Ce qu’elle a chanté

 

 

 

Pendant que j’y suis :

 

L’Odyssée en français

 

 

Il en existe des tas d’éditions et des tas de versions, anciennes ou modernes

Il y en a surtout beaucoup à l’usage des écoles en « texte abrégé ». On tremble à l’idée de ce qui s’y trouve, mais quand on ne les a pas lus, on n’en peut rien dire.

En voici une, apparemment complète, destinée aux adultes :

 

 

Homère (ben, oui…)

Odyssée

Édition et traduction de Jean Bérard

Préface de Paul Claudel

Folio – Gallimard 1973

601 pages

« Et le divin Ulysse émergea des broussailles. Sa forte main cassa dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu’il donnerait pour voile à sa virilité. Puis il sortit du bois. Tel un lion des monts, qui compte sur sa force, s’en va, les yeux en feu, par la pluie et le vent, se jeter sur les boeufs et les moutons, ou court forcer les daims sauvages ; c’est le ventre qui parle. Tel, en sa nudité, Ulysse s’avançait vers ces filles bouclées : le besoin le poussait… Quand l’horreur de ce corps tout gâté par la mer leur apparut, ce fut une fuite éperdue jusqu’aux franges des grèves. Il ne resta que la fille d’Alkinoos : Athéna lui mettait dans le coeur cette audace et ne permettait pas à ses membres la peur. Debout, elle fit tête. »

 

 

Homère (toujours)

L’Odyssée

Traduction de Philippe Jaccottet

Suivi de « Des lieux et des hommes »,

par François Hartog

La Découverte, 2004

434 pages

« Ô muse, conte-moi l’aventure de l’inventif :

celui qui pilla Troie, qui pendant des années erra,

voyant beaucoup de villes, découvrant beaucoup d’usages,

souffrant beaucoup d’angoisses dans son âme sur la mer

pour défendre sa vie et le retour de ses marins

sans en pouvoir pourtant sauver un seul, quoi qu’il en eût :

par leur propre fureur il furent perdus en effet,

ces enfants qui touchèrent aux troupeaux

du dieu d’En Haut,

le soleil qui leur prit le bonheur du retour…

À nous aussi, fille de Zeus, conte un peu ces exploits ! »

 

 

Homère

L’Odyssée

Traduction de Philippe Jaccottet

Illustrations de Julien Chabot

La Découverte – 2016

Dimensions 16.3 x 3.2 x 23.6 cm

440 pages

« Ayant ainsi parlé, Ulysse émergea des broussailles.

Dans l’épaisse verdure, il tailla de sa grosse main

une branche feuillue pour cacher sa virilité.

Comme le lion des montagnes assuré de sa force,

qui marche dans la pluie et dans le vent, ses yeux

flamboient, il fond sur les moutons et sur les vaches,

il poursuit les biches sauvages ; incité par son ventre

à tâter des troupeaux, et même jusqu’aux fermes closes :

ainsi Ulysse allait aborder, quoique nu,

les jeunes filles aux beaux cheveux : le besoin l’y forçait.

Effroyable, il parut, défiguré par la saumure,

Et toutes s’égaillèrent vers l’extrême pointe des grèves.

Seule resta l’enfant d’Alcinoos, car Athéna

lui donnait du courage et chassait la peur de ses membres. »

 

Note de l’éditeur :

Sur le modèle des « hors-série » inauguré en 2015 avec L’usage du monde de Nicolas Bouvier, voici la superbe traduction de référence de L’Odyssée par Philippe Jaccottet accompagnée, pour cette édition grand format, de 25 pastels originaux de Julien Chabot. Elle est complétée par le bel essai de l’historien François Hartog, Des lieux et des hommes, qui parcourt l’espace géographique et maritime, mental et poétique du monde d’Ulysse.

 

 

Une des illustrations de Julien Chabot :

 

 

est un visible hommage au Pornocratès de Félicien Rops.

On reconnaît ainsi, au fil des pages, les peintres dont l’illustrateur s’est librement inspiré : Hopper, Gauguin, Picasso, Daumier, Goya, Munch, Delacroix, Friedrich, Rembrandt, Bacon, Füssli, etc.

 

 

 

 

Pour les curieux :

 

L‘Odyssée illustrée par des artistes d’époques diverses :

http://www.matheatre.fr/Theatre/2013/Ph/Th_2013_Ph_structure_chapitre-1.html

 

 

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Mars-Avril 2021

 

 

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