Pendant qu’Emmanuel Macron – 13% de popularité dans les sondages – « capture » un pétrolier civil, non armé, baptisé « fantome » et « russe » par ceux qui en parlent, au large de La Réunion, dans l’Océan Indien…
…. des Italiens se plaignent de leurs compatriotes.
Ils ont la mémoire courte ?
Ils ne sont pas les seuls !
Les leçons de l’histoire que les Italiens n’ont jamais apprises
[History Lessons Italians Never Learned]
Daniel Moscardi – The Unz Review –11 octobre 2026
Traduction : c.l. pour L.G.O.
Dans son ouvrage de 2014, La Culture de la défaite, l’historien Wolfgang Schivelbusch (1941-2023) émet une théorie intéressante, quoique discutable, selon laquelle une nation peut tirer profit d’une défaite militaire, à condition d’être disposée et capable d’en extraire des leçons utiles. Toute nation ayant subi une défaite éprouve inévitablement un choc et un déni, sans parler des difficultés liées aux pertes matérielles et humaines. Cependant, d’après Schivelbusch, elle peut s’engager dans une série de transformations structurelles de sa société, remettant en question les fondements de son identité nationale, en vue d’un avenir meilleur. Cette théorie ne s’applique assurément pas à l’Italie de l’après-Deuxième Guerre mondiale.
Les événements survenus en Italie durant l’été 1943 – et la guerre civile qui s’en est suivie entre 1943 et 1945 – devraient servir d’exemple aux générations futures. Pourtant, l’Italie a choisi [?! NdT] de passer sous silence les faits gênants de la guerre dans son ensemble et de glorifier un récit rassurant, célébré par la Festa della Liberazione le 25 avril. Chaque ville italienne possède une rue ou une place portant le nom du XXV avril, les dates étant indiquées en chiffres romains. Techniquement, il s’agit d’une date fictive, car la capitulation officielle des forces armées allemandes en Italie et des forces armées de la République sociale italienne (l’État de Mussolini, que les Alliés n’ont d’ailleurs jamais reconnu) n’eut lieu que quatre jours plus tard, à Caserte, le 29 avril.
La République italienne issue du référendum de juin 1946 (un référendum entaché de fraudes massives, comme le démontrent des preuves solides) reposait sur le mythe d’une Italie ayant « basculé à droite » durant la guerre et d’une Résistance populaire ayant mené à une glorieuse défaite des nazis-fascistes. Or, l’impact de cette Résistnce sur le cours général de la guerre en Italie fut minime, voire inexistant sur l’ensemble des opérations militaires. Les Italiens ont effacé de leur mémoire collective des dates comme le 8 septembre, qui mériteraient pourtant d’être commémorées – au moins – pour leurs conséquences aujourd’hui encore. Mais, comme chacun sait, affronter le passé est partout une tâche ardue.
[Allusion à l’accord secrètement signé, à Cassibile (Sicile) – le 3 septembre en fait, mais annoncé le 8 – entre le maréchal Badoglio et le général Eisenhower, marquant le lâchage de Mussolini par la monarchie. Le véritable armistice ne serait signé que quelques semaines plus tard, à Malte. NdT]
Les changements de régime reposent avant tout sur une règle bien établie, indépendamment de l’époque historique : la damnatio memoriae du régime renversé. Churchill qualifiait ironiquement l’Italie de « pays étrange de 90 millions d’habitants, dont 45 millions de fascistes jusqu’à la chute de Mussolini et 45 millions d’antifascistes le lendemain ». Ne prenons que l’exemple du monde universitaire : en 1931, un serment d’allégeance au régime fasciste fut exigé de tous les professeurs d’université. Sur 1.220 concernés, une douzaine seulement refusèrent de prêter ce serment, perdant ainsi leur emploi et se voyant contraints à l’exil. Inutile de préciser que les 1.200 qui avaient signé le serment ne subirent aucune conséquence (à quelques exceptions près) après la guerre et conservèrent leurs postes. Il en fut de même pour l’ensemble de l’appareil bureaucratique, et en premier lieu pour le pouvoir judiciaire. Même ceux qui avaient occupé de hautes fonctions sous le régime fasciste conservèrent leurs postes ou furent, au pire, mutés dans une autre ville. Les Italiens se sont simplement recyclés en nouveau régime.
Au printemps 1943, le moindre citoyen lambda savait que la guerre était perdue. Après la chute de la Libye en janvier, le dernier bastion des forces germano-italiennes en Afrique du Nord avait capitulé en mai en Tunisie. En juillet 1943, le débarquement anglo-US sur les côtes siciliennes (Operation Husky) se déroula sans incident majeur, hormis quelques résistances acharnées et isolées des Allemands (et de certaines unités italiennes). L’île de Pantelleria, qui aurait pu résister des mois grâce à ses abris souterrains et fortifications de pointe, a capitulé sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré par les Italiens. Même les défenses côtières du sud-est de la Sicile, renforcées par Mussolini pour constituer un rempart redoutable contre toute attaque maritime, ont été, pour la plupart, abandonnées par leurs équipages dès l’annonce du débarquement.
