Aline de Diéguez

 

L’entrée en guerre de l’Amérique

Les coulisses de la Déclaration Rothschild-Balfour (3)

 

« Ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester mais comprendre ». Baruch Spinoza

 

Ou l’on découvre que l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 est le fruit des efforts conjugués des banquiers anglo-saxons et du mouvement sioniste international.

 

Qui écrit l’histoire ?

Quelles sont les sources auxquelles nous puisons notre connaissance des évènements passés ? L’histoire d’aujourd’hui est la politique d’hier, or, la politique est une affaire d’hommes. Pour redonner du sens, donc de la vie, au passé, il faut, autant que possible, coller aux talons des hommes qui en furent les acteurs sur le devant de la scène ou dans les coulisses, devenir les Sherlock Holmes des indices, des Sioux sur le sentier de la guerre, afin de débusquer l’arrière-monde de ce qui fut volontairement caché, balayé sous le tapis, afin de tenter de réincarner ce qui fut et qui n’est plus, tout en continuant à exister dans le présent par ses conséquences. Cela fait toute la différence entre la connaissance des faits et leur compréhension.

Qui, dans la presse française grassement subventionnée par l’État et même dans l’Université conformiste, oserait aller contre le consensus sur des sujets sensibles, lorsque les retombées financières, les carrières et les avancements sont en jeu ?

Exemples

Comment est parvenu à s’imposer le conte digne d’Alice au pays des merveilles qui aurait pour héros un lord anglais – Arthur James Balfour – lequel aurait pris tout seul l’initiative d’adresser un message sibyllin à un richissime banquier juif dans lequel il promettait à un groupe d’immigrants un territoire qu’il ne possédait pas ? Ce qui n’empêche pas ce canard d’exercer l’autorité d’un « fait historique » depuis 1917.

Voir : Les coulisses de la Déclaration Rothschild-Balfour (1 et 2)

 

Par quels procédés plus ou moins volontairement mensongers est parvenue à acquérir le poids d’un fait historique la doxa que le Président américain Woodrow Wilson aurait été un chef énergique et génial, personnellement à l’origine de la création de la FED et qu’il aurait un beau jour pris librement la décision d’entrer en guerre aux côtés des alliés européens en 1917 ?
Voir : Aux sources de l’escroquerie de la Réserve Fédérale – Le machiavélisme des hécatonchires de la finance internationale

 

On peut même remonter plus haut : est-ce par aveuglement, par collusion ou par crainte politique de froisser la puissante communauté juive que les Églises chrétiennes évitent soigneusement de songer à lier la crucifixion de Jésus au scandale financier que le prophète a provoqué dans le temple, à peine quelques jours auparavant, lorsqu’il a chassé à grands coups de cordes tressées les changeurs véreux et autres filous et simoniaques qui officiaient dans le temple de Jérusalem ? Événements dont un courageux écrivain américain avait démontré la troublante concomitance, mais dont personne ni dans l’Église, ni dans la société civile n’a daigné tenir compte.

Voir : L’usure, axe central de l’histoire de l’Occident

 

Pour terminer, qu’arrive-t-il lorsque l’évidence universellement admise d’un événement se heurte à la réalité ? Ainsi, contrairement aux modélisateurs-réchauffistes d’origine anthropique du GIEC, on constate que la banquise de l’Arctique ne fond pas mais augmente, même si, ici et là, quelques glaciers rétrécissent, conformément aux variations locales plurimillénaires et naturelles du climat. Les hérétiques qui contestent la religion climatique officielle selon laquelle les activités humaines productrices calamiteuses de CO² sont la cause des modifications du climat, sont interdits de parole dans les médias, interdits de publication dans les revues scientifiques et barrés de tout avancement de leur carrière universitaire. En France, aucun média, aucun organisme officiel n’ose braver le très saint pape Jouzel et sa camarilla de cardinaux du réchauffisme d’origine humaine. Dans un siècle, nos descendants se moqueront de notre crédulité et de notre soumission à leurs injonctions politico-économiques fondées sur des données fantaisistes. En effet, occupées par des « marches pour le climat », les foules européennes culpabilisées et domestiquées ne pensent même plus à « marcher » contre la politique antisociale de leurs gouvernements.

