Ce que je vois au Yémen – Reportage de Pepe Escobar à Sana’a

 

(Reportage verbal, puisqu’il s’agit d’un entretien à distance entre le juge et le journaliste, publié ci-dessus en anglais)

 

Pangambam S  – Singjupost.com – 29.3.2025

Traduction : c.l. pour L.G.O.

 

 

 

 

 

Bonjour à tous, ici le juge Andrew Napolitano pour Juger la liberté. Nous sommes le vendredi 28 mars 2025. Il est minuit à Sana’a, au Yémen, d’où nous parle notre cher ami, l’intrépide Pepe Escobar. Pepe, bienvenue mon cher ami. Merci d’avoir veillé tard pour nous. Merci de faire des reportages pour nous. Merci pour tout ce que vous faites. Vous êtes au Yémen depuis une semaine. Que voyez-vous ?

 

 

 

 

PEPE ESCOBAR : Mon Dieu ! Je ne peux pas vous répondre en une ou deux minutes. Il faudrait que nous ayons dix Juger la liberté d’affilée pour vous répondre si peu que ce soit… C’est une expérience étonnante, vous savez. Je suis un correspondant international de la vieille école : cette année, c’est ma 40e année à travers le monde. Alors, pour ce qui est de mes relations avec les Yéménites, de comprendre leur façon de penser, de voir à quoi ressemble leur vie… non seulement ici dans la capitale, bombardée tous ces jours-ci par le CENTCOM… Au milieu de cette semaine, j’étais dans le gouvernorat de Saada, dans le nord-ouest du Yémen, pas très loin, à un peu plus de 100 kilomètres de la frontière avec l’Arabie saoudite. 

C’est le Yémen profond, profond, et c’est absolument extraordinaire. Nous avons vu, bien sûr, les effets des bombardements de la soi-disant coalition saoudienne, une guerre qui a commencé… et ce n’est pas une coïncidence… nous nous sommes rendus sur place au milieu de cette semaine, parce que le 25 mars, c’est-à-dire mercredi de cette semaine, il y aura exactement 10 ans que la coalition saoudienne a commencé sa guerre contre le Yémen.

Nous étions donc là à une date extrêmement importante,… et Ansar Allah est né dans le gouvernorat de Saada. Le chef d’Ansar Allah, Abdul Malik al-Houthi, vit à Saada. Il vient rarement à Sana’a, surtout maintenant… Aujourd’hui, c’est absolument impossible… Un diplomate m’a dit, lorsque nous étions là-bas, que le véritable siège du pouvoir au Yémen n’est pas Sana’a, la capitale. C’est ici. Et c’est où nous étions ce mercredi jusqu’à hier matin.

 

 

Les cibles des opérations yéménites

 

JUGE NAPOLITANO : Les Houthis attaquent-ils les navires américains, et l’ont-ils fait depuis le cessez-le-feu ? 

PEPE ESCOBAR : Non, ils ne l’ont pas fait. Seulement les navires israéliens. Donc, ce qu’il y a de plus important, c’est qu’ils doivent reformuler et réexpliquer ceci encore et encore. Nous ne recommençons à attaquer des navires que parce qu’Israël a rompu le cessez-le-feu. Et parce que le génocide continue. Rien qu »ujourd’hui, ou au cours des dernières 24 heures, ils ont tué plus de 300 femmes et enfants en Palestine.

Donc c’est complètement absurde. Et quand vous comprenez, quand vous parlez… nous avons parlé avec des diplomates, nous avons parlé àvec des membres du Haut Conseil Politique… avec les neuf membres, nous avons réussi à parler à quatre d’entre eux, ce qui est énorme… Donc nous avons parlé avec des gens qui sont très, très proches de la direction d’Ansar Allah et du gouvernement, ici à Sanaa. 