La plupart des historiens militaires s’accordent à dire que la guerre aurait pu être raccourcie en attaquant l’Italie bien plus au nord de Rome, isolant ainsi l’essentiel des armées allemande et italienne positionnées au centre et au sud. En fait, le sort de l’Italie était déjà scellé depuis la conférence de Casablanca de janvier 1943, où Churchill avait insisté avec véhémence pour que le débarquement ait lieu en Sicile, rejetant toutes les autres options militaires. Churchill savait pertinemment que c’était « le ventre mou » de l’Italie leur meilleure option, compte tenu, surtout, des liens étroits et indéfectibles qui unissaient l’île à la Grande-Bretagne.
C’est un fait avéré que, durant la guerre, les Britanniques étaient régulièrement informés de tous les mouvements de convois de la marine italienne en Méditerranée. Les avions de la RAF et des USA menaient des raids de précision sur des cibles en Sicile, grâce à un réseau d’espions bien établi sur le terrain. Après la guerre, de nombreux ouvrages publiés en Italie ont dénoncé, preuves à l’appui, l’existence’« des yeux et des oreilles britanniques » à Rome et ailleurs en Italie. L’amiral de la marine sicilienne Francesco Maugeri a candidement révélé, dans son essai d’après-guerre From the ashes of disgrace (« Des cendres du déshonneur »), publié à New York en 1948 et jamais traduit en italien, comment « les Britanniques pouvaient compter sur des amis dévoués et fiables au sein des plus hautes sphères de la marine italienne, désireux de libérer l’Italie au plus vite du joug fasciste». Maugeri fut-il poursuivi en justice pour ces aveux ? Bien au contraire, Maugeri fut promu amiral et chef d’état-major de la marine italienne après la guerre, poste qu’il a occupé jusqu’en 1948, avant d’accéder à des fonctions plus élevées encore au sein de l’OTAN.
Après tout, Garibaldi et ses célèbres « mille chemises rouges » (encore un mythe fabriqué de l’histoire italienne, le prétendu Risorgimento !) ont bien débarqué à Marsala en 1860 pour renverser le « Règne di Naples », alors que Marsala était de facto une enclave britannique en Sicile. Les troupes de Garibaldi ont donc débarqué assurées de la protection totale de la marine de Sa Majesté, présente lors du débarquement, et d’un grand nombre d’amiraux et de généraux du royaume de Naples soudoyés d’avance, sans parler des accords conclus avec la mafia locale. L’histoire, en Sicile, a la fâcheuse habitude de se répéter, et juillet 1943 n’a pas fait exception.
Déjà dès 1942, la belle-fille du roi (Victor-Emmanuel III), Marie-José [de Belgique, NdT], servait de trait d’union entre la famille royale, les hiérarques fascistes dissidents [y compris Curzio Malaparte, pas hiérarque et pas dissident mais bombardé cavalier-servant de la future reine, et qui n’avait pas encore légué sa célèbre maison de Capri au peuple chinois, NdT] et les magnats de l’industrie italienne. Ces derniers entretenaient des liens étroits – via la Suisse et le Vatican – avec leurs homologues britanniques et américains. Monseigneur Giovanbattista Montini, futur pape Paul VI, joua un rôle central dans cette approche avec les Alliés. Le Saint-Siège, grâce à sa position diplomatique inviolable à Rome, accueillit les ambassadeurs US et britannique, Harold Tittman et Sir D’Arcy Osborne, qui bénéficiaient d’une liberté de mouvement quasi illimitée dans la ville, recueillant toutes sortes de précieux renseignements tant au Vatican qu’à l’extérieur.
En juillet 1943, le candidat idéal pour servir de bouc émissaire (y compris à une bonne partie des plus hauts dignitaires fascistes) était celui-là même qui avait été acclamé, vénéré par tout le pays, lorsqu’il avait annoncé la déclaration de guerre à la France et à la Grande-Bretagne, du haut de son balcon à Rome, seulement trois ans auparavant : le 10 juin 1940.
Déclaration de guerre de Mussolini, le 10 juin 1940
https://www.youtube.com/watch?v=UmnxcjRk37Q
Mussolini fut donc destitué précipitamment le 25 juillet 1943, au moyen d’un coup d’État ourdi par les plus hauts dignitaires fascistes, des généraux de l’armée et le roi lui-même, qui le fit emmener dans une ambulance, à travers les rues de Rome, pour l’envoyer en exil – le temps au moins que son sort soit décidé –sur la petite île de Ponza, au large des côtes tyrrhéniennes. Mussolini avait en réalité été arrêté l’après-midi du 25 juillet dans le parc de la Villa Savoia, résidence privée de la famille royale à Rome, ce qui avait provoqué la colère de la reine contre son époux, irritée par ce « traitement inopportun » infligé au Duce dans leur résidence privée. Nouvelle Calpurnia, Rachele, l’épouse de Mussolini, l’avait supplié de ne pas rendre visite au roi, craignant de ne plus jamais le revoir. Les femmes ont toujours raison.
