meurtre-de-soleimani-que-pourrait-il-se-passer-ensuite

 

 

 

 

 

Et qui sera surpris ?

 

Looks like Potus is having second thoughts

 

ICH – 6 et 7.1.2020

 

 

BREAKING NEWS

 

 

 

US Troops Leaveing Iraq – U.S. general

UPDATED: US military has no plans to leave Iraq: US defense chief

 

http://www.informationclearinghouse.info/52813.htm

 

D’où il ressort qu’un général US a d’abord annoncé que les USA respectaient la décision du Parlement irakien et que leurs troupes quittaient l’Irak, mais qu’un autre général US a ensuite démenti le premier. Bref, il y a désaccord au Pentagone. Suspense.

 

 

 

 

 

Profitons-en pour publier ce rappel :

 

La guerre contre l’Iran continue en Argentine et sur Netflix

 

Entre la plume et l’enclume – 4.1.2020 

 

https://plumenclume.org/blog/518-la-guerre-contre-l-iran-continue-en-argentine-et-sur-netflix

 

 

 

 

 

 

 

Visite surprise du président russe Vladimir Poutine à Damas ou il a été reçu par son homologue Bashar Al-Assad.

 

Les deux hommes tentent d’éviter une déflagration généralisée.

 

Strategika 517.1.2020

 

 

 

 

Source : https://strategika51.org/2020/01/07/visite-surprise-du-president-russe-vladimir-poutine-a-damas/

 

Apparemment, le ministre de la Guerre est du voyage. LGO

 

 

 

 

 

 

 

Mis en ligne et mis à jour le 7 janvier 2020

 

 

Ah, les cons !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, les cons !

 

Dick Cheney président ?

 

 

 

 

 

 

An explicit act of war

 

 

 

 

 

 

 

 

« …qui entraînera une augmentation des tensions dans toute la région » : la litote de l’année !

 

 

« Lâche agression », « aventurisme » : le monde réagit à l’assassinat de l’Iranien Qassem Soleimani

 

RT français – 3 janv. 2020, 11:43

 

 

 

 

L’opération menée par les États-Unis en Irak au cours de laquelle Qassem Soleimani, chef de la force al-Qods a trouvé la mort a suscité de nombreuses réactions internationales. Largement critiquée, l’initiative divise aussi les Américains.

Après la mort du général iranien Qassem Soleimani, chef de la force al-Qods, [branche des Gardiens de la Révolution chargée des opérations extérieures], par ailleurs émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, le 3 janvier lors d’un raid américain mené sur l’aéroport de Bagdad, de nombreux pays ont réagi à cette annonce. S’exprimant auprès des agences RIA Novosti et TASS, le ministère russe des Affaires étrangères a fustigé l’opération américaine. « Nous considérons le meurtre de Soleimani à la suite du raid mené par les Etats-Unis dans les environs de Bagdad comme une démonstration d’aventurisme qui entraînera une augmentation des tensions dans toute la région », a souligné le ministère, exprimant ses « sincères condoléances au peuple iranien »

Lire la suite…

Source : https://francais.rt.com/international/69649-lache-agression-aventurisme-monde-reagit-assassinat-iranien-qassem-soleimani

 

 

 

 

 

 

« Un acte de guerre sans équivoque » : le major-général iranien Qasem Soleimani assassiné à Bagdad dans une attaque par drone

 

« C’est comme si l’Iran tuait le chef de la CIA ou du MOSSAD en territoire étranger »

 

Eoin Higgins – Common  Dreams – 3.1.2020

 

 

 

 

Une frappe par drone attribuée à l’armée US, dans ou à proximité de l’aéroport de Bagdad, a tué Qasem Soleimani, major-général du Corps des Gardes de la Révolution Islamique d’Iran, action dont les observateurs estiment qu’elle pourrait constituer un pas décisif vers une guerre ouverte dans la région.

[…]

« L’administration Trump vient de plonger la région dans une massive et sanglante crise sectaire de masse, et avec elle tout le pays  » a tweeté la journaliste Sana Saeed, d’Al Jazeera

L’attaque s’est produite moins de 24 heures après que le Secrétaire à la Défense Mark Esper ait déclaré à des journalistes que l’armée US était déterminée et tout à fait prête à lancer des attaques préemptives contre les militants irakiens soutenus par l’Iran, en réaction aux récentes manifestations qui ont paralysé le complexe de plus de 43 hectares qualifié d’ambassade..

