« Je suis historien avant d’être chrétien. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits, la façon dont les choses se sont réellement passées. »

Leopold von RankeHistoire de l’Empire Ottoman

 

 

La remarquable historiographie de David Irving

 

Ron Unz – The Unz Review – 4.6.2018

Traduction : Les Grosses Orchades

 

 

David Irving à Londres

 

 

Je suis très heureux d’annoncer que notre collections de livres html contient maintenant des oeuvres du célèbre historien de la IIe Guerre mondiale David Irving, y compris la magistrale Guerre de Hitler, que l’historien réputé Sir John Keegan considère comme « un des ouvrages essentiels pour réellement comprendre ce conflit »

 

 

Hitler’s WarDavid Irving

1991 • 397,000 Words

 

 

 

Avec des millions de ses livres publiés, y compris une série de best-sellers traduits en de nombreuses langues, il est possible que l’octogénaire Irving soit l’historien anglais le plus internationalement réputé de ces cent dernières années. Quoique je n’aie moi-même lu que quelques-uns de ses travaux plus courts, je les ai trouvés absolument exceptionnels, Irving y déployant sa remarquable maîtrise des preuves documentaires primordiales et démolissant ainsi complètement la compréhension naïve que j’avais des événements historiques les plus importants. Je ne serais guère surpris que l’énorme corpus de ses livres constitue le pilier central qui soutiendra l’édifice où les historiens du futur iront chercher des lumières sur la phase centrale de notre si affreusement destructeur XXe siècle. Et cela, même bien longtemps après que la plupart des autres annalistes de cette période auront été oubliés.

Lire avec attention un millier de pages de reconstruction du côté allemand de la IIe Guerre mondiale est une entreprise ardue, et le reste de sa trentaine d’autres livres ajoutent sans doute dix mille autres pages à cette tâche herculéenne, Mais, heureusement, Irving est aussi un orateur captivant, et plusieurs de ses conférences des dernières décennies sont accessibles sur Youtube [jusqu’à quand ? NdT] comme celles ci-dessous.

On y trouve en effet beaucoup de ses  plus remarquables révélations concernant les politiques de temps de guerre, tant de Churchill que d’Adolf Hitler, tout en évoquant le cas échéant, les situations stimulantes (de remises en cause ? provocatrices ?) dans lesquelles lui-même s’est trouvé. Regarder ces vidéos peut prendre plusieurs heures, mais c’est encore un investissement insignifiant, comparé aux nombreuses semaines qu’il faudrait pour digérer les livres dont elles parlent.

 

 

Sur La guerre de Churchill (1:48 :26)

 

https://seed125.bitchute.com/fFZ5GYsoQKki/C9z1fCgUn5If.mp4 

 

 

Cette 2e vidéo ne s’ouvre pas sur le site d’origine

https://seed111.bitchute.com/fHtMMvdZGIGs/bNmOZGlGnbCC.mp4

 

 

Quand on est confronté à des affirmations étonnantes qui retournent complètement une fable historique établie, le plus grand scepticisme est de mise, et ma propre absence de connaissances spécialisées en histire de la IIe Guerre mondiale m’incite à la plus grande prudence. Les documents exhumés par Irving tracent de Winstron Churchill un portrait si différent de ce que j’avais naïvement perçu, qu’ils le rendent presque méconnaissable, chose qui soulevait naturellement la question de savoir si je pouvais croire à l’exactitude des preuves d’Irving et à l’interprétation qu’il leur donne. Tous ses travaux sont assortis d’une quantité massive de notes de bas de page et de références à des documents innombrables. Mais comment pourrais-je jamais disposer du temps et de l’énergie qu’il fallait pour tout vérifier ?

Assez ironiquement, la tournure infortunée prise par les événements semble avoir réglé la question pour moi.

Irving est quelqu’un dont l’érudition est d’une intégrité exceptionnellement forte, et à ce titre, i, homme incapable de voir dans un dossier des choses qui n’existent pas, même si c’était grandement de son intérêt de le faire, encore moins capable de fabriquer des preuves qui n’existent pas non plus. La conséquence est que son refus de feindre ou d’acquiescer pour la forme à divers totems culturels universellement révérés a fini par provoquer une avalanche de diffamations de la part d’un des essaim de fanatiques idéologiques appartenant à une persuasion ethnique particulière. Cette situation n’était pas sans rappeler très fort les ennuis qu’avait connus mon vieux professeur à Harvard, E.O. Wilson, à peu près à la même époque, à propos de la publication de son propre chef d’œuvre Sociobiology. The new Synthesis, livre qui a permis d’ouvrir le champ de la psychobiologie évolutionniste moderne.

