Retour sur Srebrenica

 

Stephen Karganović interviewé par Le Saker

 

Saker.is – 30.6.2019

via SakerItalia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Saker : Peux-tu, s’il te plaît expliquer qui tu es, et quelles sont tes activités politiques passées et présentes ?.

Karganović : Je m’appelle Stephen Karganović. Mes origines sont serbes, russes et polonaises. Du côté de mon père, j’ai pu retrouver des racines familiales dans la ville de Khmelita, district de Smolensk. Dans la première moitié du XIXe siècle, Yuri Karganović y remplissait la fonction probablement obsolète de стольник (stolnik) au chef-lieu régional d’Isokorosten. Peut-être à cause de mes antécédents œcuméniques, je préfère me définir simplement comme un chrétien orthodoxe. Je suis diplômé en jurisprudence et j’ai aussi une licence en philosophie. Je n’ai jamais eu d’actualités politiques en tant que telles. Ce qui m’intéresse, ce sont les questions qui ont une dimension morale, et s’il se trouve qu’elles empiètent sur la politique, ainsi soit-il.

Le Saker : Tu es un des meilleurs « spécialistes de Srebrenica » en circulation. Donc, pourrais-tu, s’il te plaît, avec tes propres mots, décrire pas à pas ce qui s’est effectivement passé à Srebrenica, à partir du moment où les Bosniaques musulmans ont fait irruption dans les villages serbes autour de Srebrenica, moment où a été lancée la grande opération psychologique stratégique du « génocide » ?

Karganović : J’ai commencé à m’intéresser à ce qui s’était passé à Srebrenica en juillet 1995, pendant la guerre de Bosnie, lorsque, en 2001, à La Haye, je me suis retrouvé impliqué dans la défense d’un officier serbe bosniaque accusé de crimes de guerre devant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie. J’étais en Amérique, évidemment, quand la guerre avait eu lieu, et je ne savais rien alors de Srebrenica. Je n’avais non plus aucune dent contre quiconque dans les controverses qu’a déchaînées ce conflit. J’ai grandi et j’ai été éduqué aux États-Unis, avec des notions très vagues sur mes antécédents ethniques, et ni moi ni ma famille n’avions jamais souffert du moindre préjudice de la part d’aucune des parties en cause ; je n’avais donc aucune raison de favoriser  ou de défavoriser l’une ou l’autre. Alors que nous passions toutes les preuves au crible dans le but de construire une défense, je remarquai que le réquisitoire reposait sur des allégations aussi amples que vagues et que le procureur manquait absolument de faits spécifiques pour soutenir les graves accusations portées contre l’accusé, y compris celle de génocide, accusation qui exige beaucoup de preuves hautement techniques pour être admise. Tandis que j’assistais, en témoin privilégié, aux procédures légales non conventionnelles du Tribunal de La Haye – façon polie d’évoquer sa complète aliénation des traditions de la jurisprudence civilisée –  j’ai subi un véritable choc. Il ne semblait guère y avoir de substance dans les attendus à charge. Une observation faite il y a des années par un juge US particulièrement arrogant – qui avait dit « nous pouvons condamner un sandwich au jambon » – et qui m’avait paru particulièrement désinvolte à l’époque, s’incarnait pleinement dans l’opération du TPIY, et j’étais aux premières loges pour assister à ce spectacle si peu édifiant du point de vue professionnel.

J’ai ensuite continué à travailler dans divers autres groupes de défense à la Haye, sur des affaires sans relation avec Srebrenica. Mais, pour abréger, je me suis bientôt rendu compte que Srebrenica était le pilier de soutien du Tribunal de La Haye ou TPIY et que confirmer officiellement la fable du « génocide » et des « 8.000 hommes et gamins » était sa mission principale. Par ailleurs, j’étais inquiet et gêné de voir des gens condamnés à des dizaines d’années d’emprisonnement sur base des accusations les plus atroces et des preuves les plus fragiles, et une nation entière être marquée au sceau de l’infamie pour « crimes contre l’humanité », sur base de « preuves » improvisées et inventées qui n’auraient pas tenu devant n’importe quel tribunal national non politique. C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à Srebrenica et à utiliser les ressources à ma disposition au Tribunal de La Haye, pour recueillir toutes les données sur lesquelles j’ai pu mettre les mains concernant ce qui s’y était passé.