« Si nous sommes avertis de possibles attaques, nous agirons préemptivement ; tant pour protéger les forces américaines que pour protéger les vies américaines. Le jeu a changé » a déclaré Esper.

Comme l’a rapporté le New York Times :

La frappe a tué cinq personnes, dont le chef pro-iranien d’un groupe de coordination de milices irakiennes, rapporte la télévision irakienne, l’information étant confirmée par des officiels des milices. Le chef de ces milices, Abu Mahdi al-Muhandis, était une personnalité fortement pro-iranienne.

La journaliste Rania Khalek, s’exprimant sur les médias sociaux, a expliqué la situation et la place qu’occupait Soleimani dans l’armée iranienne.

 

« La plupart des Américains ne comprendront pas la gravité de ce qui vient de se produire » a dit Khalek. « Qasem Souleimani est le commandant en chef des groupes d’élite Al-Qods du CGRI (Corps des Gardiens de la Révolution Islamique) responsables des opérations en dehors de l’Iran, en Irak et en Syrie. »

 

Le rédacteur en chef adjoint pour l’étranger du National, Jack Moore, a décrit l’importance de l’attentat comme équivalant à l’assassinat, par l’Iran, de Gina Haspel : 

 

 « C’est comme si l’Iran tuait le chef de la CIA ou du MOSSAD en territoire étranger  » a dit Moore. « Il n’est pas question que de l’Irak. » 

 

Source : Common Dreams

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

 

 

 

 

Voir aussi :

Le général major Qassem Souleimani tué dans un raid US à Bagdad ou la voie de la perdition (Vidéos)

 

Strategika 51 – 3.1.2020

 

https://strategika51.org/2020/01/03/irak-iran-syrie-le-general-major-qassem-sulaimani-tue-dans-un-raid-us-a-bagdad-ou-la-voie-de-la-perdition/

 

 

 

 

 

 

 

Déclaration d’Ali Khamenei suite à l’assassinat de Qassem Soleimani

 

Le cri des peuples – 3.1.2020

Source : khamenei.ir, le 3 janvier 2020.

Traduction : lecridespeuples.fr

 

 

 

 

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Cher peuple iranien,

Le grand et glorieux commandant de l’Armée de l’Islam s’est envolé pour les cieux. Hier soir, les âmes pures des martyrs ont accueilli parmi elles l’âme pure de leur frère d’armes Qassem Soleimani. Après des années de djihad sincère et courageux [en première ligne] dans les arènes de la lutte contre les démons et les malfaisants du monde, et des années d’aspiration ardente au martyre, notre cher Soleimani a enfin atteint ce noble statut lorsque son sang pur a été versé par les pires hommes qui soient sur la face de la Terre. J’adresse mes félicitations et condoléances au Maître du Temps, le légataire de Dieu sur Terre (l’Imam Mahdi occulté, nos âmes sont à son service), ainsi qu’à son âme pure et au peuple iranien.

C’était un exemple éminent de l’Islam et de l’école de l’Imam Khomeini, car il a passé la majeure partie de sa vie à lutter sur la voie de Dieu. Le martyre a été la récompense de ses efforts assidus et de son dévouement tout au long de ces années. Avec la Grâce et la volonté de Dieu, son œuvre et sa vision ne s’arrêteront pas avec son départ, et n’atteindront pas une impasse, mais de violentes représailles attendent les criminels dont les mains viles ont versé son sang et le sang des autres martyrs lors de l’incident de la nuit dernière.

Le martyr Soleimani est une figure de la Résistance internationale, et tous ceux qui l’aiment crient vengeance. Que tous nos amis sachent, de même que nos ennemis, que la voie du djihad dans la Résistance se poursuivra avec un élan démultiplié, et que la victoire décisive sera le lot des moudjahidines de ce chemin béni. La perte de notre cher commandant, qui était toujours prêt au sacrifice ultime, est amère, mais la poursuite de la lutte et la réalisation de la victoire finale seront bien plus amères pour les criminels et les assassins.

