TALK SHOW À LA TÉLÉVISION RUSSE

 

Fascinant aperçu du témoignage de Goering à Nuremberg, par un agent de renseignement israélien

 

« Ils [les Alliés] ne voulaient pas de procès parce qu’ils étaient des pays coloniaux. Ils étaient propriétaires de toute l’Afrique. Ils n’y avaient pas intérêt. Comment auraient-ils pu condamner la discrimination raciale ? »

 

Marc Boden – Russia Insider 22 .12.2018

 

Passionnant talk show à la télévision russe. Un ancien officier des services de renseignement israéliens explique que c’est Staline qui a insisté pour que les criminels de guerre nazis soient jugés par un tribunal et pas exécutés immédiatement, à la grande consternation des vainqueurs, Churchill et de Gaulle en tête.

Les procès de Nuremberg ont rendu possible un discours remarquable du nazi Goering, qui était un brillant orateur, dans lequel il a relevé l’hypocrisie occidentale sur les crimes de guerre raciaux : les Alliés, après tout, avaient leurs propres formes de racisme dans leurs colonies et les Américains pratiquaient la ségrégation. Qui étaient-ils pour donner des leçons aux Allemands sur l’oppression raciste ? Le rusé Staline savait bien que cette question surgirait, et il se réjouissait de marquer ainsi quelques points contre ses hypocrites et cyniques « alliés ».

 

 

 

 

Le discours de Goering a tellement impressionné le sergent américain qui le gardait, qu’il lui a procuré le poison à l’aide duquel Goering a pu se suicider, échappant ainsi à l’humiliation d’une pendaison publique

L’officier (de haut rang, à la retraite) Yakov Kedmi, dit que les Américains n’ont vu aucun inconvénient à commettre des crimes de guerre au Vietnam, et que Colin Powell, en ce temps-là jeune major, a soutenu qu’il n’y avait nul besoin de procès pour juger les crimes de guerre commis au Vietnam.

Il explique ensuite comment et pourquoi tant de Nazis de haut rang ont été protégés par les USA, afin qu’ils puissent aider les Américains dans la guerre imminente qu’ils comptaient livrer à l’Union Soviétique.

Long (11 minutes) et fascinant moment fort dans une grande émission de TV russe. De la télevision de premier ordre.

 

 

 

 

 

Transcription :

 

Yakov Kedmi. Militant social (Israël)

– Vraiment, je suis furieux quand les gens parlent de l’histoire, se disent chercheurs de vérité et prétendent à l’objectivité, mais évitent ou dissimulent certains faits. Puisqu’on parle des procès de Nuremberg… Les procès de Nuremberg n’ont existé que par la volonté d’un seul homme : Joseph Staline.

Sans lui, ces procès n’auraient jamais eu lieu. On peut penser ce qu’on veut de Staline, mais étouffer ce fait revient à falsifier l’histoire. Ce n’est pas ainsi qu’on doit l’étudier. Quoi qu’en disent les gens. Cette idée a été la sienne.

Pendant plusieurs années. Il a imposé sa volonté à l’administration soviétique et à tous ceux qui ne voulaient pas que ces procès aient lieu. Parce qu’il a dit : « Vous pouvez les tuer si vous voulez. Mais ils doivent avoir un procès. » C’est lui qui a été le premier au monde à réclamer pour eux qu’ils soient jugés, et non pas les représentants des États-Unis démocratiques ni du démocratique Royaume Uni, pour ne rien dire de la France.

Quand les gens en parlent et ne font pas état de ceci, c’est de la malhonnêteté intellectuelle. On ne peut pas faire des choses comme ça. Qui qu’on soit.

Deuxièmement. Les procès n’ont pas condamné le nazisme. Ils ont condamné le nazisme allemand. Pourquoi ? Et il y a quelque chose qui doit être dit à propos de l’armée américaine. Dans son discours, Goering, accusé de racisme, a dit : « Vous condamnez le racisme ? »

Il a parlé de l’armée américaine. Il a parlé de l’antisémitisme en Europe. Il a parlé de la manière dont on y traitait les autres pays. Ils ne voulaient pas des procès parce qu’ils étaient des pays coloniaux. Ils étaient propriétaires de l’Afrique. Ce n’était pas dans leur intérêt. Comment auraient-ils pu condamner la discrimination raciale ?

Regardez comment les Belges ont traité les Africains ! C’est pour ça qu’ils ne l’ont pas condamnée.