Le soir même, la radio nationale allait annoncer que le roi « a accepté la démission de Mussolini et nommé le Maréchal Pietro Badoglio comme son successeur », provoquant des explosions de joie et d’enthousiasme dans toute l’Italie.
25 juillet 1943 : Les rues de Rome célèbrent le roi et Badoglio.
https://www.youtube.com/watch?v=KLVJCCD3s5c
Finalement, Mussolini prisonnier sera emmené dans un hôtel de montagne des Abruzzes d’où, grâce à un raid audacieux de parachutistes allemands commandés par le SS Otto Skorzeny, il sera secouru et transporté en Allemagne par avion le 12 septembre. Last mais pas least : tous les acteurs mentionnés ci-dessus comme ayant pris part à ce mémorable coup d’État avaient en commun leur appartenance à des loges de la franc-maçonnerie. Badoglio, le roi lui-même et au moins une douzaine de hiérarques fascistes ayant conspiré contre Mussolini étaient très probablement affiliés à celle de la Piazza del Gesù.
La photo officielle de l’armée américaine – prise le 3 septembre 1943 à 17h15 sous une tente militaire en Sicile – immortalise la signature de la capitulation sans condition de l’Italie. On y voit le général de brigade Giuseppe Castellano, en civil parmi les officiers alliés en uniforme. Vêtu d’un costume gris foncé avec un mouchoir blanc dans la poche de poitrine de sa veste, il affiche le sourire légèrement sardonique d’un serveur italien attendant la commande des dîneurs dans un restaurant du quartier de Little Italy à New York. À ses côtés, le lieutenant Montanari, également en civil, lui sert d’interprète, Castellano ne parlant pas un mot d’anglais. Le général Castellano agissait au nom du maréchal Badoglio, appelé à la rescousse pour prendre la place de Mussolini lors du coup d’État du 25 juillet.
Depuis lors, les négociations entre les Alliés et les Italiens ont été marquées – des deux côtés – par des mensonges et des tromperies, à tel point que le général Eisenhower a qualifié l’ensemble de l’affaire de « marché de dupes » (« a crooked deal ») et a refusé de signer lui-même le document, déléguant ce soin à son chef d’état-major, le général Walter Bedell Smith.
La duplicité et les flagrants mensonges de Badoglio, du roi et des plus hauts généraux de l’armée italienne – envers les Alliés et envers les Allemands – entre le 25 juillet et le début de septembre resteront légendaires, au point qu’un néologisme a été inventé par les Britanniques pour décrire la situation : le verbe « badolier » (« to Badogliate »), synonyme d’un comportementà la fois empoté, ambigu et retors, avec une propension manifeste à la trahison.
Le soir du 3 septembre, une heure à peine après la signature de l’armistice par Castellano, Badoglio acceptait enfin de recevoir le nouvel ambassadeur d’Allemagne à Rome, Rudolph Rahn, qui insistait depuis plusieurs jours pour s’entretenir directement avec lui. Et Badoglio déclarait solennellement à Rahn : « La méfiance du gouvernement allemand est incompréhensible. J’ai donné ma parole et je la tiendrai. »
Rahn sera finalement reçu quelques jours plus tard par le roi Victor-Emmanuel III en personne, dans l’après-midi du 8 septembre. Rahn écrit dans ses mémoires : « À la fin de la conversation, le roi a souligné sa décision de poursuivre la lutte jusqu’au bout aux côtés de l’Allemagne, à laquelle l’Italie est liée dans la vie comme dans la mort… »
Le même après-midi, à 17 h 15, au moment même où Rahn s’entretenait avec le roi d’Italie, Radio Alger diffusait l’annonce du général Eisenhower concernant l’armistice signé par le gouvernement italien. Deux heures et demie plus tard, à 19 h 42, prise au dépourvu et incapable plus longtemps de dissimuler l’armistice déjà signé, la radio nationale italienne EIAR retransmettait la voix tremblante de Badoglio, modèle d’ambiguïté : « Le gouvernement italien (…) a demandé un armistice au commandant en chef des forces anglo-américaines, le général Eisenhower. La demande a été acceptée. En conséquence, tout acte d’hostilité contre les forces anglo-américaines par les forces armées italiennes, en tous lieux, doit cesser. Cependant, elles réagiront aux attaques venant d’autres directions. »
8 septembre 1943 : Le maréchal Badoglio annonce l’armistice au micro de l’EIAR
https://www.youtube.com/watch?v=N923b97B_rs
Un chaos total était inévitable au sein de toutes les unités des forces armées italiennes, en Italie comme à l’étranger. Privées d’ordres, elles tentaient désespérément d’obtenir des instructions qui n’avaient jamais été préparées. Toute communication avec l’état-major de l’armée italienne était devenue impossible, personne ne répondant plus au téléphone. Des unités entières se sont ainsi dissoutes, soit par désertions massives, soit par reddition pure et simple – comme ce fut parfois le cas – à un ou deux officiers allemands escortés par une poignée de soldats.
