Annie (Lacroix-Riz) in Paxtonland

SUITE

 

 

 

 

 

Deux éminentes contributions à l’étude de l’histoire contemporaine que nous avons ratées de peu dans notre précédent post :

 

 

LA NON-ÉPURATION EN FRANCE DE 1943 AUX ANNÉES 1950 :


LA LEÇON MAGISTRALE D’ANNIE LACROIX-RIZ…

 

Richard Labévière – Proche&Moyen-Orient.ch – 16.9.2019

 

 

 

 

 

L’ENVERS DES CARTES

 

À Max Molliet, Bizule Novarina, Néné Jacquier, Du Fer et tous les autres.

En marge de ses tentatives pour comprendre, ou plus modestement pour proposer quelques contrechamps aux discours dominants sur les crises internationales, prochetmoyen-orient.ch a choisi, cette semaine, de parler d’un livre-événement1 dont la grande presse n’a pas parlé et, sans doute, ne parlera plus davantage. Certes, le maniement de cette somme de plus de 600 pages requiert une bonne musculation, mais aussi une lecture attentive, sinon symptômale, tant le sujet sonde en profondeur l’un des virages les plus obscurs de notre histoire contemporaine. Davantage encore, l’entreprise de l’historienne Annie Lacroix-Riz constitue une leçon magistrale de politique générale.

Si on ne la voit guère sur les plateaux de télévision, parce qu’elle passe plus de temps à déchiffrer les archives que dans les dîners en ville, Annie Lacroix-Riz n’est pas n’importe quelle historienne. Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Paris-7, on lui doit nombre d’ouvrages importants, notamment : Le Vatican, l’Europe et le Reich ; Le Choix de la défaite ; De Munich à Vichy ; Industriels et banquiers sous l’occupation ; Les Elites françaises – 1940/1944 ; De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine ; Aux origines du carcan européen – 1900/1960.

Annie Lacroix-Riz est aujourd’hui l’un de nos grands historiens de la Seconde guerre mondiale et de ses filiations à la fois plus anciennes et tellement actuelles. Impossible de résumer l’ouvrage, mais voyons plutôt quelques-unes de ses importantes découvertes.

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Source : https://prochetmoyen-orient.ch/la-non-epuration-en-france-de-1943-aux-annees-1950-la-lecon-magistrale-dannie-lacroix-riz/

 

 

 

 

 

Quartier Libre

Un entretien d’Aude Lancelin avec Annie Lacroix-Riz enregistré pour QUARTIER GÉNÉRAL

le 15 septembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

Pendant qu’on y est :

Petite contribution additionnelle à l’étude de l’histoire contemporaine ou « Les Grands-Bretons rois du suspense »

 

Brexit : et maintenant, il reste un moyen tout simple de tenir l’échéance

 

Pierre Lévy – RT France – 16.9.2019

 

À un mois et demi du Brexit annoncé, Pierre Levy revient sur le chemin que prend le Royaume-Uni pour sortir de l’Union Européenne.

Texte publié en partenariat avec le mensuel Ruptures

 

 

Panneau d’affichage transmettant le message du gouvernement britannique

 

 

Le Royaume-Uni quittera-t-il irréversiblement de l’Union européenne le 31 octobre prochain ? Ou bien cette échéance fera-t-elle l’objet d’un ultime report de quelques mois ? Seule la conclusion est certaine : le Brexit aura bel et bien lieu. Mais la première hypothèse – une sortie à la Toussaint – est la plus probable. Pourquoi ?

Sans doute faut-il rappeler ici quelques repères. Car la « saga » que vit la Grande-Bretagne a une apparence : une incroyable succession de coups de théâtre, de rebondissements, de retournements, de coups de force, et d’interminable procédure parlementaire : une histoire à laquelle le citoyen de base ne comprend plus grand-chose ; elle a une réalité : un référendum tenu le 23 juin 2016, à l’issue duquel le peuple britannique décide de dire Bye Bye à Bruxelles, et ce, face à une majorité de parlementaires qui tente par tous les moyens de faire capoter cette issue, avec le soutien de tout ce que l’Europe compte de forces opposées aux verdicts populaires.

À la question parfaitement claire (« le Royaume-Uni doit-il rester un membre de l’Union européenne ou quitter l’Union européenne ? »), 51,9% des électeurs du pays ont répondu sans ambiguïté. Le 29 mars 2017, Londres a envoyé la lettre officielle concrétisant juridiquement la sortie de l’UE. En juin 2018, une large majorité de députés a dû acter le rapatriement juridique des compétences nationales et a fixé l’échéance de la sortie au 29 mars 2019.

Or les partisans de l’UE n’ont jamais accepté de se déclarer vaincus. La négociation d’un accord de divorce entre le Royaume-Uni et les Vingt-sept a fourni un prétexte à une guérilla dont le seul résultat fut un blocage institutionnel total. Les députés ont par exemple refusé à trois reprises de valider un projet d’accord négocié par le premier ministre d’alors, Theresa May. Ils ont aussi également voté Non à… huit alternatives envisagées.