Voir : SOS Nounours sur un glaçon

 

Il est passionnant de soulever le tapis sous lequel la vérité est balayée. Et cela, précisément en appliquant le conseil d’un des plus grands falsificateurs de la vérité historique – le Colonel House – lequel manifestera son talent de manipulateur dans la démonstration qui suit des circonstances réelles dans lesquelles les États-Unis se sont finalement joints tardivement à la France et à l’empire britannique dans la guerre contre l’Allemagne et ses alliés, qui faisait déjà rage en Europe depuis trois ans.

 

Le Colonel House par lui-même

« Les petites gens de ce pays sont d’incurables et invétérés adorateurs de héros. Avec un slogan qui exprime leurs « vagues aspirations », on peut facilement les manipuler… »

 

Ce pseudo colonel conseillait d’imiter les chiens truffiers. Il fallait, disait-il, tenter de remonter aussi haut que possible à la racine d’un événement ou d’une décision. En tant que père Joseph d’un Président des États-Unis inconsistant, faible, influençable puis malade et finalement quasiment remplacé par sa femme, il était bien placé pour savoir à quel point il est facile de leurrer les contemporains. C’est donc en fin connaisseur qu’il a prononcé ces paroles ailées : « La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n’importe quelle idée jusqu’à sa source ».

 

L’entrée en guerre des États-Unis en 1917

Dès le début de la guerre, Français et Anglais comprennent l’importance du soutien des juifs sionistes en faveur de l’effort de guerre. Ils prennent surtout conscience du poids et du pouvoir du sionisme américain. En novembre 1915, le futur Président de la ligue des droits de l’homme et ami du leader sioniste Max Nordau, Victor Basch, est envoyé aux États-Unis par le gouvernement français. Sa mission, au cours d’une tournée de conférences, était d’insister sur l’antisémitisme allemand et de créer une atmosphère favorable aux alliés alors que l’Amérique, à ce moment-là, était globalement germanophile.

À cette occasion, Victor Basch a non seulement négocié avec deux personnalités sionistes très influentes aux États-Unis – Louis Brandeis, leader du mouvement sioniste américain et le banquier Jacob Schiff – le soutien moral et financier des sionistes américains aux alliés européens, mais lié ce soutien à celui de la réalisation de ce qui n’était encore qu’un projet : l’installation des juifs en Palestine, ardemment revendiquée par les sionistes américains. Le banquier Schiff était réticent en raison de la présence de la Russie dans l’alliance. Présence russe capitale qui a mobilisé les troupes allemandes sur le front de l’Est et coûté à la Russie tsariste le sacrifice de 140.000 combattants. Finalement, les riches sionistes américains acceptent de faire un effort financier en faveur des alliés pendant que la France et L’Angleterre se portent garants de la liberté de culte des juifs russes.

Ces marchandages se déroulaient à la suite de l’élection du Gouverneur du New-Jersey – Woodrow Wilson – à la Présidence des États-Unis dans les circonstances rocambolesques qui avaient présidé à la mainmise des banquiers sur la création de leur monnaie – le dollar – lors de la naissance de la FED.

Petit rappel.

A la suite des paniques bancaires de la fin du XIXe siècle et de la plus grave d’entre elles, celle de 1907, le Congrès décida qu’il fallait réformer tout le système bancaire et, avec la National Monetary Commission (Commission Monétaire Nationale), il créa deux sous-commissions, l’une chargée d’étudier en détails le système monétaire américain tel qu’il existait et la seconde, dont il confia la responsabilité au sénateur Aldrich, était chargée d’étudier le système bancaire « européen » , c’est-à-dire, évidemment dans son esprit, le système bancaire anglais.

Or, la banque d’Angleterre se trouvait – et se trouve toujours – entre les mains de banquiers privés et notamment de la pléthorique famille Rothschild . (…) *

Une réunion dans l’Ile Jekyll avait donc été décidée en grand secret et personne, hormis ses participants, n’en eut connaissance – ni la presse, ni le public, ni surtout le Congrès – avant l’adoption , le 23 décembre 1913 de la loi sur le fonctionnement de la Réserve fédérale, alors que la Commission monétaire avait prévu que les délibérations devaient se dérouler publiquement dans l’enceinte du Congrès.