Ces zélés ethno-activistes ont entrepris de coordonner une campagne de lobbying auprès des prestigieux éditeur d’Irving pour qu’ils laissent tomber ses livres, non sans interrompre fréquemment ses tournées de conférences internationales, allant même jusqu’à faire pression sur certains pays pour qu’ils lui interdisent l’entrée de leur territoire. Ils ont aussi entretenu un constant roulement de tambours de diffamations médiatiques, ne se fatigant jamais de noircir son nom et ses compétences de chercheur, jusqu’à le traiter de « nazi » et de « Hitlerophile », exactement comme il en avait été dans le cas du professeur Wilson.

Pendant les années 1980 et 1990, ces efforts déterminés, souvent assortis de considérables violences physiques, ont de plus en plus porté leurs fruits, et la carrière d’Irving en a été sévèrement affectée. Il avait jadis été courtisé par les plus grandes et prestigieuses maisons d’édition ; les plus augustes journaux du Royaume Uni s’empressant de rendre compte de ses livres, mais petit à petit, il était devenu une personnalité marginalisée, presque un paria, ce qui avait eu pour conséquence une inévitable dégradation grave de ses sources de revenus.

 

 

 

En 1993, Deborah Lipstadt, assez ignorante et fanatique professeur de Théologie et d’Études de l’Holocauste (ou peut-être de « Théologie de l’Holocauste ») s’en est férocement prise à lui dans un livre où elle le disait « négateur de l’Holocauste » et incitait ses timorés éditeurs à annuler le contrat qu’ils avaient pourtant signé pour la publication de son dernier volume historique important. Cette offensive a fini par déboucher, en 1998, sur une acrimonieuse action en justice, qui s’est soldée, en 2000, par un procès en diffamation devant un tribunal britannique..

 

 

 

Deborah Lipstadt

 

 

Cette bataille légale fut – comment pouvait-il en être autrement – une affaire à la David contre Goliath : de richissimes producteurs de cinéma et chefs d’entreprises juifs fournissant un trésor de guerre de 13 millions de dollars à la bande Lipstadt, et lui permettant ainsi d’embaucher une armée  de 40 chercheurs et experts en droit, cornaqués par un des plus renommés avocats juifs spécialistes en divorce de Grande Bretagne. En face, Irving, devenu impécunieux, fut contraint de se défendre lui-même, sans l’assistance du moindre conseil légal.

Dans la vraie vie, contrairement à ce qui se passe dans les contes de fées, les Goliaths de ce monde triomphent presque invariablement. Ce cas n’a pas fait exception et Irving s’est retrouvé acculé à la faillite personnelle et à la perte de sa belle demeure du centre de Londres. Et pourtant, dans la perspective plus longue de l’histoire, je pense que la victoire de ses tourmenteurs a quand même été une remarquable victoire à la Pyrrhus.

 

 

 

Quoique la cible de leur déchaînement de haine fût, sa prétendue « négation de l’Holocauste », pour autant que j’aie pu en juger, ce sujet particulier est presque totalement absent des douzaines d’ouvrages d’Irving, et c’est évidemment ce silence-même qui leur a mis la bave à la bouche. Si bien qu’en l’absence de cible claire, le bataillon des chercheurs et des vérificateurs de faits a dû s’échiner une année entière et même davantage à passer au peigne fin, ligne par ligne et note de bas de page par note de bas de page, tout ce qu’Irving avait jamais publié, s’acharnant à tenter de débusquer la plus minime erreur historique susceptible d’entacher sa réputation professionnelle. Or, avec des fonds et de la main d’œuvre presque sans limite, il leur a fallu aller jusqu’à utiliser une procédure judiciaire pour pouvoir passer au crible aussi les milliers de pages de son journal personnel et de sa correspondance dans leur tentative désespérée d’y trouver ses « mauvaises pensées ». Négation, un film hollywoodien de 2016 co-écrit par Lipstadt, donne plus ou moins une idée de la séquence des événements, de son point de vue bien entendu.

 

 

 

Eh bien, en dépit d’aussi massives ressources financières et humaines, ils semblent s’être retrouvés les mains presque entièrement vides, du moins s’il faut en croire le livre triomphaliste de Lipstadt publié en 2005 : History on Trial (« L’Histoire en accusation »). Sur quatre décennies de recherches et d’écrits qui avaient suscité de nombreuses revendications historiques sujettes à discussion de la nature la plus étonnante, ils ne sont arrivés à épingler que deux douzaines de prétendues erreurs minimes portant sur des faits ou des interprétations. Et le pire qu’ils aient découvert, après avoir lu, page après page, des mètres et des mètres du Journal personnel d’Irving, a été une comptine qu’il avait un jour composée pour sa fillette enfant, qu’ils ont qualifié de « racialement insensible », petits vers paternels dont ils n’ont pas hésité à se servir pour aller trompeter partout qu’il était « raciste ». Ils ont ainsi admis bon gré mal gré que l’énorme corpus des travaux historiques d’Irving est sans doute exact à 99,9%.