En 2008 donc, à La Haye, dans le cadre des lois du Royaume de Hollande, j’ai fondé une organisation non gouvernementale appelée « Projet Historique Srebrenica » [aucune référence n’existe en français, ndt] qui se consacre à l’étude contextuelle et multidisciplinaire de cette question. Notre objectif est d’arriver au fond de ce qui s’est passé en réalité, de savoir comment et pourquoi. Nos collègues, dont tu peux lire le résultat des recherches sur notre site, sont d’origines ethniques et de profils professionnels très divers. Presque personne n’est serbe. Ils ont en commun une approche critique et le désir de déconstruire de facto ce que feu le Pr. Edward Herman a justement appelé « le plus grand triomphe de la propagande de la fin du XXe siècle ». C’est, bien sûr, à Srebrenica qu’il faisait allusion.

Plutôt que de te présenter un compte-rendu peut-être subjectif de ce qui s’est passé à Srebrenica, je te conseille de visiter notre site web. Nos nombreux auteurs y donnent, je crois, des réponses convaincantes et concrètes à la majeure partie des questions qui peuvent se poser sur Srebrenica.

Le Saker : Quel a été l’impact de Srebrenica sur le people serbe et sur l’État serbe ? Qui en a principalement bénéficié ?

Karganović : L’impact de Srebrenica a été de déconcerter le peuple serbe, qui a la nette impression d’avoir été la victime et non l’auteur du génocide. Après le désarroi est venu le refus indigné de la tache que constitue Srebrenica. Les gouvernements occidentaux et l’organisation Soros ont investi des sommes énormes en Serbie, pour y financer un groupe d’« ONG » bidon, dont le rôle principal est d’endoctriner le public serbe et de lui inoculer un complexe de culpabilité relatif au « génocide » de Srebrenica. Leurs efforts ont été couronnés d’insuccès, malgré l’état de démoralisation dans lequel se trouvait le pays et le soutien occulte des gouvernements serbes collaborationnistes. L’objectif, naturellement, est d’encore plus diminuer moralement et châtrer la nation serbe, de lui imposer un sens paralysant de sa culpabilité et de la maintenir soumise et obéissante, occupée à demander éternellement pardon et à expier des actes de turpitude morale qu’au contraire des Allemands elle n’a pas commis. Jusqu’à présent, cette « utilisation particulière de Srebrenica », comme dirait Diana Johnstone, a été un échec retentissant.

Mais une autre – et très létale – utilisation de Srebrenica a été, en revanche, un énorme succès : la fable de Srebrenica a été le point de départ et la principale motivation invoquée pour soutenir la « doctrine de la protection » (R2P ou Right to protect) grâce à laquelle ont pu avoir lieu les cyniques et prédatrices interventions des impérialistes qui ont détruit et dévasté une douzaine de pays, pour la plupart musulmans, et mis fin à plusieurs millions de vies musulmanes innocentes. La logique fallacieuse du R2P invoque la prétendue incapacité, en juillet 1995, des pays occidentaux et de l’OTAN, à employer la force pour prévenir le « génocide de Srebrenica ». Srebrenica, en tant que métaphore d’agression impérialiste effrénée, s’est révélée un véritable abattoir à musulmans, mais pas en Bosnie en 1995.

Le Saker : Peux-tu décrire ce qui se passe en Serbie ? On entend aujourd’hui parler d’un conflit possible avec les Albanais du Kosovo soutenus par les États-Unis, d’une possible adhésion à l’UE et/ou à l’OTAN. Qu’est-ce qui est vraiment en train de se passer ?