Il avait fallu trois grandes années aux conspirateurs pour trouver le moment propice à faire adopter leur projet par le gouvernement et pour donner une caution politico-juridique au cartel international de banques d’affaires privées qu’ils avaient imaginé durant le séjour sur l’Ile Jekyll. La bataille fut rude. Il s’agissait bien d’un cartel puisque ces banquiers, rivaux les uns des autres en Allemagne, en France, en Angleterre, se mirent secrètement d’accord aux États-Unis afin de créer ensemble une nouvelle entité bancaire privée, elle aussi, dans laquelle ils collaboreraient étroitement et qui donnerait naissance au Système monétaire du Nouveau Monde.

(…)

Depuis la grande panique boursière de 1907, qui avait suivi les crises de 1873 et de 1893, que le public américain imputait aux manoeuvres des banquiers, toute initiative de leur part était frappée d’opprobre et aucun membre du Congrès n’aurait osé voter un projet qui aurait reçu le sceau de leur approbation.

C’est pourquoi une rude bataille politico-médiatique fit rage au Congrès et dans la presse durant les années 1910, 1911 et 1912 afin d’assurer la promotion du projet Jekyll. Après avoir réussi à faire élire, en 1912, le candidat qu’ils avaient choisi, le démocrate Woodrow Wilson, Gouverneur du New-Jersey et ancien président de Princeton – dont ils avaient financé la campagne et qui était leur homme – les conspirateurs eurent alors l’idée géniale de mettre dans leur jeu deux banquiers de moindre renom et démocrates, comme le Président, l’un de la Chambre des représentants, M. Carter Glass, et l’autre du Sénat, M. 0wen – donc appartenant, en principe, au parti des défenseurs des « intérêts du peuple ». Le nouveau Président et les deux banquiers passaient dans le pays pour des ennemis du « Wall Street MoneyTrust ».

C’est là qu’il faut admirer la rouerie et la connaissance de la psychologie des foules de nos conspirateurs. Pendant que les deux lièvres candides vantaient dans la presse le projet élaboré à Jekyll Island, devenu le Bill Owen-Glass en affirmant que ce n’était pas le projet des banquiers, les vrais rédacteurs du projet et notamment le puissant homme d’affaires et banquier, Frank Vanderlip et le sénateur Aldrich le critiquaient véhémentement dans les journaux. En même temps, ils finançaient en secret une campagne de promotion menée par des hommes de paille dans les Universités – notamment à Princeton, à Harvard et à l’Université de Chicago, subventionnée, à l’époque, par John D. Rockefeller à hauteur de cinquante millions de dollars – ainsi que dans tous les centres d’influence économique auxquels ils avaient accès.

(Voir 6 – Les préparatifs du coup d’Etat constitutionnel, http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos/conspirateurs/conspirateur.html )

 

 

Les banquiers n’étaient pas les seuls intéressés par le choix du candidat Wilson à la Présidence. Le rabbin Stephen Wise, un sioniste influent, déclarait dès 1910, au cours d’une conférence dans le New-Jersey que M. Woodrow Wilson serait élu Président des États-Unis. Remarquable prémonition !

 

Et House de confirmer: « Je me suis tourné vers Woodrow Wilson comme étant le seul homme qui en tous points se montrait à la hauteur de la tâche » (M. Howden), tout en se contredisant immédiatement : « L’ennui avec l’obtention d’un candidat à la présidence, c’est que l’homme qui est le mieux adapté pour cette place ne peut être désigné, et s’il était désigné, il ne pourrait être élu. Le Peuple prend rarement le meilleur homme adapté au poste ; il est donc nécessaire de travailler pour le meilleur homme qui puisse être désigné et élu, et en ce moment, Wilson semble être cet homme ».