Je trouve que ce silence du « chien qui n’a pas aboyé » est particulièrement assourdissant. Je n’ai pas connaissance, dans l’histoire du monde, d’un autre savant de cette espèce qui ait vu le travail de dizaines d’années de sa vie aussi minutieusement et hostilement scruté pour y chercher des preuves à charge. Et puisque Irving a, selon toute apparence, passé ce test haut la main, je pense qu’on peut considérer toutes ses étonnantes affirmations – qu’il récapitule dans ses vidéos – comme absolument fondées.

Mise à part cette importante conclusion historique, je crois que l’épisode le plus récent des tribulations d’Irving nous en apprend beaucoup sur la vraie nature de la « démocratie libérale occidentale », si encensée par nos grands commentateurs des médias, si souvent et si flatteusement comparée aux caractéristiques « totalitaires » et « autoritaires » de ses rivales idéologiques passées et présentes.

En 2005, Irving fit une rapide visite en Autriche, où il était invité à parler devant un groupe d’étudiants universitaires viennois. Peu après son arrivée, il fut arrêté armes au poing par la police politique locale, sous l’accusation d’avoir fait, 16 ans auparavant, à l’occasion d’une autre visite à ce pays, quelques remarques historiques décrétées répréhensibles, quoi qu’elles eussent été, à l’époque, jugées parfaitement normales. Dans les premiers temps, son arrestation fut tenue secrète et il fut incarcéré au secret, sa famille même, en Grande Bretagne, n’en ayant pas été avertie. Il semblait avoir disparu de la surface de la terre et les siens le crurent mort. Plus de six semaines devaient s’écouler avant qu’il lui fût permis de communiquer avec sa femme ou avec un avocat, bien qu’il eût réussi à les alerter sur sa situation grâce à un intermédiaire.

 

 

 

C’est ainsi qu’à 67 ans, il finit par devoir affronter, dans des circonstances très difficiles, un procès en pays étranger qui lui valut une condamnation à trois ans de prison ferme. Une interview donnée à la BBC sur sa fâcheuse mésaventure faillit lui valoir vingt ans d’incarcération supplémentaire qui lui auraient assuré une confortable mort derrière les barreaux. Seule la très grande chance d’une procédure en appel couronnée de succès – en partie sur des arguments techniques – a permis qu’il sorte de prison, après y avoir passé 400 jours presque entièrement au secret, et qu’il puisse chercher refuge dans son pays.

Sa disparition aussi subite qu’inattendue avait infligé d’énormes difficultés financières à sa famille, qui a perdu son foyer, la plupart des biens personnels d’Irving ayant été vendus ou détruits, y compris, bien sûr, les considérables archives historiques accumulées au cours de toute une vie. Plus tard, il a raconté cette poignante histoire dans Banged up (« Coffré », inédit en français), publié en 2008, ainsi que dans une vidéo disponible sur Youtube :

 

 

David Irving – Avril 2009 – (2 :16 :37)

 

https://seed151.bitchute.com/0FDi3Sr9askv/DTizLU1nLl4d.mp4   (3e)

 

 

Je suis peut-être en train de démontrer mon ignorance, mais je n’ai connaissance d’aucune affaire similaire d’un savant international reconnu qui ait enduré un sort aussi terrible pour avoir exposé posément ses opinions historiques, même aux jours les plus sombres de la Russie stalinienne ou d’aucun des autres régimes totalitaires du XXe siècle. Bien que cette situation étonnante survenue dans une démocratie d’Europe occidentale du « Monde libre » ait été rapportée par les médias européens, l’écho qu’elle a reçu dans notre pays a été si minime que je doute qu’aujourd’hui, un Américain éduqué sur vingt en ait même eu connaissance.

Une des raisons pour lesquelles la plupart d’entre nous croient encore que l’Occident reste une société libre est que Notre Pravda Américaine travaille si dur à en dissimuler les exceptions importantes.

 

 

Introduction to HITLER’S WAR

David Irving – 1991 – 11,000 Words

 

 

Source : https://www.unz.com/announcement/the-remarkable-historiography-of-david-irving/

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/la-remarquable-historiographie-de-david-irving/

 

 

 

 

 

Mai 2020

 

 

 

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