Russie et Israël – les deux poids-deux mesures de la condamnation internationale

 

Gavin O’Reilly    The Duran15.12.2021

           Traduction : c.l. pour L.G.O.

 

 

 

Gantz aux Américains : J’ai donné l’ordre à Tsahal de se préparer pour attaquer l’Iran

(ici : Gantz à gauche et Lloyd Austin, de dos, à droite)

 

 

 

Au courant du mois dernier, brisant avec l’attention qu’ils accordent habituellement au COVID-19, les grands médias occidentaux ont consacré une part importante de leur commentaires aux affirmations non vérifiées de collaborateurs anonymes des services d’espionnage américains, selon lesquelles la Fédération de Russie préparerait une invasion militaire imminente de son voisin occidental, l’Ukraine – sous la coupe des gouvernements successifs de Petro Porochenko et Volodymyr Zelensky, inféodés aux États-Unis et à l’Union Européenne depuis 2014, lorsque la révolution de couleur Euromaidan, orchestrée par la CIA, a renversé le gouvernement pro-russe de Viktor Ianoukovitch, à la suite de sa décision, en novembre 2013, de suspendre un accord commercial avec l’UE en faveur d’un rapprochement avec Moscou.

 

Cette campagne, qui intervient à un moment où les tensions s’intensifient en Europe de l’Est, avec une accumulation de réfugiés à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, dénoncée comme une tentative du président russe Vladimir Poutine et de son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko de déstabiliser l’Union européenne, a entraîné une condamnation générale de Moscou par les médias et les establishments politiques occidentaux. Le G7 a publié samedi une déclaration dans laquelle il menace de sanctions massives « si la Russie fait une incursion en Ukraine ». La Russie était membre de ce qui avait été le G8 jusqu’à la réunification réussie de la péninsule historiquement russe de Crimée avec le reste du pays en 2014, le prétexte [ou la cause, NdT] étant le sentiment anti-russe dangereusement élevé du gouvernement Porochenko nouvellement formé et soutenu par l’Occident. Cette réunification a entraîné la suspension de Moscou du forum, le Kremlin ayant ensuite décidé, en 2017, de quitter officiellement le groupe.

 

Cette condamnation généralisée de la Russie par l’establishment occidental, pour de prétendues intentions que Moscou a démenties, contraste fortement avec le silence des grands médias et des politiciens de tous bords en réponse aux menaces ouvertes d’Israël de mener une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes, en plein milieu des négociations actuelles à Vienne concernant l’accord sur le nucléaire iranien, Le ministre israélien de la défense, Benny Gantz, a annoncé, moins de 24 heures avant la déclaration du G7 sur la Russie, qu’il avait consulté le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, et le secrétaire d’État, Antony Blinken, au sujet d’une telle action qui, non moins qu’une éventuelle incursion russe en Ukraine, entraînerait immédiatement un conflit régional dévastateur, conflit qui pourrait facilement dégénérer en une véritable guerre entre l’Est et l’Ouest.

 

Pour comprendre cette façon très différente de considérer Moscou et Tel Aviv de la part de l’establishment politique et médiatique occidental, il faut examiner la relation géopolitique plus large entre l’hégémonie des États-Unis et de l’OTAN avec la Russie d’une part et Israël de l’autre.

 

Formé en 1948, conformément à la déclaration Balfour de 1917, rédigée par le Royaume-Uni, qui appelait à la création d’un État sioniste au Moyen-Orient, Israël a toujours reçu le soutien militaire, financier et politique des États-Unis et de leurs alliés, lequel a culminé avec l’invasion de l’Irak par une coalition dirigée par les États-Unis, mais pour le compte d’Israël, en 2003, ce qui a conduit ensuite Washington et ses alliés à lancer une opération de changement de régime contre la Syrie voisine en 2011, Damas étant, comme Bagdad, un opposant de longue date à l’État sioniste.

 

La Russie, quant à elle, et en particulier depuis l’élection de Vladimir Poutine à la présidence en 2000, est diamétralement opposée à cette politique étrangère des USA et de l’OTAN menée en soutien des intérêts israéliens, une intervention militaire russe en 2015, à la demande du gouvernement syrien, ayant sans doute joué le rôle le plus décisif pour assurer le maintien à la présidence de Bachar el-Assad, en dépit des dix ans d’efforts déployés pour tenter de le destituer par une révolution de couleur dirigée par les États-Unis et directement soutenue par Israël.

 

La réunification susmentionnée de la Russie et de la Crimée en 2014 a également mis un terme à l’objectif des néoconservateurs d’établir une base navale US dans le port stratégique de Sébastopol, en Crimée, projet qui se serait certainement concrétisé si la Crimée était restée sous le régime pro-occidental de l’administration actuelle de Kiev.

 

C’est donc parce qu’elle s’est opposée avec succès à l’impérialisme US/OTAN que la Russie se trouve diabolisée par l’Occident tout entier et fait l’objet d’une campagne de diffamation accusant Moscou de planifier un conflit mondial au moyen d’une intervention militaire en Ukraine, ce qui est en complet contraste avec le silence médiatique et le soutien politique tacite offerts à l’allié israélien des États-Unis, lorsqu’il clame son intentions de se livrer précisément à ce genre d’action en Iran.

 

Source : https://theduran.com/russia-and-israel-a-double-standard-in-international-condemnation/

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/russie-et-israel-les-deux-poids-deux-mesures-de-la-condamnation-internationale/

 

 

 

 

 

 

Décembre 2021

 

 

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