Karganović : En réponse à ta question sur ce qui est en train de se passer en Serbie (je suis en Amérique en ce moment), je te citerai un e-mail que j’ai reçu aujourd’hui d’un ami qui enseigne dans une université à l’étranger, mais qui est actuellement en vacances en Serbie. « On a de très fortes pluies ici – Belgrade a été inondée deux fois – avec dcs torrents qui emportent des véhicules comme si c’étaient des jouets. C’est un chaos général dans tout le pays, et tout s’en va en morceaux. Mais la bande au pouvoir chante ses propres louanges, pose aux saints et aux sauveurs, et on dirait qu’il n’y a rien de plus important à faire pour les Serbes que de se charger des chaînes de l’Union Européenne ! »

D’accord, c’est un point de vue pessimiste, mais je crois qu’il est proche de la vérité. Les nations slaves en général ne sont pas politiquement sophistiquées, et des escrocs avertis peuvent très facilement les tromper et les manipuler. L’Ukraine en est un exemple célèbre. Les Serbes ne sont pas loin derrière, ils ont la perspicacité politique d’un enfant de sept ans. J’ai lu quelque part que les jeunes Allemands d’aujourd’hui, à voir l’histrionisme de Hitler, se demandent comment leurs parents et leurs grands-parents ont pu être assez simplets pour suivre aussi aveuglément un pareil bouffon et accepter de se laisser gouverner par lui. Les futures générations de Serbes examineront les prestations du personnage douteux qui dirige leur pays aujourd’hui et se demanderont sans aucun doute comment leurs parents et leurs grands-parents ont pu tolérer son odieuse malgouvernance.

Pour ce qui est des rumeurs de conflit avec les Albanais du Kosovo soutenus par les USA, il n’y a, de la part du régime collaborationniste, ni la volonté ni les moyens d’entrer dans un tel affrontement. Le régime a été installé pour organiser le renoncement légal de la Serbie  au Kosovo, et ses kapos sont bien conscients que renoncer à leur engagement aurait pour eux des conséquences très déplaisantes. Supposant même qu’elle veuille s’opposer activement à quelque chose, la Serbie n’a plus d’armée digne de ce nom, donc aucun moyen d’affirmer et de défendre efficacement ses intérêts. Elle est à la merci des impérialistes étrangers et de leurs agents locaux achetés et soumis à chantage. L’adhésion à l’OTAN semble bien se profiler à l’horizon parce que son incorporation à l’Axe actuel est une composante essentielle de la guerre en projet sur l’Ostfront, aujourd’hui comme en 1941.

Le Saker : Qu’en est-il du Monténégro ? L’empire a-t-il réussi à détacher le Monténégro de la Serbie, et ce qui se passe aujourd’hui au Monténégro est-il identique à ce que l’empire a fait en Ukraine ? J’entends dire qu’on prépare une « Église orthodoxe indépendante monténégrine », est-ce vrai ? À quel point ce développement est-il toxique/important, si tant est qu’il soit vrai ?

Karganović : L’unique raison pour laquelle le Monténégro n’est pas qualifié de « dernière dictature d’Europe » alors que la Biélorussie l’est, c’est qu’à la différence de Lukachenko, son dictateur soumis à chantage, Djukanovic, est un chien de garde de l’Occident de l’espèce la plus servile. Avec, à son actif, un grand nombre de poursuites pénales engagées contre lui en Italie, ne demandant qu’à être activées au moindre signe de désobéissance – pour trafic de drogues, de cigarettes et d’êtres humains – il n’a pas d’autre choix.