[On a revu cela souvent : en Corée, au Vietnam, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, au Venezuela… NdT]
En quelques semaines, plus de 700.000 soldats italiens capturés furent envoyés en Allemagne comme prisonniers de guerre par trains de marchandises. Au total, quatre millions de soldats italiens furent abandonnés à leur sort, condamnés au déshonneur, à la fuite ou à la prison. En quelques jours seulement, quatre-vingt-dix divisions italiennes, stationnées en Italie et à l’étranger furent dissoutes, leurs véhicules militaires, leurs chars et leurs entrepôts étant saisis intacts par les Allemands.
Aux premières heures du lendemain 9 septembre, craignant la vengeance attendue d’Hitler, la famille royale et les officiers militaires les plus gradés, dans un convoi de voitures escorté par deux véhicules blindés, allaient se diriger vers l’est de Rome par la via Tiburtina, en direction du port adriatique de Pescara, où une corvette de la marine italienne (La Baionetta) les attendrait, avec une cinquantaine de généraux qui avaient quitté leurs postes sans en informer leurs subordonnés directs, ne se souciant que de leur propre sécurité, se bousculant pour monter à bord à tout prix comme une bande d’écolières effrayées.
La destination était le port méridional de Brindisi, où le gouvernement italien en fuite et la famille royale demandèrent l’asile aux Alliés. L’explication officielle invoquée fut la nécessité d’assurer « la continuité du gouvernement ».
Entre-temps, Badoglio avait judicieusement envoyé sa femme, sa fille et sa belle-fille en Suisse, tandis que le roi y avait expédié au moins deux trains de wagons (voire plus) chargés de toutes sortes d’objets de valeur (et d’or) par le tunnel du Simplon. Quand les situations se dégradent, la Suisse est toujours opportunément à portée de main pour ceux qui en ont les moyens.
La « Déroute royale » demeure l’un des plus grands mystères non résolus de la Deuxième Guerre mondiale en Italie. Comment le convoi royal, en route vers la côte adriatiqu, a-t-il pu franchir au moins cinq barrages routiers allemands sur la Via Tiburtina ? Plusieurs témoignages rapportent que l’officier assis à côté du conducteur du premier véhicule du convoi, arrêté sous la menace d’une arme, se serait penché par la fenêtre et aurait crié aux Allemands : « Ufficiali Superiori ! » (« Officiers supérieurs ! »). Le convoi aurait alors pu passer sans encombre et sans qu’aucune autre question soit posée.
L’existence d’un accord secret entre le maréchal Kesselring lui-même et le groupe de fugitifs de haut rang a alimenté la rumeur pendant des décennies, sans qu’aucune preuve écrite ait jamais été produite, et les différents protagonistes (y compris Kesselring lui-même dans ses Mémoires d’après-guerre) n’ont jamais rien admis : « verba volant sed scripta manent ». À son crédit, on rapporte que le prince héritier Umberto, lui-même général, aurait supplié son père de le laisser rester à Rome pour superviser la défense de la ville, mais Badoglio s’y serait, dit-on, opposé et lui aurait ordonné – quoi qu’étant d’un grade inférieur au sien – de se joindre au groupe. Le roi, quant à lui, serait resté silencieux, se contentant de murmurer quelques mots dans son dialecte piémontais natal.
Quelques jours après leur arrivée à Brindisi, le roi et Badoglio furent reçus par le lieutenant-général Sir Mason Macfarlane. Macfarlane, ancien attaché militaire à Rome, était connu pour son mépris des Italiens, qu’il a ainsi résumé : « Ces foutus salauds qui ont essayé de nous faire la peau pendant des années… Regardez où ils en sont maintenant ! ». En signe de dédain, il reçut le roi en uniforme militaire, l’informant que les Alliés occupaient désormais le sud de l’Italie sous administration militaire, mais que, pour les apparences, la mission alliée transmettrait ses ordres par l’intermédiaire du commandant en chef du gouvernement italien. Quant à une éventuelle coopération des troupes italiennes, il envisageait de les utiliser comme main-d’œuvre servile dans les ports et à l’arrière des lignes.