Le peuple iranien honorera le nom et le souvenir du martyr de haut rang, le Général Qassem Soleimani, ainsi que ceux des martyrs qui étaient avec lui, en particulier le grand moudjahid de l’Islam, Sayed Abu Mahdi Al-Muhandis (commandant adjoint des Hachd al-Cha’bi).

Je déclare un deuil national de trois jours.

J’adresse mes félicitations et mes condoléances à sa noble épouse, à ses chers fils et à tous ses proches.

Sayed Ali Khamenei

 

Source : https://lecridespeuples.fr/

 

 

 

 

Déclaration de Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères iranien

 

 

The US’ act of international terrorism, targeting & assassinating General Soleimani—THE most effective force fighting Daesh (ISIS), Al Nusrah, Al Qaeda et al—is extremely dangerous & a foolish escalation.

The US bears responsibility for all consequences of its rogue adventurism.

— Javad Zarif (@JZarif) January 3, 2020

 

[L’acte de terrorisme international que constitue l’assassinat du Général Soleimani, commandant LA plus efficace des forces qui combattent Daech, Al Nosra, Al Qaida et autres, est très dangereux et constitue une escalade stupide.

Les États-Unis assumeront l’entière responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme aberrant.]

 

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Pour les Anglophones

 

US Created Dangerous Situation in Middle East, Must Be Ready For Consequences – Iranian Presidential Aide

In case you missed it: Iran’s Qasem Soleimani Is Guiding Iraqi Forces in Fight Against ISIS

 

 

 

 

 

Airport bombing sparks US-Iran proxy war

RT – (Vidéo)

 

 

 

À suivre, hélas

 

 

 

 

 

 

Quand ils ne font pas sauter les gens, ils les tuent à petit feu :

 

 

 

 

C’était ça, le sujet de notre post d’aujourd’hui :

 

« Est-ce qu’ils comprennent qu’à chaque pas qu’ils font, ils marchent sur de la terre volée ? »

 

Une lettre de Leonard Peltier

Prisonnier politique Oglala Sioux

 

 

 

 

Voilà que l’année 2019 touche à sa fin et qu’arrive le jour [26 novembre, NdT] où la plupart des Américains tiennent à rendre grâces [Thanksgiving, NdT]. En laissant vagabonder mon esprit au-delà des barres de fer et des murs de béton, j’essaie d’imaginer les gens qui vivent en dehors des grilles de la prison et ce qu’ils peuvent être en train de faire, à quoi ils peuvent penser. Pensent-ils jamais aux indigènes qui ont été chassés par la force de leurs patries ? Est-ce qu’ils comprennent qu’à chaque pas qu’ils font, peu importe dans quelle direction, ils marchent sur de la terre volée ?  Peuvent-ils s’imaginer une seule minute ce qu’a signifié voir la souffrance des femmes, des enfants, des bébés, et, oui, des malades et des vieux, qu’on forçait à continuer d’avancer vers l’ouest par des températures glaciales, avec peu ou pas du tout de nourriture ? Ces gens-là étaient les miens et c’était mon pays. Il y a eu un temps où nous étions libres de chasser les buffles et de récolter de la nourriture et des herbes médicinales. Nous étions libres, alors, de pêcher et de jouir de l’eau si claire et si propre ! Mon peuple était généreux et nous partagions tout ce que nous avions, y compris la manière de survivre aux très durs hivers et aux humides étés brûlants. Nous savions apprécier les dons de notre Créateur et pour ce qui est de rendre grâces, nous le faisions tous les jours. Nous avions des cérémonies et des danses particulières pour célébrer la vie.

Avec l’arrivée d’étrangers sur nos rives, la vie – telle que nous la connaissions – a changé radicalement. La propriété individuelle était étrangère à mon peuple. Barrières ? Clôtures ? Nous n’en avions jamais entendu parler. Nous étions un people communal et nous prenions soin les uns des autres. Nos grands-parents n’étaient jamais séparés de nous. Ils étaient les gardiens de la sagesse et ceux qui nous racontaient l’histoire, un lien très important dans nos familles. Les bébés ? Ils étaient et sont notre avenir. Regardez ces brillants jeunes gens qui prennent des risques et se battent pour garder propres notre eau et notre environnement, pour les conserver aux générations futures. Ils sont décidés à défier les multi=nationales géantes pour faire comprendre au public les dévastations qu’elles causent. Je souris plein d’espoir quand je pense à eux. Ils sont sans peur et déterminés à dire la vérité à quiconque veut bien les écouter. Nous pensons aussi beaucoup à nos frères et à nos sœurs de Bolivie, qui se battent pour soutenir le premier Président indigène, Evo Moralès. Son engagement envers le peuple, sa terre, ses ressources et la protection qu’il tente d’assurer contre la corruption est admirable. Nous nous reconnaissons en eux et nous identifions si bien avec leur lutte.