Après l’élection, le rabbin. Wise avait déclaré que « nous avons reçu une aide chaleureuse et encourageante de la part du colonel House, ami intime du président… House a non seulement fait de notre cause l’objet de son attention particulière, mais a servi d’officier de liaison entre l’administration de Wilson et le mouvement sioniste ».

C’était le Colonel House qui avait choisi le slogan de la campagne électorale de Woodrow Wilson: « Il nous a préservés de la guerre ». Ce slogan était destiné à flatter le pacifisme du pays. Or, en même temps qu’il avait l’air de partager le pacifisme de Wilson, House, en collaboration avec ses amis sionistes et le cartel des banquiers inventeurs de la machine à cracher des dollars pompeusement dénommée Federal Reserve – Rothschild Banks of London and Berlin, Lazard Brothers Bank of Paris, Israel Moses Schieff Banks of Italy, Warburg Bank of Hamburg and Amsterdam, Lehman Brothers Bank of New York, Kuhn Loeb Bank of New York, Chase Manhattan Bank of New York, Goldman Sachs Bank of New York – il travaillait activement en faveur de l’entrée en guerre.

En même temps et parallèlement, les principaux dirigeants du mouvement sioniste américain et anglais – Stephen Wise, Bernard Baruch, Chaim Weizmann, Louis Brandeis – militaient eux aussi ardemment et en sous-main pour l’entrée en guerre des États-Unis. Les banquiers ne songeaient qu’aux profits qu’ils en tireraient, mais pour les sionistes, la destruction de l’empire ottoman et le remodèlement du Moyen Orient étaient les conditions nécessaires à la réalisation de leur projet : l’installation des juifs du monde entier en Palestine, devenue un « État juif ».

Durant cette période, le Secrétaire d’État de l’époque, William Jennigs Bryan, pacifiste et anti-impérialiste convaincu, dénonça dans un rapport: « Les vastes intérêts des banques » qui étaient « profondément intéressés par la guerre mondiale, en raison des amples opportunités qu’elles offraient à réaliser de gros profits ». Cette guerre rapporta directement deux cent millions de dollars à J.D. Rockefeller, mais comme les États-Unis durent emprunter trente milliards, augmentés, évidemment, des intérêts payés à la Réserve fédérale qui venait opportunément d’être officiellement constituée, les profits des banquiers internationaux se trouvèrent exponentiellement augmentés.

Le Colonel House devint de fait le vrai ministre des Affaires étrangères. Une note de son éditeur Charles Seymour éclaire la personnalité de cet homme de l’ombre : « Il fuyait la publicité par un sens de l’humour sardonique qui était chatouillé par la pensée qu’invisible et souvent insoupçonné, sans grande richesse ni poste élevé, par le simple pouvoir de la personnalité et du bon sens, il détournait en réalité les courants de l’Histoire ».

Et lui-même explique comment il influençait la politique du Président: « Avec le président, comme avec tous les autres hommes que j’ai cherché à influencer, c’était invariablement mon intention de lui faire penser que les idées qu’il tirait de moi étaient les siennes propres » (in Papiers intimes).

 

Colonel House – Woodrow Wilson : les Dupont-Dupond

 

À ce titre, il commença à prêcher la nécessité de bâtir une grande armée et une marine puissante. « Pendant que le Président rêvait de sauver le monde, House commençait à envisager la possibilité que les USA deviennent une puissance mondiale », écrit son dernier biographe Hodgson. Il est l’homme qui lança les États-Unis sur la voie de l’empire militaire conquérant qu’il est devenu depuis lors. Il confia à son journal le 12 février 1917 : « Nous dérivons vers la guerre aussi rapidement que je m’y attendais ».

 

Préparation psychologique du pays

En 1914, au début des hostilités, l’immense colonie d’origine allemande était omniprésente dans tous les centres économiques du Nouveau Monde. Ainsi, tous les journaux étaient entre les mains de juifs allemands qui contrôlaient également tous les médias. De plus Berlin demeurait le centre du sionisme international et les juifs allemands, parmi les plus riches et les plus influents, étaient hostiles au sionisme. L’un d’entre eux, Gabriel Reiser répondait aux révolutionnaires sionistes de Russie que « nous n’avons pas immigré ici ; parce que nous sommes nés ici, nous n’émettons aucune revendication à un foyer quelque part ailleurs. Soit nous sommes des Allemands, soit nous sommes sans foyer ».

