Analyse de la tactique des États faillis

 

Steve Brown – Strategika51 – 5.9.2021

Traduction : c.l. pour L.G.O.

 

 

 

 

Historiquement, l’empire a été incapable de reconnaître la détermination des peuples indigènes qui luttent pour faire respecter leur droit à l’autodétermination. En conséquence, il a imaginé un moyen de subvertir ce droit en fabriquant des États faillis, plus faciles à diviser et à exploiter.

 

Le prototype du plan américain d’« État failli » a été créé lors de la destruction du camp de Nahr al Bared, au Liban, en 2007. Cette politique a été élaborée par Elliott Abrams et le « Bureau des plans spéciaux », après le plantage américain en Irak de 2003, et fortement encouragée par Israël, après sa défaite de facto contre le Hezbollah au Liban de 2006. 

Destruction du camp de réfugiés de Nahr al Bared, Liban, 2007 :

La destruction de Nahr al Bared fut une opération sous faux drapeau financée par les États-Unis et les Saoudiens. La vidéo qui suit montre les combats après que le Fatah al Islam se soit infiltré dans le camp en 2006, au cours de la guerre sans issue entre Israël et le Hezbollah. Cette opération illustrait la nouvelle politique secrète adoptée par les États-Unis, appelée « réorientation » dans le jargon du Pentagone. Politique alternative motivée non seulement par les échecs des États-Unis en Irak, mais aussi par la défaite d’Israël face au Hezbollah en 2006.

 

 

 

 

L’opération de Nahr al Bared fut en partie financée par le prince Bandar d’Arabie saoudite et gérée par Saad Hariri, fils de l’ancien premier ministre libanais assassiné, Rafik Hariri et le plan de destruction du camp fut conçu par le criminel Vice-Conseiller à la Sécurité nationale Elliott Abrams.

Connue sous le nom de « réorientation » depuis 2006, la politique américaine d’insurrection secrète sous faux drapeau avait été, à l’origine, élaborée par la CIA (nom de code : Opération Cyclone) et Zbigniew Brzezinski, et ce, dès 1973.

En tant que modèle de déstabilisation tactique d’États et de leur population, l’Occident a considéré la destruction de Nahr al Bared comme un grand succès initial et comme un modèle à adopter pour tout ce qui allait suivre, comme on le constate en effet aujourd’hui. En d’autres termes, l’État américain et le Pentagone ont estimé que la méthode employée pour subvertir et détruire des camps palestiniens au moyen d’« insurgés » téléguidés était un succès et ils se sont mis dès lors à l’appliquer à toutes sortes d’États qu’ils ont qualifiés de « voyous », tels que la Syrie (2011) ; l’Irak (après 2006), l’Afghanistan ; et le Yémen, dont les États-Unis ont d’abord cru d’ailleurs, qu’il soutenait le programme autocratique des Émirats Arabes Unis et de l’Arabie saoudite… ainsi que celui d’Israël.

Depuis 2006, l’axe américano-israélo-saoudien a infiltré Daech-al-Qaïda et l’a utilisé dans des positions aptes à servir de levier, par camps ou par régions, et lui a de cette manière fait lancer des attaques trop nombreuses pour être énumérées. Exemples : Camp de Yarmouk (Syrie) ; région de Daraa ; Afghanistan (Task Force 373) ; Yémen ; Saraqib ; Mena-Sahel ; Libye ; Soudan.

 

https://geopolitics.news/euroasia/zamir-kabulov-russia-has-evidence-of-foreign-contingents-cooperation-with-is-in-afghanistan/

 

Vidéo de Daraa :

 

 

 

La politique US dans l’Axe des États faillis a également servi de modèle à la Turquie, alliée de l’OTAN, qui a de la sorte soutenu des groupes terroristes à Afrin, Idlib et dans le nord de la Syrie, pour tenter d’arriver à un résultat identique, en même temps que la France s’engageait de la même manière au Sahel. Mais comme le montre la vidéo, la capacité de résistance de l’Iran est devenue un joker dans cette équation : l’Iran a mis en échec à la fois le programme de Daech et la tentative de déstabilisation de la Syrie par la terreur takfirie, en conjonction avec la demande faite par la Syrie à la Fédération de Russie, pour qu’elle l’aide à défendre le pays.

La politique d’insurrection sous faux drapeau par voie d’infiltration que pratique l’axe USA-Daech/ISIS est une provocation permanente parrainée et financée par cet État pour déstabiliser les populations d’États souverains rétives à la mondialisation. Mais en termes de ravages créés, l’Occident considère que sa politique d’États faillis est tout à fait rentable, dans la mesure où elle produit de la dette et, donc, des profits, pour le FMI, tout en cimentant ses relations avec les despotes autocratiques « amis ».

Cependant, l’axe américain ne se rend pas compte que sa politique d’États faillis a sérieusement marginalisé et endommagé ses relations avec ses victimes, tout en créant le potentiel d’un sérieux retour de flamme, comme cela s’avère  de plus en plus évident au Yémen, à Gaza, en Syrie, en Irak, en Afghanistan et au Sahel. Les développements qui s’en suivent compromettent également la présence militaire massive des États-Unis en Afrique et continuent de saper la position des États despotes autocratiques complices de l’Occident, comme les Émirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite. En effet, les mouvements nationaux d’autodétermination ne vont pas manquer d’affirmer de plus en plus leur présence et leur influence… dans un monde où la seule « superpuissance » du monde ressemble surtout à la seule puissance capable de totalement bordéliser du monde.

Source : https://strategika51.org/2021/09/05/failed-state-tactical-analysis/

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/analyse-de-la-tactique-des-etats-faillis/

 

 

 

 

Septembre 2021

 

 

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