C’est pourquoi, aujourd’hui, je remercie tous ceux qui veulent garder un esprit ouvert, ceux qui sont prêts à accepter la responsabilité de préparer et d’organiser pour sept générations à venir, ceux qui se souviennent des sacrifices faits par nos ancêtres pour que nous puissions continuer à parler notre propre langue, rendre grâces à notre manière dans notre propre peau, et pour que nous ne cessions jamais d’assumer et de respecter notre lignée.

Pour ceux d’entre vous qui avez à suffisance de quoi nourrir vos familles, s’il vous plaît, donnez à ceux qui n’ont pas cette chance. Si vous avez chaud et vivez dans un endroit confortable, je vous en prie donnez à ceux qui ont froid et qui sont sans abri. Si vous voyez quelqu’un qui a du mal et qui a besoin d’un mot de réconfort ou deux, soyez celui ou celle qui fait un pas en avant pour lui tendre la main. Et surtout, quand vous voyez de l’injustice, où que ce soit, soyez assez braves pour parler clair et ne pas l’accepter.

Je veux remercier tous ceux qui ont la bonté de se souvenir de moi et de ma famille dans leurs pensées et leurs prières. Merci de continuer à me soutenir et à croire en moi. Il ne se passe pas une seule minute d’aucun jour sans que j’espère que ce jour sera celui où je retrouverai ma liberté. J’ai tellement envie de voir le jour où je pourrai respirer de l’air frais, sentir la brise passer dans mes cheveux, regarder les nuages cacher le soleil et la lune éclairer le sentier vers l’Inipi sacré. Ce serait vraiment là un jour que je pourrais appeler « d’action de grâces »

Merci de lire ou d’écouter ceux qui vous transmettront mes paroles. Je suis avec vous tous en pensée.

Doksha,

Dans l’esprit de Crazy Horse.

Leonard Peltier – 28.11.2019

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

 

 

Note des traducteurs :

Nous demandons à ceux qui ont lu cet article d’envoyer une carte de voeux ou quelques mots de solidarité à Leonard Peltier. Son adresse :

Leonard Peltier, # 89637-132, USP Coleman 1, P.O.Box 1033, Coleman, FL 33521. 

Merci.

 Vous avez reçu ce message en provenance du  REFUGIO DEL RIO GRANDE

 

 

 

Enfermé depuis 44 ans

 

 

« Il n’y a qu’une chose qui soit plus triste que de se rappeler qu’on a un jour été libre, c’est d’oublier qu’on a un jour été libre ». – Leonard Peltier

 

 

Quelques mots de rappel :

Leonard Peltier est un militant de la cause indienne né à Grand Forks, Dakota du Nord, USA, le 12 septembre 1944.

Arrêté en 1976, il est condamné en 1977 à deux fois la perpétuité pour le meurtre de deux policiers. Devenu le symbole de l’acharnement du FBI contre les Amérindiens, il continue de clamer une innocence dont personne ne doute.

 

« Au lendemain du 143anniversaire de la victoire de Little Big Horn, Pine Ridge commémore un événement plus sombre : la fusillade du 26 juin 1975 au cours de laquelle un militant indien a été tué, ainsi que deux agents du FBI. Un fait d’armes pour lequel Leonard Peltier, 74 ans, le héraut de l’American Indian Movement (AIM), est toujours emprisonné. Après quarante-trois ans sous les verrous, Peltier est, selon Amnesty International, le plus ancien « prisonnier politique » des États-Unis.