 

 

 

 

Et il y a une autre chose qu’ils n’ont pas faite pour la même raison : pourquoi n’ont-ils pas condamné la Wehrmacht ? Pour une raison simple. Soit dit en passant, c’est avec son discours magistralement écrit que Goering a gagné son poison. Un sergent américain qui le gardait a été si impressionné par tout ce qu’il a dit qu’il en a conçu un grand respect pour lui. Et il lui a apporté le poison.

Pourquoi la Wehrmacht n’a-t-elle pas été condamnée ? Parce qu’à ce moment-là même, des généraux allemands étaient en réunion avec des généraux américains et britanniques, en train d’organiser une guerre contre l’Union Soviétique. Ils ne pouvaient pas le faire. Ils avaient trop besoin d’eux !

Qui est devenu le chef du BND [Bundesnachrichtendienst] le service fédéral de renseignement fondé par la suite ? Gehlen ! Un officier du département anti-soviétique de l’Abwehr

– Le chef…

–  …de l’armée de l’Est

– Pas un officier, le chef du département

– Oui, le chef du département. Il le dirigeait. Ils avaient besoin de la Wehrmacht. C’est pour ça qu’ils ne pouvaient pas la juger. C’est pour ça qu’ils ne pouvaient pas la condamner. C’est pour ça que le Canada a accepté le plus grand nombre de criminels nazis. Et après, l’Amérique.

– Pas le plus grand nombre.

– Et c’est pour ça que les États-Unis, pour ne rien dire du pape et des catholiques… Principalement à travers la Croatie, tout le monde s’en allait en Amérique Latine. Et personne n’y faisait attention. Tous des criminels nazis.

Et…

Les procès de Nuremberg étaient censés jeter les fondations d’une Cour de Justice Internationale. Quel a été le premier pays à dire « Nous sommes au-dessus de la Cour Internationale ? » Les États-Unis d’Amérique. Ils n’avaient pas besoin de la Cour Internationale. C’est pour ça qu’on ne peut pas les juger.

C’est encore un autre objectif qui n’a pas été atteint par ces procès. Ils n’ont résolu que le problème du nazisme allemand. Pas celui des autres. Les autres nazismes ne gênaient pas. Et c’est pourquoi ils ne gênent pas aujourd’hui.

Et encore une chose. Chaque soldat décide pour lui-même de ce qu’est un crime contre l’humanité. C’est sa décision. Tirer sur un enfant est un crime. Tirer sur une femme est un crime. Tirer sur un homme désarmé est un crime. Tuer un prisonnier de guerre est un crime. Ce sont des crimes. Chacun décide pour soi.

Mais si on sera condamné ou non reste à voir. C’est une affaire entre le soldat et sa conscience. Et après, c’est aux cours à trancher. C’est un autre problème qui n’a pas été résolu aux procès de Nuremberg. Je ne connais qu’une seule armée où ce soit comme ça. C’est notre armée.

– Israël.

– Obéir à un ordre criminel fait de vous un criminel de guerre. Vous ne pouvez pas dire « on m’a ordonné de… » C’est un crime de guerre.

– [Par…?] fois.

– Vous avez tout à fait raison, mais l’armée israélienne a pris ça des procès de Nuremberg.

– C’est vrai. Mais ça n’a duré que deux ans.

-– Un des officiers, qui en ce temps-là était major – c’est arrivé dans sa zone d’opérations  – a dit « Quoi qu’il arrive, il n’y a pas besoin d’un procès ». Quel était son nom ?

– Je ne m’en souviens pas.

Moi, si. C’était Colin Powell. Il a dit qu’il n’y avait pas besoin de procès. En ce temps-là, lui et d’autres ont dit : « Pas besoin ! Pourquoi ? C’est courant. » Mais on ne leur n’a pas arraché des décorations à cause des Vietnamiens, qu’ils ne considéraient pas comme des êtres humains, mais parce qu’ils ont dit « Nous finissons tous morts ou infirmes… »

Et vous avez perdu la guerre. Parce que vous l’avez décidé. Personne aux USA n’a protesté au nom des Vietnamiens, pour les femmes et les enfants massacrés, pour les villages brûlés. Ils l’ont décidé parce qu’ils avaient peur pour leur vie.

– Yakov, combien de Vietnamiens les Américains ont-ils tué quand ils ont dû se retirer ? Mais, nous nous écartons du sujet…

– Quels Vietnamiens ?