Un dramatique événement survenu en 1915 accéléra le changement de la psychologie des États-Unis à l’égard des belligérants européens, et notamment à l’égard de l’Allemagne : il s’agissait de l’attaque par un sous-marin allemand du paquebot anglais, le Lusitania, qui transportait à la fois des munitions et 1198 passagers, dont 125 américains .

 

Le Lusitania

Cependant, les archives diplomatiques permettent de reconstituer les motivations de ce drame en forme de complot. Un entretien entre le Colonel House et Sir Edward Grey, le ministre des Affaires étrangères anglais de l’époque, envoyé par son gouvernement avec la mission de convaincre les États-Unis d’entrer dans la guerre aux côtés de la France, de l’Angleterre et de la Russie, est révélateur : « Que feraient les Américains si les Allemands faisaient couler un paquebot avec des passagers américains à son bord ? » avait demandé le ministre anglais. À quoi le Colonel House avait répondu: « Je pense qu’une vague d’indignation emporterait les États-Unis et que cela en soi-même serait suffisant pour nous amener à la guerre ».

 

World War I Lusitania 1915 the Front Page Of The Los Angeles Times The Day After The Cunard Steamship Lusitania Was Sunk By A German Submarine On 7 May 1915

 

Le Lusitania

L’envoi du Lusitania le 7 mai 1915 dans une zone de guerre sillonnée par ces redoutables navires, indétectables à l’époque, ressortissait d’autant plus à une machination criminelle que l’ambassade d’Allemagne avait fait paraître des avertissements très clairs dans le New York Times, prévenant les passagers que s’ils montaient à bord du Lusitania, ils le feraient à leurs risques et périls.

Or, les sous-marins allemands furent la grande surprise de cette guerre. Ils avaient anéanti tous les convois des alliés dans l’Océan Atlantique et menaçaient l’approvisionnement alimentaire ainsi que celui en munitions des alliés européens. Le Lusitania n’était pas un simple paquebot de transport de civils. Ses cales étaient bourrées de munitions. C’était donc une provocation délibérée et une condamnation à mort de ses passagers. Mais ce fait ne fut découvert que tardivement. Sur le moment, il fut proclamé que les barbares d’outre-Rhin attaquaient même des paquebots civils.

Du jour au lendemain les journaux pro-allemands sont devenus anti-allemands. C’étaient des bandits, des sauvages inhumains. Désormais, ces journaux étaient remplis d’histoires de Huns sauvages coupant les mains des bébés et violant les femmes. La très morale Amérique ne pouvait demeurer indifférente à ces horreurs.

 

 

Les États-Unis sont coutumiers de ce genre de montages. Ainsi le Président Mac Kinley a pris le prétexte d’une explosion à bord du cuirassé Le Maine pour déclarer la guerre à l’Espagne et « libérer » Cuba – on sait depuis le renflouage du navire, que l’explosion était accidentelle et venait des munitions stockées trop près des chaudières du navire, comme le prouve le type de déchirures de la coque vers l’extérieur. En août 1964, le président Lyndon B. Johnson a pris le prétexte d’une attaque des destroyers US dans le Golfe du Tonkin afin de déclarer la guerre au Vietnam du Nord – on sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’un mensonge délibéré. Il a été révélé par le commandant de marine James Stockdale survolant cette nuit-là le Golfe de Tonkin que les navires US tiraient sur des cibles fantômes et qu’il n’y avait pas eu d’attaque du tout. L’attaque de Pearl Harbour le 7 décembre 1941, en revanche, a bien existé, mais le commandement avait reçu un avertissement de guerre imminente, les navires auraient pu être mis à l’abri si l’avertissement avait été correctement interprété.

Je ne rappelle que pour mémoire les pseudo destructions des couveuses de bébés par la soldatesque irakienne, les mensonges sur les charniers serbes, les introuvables armes de destruction massive de Saddam Hussein à l’origine des guerres de Yougoslavie et d’Irak, les franchissements répétés de « lignes rouges » tracées par les gardiens de la vertu politique à la suite de pseudo attaques chimiques contre des civils, censées être l’oeuvre de l’armée syrienne et donnant lieu chaque fois à des salves de missiles démocratiques.