Le 26 juin 2019 a été proclamé « Journée de Leonard Peltier » à Pine Ridge. Au bord du cimetière de la famille Little, où reposent les militants de l’AIM tués dans le tumulte des années 1970, quelques fidèles forment un cercle de prière : des anciens du mouvement Red Power, quoiqu’ils disparaissent inexorablement, comme Russell Means et Dennis Banks, morts en 2012 et 2017. Des proches, vêtus du tee-shirt distribué par l’AIM. Et des enfants qui attendent sans impatience le goûter sur la propriété de la famille Jumping Bull, au bord du ruisseau où a eu lieu la fusillade. Comme chaque année, ils savent qu’ils vont recevoir des cadeaux, des ballons, des sacs à dos et des fournitures scolaires de la part de Leonard Peltier.

La loi du silence

« Nous croyons à l’innocence de Leonard, lance l’officiant, Fred Cedar Face, un ancien juge tribal. Et pourtant, il croupit en prison. » L’atmosphère est lourde, plombée par le poids du passé. L’orateur déplore les divisions qui continuent sur la réserve, la loi du silence, la « négativité ». Si Leonard Peltier n’est pas coupable, alors il doit se trouver quelqu’un à Pine Ridge qui sait la vérité, quelqu’un qui n’a pas témoigné. Qui a tiré à bout portant sur les deux agents du FBI ce 26 juin 1975 ? »

 

Si vous voulez lire la suite, il faut vous abonner au Monde, mais vous savez l’essentiel : Peltier était un militant qui gênait. Un sniper a opportunément descendu deux agents du FBI. Le FBI sait que ce sniper n’était pas Leonard Peltier, mais l’occasion de le neutraliser était trop belle (un peu aidée ? allez savoir). Bref, Leonard a été fait aux pattes et enfermé pour toujours. Nous en connaissons d’autres, n’est-ce pas ? Et des circonstances pas si différentes. On ne change pas une recette qui marche.

 

 

 

 

Mis en ligne le 3 janvier 2020

 

 

Fini de rire

 

 

 

 

 

 

La nef aux fous, peinture de Danielle VASA

 

 

 

FINI DE RIRE

 

 

 

 

Barils de fin d’année :

50 bombes nucléaires USA de Turquie à Aviano

 

Manlio Dinucxci – il manifesto – 31.12.2019

Traduction : Marie-Ange Patrizio

 

 

 

 

« Cinquante têtes nucléaires seraient prêtes à être transférées de la base turque d’İncirlik, en Anatolie, à la base USAF d’Aviano, dans la région Friuli Venezia Giulia, car les USA douteraient de plus en plus de la fidélité à l’OTAN du président turc Erdoğan » : c’est ce que rapporte l’ANSA (Agence de presse italienne) citant ce qu’a déclaré le général à la retraite Chuck Wald de l’US Air Force dans une entrevue à l’agence Bloomberg le 16 novembre [1].

 

Le fait que l’ANSA et certains journaux en parlent, même avec retard, est en tous cas positif. Cela confirme ce que nous documentons depuis longtemps. « Il semble probable – écrivions-nous le 22 octobre (mais l’Ansa ignora alors l’information) [2] – que, parmi les options considérées à Washington, il y ait celle du transfert des armes nucléaires US de la Turquie vers un autre pays plus fiable. Selon le très sérieux Bulletin des scientifiques atomiques (FAS), la base aérienne d’Aviano peut être la meilleure option européenne du point de vue politique, mais elle n’a probablement pas assez de place pour recevoir toutes les armes nucléaires d’İncirlik. La place pourrait toutefois être obtenue, puisqu’à Aviano ont déjà commencé des travaux de restructuration pour accueillir les bombes nucléaires B61-12 ».

Sur la base de ce qu’a rapporté l’ANSA le coordinateur national des Verts, Angelo Bonelli, demande au gouvernement s’il confirme l’information et de porter immédiatement le problème devant le parlement, puisque l’Italie se trouverait « transformée en plus grand dépôt d’armes nucléaires d’Europe et ce silence du gouvernement italien est inacceptable ». En réalité ce n’est pas seulement le gouvernement qui se tait mais le parlement lui-même, où la question des armes nucléaires US en Italie est taboue. La soulever voudrait dire mettre en discussion le rapport de sujétion de l’Italie à l’égard des États-Unis.