Les ressemblances entre les procédures de « construction de la nation » en Ukraine et au Monténégro sont remarquables. Ce à quoi je me réfère ici, c’est à l’insémination artificielle pratiquée sur les populations-cibles, d’une identité complètement fabriquée, en complet désaccord avec leur histoire et leur culture authentiques, le tout, bien entendu, à leur détriment et au service du programme géopolitique des manipulateurs et des ennemis. On connaît assez l’histoire de l’Ukraine, ce n’est pas la peine de la rappeler. L’histoire monténégrine en est la répétition exacte. Comme on sait que les chefs de tribu asservis reçoivent des mémos leur dictant ce qu’ils doivent faire, on peut être sûrs que dans un de ces mémos envoyés à Djukanovic, il y a eu l’ordre de mettre en chantier la création d’une identité monténégrine non-serbe, afin de fragmenter et de miner davantage encore l’espace ethnique et culturel serbe. Il a obéi.

Ce qui en résulte aujourd’hui, ce sont les excès anti-serbes, sponsorisés et dirigés par le régime, qui rivalisent étroitement avec ceux des cinglés ukrainiens et qui souvent défient l’imagination. Un récent exemple est le message posté sur Instagram par une certaine Mirna Nikcević, conseillère à l’ambassade monténégrine à Ankara, où elle parle avec mépris des foules de Serbes monténégrins qui se sont réunis autour de la cathédrale de la Résurrection de Podgorica pour protester contre le projet du régime de mettre sous séquestre les temples de l’Église Orthodoxe canonique et de les remettre à une pseudo Église schismatique créée par le gouvernement, ajoutant qu’elle aurait « encaqué ce bétail [c. à d. les Monténégrins revendiquant leur patrimoine serbe – S.K.] dans l’église et y aurait bouté le feu ». Ce genre de remarque pas vraiment  diplomatique a été bien entendu été désapprouvée par le ministre des Affaires étrangères de Djukanovic, mais elle reflète assez bien la démesure de ses partisans.

Une Église monténégrine « indépendante », comme complément parfait à la structure de l’État et à la prétendue spécificité ethnique du pays a été, en fait, créée il y a quelques années, d’une façon que les lunatiques ukrainiens qui servent de modèles à Djukanovic et aux siens auraient eu de la difficulté à surpasser. Cette « Église » fondée par des athées (ce qu’est assurément l’ancien dirigeant des jeunes communistes Djukanovic) a été lancée comme une ONG et enregistrée comme telle dans un commissariat de police monténégrin. Reconnaître l’autoencéphalie de la pseudo-Église ukrainienne a été un jeu d’enfant pour le patriarche œcuménique corrompu de Constantinople, comparé à son imminent devoir de légitimer la secte monténégrine. Il lui faudra trouver un moyen de le faire quand il recevra le mémo de l’OTAN lui faisant savoir que c’est la prochaine chose qu’on attend de lui. (Il est vrai qu’il y a quelques jours, le Patriarche œcuménique a rappelé à Djukanovic que le Monténégro n’a jamais eu d’Église autocéphale et n’en aura jamais, mais l’inconstance du patriarche est légendaire. Avec un peu de pression ici et une petite incitation financière là, celle-là même qui a fait des miracles dans l’affaire ukrainienne, il ne lui sera pas trop difficile de trouver une justification canonique de convenance.) « Toxique » est le mot qui s’impose pour le phénomène consistant à se servir des institutions de l’Église orthodoxe pour obtenir l’autodestruction de l’Orthodoxie. « Funeste » en est un autre, et, comme dirait le cheikh Imran Hosein, c’est un signe infaillible d’akhir al-zamaan.

Le Saker : Qui a gagné la guerre civile de Yougoslavie, si quelqu’un l’a fait ? Oublie la Slovénie. Concentre-toi sur la Croatie et la Bosnie ?

Karganović : La guerre a été gagnée, pour ainsi dire, par les centres du pouvoir mondialiste qui avaient projeté la dissolution de la Yougoslavie. Ils ont obtenu ce qu’ils voulaient : des micro-États faibles et dépendants, gérés par leurs tueurs à gages, en lieu et place d’un pays unifié qui pesait dans les affaires internationales et qui, sur le plan intérieur, n’allait pas mal du tout. Les perdants ont été tous les citoyens de l’ex-Yougoslavie sans exception, non seulement ceux qui sont morts dans un massacre insensé suscité par des agents étrangers et exécuté par des fous de l’intérieur, mais aussi les misérables survivants, contraints de vivre dans les enfers néo-libéraux qui en résultent.