Finalement, des redde rationem (ou « comptes-rendus ») de Malte, quelques semaines plus tard, il ressort que, techniquement, ce qui avait été signé par Castellano le 3 septembre sous une tente militaire en Sicile fut qualifié d’armistizio corto (« armistice court »). L’armistice complet (officiellement connu sous le nom d’« acte de capitulation italien ») serait, lui, signé le 29 septembre, à bord du cuirassé britannique HMS Nelson à Malte, cette fois par Badoglio pour l’Italie et par le général Eisenhower pour les Alliés. Badoglio ayant auparavant pris connaissance de l’intégralité des clauses de l’acte de capitulation, également appelépar les Italiens armistizio lungo, celui par lequel l’Italie perdait la quasi-totalité de sa souveraineté, ne pouvant plus disposer de ses propres forces armées, ni même frapper sa propre monnaie.
Finalement, après des semaines de pression et sur ordre direct de Churchill, le roi Victor-Emmanuel chargeait l’ambassadeur d’Italie à Madrid de communiquer à l’ambassadeur d’Allemagne dans ce pays que « face aux actes de guerre continus perpétrés contre les Italiens par les forces armées allemandes, l’Italie se considère, à compter du 13 octobre à 15 h 00, en état de guerre avec l’Allemagne ». Après l’annonce de la déclaration de guerre de l’Italie à son ancien allié, une plaisanterie commença à circuler dans la presse étrangère : « La maison de Savoie n’a jamais terminé une guerre du même côté que celui où elle l’avait commencée, à moins que la guerre n’ait duré assez longtemps pour lui permettre de changer de camp deux fois. »
La plupart des clauses signées par Badoglio à Malte allaient ensuite être ratifiées par le traité de paix de Paris en février 1947, dans lequel l’Italie, bien qu’ayant « rejoint le bon camp », serait traitée comme l’Allemagne et le Japon – voire de façon pire – avec toutes les conséquences que cela implique encore aujourtd’hui. Le philosophe Benedetto Croce, un des principaux intellectuels antifascistes à s’être de tout temps opposé au régime, a qualifié le traité de Paris de « paix dictée » c’est-à-dire infligée à l’Italie aux conditions les plus btutales, incluant notamment la perte de portions considérables de son territoire.
La première et la plus précieuse leçon que les Italiens auraient dû tirer des événements de septembre 1943 (mais qu’ils n’ont jamais tirée) est que l’histoire se répète invariablement, en Italie peut-être plus encore qu’ailleurs. Les « élites », quel que soit leur rang, ne se soucient jamais, en temps de catastrophes nationales, que d’elles-mêmes, de leurs proches et de leurs biens, surtout les plus précieux (qu’elles transféreront ailleurs) et, enfin et surtout, de leur loge ou secte secrète qui les tient à l’écart du vulgum pecus. Peut-être la date funeste du 8 septembre 1943 inscrite en chiffres romains sur les panneaux de signalisation italiens pourrait-elle contribuer à perpétuer chez cette « foule ignorante », certains souvenirs utiles.
BRÈVE BIOGRAPHIE : Daniele Moscardi est un historien qui vit à Florence, Italie. Il organise, pour de petits groupes, des circuits historiques privés et personnalisés, hors des sentiers battus, à travers l’Italie
Source : https://www.unz.com/article/history-lessons-italians-never-learned/
L’auteur ne dit pas, même s’il laisse entendre qu’il le sait, que Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie et Franco en Espagne n’ont jamais été que les hommes de main de l’ex-empire britannique devenu Global West avec l’adjonction des USA et d’Israël, qui en sont des extensions, et qu’on peut qualifier, faute de mieux, de « capitalisme occidental ».
Le capitalisme sévit aussi, bien sûr, dans d’autres parties du monde, même, d’ailleurs, chez celles qui combattent, au nom de la multipolarité, « l’Empire » qui choit en vrille.
Il est bien entendu aussi que les hommes de main sont jetables en cas de nécessité, s’ils ont le mauvais goûtpar exe’mple de se faire battre en vous servant. C’est ce qui est arrivé à deux de ces trois-ci. Le 3e est mort dans son lit, laissant derrière lui deux monarques éduqués par lui pour maintenir le statu quo – un en Belgique, un en Espagne. Mais il y en a eu bien d’autres et pas qu’en Europe ! Allez voir en Corée du Sud par exemple, au Japon et, en ce moment, chez les Saoud… La liste est longue. Le mérite de Daniele Moscardi est d’avoir éclairé d’une lumière crue la manière dont sont chausse-trapées les foules, tant dans l’ascension que dans la chute des « outils » sélectionnés.