– Les Vietnamiens du Sud..

– C’est vrai. Et combine ont-ils payé au Nord Vietnam pour les atroces destructions et l’usage des armes chimiques ?

– Je ne crois pas qu’ils aient rien payé.

– C’est exact. Ils n’ont rien payé. C’est vous qui l’avez dit.

– Mais la société américaine a compris la guerre du Vietnam. Il y a eu Apocalypse Now et beaucoup d’autres films.

– Vous allez aimer ceci encore davantage. De combien a écopé Kelly [Calley, NdT] ? Trois ans et demi ? Et en résidence surveillée. C’est vrai, non ?

L’objectif de ces procès était de déclarer criminelle l’idéologie allemande, de déclarer criminelle l’agression contre d’autres pays et de définir certaines activités comme des crimes internationaux. Comme par exemple tuer des civils, tuer des gens sur des motifs racistes, détruire des villes, bombarder et ainsi de suite. Et tout a fini là. L’Allemagne a été punie par ces procès. Les dirigeants ont été pendus.

Mais ce dont on n’a pas parlé… En Occident, la propriété privée est sacrée. On ne l’a donc pas confisquée aux Krupp et aux autres. La propriété privée qui a permis à l’Allemagne de continuer. Les usines où ils avaient fait travailler des prisonniers.

– Partiellement confisquées.

– Volkswagen qui a été un peu mise sous pression. On allait lui faire payer un peu d’argent. Ça ne s’est pas produit. Aucune décision n’a été prise sur ce qu’il convenait de faire des anciens nazis. Des anciens membres de la SS. De ce qu’il fallait faire de ceux qui avaient collaboré. Rien. À quoi bon les juger ?

Chaque pays n’avait qu’à décider pour lui-même. La France a réglé seule le sort de Pétain. La Norvège l’a fait de son côté pour certains. Ce n’a donc été qu’une solution partielle. L’idée-clé de ces procès était d’empêcher la répétition de phénomènes similaires à l’avenir.

Alors que le but principal avait été d’empêcher l’agression d’un pays par un autre pays. D’empêcher les bombardements de civils, la destruction de civils, l’utilisation de méthodes non-conventionnelles.

Tout ça a été oublié en même pas dix ans. Et continue de l’être. Ils se sont donc contentés de mettre une virgule après la défaite de l’Allemagne nazie. Rien de plus. Combien de nazis ont été condamnés ? 32.000

Aujourd’hui en Occident, et dans mon pays aussi, à ma grande honte, il y une fête de Demenyk. Et l’homme qui dirigeait ce camp, de combien d’années a-t-il écopé, lui ? Moins de dix ans je crois. Il y a eu une amnistie. Il a été libéré. Il touche une pension du gouvernement. Tout va bien.

Ils ont réussi à trouver un des gardiens du camp aux États-Unis et lui ont tout mis sur le dos. Comme on l’a entendu dire, ils ont capturé le plus grand criminel. Quand il avait 18 ans, il a été aide-comptable dans un  camp de concentration. Il peut à peine se déplacer maintenant, mais on va lui faire un procès pour bien montrer au monde entier que nous combattons le nazisme.

Ils en ont fait une comédie vulgaire complètement hors de propos. Et à côté de ça, les nazis se promènent en liberté. La SS est une organisation criminelle, non ? Les anciens membres de la SS sont-ils pensionnés ? Ils le sont. Et pas seulement en Allemagne. Dans les états baltes. Dans tous les pays où il y en a eu. Quel pays n’a pas eu sa variété de SS ? Ils étaient partout.

Donc, d’un point de vue historique, à ce moment-là, certaines choses ont été faites. Mais comme l’a dit Arkady Raikin : « Il y a eu quelque chose. Mais pas assez. »

Source : https://russia-insider.com/en/history/israeli-intel-officer-great-insight-goerings-admirable-nuremberg-testimony-russian-talk-show

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

On aura compris qu’il s’agissait des procès de Nuremberg, pas d’Israël. Le seul passage où il soit question de l’armée israélienne n’est hélas pas clair. Comme nous n’étions pas sûrs de comprendre, nous avons traduit la transcription aussi littéralement que possible, peut-être erronément. Toute correction de russophone ou d’anglophone sera la bienvenue. C.L.

 

 

28 décembre 2018

 

 

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