Et c’est inexorable, la clarté morale… – la pureté, la dimension religieuse et spirituelle de ce qu’ils font – est strictement liée à leurs décisions militaires. Et… ah mon Dieu… parce que les choses ne se sont pas arrêtées ici, Juge, ils continuent de frapper à ma porte.

Ainsi, lorsque vous comprenez comment ils voient la situation dans sa totalité, par rapport à l’axe de la résistance, par rapport à leur rôle à eux, par rapport à la paix et à la fraternité…  ils considèrent les Palestiniens comme leurs frères… ils les traitent comme tels… et ils ont eux-mêmes l’expérience d’être soumis à un mini-génocide, qui est ce qui s’est passé ici ces dix dernières années.

 

 

Comment les Yéménites comprennent les attaques US

 

JUGE NAPOLITANO : Le peuple yéménite comprend-il qu’il est attaqué par les États-Unis d’Amérique ?

PEPE ESCOBAR : Tout à fait, Juge. Aujourd’hui, j’ai fait une des expériences les plus extraordinaires de ma vie professionnelle. J’ai eu, je dirais, la bénédiction de pouvoir parler en direct sur la place ,de la Marche du Million, à plus d’un million de Yéménites. Mon message était très, très simple. J’ai parlé pendant une minute et j’ai dit : « Vous savez, le monde entier est avec vous parce que le monde entier comprend ce que vous faites ». [Si le monde entier était avec eux, il se bougerait les fesses ! NdT]

JUGE NAPOLITANO : Nous allons passer ce clip maintenant. Je l’ai vu. Il est magnifique. Il est historique. Mais pour que le public comprenne bien : Pepe dit une phrase ou deux, puis c’est traduit, puis il prononce encore quelques phrases, puis c’est traduit. Mes amis, vous serez saisis de voir la taille du public de Pepe et l’accueil qu’il en reçoit à la fin. Nous allons donc vous la passer du début à la fin et après, vous pourrez la commenter. Chris..

 

PEPE ESCOBAR : As-salamu alaykum, Yemen ! Vous êtes des héros. L’empire du mensonge et des lâches est en train de vous bombarder. Ils ont déjà perdu la guerre qu’ils ont déclenchée contre vous. Et, ce qui est très important, le monde entier est avec vous. Donc, vous êtes donc déjà victorieux dans le monde entier. Palestine libre ! Yemen pour toujours ! Résistance pour toujours !

 [FIN DU CLIP]

 

 

Briser le blocus du Yémen

 

JUGE NAPOLITANO : C’est une foule incroyable, réellement énorme Il y a bien plus d’un million de personnes, là. Bien plus d’un million. Qu’est-ce qui s’est produit pour que vous ayez pu vous adresser à eux de la sorte ?

PEPE ESCOBAR : Notre petit groupe d’étrangers, Juge. Nous sommes là. Nous sommes environ, je crois, 10… 11… maximum 12. Nous avons brisé le blocus du Yémen et ils nous ont dit : vous avez brisé le blocus. Nous sommes le premier petit groupe d’étrangers à être venus au Yémen depuis des années.

Et c’est très, très intéressant parce qu’il y a quelques Occidentaux, comme le charmant duo irlandais si dynamique, ex-représentants au Parlement européen, Mike et Claire Daly ; et un type fascinant – ous sommes devenus  très amis  –  un Chinois : le professeur Ma Xiaolin. Le professeur Ma est un Hui, un Chinois musulman, et il dirige un fantastique centre d’études sur le Moyen-Orient à Guangzhou, en Chine ; et il y avait aussi un fascinant chercheur malaisien qui a fait une présentation que les chercheurs yéménites – waw ! – ont accueillie avec un enthousiasme,…. elle portait sur la militarisation de l’archéologie à Al-Qods, à Jérusalem.