Seul des tout jeunes fascistes des débuts, Curzio Malaparte (dont Mussolini avait fait son confident et même un ministre) s’est rendu sur ce qui lui sevait de tombe, où le traditionnel crucifix avait été remplacé par un bout de bois coiffé d’une boîte de conserve vide. L’écrivain s’était pourtant éloigné du Duce bien avant sa chute et avait même commis un livre assez mordant intitulé Don Camaleo. La cause de la rupture avait été l’espèce de concordat signé avec le Vatican, que l’écrivain – de religion réformée – ne pardonnait pas. C’est qu’il avait connu de près la Curie et le catholicisme romain, que Mussolini devait connaître aussi bien que lui. Il oubliait juste que son autre idole – Napoléon – avait fait exactement la même chose, au grand dam de la liberté française. Un dictateur chasse l’autre. Faut-il rappeler que Bonaparte, avant Mussolini, avait aussi fricoté avec la maison Rothschild, réputée pour armer indifféremment tous les bords belligérents ? Or, s’il est un synonyme de « capiisme européen », (et plus seulement européen désormais), c’est bien « Rothschild ».
Provoqué par les accords de Latran, qui seraient signés par Mussolini en février 1929, Don Camaleo (Monsieur Caméléon) a paru – d’abord en feuilletons – dès 1928. C’est une satire qui a été comparée au Zadig de Voltaire et au Dictateur de Chaplin.
Mais si nous pouvons nous permettre de prodiguer des conseils aux jeunes manifestants d’aujourd’hui, d’un bout de l’Europe à l’autre, c’est – oui, oui, oui ! : lisez des livres ! Être autodidacte, c’est parfois mieux que faire des études empoisonnées exprès – et par exemple plongez-vous pour vous informer un peu sur le fascisme italien à notre niveau à tous, dans la lecture de Maurizio De Giovanni, qui est un grand auteur populaire, et plus particulièrement, dans la série de polars napolitains qu’il a consacrés aux « enquêtes » du commissaire Ricciardi, l’homme aux yeux verts qui voit et qui entend les dernières paroles des gens victimes d’une mort violente, criminelle ou accidentelle.
De ces 15 volumes consacrés à la vie à Naples pendant les années fascistes à partir de 1931, le premier – L’hiver du commissaire Ricciardi – a paru en français en 2007, et le dernier en date Soledad – Un mois de décembre du commissaire Ricciardi (pas encore traduit) est de 2023. On les trouve principalement chez Rivages/Noir.
Pour en savoir plus :
Et il est préférable de les lire dans l’ordre chronologique de leur écriture, où la vie des personnages avance en même temps que l’Histoire.
Une vidéo d’actualité française, toute en anglais, désolés.
UNE RÉVOLUTION FRANÇAISE ?
https://www.youtube.com/watch?v=1DJSl7sSgnk
C’est chez Owen Jones, podcasteur indépendant.
Il interviouve ici une très jeune femme noire, qui doit vivre en Angleterre (son accent la trahit), qui dit avoir étudié un an à Limoges et qui paraît assez au fait de la vie politique française.
Sur les manifs : l’incendie de l’Hôtel de ville de Limoges, « ce ne sont pas les manifestants, ni adolescents ni autres, ce sont des gens venus de l’extérieur ».
[Qui n’a vu sur Youtube, parfois via l’Inde, ces cohortes de pandores casqués et lourdement armés laissant placidement descendre de leurs cars des « manifestants » vêtus de noir et masqué ?. Dites, on ne va quand même pas cogner sur des collègues, même travestis en antifas !]
Sur les candidats à la présidence de l’Hexagone, elle parle d’une candidate des verts (Tondelier ?), qui essaie de maintenir une certaine union de la gauche (quelle gauche, bon sang ?!) qui hélas n’a aucune chance sans enjamber Méluche. Lequel n’a aucune chance non plus, parce que le PS l’a court-circuité en pré-élisant en son sein l’ineffable Glucksman, socialiste s’il en fut.
Bref, elle n’est pas loin de l’âge des manifestants et en connaît un sérieux petit bout sur la vie en France. D’ailleurs, elle est française, bien qu’elle vive en Écosse (ah, ben, voilà, c’est là !).Sa famille vit dans le centre (d’où Limoges) et une de ses sœurs enseigne les maths dans la nanlieue parisienne. Elle s’appelle Assa Samaké-Roman et elle est l’auteur d’un livre qui annonçait bien des choses actuelles dès novembre 2020 :
Assa Samaké-Roman
ÉCOSSE – Hadrien et la licorne
Nevicata – Noembre. 2020
Collection : L’âme des peuples
Langue : français
96 pages
11 €
Pendant qu’on y est :
Owen Jones aussi est l’auteur d’un livre, qui vient juste de sortir et qui s’appelle :
Owen Jones
THE FALL OF THE WEST – How they Really Lost it Here
462 pages
chez Penguin (octobre 2026)
C’est ici : https://www.penguin.co.uk/books/468587
À propos d’Assa Samaké-Roman et de bien d’autres…
À notre avis il faudrait bien qu’un de ces jours quelqu’un s’attelle à l’histoire du transfert aux descendants d’immigrés de la responsabilité de l’Éducation Nationale, qui n’en est pas encore , hélas, aux universités, et qui rencontre d’ailleurs pas mal d’opposition de la part des Kollabos de souche.
