Il ne s’agit évidemment pas « du » camp de concentration de Gaza mais de sa doublure. On parle bien ici de deux camps imbriqués l’un dans l’autre.

 

 

« La construction du camp de concentration israélien de Gaza est terminée »

 

 

Gilles Munier – France-Irak-Actualité –  25.12.2021

 

 

 

La barrière souterraine nouvellement achevée le long de la frontière d’Israël avec la bande de Gaza à Erez, dans le sud d’« Israël », le 7 décembre 2021. Photo Ammar Awad)

 

 

 

Par Haidar Eid (revue de presse : CAPJO-EuroPalestine/ Mondoweiss – 14/12/21)

 

Israël a annoncé l’achèvement d’un mur souterrain et d’une barrière maritime entourant la bande de Gaza assiégée. Équipé de capteurs autour de Gaza, il comprend des centaines de caméras, de radars et d’autres capteurs, et s’étend sur 65 km. Il mesure plus de six mètres de haut et sa barrière maritime comprend des dispositifs électroniques pour détecter les infiltrations par la mer et un système d’armes télécommandé.

 

Pas un seul média grand public n’a utilisé le terme « camp de concentration » pour en parler, mais ils auraient dû le faire.

Le dictionnaire Merriam-Webster définit un camp de concentration comme « un lieu où un grand nombre de personnes (tels que des prisonniers de guerre, des prisonniers politiques, des réfugiés ou les membres d’une minorité ethnique ou religieuse) sont détenus ou enfermés sous garde armée – et fait en particulier référence aux camps créés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale pour l’internement et la persécution des Juifs et d’autres prisonniers. Tout comme un camp de la mort est « un camp de concentration dans lequel un grand nombre de prisonniers sont systématiquement tués ! »

La bande de Gaza, occupée et assiégée par l’apartheid israélien, a été transformée en ces deux formes ; la différence est qu’il est plus grand que tous les camps de concentration et de la mort connus, créés par les régimes occidentaux fanatiques au XXème siècle. La décision d’Israël de redéployer ses troupes autour de la bande côtière densément peuplée en 2005, puis de nlui imposer en 2006 un siège médiéval sans précédent, qui a brisé toutes les sphères de la vie, puis d’y mener quatre attaques massives, qui ont tué plus de quatre mille civils, y compris les femmes et les enfants, ne semble pas être suffisant pour les élites sionistes au pouvoir dans l’État voyou.

Le langage utilisé par les Forces d’Occupation Israéliennes est devenu la référencesans qu’aucune question soit jamais posée. Aucune voix gazaouie/palestinienne n’est autorisée à dire un mot sur l’impact de ce « projet » sur ce qui leur sert de vie. Tout ce que nous pouvons lire, c’est la déclaration faite par le criminel de guerre israélien, le ministre de la Défense Benny Gantz, à savoir que

« [l]a barrière, qui est un projet innovant et technologiquement avancé, prive le Hamas de l’une des capacités qu’il a essayé de développer », et que « [il] place un « mur de fer, des capteurs et du béton entre l’organisation terroriste et les habitants du sud d’Israël ».

POINT FINAL. Circulez, il n’y a rien à demander !

Les deux millions d’habitants de Gaza assiégée, dont l’écrasante majorité sont des réfugiés violemment expulsés et dépossédés de leurs foyers par les forces sionistes en 1948, ont été soumis à quatre semaines (2009), 2 semaines (2012), 51 jours (2014) , et 11 jours (mai 2021) de terreur d’État israélienne implacable, au cours de laquelle les avions de guerre israéliens ont systématiquement ciblé des zones civiles, réduit des quartiers entiers et des infrastructures civiles vitales en décombres et détruit des dizaines d’écoles, dont plusieurs gérées par l’Agence de secours et de travaux des Nations Unies pour Réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), où des civils s’étaient réfugiés.

Cette forme sévère de torture collective s’est produite après des années d’un siège israélien de Gaza, déjà paralysant et meurtrier. « Mais pourquoi ne sont-“ils” pas satisfaits de ce que “nous” – soutenus par les régimes occidentaux et arabes “amis” complices – leur offrons ? » (Oubliez la Quatrième Convention de Genève de 1949, ratifiée par « nous », c’est-à-dire Israël, interdisant les châtiments collectifs d’une population civile !)

Les propriétaires de maisons partiellement ou totalement détruites pendant la guerre de mai à Gaza sont de plus en plus préoccupés par leur reconstruction indéfiniment retardée.

Jamais auparavant une population n’a été ainsi privée des conditions de survie de base par une politique délibérée de colonisation, d’occupation et d’apartheid. Et c’est pourtant ce qu’Israël fait et continuera de faire au peuple de Gaza : deux millions de personnes vivent en permanence sans un approvisionnement sûr en eau, en nourriture, en électricité et en médicaments. Près de la moitié de ces personnes sont des enfants de moins de 15 ans.

Maintenant, il va nous falloir affronter le fait que nous sommes littéralement détenus dans le plus grand [double] camp de concentration du monde, sans aucun des droits reconnus et – théoriquement – assurés par les lois internationales.

Le président Carter n’exagérait pas lorsqu’il s’est rendu à Gaza en 2009 :

 

« [Les Palestiniens de la bande de Gaza] sont davantage traités comme des animaux que comme des êtres humains… [jamais auparavant dans l’histoire une grande communauté comme celle-ci n’a été ravagée par des bombes et des missiles et n’a ensuite été privée des moyens de se réparer ».

 

Hélas, Carter n’est plus le président des États-Unis, et les États-Unis sont l’allié stratégique de l’apartheid israélien.

Tant que les organes officiels et les dirigeants du monde choisiront de ne rien dire et de ne rien faire, Israël continuera de tuer toujours plus de Palestiniens, d’ériger des murs de plus en plus hauts et de resserrer toujours davantage le siège en prétendant que tout cela est fait parce qu’il a « le droit de se défendre ! » Et c’est nous, ingrats « antisémites », qui serons accusés de qualifier abusivement ce jardin de « camp de concentration » !

[Les italiques sont de nous. LGO]

 

 

Haidar Eid est professeur agrégé de littérature postcoloniale et postmoderne à l’Université al-Aqsa de Gaza. Il a beaucoup écrit sur le conflit arabo-israélien, y compris des articles publiés sur Znet, Electronic Intifada, Palestine Chronicle et Open Democracy. Il a publié des articles sur les études culturelles et la littérature dans un certain nombre de revues, dont Nebula, Journal of American Studies in Turkey, Cultural Logic et Journal of Comparative Literature.

 

Source : https://www.france-irak-actualite.com/2021/12/la-construction-du-camp-de-concentration-israelien-de-gaza-est-terminee.html

Source d’origine : CAPJPO-EuroPalestine

 

 

« Ils auraient dû le faire » dit M. Eid. Il en  a de bonnes ! Il croit peut-être que c’est pour ça qu’ils sont payés ?

« …politique délibérée de colonisation, d’occupation et d’apartheid ». Et si on disait plus simplement « politique d’extermination » ?

Enfin, qu’a fait le président Carter pour que les États-Unis ne soient pas l’allié stratégique d’Israël ?On ne sait pas, nous… démissionner par exemple.

 

URL de cet article :  http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/la-construction-du-camp-de-concentration-israelien-de-gaza-est-terminee/

 

 

 

 

 

Décembre 2021

 

 

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