L’Italie continue ainsi à être une base avancée des forces nucléaires US. Selon les dernières estimations de la Fédération des scientifiques américains, dans chacune des deux bases italiennes et dans celles qui sont en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas, il y aurait actuellement 20 B-61, pour un total de 100, plus 50 à İncirlik (Turquie). Mais personne ne peut vérifier combien il y en a en réalité. D’après les estimations, il s’avère que les USA sont en train de diminuer leur nombre, ce qui n’a rien de tranquillisant. En effet ils se préparent à les remplacer par les nouvelles bombes nucléaires B61-12. À la différence de la B61 larguée à la verticale, la B61-12 se dirige vers l’objectif guidée par un système satellitaire et a en outre la capacité de pénétrer dans le sous-sol, en explosant en profondeur pour détruire les bunkers des centres de commandement. Le programme du Pentagone prévoit la construction à partir de 2021 de 500 B61-12, pour un coût d’environ 10 milliards de dollars. On ne sait pas combien de B61-12 seront stockées en Italie ni dans quelles bases, probablement pas seulement à Aviano et Ghedi. Comme il résulte de l’avis de projet publié par le ministère de la Défense, les nouveaux hangars de Ghedi pourront accueillir 30 chasseurs F-35 avec 60 bombes nucléaires B61-12, le triple des actuelles B61.

En même temps, les USA se préparent à déployer en Italie et dans d’autres pays européens des missiles nucléaires à portée intermédiaire (entre 500 et 5.500 km) avec base à terre, analogues aux euromissiles éliminés par le Traité FNI signé en 1987 par les USA et l’URSS. Après avoir accusé la Russie (sans aucune preuve) de l’avoir violé, les USA se sont retirés du Traité, et ont commencé à construire des missiles de la catégorie interdite : le 18 août ils ont testé un nouveau missile de croisière et le 12 décembre un nouveau missile balistique, ce dernier étant en capacité d’atteindre l’objectif en quelques minutes. Simultanément ils renforcent le « bouclier anti-missiles » sur l’Europe. Dans sa « réponse asymétrique » la Russie commence à déployer des missiles hypersoniques qui, en mesure d’atteindre la vitesse de 33 000 km/h et de manœuvrer, peuvent percer n’importe quel « bouclier ».

La situation dans laquelle nous nous trouvons est donc beaucoup plus dangereuse que ce que démontre la déjà alarmante nouvelle du probable transfert des bombes nucléaires US d’İncirlik à Aviano. Dans cette situation ce qui domine est le silence imposé par le large alignement politique bipartisan responsable du fait que l’Italie, pays non-nucléaire, accueille et soit préparée à utiliser des armes nucléaires, violant le Traité de non-prolifération qu’elle a ratifié. Responsabilité rendue plus grave encore par le fait que l’Italie, en tant que membre de l’OTAN, refuse d’adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires voté à la grande majorité de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

––––––––––––––––––––––––– 

[1] “Turkey Is the World’s New Nuclear Menace. An interview with General Chuck Wald on NATO’s nukes at Incirlik air base and whether the Turks are friends or enemies”, Tobin Harshaw, Bloomberg, November 16, 2019.

[2] « Erdoğan veut la Bombe », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 22 octobre 2019.

 

 

Édition de mardi 31 décembre 2019 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/50-bombe-nucleari-usa-dalla-turchia-ad-aviano/ 

 

 

 

 

 

Voyons quand même ce que Vladimir Poutine vient de souhaiter aux Russes :

 

Voeux de Nouvel An de Vladimir Poutine

 

 


 

 

Source : https://lecridespeuples.fr/2020/01/01/voeux-du-nouvel-an-de-vladimir-poutine/

Source d’origine : http://en.kremlin.ru/events/president/news/62523

 

 

 

 

Première manif de l’année

 

 

Le comité international pour la défense des droits du peuple libyen communique :

 

La communauté libyenne en France et les autres communautés arabes et africaines et les amis français sont stupéfaits et très inquiets de l’envoi des combattants djihadistes par le gouvernement de la Turquie en Libye et les déclarations du président de la Turquie d’avoir l’intention d’intervenir en Libye afin de soutenir les milices de groupes fondamentaux à Tripoli pour repousser l’armée libyenne qui est en train de la libérer de ce groupe.