 

« Le 24 juillet, Boris Johnson remplace Theresa May, avec un seul mot d’ordre : mettre en œuvre le Brexit au 31 octobre, quoiqu’il arrive.

 

Bref, la chambre des Communes fait barrage mais est trop divisée pour proposer une issue. En mai de cette année, madame May est alors poussée vers la sortie par ceux qui, au sein du Parti conservateur, considèrent que sa faiblesse – la volonté de préserver un compromis boiteux avec l’UE – n’a que trop duré.

Le 24 juillet, Boris Johnson la remplace, avec un seul mot d’ordre : mettre en œuvre le Brexit au 31 octobre, quoiqu’il arrive. Quitte pour cela à suspendre la session d’un Parlement paralysé et paralysant pendant cinq semaines, ce qui est inhabituel mais légal. Tant les forces pro-UE dans le pays que les médias européens dominants crient au coup de force, comme si le refus parlementaire de mettre en œuvre la volonté populaire depuis plus de trois ans n’était pas le véritable scandale…

Début septembre se forme donc un « front anti-Brexit » hétéroclite à Westminster, dont l’objectif officiel est d’empêcher une sortie sans accord (« no deal »), en réalité de faire capoter le Brexit. Fait sans précédent : une majorité de députés a voté pour se substituer au chef du gouvernement et forcer ce dernier à mendier un nouveau délai auprès de Bruxelles, une demande censée être examinée par le Conseil européen le 17 octobre.

Cerise sur le gâteau : les Travaillistes, qui ne cessaient de réclamer depuis deux ans des législatives anticipées comme seul moyen de résoudre la crise, ont finalement… bloqué cette voie qui nécessitait un vote de deux tiers des députés. Pour la plupart des observateurs, l’impasse paraît totale. D’autant qu’un nouveau report n’aboutirait à rien d’autre qu’à prolonger un feuilleton sans dessiner aucune issue.

Il reste désormais – parmi d’autres solutions – un moyen simple au chef du gouvernement : s’affranchir du vote du Parlement censé lui dicter sa conduite et ne pas quémander aux Vingt-sept le énième report voulu par les députés. Les dirigeants européens ne pourront alors accorder ce dernier, et le pays sera ipso facto hors de l’UE le 31 octobre au soir. Variante : Londres transmet formellement la demande parlementaire, mais indique que le gouvernement ne soutient pas cette dernière.

 

 

 

 

Certes, on entend déjà les cris d’orfraie des uns et des autres, qui dénonceront certainement un « coup d’Etat » dans ce que la grande presse – en France comme en Allemagne, notamment – décrit comme « le berceau de la démocratie parlementaire dans l’histoire mondiale ». Mais ce moyen est possible, car le seul verdict qui suivra sera celui des électeurs, puisqu’une motion de défiance sera, dans ce cas, certainement adoptée. Et, dans les semaines qui suivront, les citoyens ne devraient pas manquer de récompenser celui qui aura – après 40 mois de tergiversations – enfin réussi à trancher le nœud gordien.

 

Il faut « qu’on en finisse » clament non seulement les partisans de la sortie, mais également une part de ceux qui avaient voté contre cette dernière

 

Pour le locataire de Downing Street, employer ce moyen est à la fois nécessaire et faisable. Et d’abord pour une raison largement sous-estimée par nombre d’analystes européens : l’immense ras-le-bol des électeurs face à un feuilleton grotesque, traumatisant et interminable. Il faut « qu’on en finisse » clament non seulement les partisans de la sortie, mais également une part de ceux qui avaient voté contre cette dernière, mais qui souhaitent que le résultat de 2016 soit respecté plutôt que de voir se prolonger la paralysie et les divisions qui s’immiscent jusque dans l’intimité des familles.

Un dernier élément doit également être pris en compte : à supposer que le premier ministre accepte de demander le report comme l’exigent les députés, rien n’indique que les Vingt-sept l’acceptent, car ils doivent se prononcer à l’unanimité. Certes, jusqu’à présent, les dirigeants de l’UE avaient une priorité : montrer que sortir de la secte UE conduisait au chaos (afin de dissuader d’autres peuples de suivre cette voie).

Or ledit chaos s’étend désormais au-delà de la Manche. À Paris, notamment, il se dit que la succession des reports finit par provoquer des incertitudes économiques menaçantes, sans apporter quelque issue que ce soit. C’était déjà ce qu’avait fait valoir Emmanuel Macron lors du sommet européen du 10 avril dernier, avant de se rallier à contrecœur à l’échéance d’octobre promue notamment par Angela Merkel.

Quoiqu’il en soit, l’essentiel est ce fait politique majeur : la volonté populaire de sortir a été exprimée en juin 2016 (et rien n’indique qu’elle se soit inversée) ; or l’époque est révolue où l’on pouvait s’asseoir sur cette dernière comme du temps des référendums français, néerlandais, mais aussi irlandais ou danois.