C’était formidable d’être là tous ensemble, orientaux et occidentaux. De leur côté, les Yéménites, nous étaient reconnaissants d’être venus. Il nous faut, nous leur sommes, je ne peux même pas dire à quel point je leur suis reconnaissant de cette invitation. Nous étions officiellement invités par le ministre des Affaires étrangères du Yémen. Nous avons rendu visite à ce ministre, ancien journaliste, un type merveilleux lui aussi. Et ils nous ont accordé libre accès à tout ce qu’on voulait.

Et nc’est ainsi que nous sommes allés à Saada, au milieu de cette semaine. C’était une date stratégique. Ils ont organisé une opération de sécurité extrêmement complexe pour nous emmener là-bas, parce qu’ils craignaient que nous ne soyons bombardés, bien sûr. Et bien sûr, dans notre for intérieur, nous nous disions : oui, ils vont nous emmener rencontrer le chef d’Ansar Allah Abdul Malik Al-Houthis.

Bien sûr, professionnellement, vous savez que dans une situation aussi grave, une des pires qui soient, c’est tout à fait impossible, parce qu’il est la cible numéro un de Trump bis. Mais nous avons rencontré la cible numéro deux, Yahya Sari, le porte-parole d’Ansar Allah, qui est venu à notre hôtel en début de semaine. Il a passé 45 minutes avec nous. Et quelques instants plus tard, Sana’a était bombardée.

 

 

Bombardements américains et pertes civiles

 

Ce qu’il faut savoir, cest que les Américains n’ont pas de serice de renseignements sur le terrain.

JUGE NAPOLITANO : Quelle est la réaction aux bombardements américains et aux assassinats, au ciblage et à l’assassinat de civils ?

PEPE ESCOBAR : Parce qu’ils n’ont pas d’informations sur place, Juge. Ils disent qu’ils ont bombardé « un complexe militaire avec des bunker busters »   [des missiles capables de pénétrer en profondeur la cible la plus dure ; NdT]. Et les Yéménites disent, ouais, bon, mais ça n’a fait qu’effleurer la surface parce que c’est enterré très profond. Et les prétendues cibles militaires, les Américains n’ont aucune idée de l’endroit où elles se trouvent parce qu’elles se déplacent constamment. Et que la plupart d’entre elles sont souterraines.

Ce qu’ils bombardent, par exemple, ici à Sana’a, ce sont des immeubles résidentiels comme celui que nous avons visité en début de semaine. Et cette photo que vous montrez, c’est un hôpital pour cancéreux qui était encore en construction. Il a été bombardé en début de semaine à Sana’a. Nous y étions deux jours plus tard. Nous avons été les premiers à nous rendre sur place, à l’exception des Yéménites qui y vivent.

Ils avaient eu d’énormes difficultés à trouver le financement nécessaire à la construction de cet hôpital, quiallait être le seul hôpital de cancérologie pour le Nord-Ouest et le Nord du Yémen. Aujourd’hui, ils doivent repartir de zéro. S’agit-il d’une cible militaire ? Bien sûr que non. Elle a quand même été bombardée par les Américains. Le peuple américain doit savoir ce que fait son gouvernement. Savoir qu’il prend des civils pour cibles, qu’il bombarde des quartiers résidentiels et qu’il a démoli un hôpital pour les cancéreux dans un pays comme le Yémen.

 

 

Comprendre les Houthis

 

JUGE NAPOLITANO : Pepe, qui sont les Houthis ?

PEPE ESCOBAR : C’est ,disons, un clan élargi,une famille élargie, d’un clan élargi, qc’esy un clan élargi ui est très influent dans la région de Saada. Il est également devenu influent à Sana’a. Le père d’Ansarallah, un Houthi, est Hussein al-Houthi. Aujourd’hui, par exemple, alors que nous étions sur la place, ils ont diffusé une de ses interviews datant de 2002, il y a longtemps, lorsqu’il était… Ansarallah, bien sûr, n’existait pas. Il expliquait la guerre contre le système capitaliste occidental et la façon dont ce système veut écraser l’islam progressiste et l’islam compatissant partout dans le monde.