Le Saker : Reste-t-il des Serbes dans les ex-régions protégées par les Nations Unies, dans ce qui est la Croatie aujourd’hui, et si oui, comment vivent-ils ?

Karganović : Oui, il reste un très petit nombre de Serbes en Croatie à l’heure actuelle. Leur quota de la population totale tourne autour des 3%, et il est en constante et sévère diminution par rapport au quart de la population totale qu’ils représentaient avant leur massacre par l’État « Indépendant » de Croatie satellite des nazis pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Pour la plupart, ce sont des vieux qui attendent de mourir, espérons de mort naturelle, si cela leur est permis par leurs compatriotes croates..

Le Saker : Reste-t-il des Serbes aujourd’hui dans les zones contrôlées par les musulmans en Bosnie ?

Karganović : Oui, il y a une frange géante et largement privée de droits de 5% de la population de cette partie du pays. À titre de comparaison, dans la capitale, Sarajevo, où, avant qu’éclatent les hostilités en 1992, il y avait environ 150.000 Serbes, il n’en reste aujourd’hui que quelques milliers.

Le Saker : De quelle autonomie jouit aujourd’hui la Republika Srpska ? Concentre-toi sur ceci : les Serbes, en Bosnie, sont-ils en sécurité ou sont-ils en danger ?

Karganović : La Republika Srpska, qui est l’entité gérée par des Serbes en Bosnie Herzégovine, suivant l’accord de Dayton signé pour mettre fin à la guerre en 1995, lutte en permanence pour préserver l’autonomie qui lui est théoriquement garantie par le droit international. Au-dessus des autorités locales, il y a un « Haut Représentant » de la « communauté internationale », qui est en réalité » le gouverneur de la Bosnie Herzégovine. Il s’est arrogé d’amples pouvoirs arbitraires pour interpréter les lois, instaurer les institutions et licencier les fonctionnaires démocratiquement élus qui ne lui conviennent pas. C’est une réplique du système colonial britannique. La question du « génocide de Srebrenica a été utilisée pour contester à la Republika Srpska le droit légal et moral d’exister. Personne n’est en sécurité dans l’actuelle Bosnie Herzégovine.

Le Saker : Comment vois-tu l’avenir du Kosovo en général et de sa minorité serbe en particulier ?

Karganović : Tant que ne seront pas annulés les résultats de l’agression de l’OTAN en 1999, le Kosovo n’aura aucun avenir en dehors de celui d’un pseudo-État fondé sur le trafic de drogues et d’organes humains. Les Albanais fuient en masse le régime de terreur – d’une incompétence et d’une corruption absolues – installé par les occupants membres de l’OTAN il y a vingt ans. La terre est saturée de munitions à l’uranium appauvri, déversées sans interruption pendant trois mois lors des campagnes de bombardements de l’OTAN, et elle n’est pratiquement plus habitable par des humains. Si tu vas au Kosovo, je te conseille d’y faire une visite assez brève, d’apporter avec toi ta nourriture en boîtes et d’éviter de toucher aux ingrédients locaux contaminés. Les enfants et les animaux y naissent avec des malformations horribles. Peu de gens en sont conscients, mais le Kosovo a été la cible de la plus forte concentration imaginable d’uranium appauvri et d’autres substances toxiques, pendant la « guerre de libération » de l’OTAN en 1999. Représentant la majorité de la population, les Albanais paient d’un prix exorbitant les généreuses faveurs de l’OTAN. Entretemps, parce que le Kosovo est une mine d’or en termes de minerais précieux et autres substances, les principaux « libérateurs » Wesley Clark et Madeleine Albright ont réussi un imparable coup financier en s’emparant des plus juteuses occasions d’affaires, tandis que le « philantrope » George Soros a les yeux fixés sur l’énorme valeur du complexe minier Trepča. Les multinationales recevront, bien sûr, leur livre de chair. Et pendant ce temps-là, les Albanais meurent de cancers et tentent désespérément d’émigrer. Il reste un petit nombre de Serbes vivant encore dans ce Kosovo, qui est spirituellement et culturellement leur Terre Sainte. L’avenir de cette scène de crimes horribles contre l’humanité est dans les mains de Dieu.

