Le « IVe Reich » mondialiste revisité

 

 

Steve_brown  – TheDuran –  25.12.2021

 

Traduction : c.l. pour L.G.O.

 

 

 

 

 

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale, il a fallu combler rapidement un vide de pouvoir pour permettre à un monde qui venait d’être en guerre de retrouver la paix. À la lumière des leçons apprises, on a compris que la puissance militaire n’était pas facultative pour l’État – à utiliser uniquement pour la défense – mais obligatoire pour maintenir le pouvoir, parfois de manière agressive. En d’autres termes, le rôle militariste agressif de l’État a été donné après la Seconde Guerre mondiale (avant cela, certains idéalistes influents pensaient que le monde pouvait être en paix avec une concurrence représentée non pas par la guerre, mais par les échanges et le commerce, sans retour au mercantilisme, c’est-à-dire à l’idéologie mondialiste naissante).

 

À cette époque, les théories capitalistes sur le commerce prévalaient à l’Ouest (teintées d’idéologie socialiste sous la forme d’un contrôle étatique du capitalisme). À l’Est, une idéologie socialiste plus radicale – peut-être adaptée à la pensée et à l’expérience orientales – favorisait la propriété et le contrôle par l’État de l’ensemble de la production, ainsi que l’égalité en matière de logement, d’éducation et de santé, imposée par l’État. Ainsi, le capitalisme américain, le capitalisme social européen et le communisme oriental sont devenus le triumvirat du pouvoir idéologique après la Seconde Guerre mondiale.

 

Des camps idéologiques ont été créés de tous côtés, en concurrence. Même si la propriété de la production par l’État était anathème dans (la plupart) des pays européens et aux États-Unis, des éléments politiques puissants favorisaient en fait la pensée socialiste radicale, surtout en Europe. Pendant ce temps, les États-Unis ressentaient le besoin de repousser toute idéologie socialiste radicale et considéraient les socialistes radicaux (communistes) en Asie (Russie-Chine) comme une menace existentielle pour les États-Unis.

 

Allen Dulles savait que le IIIe Reich était bien plus qu’une dictature exercée par un maniaque : les révélations du rapport de la Maison Rouge (1944) le lui disaient. Les révélations du rapport de la Maison rouge (1944) le lui indiquaient. Dulles comprenait implicitement le rapport de la Maison rouge, et les informations dont il avait connaissance allaient lui inspirer une version américaine du corporatisme d’IG Farben en tant que politique, une collusion de l’État avec l’industrie pour alimenter les entreprises occidentales et contrer la puissance russe. Allen Dulles avait des liens étroits avec les nazis, et beaucoup étaient ses amis personnels. Les efforts de Dulles ont permis de sauver un certain nombre de nazis de la détention et même de l’exécution. Dulles et McCloy ont fait entrer le SS Gehlen à la CIA et ont tiré un grand avantage de ses connaissances en matière de renseignement sur l’Est (via Gehlen). De même, la science nazie était bien plus avancée que ce que l’histoire dépeint, et Dulles appréciait ce levier industriel. Si Dulles n’était pas nécessairement un nazi idéologique lui-même, le jury n’a pas tranché sur ce point depuis de nombreuses années.

 

N’oubliez pas que la reddition allemande a été assez étrange, puisque seule la Wehrmacht et l’armée se sont rendues. Le nazi de haut rang (de l’époque) Karl Dönitz ne s’est pas rendu. En effet, aucun officiel du parti nazi, quel que soit son rang, n’a jamais signé de document de reddition ou de codicille officiel de capitulation, que ce soit à Reims, à Berlin ou ailleurs. Ce fut soit une gaffe, soit une bonne occasion pour Dulles, une béance dont Dulles pouvait tirer parti. D’une certaine manière, Allen Dulles était un nouvel internationaliste, même si ce n’était pas de la manière dont on le conçoit habituellement.

 

En fin de compte, Dulles voyait qu’une Europe unifiée et alignée sur les États-Unis pourrait s’opposer puissamment à l’influence communiste et orientale après la guerre, avec pour objectif supplémentaire de vaincre et de soumettre la puissance orientale. Cet alignement fournit une base grossière pour le successeur du IIIème Reich avec l’aide de la BRI et du système bancaire jusqu’à ce jour. En bref, le Quatrième Reich mondialiste est une Europe politiquement unie, alliée aux États-Unis, en forte opposition avec l’Est… en fait, avec pour objectif de vaincre et de soumettre les puissances orientales sous domination occidentale. En d’autres termes, pour la domination du monde. (Tout comme l’espérait le IIIe Reich ; même si la Grande-Bretagne et les États-Unis n’y coopéraient pas à l’époque !  [??? NdT] )

 