On dit ça comme on le pense, après avoir écouté une interview récente de Pierre-Yves Rougeyron (Cercle Aristote) par Front Populaire
Pierre-Yves Rougeyron : face aux émeutes, la faillite de l’État ?
https://www.youtube.com/watch?v=O5VcKIrjHRQ
Quoique M. Rougeyron parle beaucoup trop vite et sans observer la politesse élémentaire des grands enseignants qui est d’articuler, comme le fait si admirablement le Pr. Jeffrey Sachs, pour laisser à ceux qui les écoutent le temps d’absorber ce qu’ils disent.
À propos d’« Éducation populaire », nous nous souvenons ici de l’infinie patience de feu Manuel de Diéguez dialoguant en ligne – par écrit – avec des lecteurs musulmans qui n’étaient pas des intellectuels mais qui voulaient le comprendre. Ces échanges restent un de nos souvenirs les plus chers.
Or, nous venons de voir M. Rougeyron déverser à toutes brides la conception qu’il a de la situation dans son pays et son opinion sur les événements en cours… en appelant « extrême gauche » la FAUSSE gauche de M. Mélenchon, sans dire un seul mot, jamais, comme si elle n’existait pas, de la VRAIE gauche – qui n’a pas besoin d’être extrême – de feu Leon Landini, dont les militants ne sont peut-être pas aussi voyants et nombreux que ceux dont ne cessent de nous abreuver les MSM (dont nous ne pensions pas que le Cercle Aristotepût faire partie). Après tout, il vaut mieux être peu nombreux qu’en mauvaise compagnie.
Pour soutenir son propos, M. Rougeyron appelle occasionnellement à la rescousse Lénine et Robespierre, en picorant adroitement dans leur immense parcours des détails censés conforter ce qu’il vient de dire, en faisant l’impasse sur tout le reste. C’est habile, certes, mais le regard de M. Rougeyron sur les classes dominées est celui des classes dominantes, pas le leur.
Et le discours s’éloigne à des années-lumière de ces deux surhommes dès qu’est abordé le chapitre de l’immigration. Là, on se croit plutôt chez M Zemmour. Ou chez Nigel Farage qui, après tout, est souverainiste aussi.
Ce discours – légitime parce qut tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut – est celui de la droite la plus classique. Mais la droite qui parle d’éduquer le populaire ne nous dit rien qui vaille. Nous avons déjà eu droit à tous les PS d’Europe qui ont, au XIXe siècle, pris la tête des mouvements ouvriers et autres classes dangereuses dont nous nous flattons d’être, pour mieux les paralyser. Ce coup de maître qu’a retenté M. Mélenchon en sortant du PS, d’après nous en service commandé (pour empêcher l’hémorrhagie de militants d’aller se regrouper ailleurs, peut-être même autour d’un embryon de vraie gauche ? Pas autour de ce qu’est devenu le PC en tout cas. Snif, snif.)
Et M. Rougeyron a le droit aussi d’appeler lumpen prolétaires les nervis fascistes venus d’Angleterre, de Hollande et autres endroits dégénérés de Scandinavie pour jouer les émeutiers adolescents, mais nous reconnaissons trop bien le schéma et les modus operandi – les intérêts surtout – de ceux qui les envoient. Oh, certains d’entre eux pourraient bien être issus du limpen ! Rien n’est impossible dans un chaos si bien organisé. C’est la généralisation qui nous gêne. Ils étaient quoi les récents incendiaires de Belfast ? Des bourgois dégénérés ou des crève-la-faim qui feraient n’importe quoi pour trois francs cinquante ? On ne peut être sûrs que des flammes et des cibles.
Et oui, certes, il y a le FN, le RN et tous leurs semblables, qui incarnent de leur mieux le plus jamais ça. Oserons nous dire qu’on les trouve trop petits-bourgeois pour être de vrais fascistes ? C’est qu’on a connu les autres, ceux de Léon Degrelle, de Franco et du maréchal Pétain. Mais enfin, ils sont encore assez utiles à la vraie droite au pouvoir. [Oui, on le sait que M Mélenchon, dans ses discours, soutient les Palestiniens et que Mme Le Pen va prendre des bains de soleil à Tel Aviv. Cela fait partie du théâtre hexagonal à l’usage des sans-dents assez naïfs pour tout gober.]
Nous, quand nous disons « la droite », nous parlons d’abord et avant tout de la bourgeoisie, ce mille-feuille où il y a tant de feuil!es.