Le Saker : Combien de Serbes, au total, sont partis à cause de la guerre, et où sont-ils aujourd’hui ?

Karganović : Les estimations ne sont pas fiables, mais on pense qu’environ un quart de million a été déplacé de Croatie et autant du Kosovo. Plus tard, un nombre inconnu de personnes s’est réfugié en Serbie, fuyant la guerre de Bosnie. On n’a aucune certitude quant à ce nombre, mais on en a des images surprenantes, qui montrent un exode de proportions bibliques.

Le Saker : Les réfugiés serbes de Croatie, de Bosnie et du Kosovo sont-ils un facteur important de la politique serbe ? Si oui, comment, si non, pourquoi ?

Karganović : Ils ne sont pas un facteur du tout. Ils ne sont pas autorisés à se mêler de la politique suivie par l’« élite » politicienne serbe mise en place par l’Occident..

Le Saker : Penses-tu que les États-Unis et/ou l’OTAN ont assez d’estomac pour user de la force contre la Serbie, si jamais les Serbes se mobilisaient pour protéger la minorité serbe du Kosovo ?

Karganović : Cette préoccupation est de pure forme, parce qu’il est impensable qu’on en arrive à la situation hypothétique contenue dans ta question.

Le Saker : Qu’est-il arrivé à l’évêque Artemije et pourquoi l’Église Orthodoxe Serbe a-t-elle cédé aux pressions de l’empire en éliminant son diocèse du Kosovo ? Comment va-t-il aujourd’hui et comment les lecteurs pourraient-ils en apprendre davantage sur son compte ?

Karganović : En substance, l’ambassadeur américain à Belgrade a dit au Patriarche serbe que l’évêque Artemije était un obstacle à la « normalisation » au Kosovo et qu’il était hautement souhaitable qu’il soit éliminé. En l’espace de quatre jours, l’évêque Artemije a été démis, sur base d’accusations – fabriquées – de malversations financières qui, au bout de dix ans, n’ont toujours pas pu être présentées devant un tribunal. Son expulsion semble avoir été une bénédiction déguisée. Il est aujourd’hui à la tête d’un florissant « diocèse en exil » auquel se sont rattachés la plus grande partie de son clergé et des moines du Kosovo. Les paroisses des catacombes, comme il les appelle très justement, du diocèse en exil, surgissent dans toute la Serbie et dans les pays de la diaspora serbe. Le diocèse qui a été rejeté avec mépris par les dirigeants de la servile Église œcuménique serbe est devenu son sel, apportant aujourd’hui aux croyants orthodoxes une nourriture spirituelle indispensable. Il est la preuve vivante de la capacité de Dieu à confondre les plans les mieux ourdis par l’adversaire et à les transformer en bien.

Le Saker : Que devrait faire la Russie pour aider la Serbie ? Quelle est, d’après toi, la solution au drame serbe en Croatie, en Bosnie et au Kosovo ?

Karganović : C’est manifestement une question politique, et, comme je te l’ai dit, je ne fais pas de politique. Je dirai seulement que ce que la Russie peut et devrait faire, c’est ne jamais abandonner la Serbie. Ce sera, en même temps, la solution au drame que tu mentionnes. Mais rien de tout cela ne sera l’œuvre des seules mains humaines.

 

Source : http://sakeritalia.it/interviste/il-saker-intervista-stephen-karganovic/

Source d’origine : https://thesaker.is/the-saker-interviews-stephen-karganovic/

 

Traduction en italien : Raffaele Ucci pour SakerItalia

Traduction en franaçs : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

 

 

Août 2019

 

 

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