Le jeu idéologique est ici très intéressant, car l’Occident n’était pas universellement opposé au socialisme, au communisme ou à la Chine, comme l’a prouvé Nixon en 1972. Certains éléments de la structure de pouvoir occidentale avaient adopté la pensée socialiste*. Le premier discours d’investiture de Roosevelt sur les « royalistes économiques » donne un aperçu puissant des idéaux socialistes, et indiquait que le gouvernement central interviendrait dans les activités bancaires et criminelles de Wall Street, chaque fois que cela serait dans l’intérêt du gouvernement central. Rappelons également que certains théoriciens pensaient que les puissances occidentales avaient favorisé la chute du tsar et soutenu les bolcheviks, dans ce scénario original Est contre Ouest / Ouest contre Est. En résumé, la guerre idéologique a été menée après la Seconde Guerre mondiale, avec pour composantes essentielles l’idéologie capitaliste contre le dogme communiste, l’idée étant de tester les théories du pouvoir et du contrôle militaristes et sociétaux.

 

Tandis que cette guerre se déroulait sur de nombreuses années, les idéologues socialistes radicaux de l’Ouest ont été éclipsés par les internationalistes capitalistes, au moment où Wall Street et les puissances monétaires occidentales dominaient le système monétaire mondial. Ceci a été accompli, au fil des ans, en recrutant et en endettant la plupart des nations dans le système du dollar américain. De manière quelque peu anecdotique, au fur et à mesure que l’histoire se déroulait, nous avons vu des idéologues communistes comme Kim Philby, Donald Maclean et Guy Burgess s’enfuir en Union soviétique, par exemple, et il y en avait beaucoup d’autres. Joe McCarthy a passé sa vie à vanter les mérites du « péril rouge » et s’en est bien sorti (financièrement). En 1962, même Lee Oswald était trop gêné pour se dire communiste !

 

En d’autres termes, Allen Dulles a correctement deviné, ou avec raison soupçonné, que le « capitalisme occidental » éclipserait le communisme oriental, peut-être en grande partie en raison de son temps et de son expérience avec les grandes banques, la Réserve fédérale et la Banque des Règlements Internationaux (la BRI, dans certains cercles, est encore appelée « la banque nazie » aujourd’hui). Au lieu de la Quatrième Internationale, nous avons le Quatrième Reich mondialiste que Dulles n’a peut-être pas complètement visualisé à l’époque, mais qu’il a certainement rendu possible, le but ultime étant de vaincre le bloc de l’Est. Comme après la Seconde Guerre mondiale… Cependant, Allen Dulles n’a pas pleinement compris [???NdT] que les démocraties occidentales étaient manipulées par ce qui restait du Troisième Reich pour assurer sa survie. Ce qui précède est un point très important, qu’aucun politologue (ou qui que ce soit d’autre !) n’abordera dans ce domaine de l’histoire, obsédé par les faux dilemmes dualistes.

 

Pour abréger, en 1950, nous avons trois idéologies avec des structures de pouvoir concurrentes : 1, les « démocraties » américano-européennes (ou ce qu’elles étaient autrefois) 2, le fascisme totalitaire que nous appelons le nazisme et 3, le gouvernement communiste.  Ce qui est universellement ignoré, non réalisé, ou non apprécié, c’est que les idéalistes du Troisième Reich qui ont survécu à la guerre (et il y en a eu beaucoup !) travaillaient et manipulaient Dulles et McCloy etc. et non l’inverse. Dans leur zèle nazi pour la domination mondiale – comme nous le voyons tous les jours, aujourd’hui – les internationalistes nazis ont réussi à accomplir le Quatrième Reich mondialiste… en toute discrétion et avec beaucoup de ruse.

 

Il est important de souligner que les élites du Quatrième Reich mondialiste n’ont pas d’Hitler – cela ne les intéresse pas. Les élites du Quatrième Reich n’ont pas non plus de religion ou de croyance spirituelle. Elles ne sont pas ouvertement racistes ou antisémites… De leur point de vue, la race, l’honneur et tous les attributs d’un nazi au pas de l’oie sont absolument sans importance. En fin de compte, ces élites sont les riches oligarques et ploutocrates occidentaux en costume d’affaires, qui ne pensent qu’en termes de pouvoir et de contrôle totalitaires… et ils considèrent l’Est comme une menace existentielle pour leur système de contrôle et de gouvernance. Ils ont atteint le pouvoir en embrassant les idéaux totalitaires fascistes sur lesquels Sheldon Wolin a également écrit, qui sont décrits comme l’État totalitaire inverse des États-Unis.  Pour couronner le tout, les grands médias occidentaux obscurcissent la question en présentant le Quatrième Reich comme un mouvement de suprématie blanche, alors que le programme mondialiste occidental n’a rien à voir avec cela.