Les sous-marins étaient la nouvelle arme de destruction massive inventée par les Allemands. L’empire maritime anglais était particulièrement sensible à cette arme redoutable. Les Allemands étaient seuls à en posséder à l’époque. Les ravages que ces navires avaient opérés dans les approvisionnements des alliés étaient si considérables que les alliés étaient en difficultés sur le champ de bataille européen.

Toujours est-il que le torpillage du Lusitania avait changé la psychologie des États-Unis à l’égard de l’Allemagne et le Colonel House continuait de travailler ardemment dans le sens de l’entrée en guerre. Il avait averti le Président que les Américains « ne pourraient pas continuer à demeurer des spectateurs neutres » (Hodgson).

Ce revirement de l’opinion provoqua à titre collatéral la démission du Secrétaire d’État le plus pacifiste du gouvernement, William Jennigs Bryan. Il fut remplacé par Robert Lansing dont la discrétion légendaire donna naissance à une plaisanterie qui fit le tour de Washington :

« Question : Comment épelez-vous Lansing ? Réponse H-O-U-S-E »

Mais le drame du Lusitania n’avait pas suffi à vaincre la conviction pacifiste du Président. Le Colonel House révèle dans son Journal intime à la date du 4 janvier 1917 que le Président avait fermement confirmé sa position : « Il n’y aura pas de guerre, le pays n’a nullement l’intention de se laisser entraîner dans le conflit. Nous sommes le seul pays neutre parmi les grands peuples de race blanche et cesser de l’être serait un crime contre la civilisation » (Intimate Papers, tome II, page 288).

 

La poussée du sionisme international en faveur de l’entrée des États-Unis dans la guerre en Europe

En 1916 l’Angleterre engagée également au Moyen Orient commençait à manquer de munitions et la défense de Verdun avait saigné l’armée française, qui avait perdu des dizaines de milliers d’hommes. Le front occidental commençant à faiblir s’est tourné en direction des États-Unis.

Arthur Balfour, envoyé dare-dare aux USA le 20 avril 1917 s’est montré d’autant plus pressant à essayer de vaincre le pacifisme du Président américain que le puissant mouvement sioniste anglais, qui ne rêvait que de la Palestine, avait impérativement besoin d’une victoire anglaise sur l’empire ottoman au Moyen Orient où l’Angleterre était également engagée, et donc d’une poursuite de la guerre. La France n’avait pas non plus intérêt à une paix fondée sur le Status quo ante basis, car cela aurait signifié le renoncement définitif à l’Alsace et à la Lorraine, annexées par l’Allemagne après la défaite de 1870.

Ce comportement mettait en évidence l’incohérence psychologique et politique de l’homme Wilson dans la mesure où il ne semblait pas avoir pris conscience du fait que son pacifisme tenace le plaçait en porte-à-faux avec l’action menée par son propre gouvernement depuis le début de son premier mandat. En effet, les forces qui poussaient à la guerre, à savoir son entourage direct ainsi que les mouvements sionistes et les grands groupes financiers, constituaient précisément les forces politiques qui, dès l’origine, avaient favorisé puis payé son élection et avaient jusqu’alors soutenu ou plutôt imposé leur politique. En retour, W. Wilson candidat, puis Président n’avait pas lésiné sur les gages donnés au mouvement sioniste et aux banquiers.

Ce fut donc un jeu d’enfants pour cet ensemble de forces d’enfoncer la frêle barrière idéologique qui leur était opposée notamment de la part du Président Wilson. Le torpillage d’un nouveau navire, le Vigilentia le 6 avril 1917 et une manipulation élémentaire et plutôt rocambolesque, sorte de variante de la Dépêche d’Ems qui avait déclenché la guerre de 1870 entre la France et la Prusse, mit le feu aux poudres.