C’est cette réalité qu’oublient ceux qui ont les yeux rivés sur le prochain rebondissement du feuilleton, voire finissent par se convaincre que les manœuvres pourraient finalement berner le peuple britannique. Boris Johnson a assis sa crédibilité politique sur sa capacité à imposer le choix de celui-ci.

Il a désormais un moyen simple de toucher au but.

Source : https://francais.rt.com/opinions/65809-brexit-maintenant-il-reste-un-moyen-simple-de-tenir-l-echeance

 

 

 

 

 

« L’art de la guerre »

Hong Kong, le Traité de Nankin revient

 

Manlio Dinucci – il manifesto – 17.9.2019

via Réseau Voltaire

Traduction : Marie-Ange Patrizio

 

Manifestement, des jeunes Hongkongais ont adopté la culture britannique —après la rétrocession à la Chine de leur province spéciale—. Ils ignorent l’histoire de leur pays et ce qu’ils doivent à la Chine populaire. Pour leurs arrières arrières grands-parents, Londres n’avait apporté que la misère et la désolation, provoquant l’effondrement de l’Empire du Milieu.

 

 

Les « Guerres de l’opium » représentent le paradigme du colonialisme britannique : Londres ne chercha pas à dominer politiquement la population chinoise, mais exclusivement à l’exploiter économiquement. Pour imposer la consommation de drogues, Sa Très Gracieuse Majesté, la reine Victoria, livra deux guerres qui firent plusieurs millions de morts.

 

 

Des centaines de jeunes Chinois, devant le Consulat britannique à Hong Kong, chantent le God Save the Queen et crient « Grande-Bretagne sauve Hong Kong », appel recueilli à Londres par 130 parlementaires qui demandent qu’on donne la citoyenneté britannique aux résidents de l’ex-colonie. Ainsi fait-on apparaître la Grande-Bretagne à l’opinion publique mondiale, en particulier aux jeunes, comme garante de légalité et des droits humains. Pour le faire on efface l’Histoire.

Il est donc nécessaire, avant toute autre considération, de connaître les épisodes historiques qui, dans la première moitié du 19ème siècle, amènent le territoire chinois de Hong Kong sous domination britannique.

Pour pénétrer en Chine, gouvernée alors par la dynastie Qing, la Grande-Bretagne recourt à l’écoulement de l’opium, qu’elle transporte par mer de l’Inde où elle en détient le monopole. Le marché de la drogue se répand rapidement dans le pays, provoquant de graves dégâts économiques, physiques, moraux et sociaux qui suscitent la réaction des autorités chinoises. Mais quand celles-ci confisquent à Canton l’opium emmagasiné et le brûlent, les troupes britanniques occupent avec la première Guerre de l’Opium cette ville et d’autres cités côtières, contraignant la Chine à signer en 1842 le Traité de Nankin.

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Édition de mardi 17 septembre 2019 de il manifesto 

Source : https://www.voltairenet.org/article207657.html

 

 

 

 

 

 

Histoire contemporaine en cours…

 

Féminicides, fait social ? Accidents du travail, faits divers ?

 

Rosa LLORENS – LGS – 17.9.2019

 

 

 

 

Après Greta, après le foot féminin, les médias ont ouvert un nouveau front, lancé une nouvelle campagne : le féminicide. Impossible d’y échapper, le féminicide est partout – du moins en paroles, car, dans les faits, voyons-nous, chaque matin, nos rues jonchées de cadavres féminins ? Est-ce vraiment le problème le plus massif et le plus angoissant pour tous les Français et les Françaises ? Les Françaises sont-elles, dans la République, une population à part, menacée par l’espèce des mâles rugissants ? Ne sont-elles pas aussi des travailleuses, et, à ce titre, sujettes à un fléau bien plus présent : les accidents du travail ?

Replacé dans son contexte, le « féminicide » apparaît comme une nouvelle application de la stratégie consistant à saturer journaux, radios, télés, romans (voir le dernier tome de Millenium, La Fille qui devait mourir) et on attend les films, d’un sujet promu cause du siècle, pour occulter des situations bien plus dramatiques, mais dérangeantes, comme la guerre au Yemen (combien de femmes et de fillettes tuées par l’Arabie Saoudite avec des armes françaises ?), ou en Syrie (combien de femmes violées ou assassinées par les terroristes islamistes, protégés par les Etats-Unis, Israël, la Turquie, la France… voir les fameuses paroles de Fabius : « Al Nosra fait du bon boulot ». Plutôt que d’informer, on préfère donc répéter : « Bachar bombarde son peuple », quand il s’efforce de libérer un tiers de son pays encore occupé). Mais, pour rester en France, pourquoi ne pas parler des accidents mortels au travail ?

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Source : https://www.legrandsoir.info/feminicides-fait-social-accidents-du-travail-faits-divers.html

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 18 septembre 2019

 

 

 

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