 

Notez que si ces idéologues fascistes peuvent utiliser l’idéologie comme un outil, leur contrôle ultime ne repose pas sur une quelconque idéologie, mais sur des moyens techniques, politiques, doctrinaires et propagandistes. En outre, leur fascisme d’inspiration nazie recoupe le national-socialisme, en tant que moyen de contrôler le capitalisme d’État. Nous voyons cela incarné en partie par le système bancaire et monétaire prédateur et corrompu de Wall Street.

 

En bref, selon cette vision du monde quasi-Allen Dulles, la paix mondiale, le capitalisme bienveillant ou tout système idéologique ou monétaire qui représente un marché libre réellement compétitif – ou d’ailleurs un système capitaliste socialiste fonctionnel comme celui dont jouit la Chine – est l’ennemi le plus acharné du Quatrième Reich mondialiste. C’est pourquoi – comme l’a souligné le Dr Joseph Farrell dans son livre The Third Way – Sergueï Glazyev a déclaré en 2014 que « les vrais nazis sont à Washington ». Bien sûr, tout ce qui précède est très bien en théorie… mais quelles preuves voyons-nous que le Quatrième Reich mondialiste existe vraiment ? Eh bien, nous le voyons tous les jours.

 

L’Occident n’éprouve aucun intérêt pour la paix. Aucun dirigeant occidental ne parle jamais de la paix dans le monde : en aucune occasion ni en aucune circonstance. L’Occident ne pense qu’à la guerre, à la terreur, à l’horreur, à la mort, à la destruction et aux profits qui en découlent. Comment pouvons-nous le savoir ?  Pas seulement par la destruction de la Yougoslavie ou de la Libye par l’OTAN, ou par le fait que l’OTAN existe tout simplement. Non, nous le savons parce que c’est l’idéologie de l’état de guerre qui nous est déversée quotidiennement, jour après jour, par les médias occidentaux et surtout par les « leaders » américains.  Depuis au moins vingt ans maintenant (mais bien plus en fait). C’est pourquoi le président de la Russie lève les bras au ciel et se demande pourquoi l’Occident est si fou …. comme il l’a fait aujourd’hui. Il doit se rendre compte que l’intention des nazis d’asservir l’Est n’a pas été vaincue en 1945, ni à aucun moment par la suite ; tout comme nous le voyons avec la promesse d’agression occidentale contre la Chine, la Russie et l’Iran aujourd’hui.

 

Le président russe s’adresse à un journaliste de Sky News au sujet du « Quatrième Reich » de l’Occident :

 https://www.bitchute.com/video/6t4tzngjeDgT/

 

 

Les États-Unis ont spécifiquement renié leur promesse (verbale) de ne pas étendre leur état de guerre de l’OTAN vers l’est, dans un mensonge typique du Troisième Reich – voir le Pacte Hitler-Staline – le Quatrième Reich occidental se contentant de mentir exactement de la même manière aujourd’hui. Mais une jolie chausse-trape sous les pieds du Quatrième Reich de nos banquiers occidentaux, est qu’il lui faut maintenant considérer que l’alliance potentielle entre la Russie et la Chine complique  considérablement l’objectif nazi américain d’asservir l’Est. Il s’agit là d’un défi bien plus important que ne l’imaginent les néoconservateurs, les néolibéraux et leurs partenaires du Quatrième Reich à Washington. Espérons-le ! Entretemps, l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Arabie Saoudite et Israël continueront leur guerre nazie contre le monde…. sans que l’on perçoive chez aucun d’eux un seul mot sur la paix.

 

Il y a encore quelque chose d’autre. On prétend que l’URSS a perdu la guerre froide. C’est vrai, mais les USA ne l’ont pas vraiment gagnée non plus… les États-Unis n’ont tout simplement pas perdu la guerre froide aussi gravement que l’Union Soviétique**. Et il s’y ajoute une autre vérité. Les États-Unis n’ont pas non plus vaincu les nazis. Que l’Occident ait été progressivement immergé dans cette idéologie, est prouvé au-delà du nécessaire par tout ce qui se passe aujourd’hui. Il appartient maintenant à la Chine et à la Russie de les vaincre –cette fois pour toujours.

 

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* Dans une certaine mesure par nécessité (pour une autre fois)

** Pour vous amuser un peu, lisez l’histoire de l’île de la Grande Diomède (Reagan, Gorbatchev) sur wikipedia : [ https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Diom%C3%A8de

 

Source : https://theduran.com/globalist-fourth-reich-revisited/?ml_subscriber=1848723510436828842&ml_subscriber_hash=s4c5

 

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Décembre 2021

 

 

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