Il s’agit d’un document connu sous le nom de télégramme Zimmermann du nom du ministre allemand des Affaires étrangères. Arthur Zimmermann aurait envoyé le 16 janvier 1917, à son homologue mexicain, un télégramme lui offrant l’alliance de l’Allemagne en cas de guerre avec les États-Unis, afin d’aider le Mexique à reconquérir les territoires annexés par le nouvel État au Texas, en Californie, au Nevada, en Arizona, au Wyoming et au Colorado.

 

Les récits de la manière dont ce télégramme aurait été intercepté divergent : il en existe six versions et l’original du télégramme n’a jamais été retrouvé. Le pseudo document est daté du 16 janvier 1917, mais il ne fut divulgué par voie de presse que le 26 février 1917. Il provoqua, comme prévu, la fureur de la presse et l’indignation de la population.

Le Colonel House est supposé en être l’auteur.

Le « télégramme Zimmermann » n’est pas le seul élément qui poussa les États-Unis dans la guerre: l’Allemagne ayant renforcé la guerre sous-marine était en passe d’asphyxier une Angleterre et une France exténuées. La Russie, qui entrait dans les affres de sa révolution communiste s’était retirée de l’alliance. Mais devant l’émoi provoqué par la publication de la menace contenue dans ce document Zimermann, le Président Wilson s’est vu contraint de déclarer l’intention des États-Unis de rejoindre les alliés européens: « Nous ne voulons pas affirmer par une victoire la force matérielle des États-Unis, mais simplement défendre les droits de l’humanité dont nous sommes seuls le champion ».

Cette déclaration de « guerre morale » menée au nom des « droits de l’humanité » dont les États-Unis seraient les « champions » sonne d’une manière étrangement familière à nos oreilles. Toutes les guerres menées par les États-Unis l’ont été au nom des « droits de l’humanité » et un champion contemporain de la « guerre morale » répond en écho au Président Wilson : « Les outils de guerre ont un rôle à jouer pour préserver la paix ». (Président Barack Obama lors du discours qu’il prononça à Oslo le 10 décembre 2009).

Mais le même belliciste « moral » continue de mener des guerres avouées ou sournoises en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yemen, en Somalie, au Honduras, en Syrie, en Serbie sans compter les menaces contre la Russie, l’Iran ou le Venezuela encerclé par pas moins de treize bases américaines situées en Colombie, à Panama, à Aruba et Curaçao, ainsi que par les porte-avions et les vaisseaux de la IVe Flotte. S’y ajoute la récente provocation à l’égard de la Chine que constitue la gigantesque vente d’armes à Taiwan et le déploiement de boucliers anti-missiles dans plusieurs pays du Golfe. L’empire militaire est en marche sous la bannière de la « morale ». Décidément, l’oxymoron « guerre morale » sert toujours aussi efficacement à masquer les intérêts réels de la « seule puissance militaire de la planète », Obama dixit.

Le 27 mars 1917, le président Wilson enfin retourné, demanda au Colonel House « s’il devait demander au Congrès de déclarer la guerre ou s’il devait annoncer qu’ils étaient en état de guerre ». M. House « conseilla la deuxième option », si bien que les Américains découvrirent, le 2 avril 1917, qu’ils étaient en état de guerre.

 

 

Néanmoins, le 6 avril 1917, le Congrès américain vota l’entrée en guerre des États-Unis. Le Colonel House entreprit alors de planifier le monde de l’après-guerre selon les vues et les intérêts tant des États-Unis que des groupes de pression sionistes qui rêvaient de la Palestine.

Les États-Unis sont entrés dans la guerre en tant qu’« associés » des forces armées déjà sur le terrain et non en tant qu’« alliés », ce qui signifiait qu’ils ne se sentaient pas liés par les traités signés ultérieurement entre les belligérants de la première heure.

Le Colonel House fut par ailleurs l’initiateur de la création du groupe The Inquiry, composé de 126 membres, dont 119 d’origine juive. Comme l’écrivit Benjamin Freedman dans un discours prononcé à l’hôtel Willard de Washington DC en 1961, « Je suis bien placé pour le savoir, puisque j’étais l’un d’eux ».