Pour contester cette intervention d’agression, le comité international pour la défense des droits de peuple et d’autres associations vont organiser le 03/01/2020 à 15 heures un rassemblement devant l’ambassade de Turquie afin d’envoyer un message à la Turquie et au monde entier qu’il revient aux Libyens seuls detraiter et de régler leurs différends, sans intervention d’aucune puissance étrangère.

 

Le Rassemblement se tiendra

 

le 3 janvier 2020 à 15 heures

devant l’ambassade de Turquie

16 avenue Lamballe 75016 Paris

m° Passy ou Bir Hakeim

 

 

 

 

Commentaire désenchanté des Grosses Orchades :

Quand donc les peuples se rendront-ils compte de la totale inanité des manifs, depuis le temps qu’ils en font pour des prunes ? Les Libyens et leurs soutiens d’où qu’ils soient ne feraient-ils pas mieux d’envoyer leur obole au maréchal Haftar pour qu’il s’achète des S-400, des S-500 et même des 600 si affinités ? Nous, ce qu’on en dit… Allez-y quand même.

 

 

 

 

On s’en voudrait de les oublier :

 

Nos vœux de victoire et de paix méritée à eux !

 

 

Miliciens syriens prenant du repos après avoir libéré une localité du gouvernorat d’Idleb.

 

 

 

 

Mis en ligne le 1er janvier 2020

 

 

Nos voeux de fin et de début d’année

 

 

 

 

 

Ces jours-ci, sur le fleuve Ienissei

 

 

Nos vœux de fin et de début d’année

 

 

 

 

 

 

Les grosses orchades et les amples thalamèges souhaitent à tous les GILETS JAUNES et aux autres une inventive Année 2020

 

 

 

 

 

Vive la grève !

Générale !

Au finish !

 

 

[Et bravo au soutien financier des grévistes : https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere?fbclid=IwAR2AhqY37xlwlv3aNH5Jv_efgijx-GWGYo0dHgMjTwdo7gRWdiAH_s-1kV0]

 

[Avec une pensée pour Georges. Que cette année soit celle de sa liberté.]

 

 

 

 

 

 

 

Andreï Riabouchkine – Matin d’hiver – 1903

 

 

Et pourquoi ne pas finir et commencer par ce que les robots ne sont point encore capables de faire mieux que nous :

se réjouir l’âme à chanter et danser ?

 

(Le plein écran s’impose partout)

 

 

 

 

 

Avec Franco Fagioli et Juan Diego Flores par exemple… et Rossini

 

1. Aurélien à Palmyre

   2. Le barbier de Séville

 

 

 

 

 

 

SWAY

 

Rita Hayworth et Fred Astaire

 

 

 

Rita Hayworth et Anthony Quinn

 

 

 

 

 

 

 

TANGO

 

Por una cabeza (Carlos Gardel)

(Film : Una familia con clase)

 

 

 

 

 

 

MILONGA

 

Miguel Zotto et Daiana Guspero

(Amsterdam 2012)

 

 

 

 

 

 

VALSE

 

La deuxième de Dmitri Chostakovitch

 

(Avec nos excuses à l’inoubliable Burt Lancaster, embarqué malgré lui dans un film qui n’est pas le sien)

 

 

 

 

 

 

SYRTAKI

 

Mikis Theodorakis (70) et Anthony Quinn (80) 

 

Sur la Koenigsplatz de Münich – juillet 1995 –

à l’issue d’une exécution du ballet « ZORBA » en concert

 

 

 

 

Mais aussi à Valparaiso (Chili) autour d’un chien philosophe :

:

 

 

 

 

 

 

Parenthèse (reçu ce-jour d’Investig’Action) :

 

Emir Kusturica interviewé par Michel Collon

 

 

Lire l’article…

 

Source : https://www.investigaction.net/fr/emir-kusturica-je-passe-pour-un-imbecile-romantique-parce-que-je-rejette-la-guerre/  

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/7898-2/

 

 

 

 

Et pour finir en beauté…

 

 

EMIR KUSTURICA et le NO SMOKING ORCHESTRA

 

Devil in the Business Class

 

 

 

 

Romeo & Juliet

 

 

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 31 décembre 2019