Il a dit ; oh, il faut que nous fassions quelque chose. C’était l’embryon d’Ansarallah. Par exemple, il y a quelques heures, je parlais à l’un des types  qui ont étudié avec Hussein al-Houthi dans la même université au Soudan… parce que Hussein al-Houthi a fait ses études dans une université soudanaise, puis il est revenu ici. Un autre membre du Haut Conseil politique à qui j’ai parlé il y a quelques heures… il a passé des années en Hollande et au Canada avant de revenir ici, et il est devenu un révolutionnaire.

Et voilà comment sont les choses. Celui-ci est Abdul Malik al-Houthi, l’actuel chef d’Ansarallah et la cible numéro un des Américains au Yémen. A-t-il jamais levé le petit doigt pour faire du mal à une personne américaine ou à un bien américain ? Jamais, jamais, jamais. Les Houthis, les Yéménites dans leur ensemble, pourraient avoir d’énormes raisons de le faire. Bien sûr, ils ont exprimé ça d’une manière laconique, métaphorique, très sophistiquée, pas du tout vengeresse.

Mais lorsque nous discutons, par exemple, de la guerre qui a commencé il y a dix ans, de ce qu’on appelle la coalition dirigée par l’Arabie saoudite avec les Émirats, etc. Qui dirigeait en coulisses ? Les Américains sous l’administration Obama. Les bombes étaient américaines. Les bombes qui ont été envoyées contre cet hôpital pour cancéreux… nous avons trouvé une bombe non explosée sur le site, que les Yéménites vont évidemment récupérer. Ils vont procéder à une sorte de rétro-ingénierie. Et nous avons trouvé des fragments de bombes américaines portant le nom du fabricant et le numéro du contrat.

Attitude des Yéménites à l’égard des Américains

Il y aura forcément des répercussions, vous savez. Ils vont analyser en détail la façon dont ils sont bombardés et avec quoi, ici. Mais ils ne sont pas vindicatifs à l’égard des États-Unis, et encore moins à l’égard des Américains en tant que tels. Le fait qu’il y avait deux Américains dans notre groupe, vous savez,.. ils ont été accueillis comme des héros. Eux aussi. Ils ont été extrêmement bien accueillis. Jackson Hinkel est également un de mes amis. C’est un très jeune homme. Ce qu’il apprend à son âge – il n’a que 25 ans – est absolument incroyable. Vous savez, pour nous, correspondants internationaux de la vieille école, il nous aurait fallu des années pour nous retrouver dans une situation comme celle-ci. Et les Américains ont été traités, vous savez, royalement, comme des princes.

JUGE NAPOLITANO : Où allez-vous ensuite ?

PEPE ESCOBAR : Je retoune… savez-vous qu’il y a eu un tremblement de terre chez moi, en Asie du rSud-Est ?

 JUGE NAPOLITANO : Oui.

PEPE ESCOBAR : Et les gens me disent que j’ai de la chance parce que j’ai échappé au tremblement de terre. Non, ce n’est pas vrai. Le tremblement de terre s’est produit au Myanmar, chez nos voisin du nord. Mais il a été ressenti dans tout Bangkok, par exemple. Et c’était très, très grave. Même notre immeuble de trois étages à Bangkok a tremblé.

Oui, ceci, c’est là que nous avons visité l’Autorité de la Zakat, qui coordonne essentiellement les services sociaux ici. Les pauvres sont donc très bien pris en charge. Il existe une base de données nationale. On peut obtenir une carte numérique. Ensuite, vous pouvez nous rendre dans des endroits où vous recevez de la nourriture, des vêtements pour la famille, etc. C’est étonnant Le gouvernement fonctionne. Même dans une situation de guerre, ce qui est pratiquement le cas depuis les 10 dernières années, avecpeu d’ interruptions.

 

 

Capacités militaires et éducation internationale

 

JUGE NAPOLITANO: Est-ce que les Houthis ont jamais abattu un jet américain ?