 

Inquiry : une partie de la délégation américaine

 

Les membres de cette « citerne pensante » – « Think Tank » – réfléchissaient au bonheur de l’humanité et plus particulièrement au leur et à celui de l’Europe, dont ils s’étaient attribué la tâche d’aménager l’avenir politique en vue d’une paix éternelle. Tous firent partie de la pléthorique délégation qui accompagna le Président et le Colonel House à Versailles.

Alors que de nombreux historiens européens s’extasient sur la « doctrine Wilson » dont Inquiry représentait la quintessence avec son slogan du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » – slogan qui n’était pas du tout destiné à s’appliquer aux peuples colonisés d’Asie et d’Afrique – Hogdson révèle la totale ignorance des réalités politiques européennes dont faisaient preuve ses membres : « Parmi ces universitaires de la Commission, peu d’entre eux étaient des spécialistes des affaires européennes (…) et celui qui avait été chargé de travailler sur l’Italie a reconnu plus tard qu’il ne savait pas l’italien (…). Lorsqu’il fut question du Moyen Orient, les membres d’Inquiry ne surent quoi dire et lâchèrent prise ».

Ils produisirent néanmoins un document en quatorze points et ils n’avaient rien de moins que l’intention de les imposer tous tels quels.

Ce qu’ils firent.

 

Bibliograhie

-The intimate papers of Colonel House arranged as a narrative by Charles Seymour, Boston, New York: Houghton Mifflin Co, 1926-1928.

– PHILIP DRU : ADMINISTRATOR : A STORY OF TOMORROW , 1920-1935, réédition avec A.M. House pour nom d’auteur, par W.P. 26, en 2010 et reprint par Forgotten Books en 2017. (Ces deux textes sont disponibles en libre accès dans le Projet Gutenberg.)

Arthur Howden Smith, The Real Colonel House, Doran Company, New-York , 1918

George Sylvester Viereck, The Strangest Friendship In History, Woodrow Wilson and Col. House, Liveright, New York, 1932 .

– Une biographie plus récente vient de paraître: Godfrey Hodgson, Woodrow Wilson’s Right Hand: The Life of Colonel Edward M. House (Hardcover, 2006)

– Bien qu’il ne soit pas consacré dans sa totalité au Colonel House: l’ouvrage d’Eustace Mullins, Secrets of the Federal Reserve, The London Connection, (2e édition par Bankers Research Institute, 1984, et reprint par Bridger House Publishers Inc : « Jekyll Island Edition edition », le 22 juin 2009).

– Jacques ATTALI, Les Juifs, le Monde et l’Argent, Histoire économique du peuple juif, Fayard 2002,

Michel Abitbol, Les deux terres promises. Les juifs de France et le sionisme, Paris, Olivier Orban, 1989

S. Freud, W.C. Bullit, Payot 2005 , President T.W.Wilson, portrait psychologique , (livre de poche).

– Isaiah Friedman, The Question of Palestine. British-Jewish-Arab Relations : 1914-1918, Brunswick, Transaction Publishers, 1992

– Si Ahmed Taleb , La colonisation de l’Orient arabe (1914 – 1918) Books on demand , 2018

– Blanche E.C. Dugdale , Arthur James Balfour, First Earl of Balfour , Hutchinson C° Publishers , London 1939,

– Jill Hamilton , God, Guns and Israël, Britain, The first World War and the Jews in the Holy City, Sutton Publishinf, 2004

– Bernard Wasserstein, The British in Palestine. The Mandatory Government and Arab-Jewish Conflict, 1917-1929, Londres, Blackwell, 1991

 

11 novembre 2018

 

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* Pour rappel : on sait que la Banque dite « de France » fut en réalité, lors de sa création, une banque privée offerte à Perregaux, à la fois banquier suisse et espion au service de l’Angleterre, assez peu publicisé par les historiens convenables comme financier du coup du 18 Brumaire qui a porté Napoléon Bonaparte au pouvoir, et peu de gens savent, en dehors des lecteurs d’Henri Guillemin, que cette banque privée ne fut qualifiée de « nationale » que pour faire payer aux citoyens français la dette que le Corse avait envers le Suisse si ami des Anglais… [NdGO]

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