Puisqu’on est ici en France, restons-y :
En l’An II, cette classe a pris le pouvoir en se coupant la tête après avoir coupé celles du roi, de la reine et de quelques autres au nom d’une égalité dont elle se contrefichait. Depuis, elle règne, ou du moins la partie la plus riche d’elle-même règne, aidée et soutenue par celle qui l’est moins mais qui s’identifie à elle,que ce soit par envie, par admiration ou autre chose.
M. Rougeyron ne fait pas partie de la couche ou si vous voulez de la feuille au pouvoir (celle des Bolloré et consorts). Il n’est pas assez riche. On croit pouvoir penser que ses notions ne lui viennent pas de sa famille. De son parcours personnel alors ? De ses études peut-être ?
L’étudiant moyen ne choisit pas ses maîtres : d’autres les ont choisis pour lui. Des autres qui ne sont pas désintéressés. Beaucoup plus qu’on ne croit de comportements humains dépendent de l’éducation reçue.
Et c’est ainsi que nous avons vu, dans les années qui ont immédiatement suivi 1968, paraître ici des livres ambitieux consacrés à La réforme de l’orthographe (et à la langue qui allait avec) et aux Maths modernes. Des livres qui consommaient à nos yeux d’autodidactes le meurtre et la destruction crapuleuse d’une Éducation Nationale arrivée à la hauteur où l’avaient hissée des siècles d’évolution, de luttes intellectuelles et d’efforts en tous genres, et qui étaient les œuvres d’enseignants !
Petit aparté :
Qui ne se souvient de Daniel Mermet (Là-Bas si j’y suis), parti célébrer à Hanoï on ne sait plus quel anniversaire, à qui des octogénaires indochinois devenus vietnamiens avaient récité des pages entières de Victor Hugo, et à la question « Que souhaitez-vous que nos auditeurs vous envoient pour vous faire plaisir ? » avaient répondu « des livres » ? Ces gens, dans leurs études et dans leurs malheurs de perpétuels agressés, avaient eu plus de chance que bien des petits Français ou Belges ou Suisses : ils avaient eu le genre d’enseignants auxquels, depuis des décennies, on fait barrage en Europe, pour s’aligner servilement, comme les auteurs des livres évoqués plus haut, sur la volonté américaine de rendre impuissantes les couches populaires, qui a malheureusement assez bien fait ses preuves aux USA.
Nous voilà bien loin en apparence de M. Rougeyron, mais pas tant que ça en fait :
Car les immigrés ou les descendants d’immigrés qui s’investissent de plus en plus dans le domaine éducatif – on parle ici, principalement, de la France – ont eu quelquefois des maîtres de l’espèce que les Républiques successives ont envoyé – pour s’en débarrasser at home parce qu’ils étaient mal-pensants ? – dans leurs colonies.
Nous pensons, nous, qu’ils sont les héritiers de ce qu’il y a eu de mieux dans ce pays et la seule chance qu’a l’Europe de renaître un jour de ses cendres.
Si on les laisse faire.
Et ceci est une allusion à la phrase du juge belge d’un procès célèbre, qu’«on» n’a pas, justement, laissé faire. Et comme l’histoire a le mauvais goût de se répéter, la même chose se passe aujourd’hui aux États-Unis.
Terminons sur un exemple national déjà évoqué, pardon pour la répétition : celle d’un immigré chinois, lauréat de l’université de Pékin, élève d’Albert Mathiez à la Sorbonne, dont la thèse de doctorat a été consacrée à nos ancêtres liégeois exilés en France jusqu’à la fin de la République jacobine et la colonisation de la Principauté par les Thermidoriens. Ce livre est le seul témoignage qui existe de la fin de notre république à nous, qui a pourtant duré pas loin de mille ans.
Albert Mathiez a aujourd’hui des successeurs de valeur : Mme Annie Lacroix-Riz pour commencer, Mme Florence Gauthier, M Yanick Bosc et leurs collègues de Révolution française notamment, et d’autres qu’on ne connaît pas.
Il faut se donner un peu de mal et aller les chercher. Pas à Sciences-Po à notre avis. Ni à l’université de Liège, où Pétrarque est pourtant venu un jour d’Avignon, à pied, consulter un livre qui ne se trouvait que là, mais où, aujourd’hui on vous dit « personne ne lit plus de livres-papier, voyons ! »
Que M. Rougeyron et nos lecteurs nous pardonnent : tout ceci nous a été inspiré par Assa Samaké Roman, les siens, sa sœur et quelques autres.
Toutes les communautés ont leurs bourgeois abusifs et leur lumpen (sauf Cuba). De nos maux, il vaut mieux chercher lesvéritables racines plutôt que les inventer en stigmatisant des chèvres expiatoires.
Mis en ligne le 25 octobre 2026
par Les Grosses Orchades







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