PEPE ESCOBAR : Un jet américain ? Non, ils ont tiré sur beaucoup de Reapers MK-9, Juge. J’ai perdu le compte. Je pense qu’il y en a eu 15 ou 16, au moins.

JUGE NAPOLITANO : Eh bien, ils ont la technologie.

PEPE ESCOBAR : Ils ont de très bons missiles, qu’ils ont développés. Une autre chose m’a été expliquée en détail. Ça remonte à l’époque maoïste. La Chine aidait déjà le Yémen dans les années 60 et au début des années 70. Les meilleurs étudiants, les étudiants en ingénierie et les spécialistes en physique, savez-vous où ils ont étudié ? En URSS et en Chine.

JUGE NAPOLITANO : Wow !

PEPE ESCOBAR : Donc, cela continue. Ils ont une classe scientifique ici, qui est très développée. Ainsi, lorsque le président des États-Unis déclare que les Houthis et les Yéménites sont des barbares, il faut qu’il retourne à l’école. Littéralement.

JUGE NAPOLITANO : Eh bien, la directrice du Renseignement, Tulsi Gabbard, a déclaré hier sous serment que les Houthis avaient abattu un jet américain. Savez-vous si c’est vrai ?

PEPE ESCOBAR : Non, nous n’avons aucune confirmation ici. Et c’est là ique nous commençons à parler de questions militaires. Bien entendu., pour commencer, nous sommes des étrangers. Nous sommes les premiers étrangers à venir ici depuis des lustres. Même s’ils nous font confiance, il y a une limite. Ils n’ont pas envie que nousnous mettions à divulguer des informations militaires privilégiées.

 

 

« Il faut s’attendre à des surprises »

 

Ce que j’ai entendu il y a quelques heures est extraordinaire. Un de ces hommes, qui est le gouverneur de la province, m’a dit qu’il fallait s’attendre à quelques surprises. Et c’est plus ou moins ce que la chaîne militaire yéménite a publié sur X il y a quelques heures. Si je ne me trompe pas, ce matin, heure locale. Qu’ils ont quelques surprises en réserve. Ils sont donc tout à fait sûrs d’eux.

JUGE NAPOLITANO : Il se peut que je me sois mal exprimé ou que j’aie mal compris la directrice Gabbard. Il se peut que ce soit un drone américain qui ait été abattu.

PEPE ESCOBAR : Des Reapers MK-9. Il y en a beaucoup, Juge. Si je ne me trompe pas : 15 ou 16 déjà. Et ce n’est pas fini.

 

 

Conclusion et projets futurs

 

JUGE NAPOLITANO : Wow ! Où allez-vous après ça mon gars ? Je sais que c’est le milieu de la nuit. Je vous laisse partir. Mais où allez-vous ensuite ? D’oùù allez-vous nous rejoindre la semaine prochaine ?

PEPE ESCOBAR : La semaine prochaine, je serai de retour en Thaïlande pour un certain temps. Je suis en train de préparer un voyage en Chine. Mais la logistique est compliquée.Ce ne sera pas avant deux semaines, au moins. Je serai donc en Thaïlande pendant les deux semaines qui viennent.. Nous parlerons depuis la Thaïlande. Soit dit en passant : qu’on puisse être touchés par un tremblement de terre, je ne l’aurais jamais imaginé.

JUGE NAPOLITANO : Pepe, vous êtes un grand homme. Votre courage est sans égal. Merci beaucoup pour ce que vous faites là-bas et pour les informations que vous nous donnez. Que Dieu vous aime, mon ami. Voyagez bien et faites attention à vous.

PEPE ESCOBAR : Merci, Juge. C’est vous le meilleur. Merci beaucoup.

 

Source : https://singjupost.com/transcript-of-pepe-escobar-what-i-am-seeing-in-yemen/?singlepage=1

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Mars 2025

 

 

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