Pour que ceux qui n’étaient pas nés ne meurent pas idiots
Bernadette Devlin, épouse McAliskey
Militante des droits civils – Ex-députée (1969-1974)
Née à Tyrone en 1947, Bernadette McAliskey (née Devlin) a grandi au sein d’une famille ouvrière de six enfants. Avant de mourir, alors qu’elle avait neuf ans, son père lui a enseigné l’histoire politique irlandaise, ce qui, entre autres, allait influencer son parcours de vie. Les conditions d’existence de la famille après le décès de son père, sa mère dépendant de l’aide sociale pour subvenir à leurs besoins, l’ont amenée à adopter des convictions socialistes. Bernadette n’était encore qu’une adolescente lorsque sa mère est morte à son tour., la laissant seule pour aider à élever ses jeunes frères et sœurs tout en poursuivant ses études supérieures.
« Je proviens d’une longue lignée de femmes fortes. Ma mère et ma grand-mère étaient toutes deux veuves. La pauvreté dans laquelle j’ai grandi confère aux femmes une certaine force et une certaine créativité, parce qu’il faut qu’elles se débrouillent. »
À l’université Queens de Belfast, Bernadette s’est engagée en politique et, le 9 octobre 1968, elle a fondé avec d’autres « People’s Democracy » – une « organisation non partisane et apolitique fondée sur la simple conviction que tout le monde a droit à une vie décente ». Cette organisation a été créée dans la foulée de la marche pour les droits civiques du 5 octobre à Derry, où la RUC (Royal Ulster Constabulary) avait dispersé les manifestants pacifiques en les chargeant à la matraque
La People’s Democracy s’est mise à organiser des sit-in et des marches pour réclamer l’égalité pour tous, et Bernadette est devenue une oratrice compétente.
À l’issue d’une élection partielle en avril 1969, Bernadette a été élue à Westminster devenant, à 21 ans, la plus jeune femme jamais élue à Westminste, ce qu’elle est restéer jusqu’à ce que ce record soit battu en 2015.
Après avoir pris part à la « bataille du Bogside » en août 1969 – trois jours d’émeutes qui ont vu les habitants catholiques se soulever contre la discrimination exercée par la RUC –, Bernadette est allée aux États-Unis. Là, elle a rencontré des membres du Black Panther Party – une organisation politique marxiste-léniniste du mouvement Black Power – et leur a apporté son soutien. Plus tard, quand on lui a remis la clé de la ville de New York sur son chemin du retour en Irlande du Nord, elle l’a offerte à un représentant des Black Panthers.
« … “Mon peuple” – ceux qui connaissaient l’oppression, la discrimination, les préjugés, la pauvreté, et la frustration et le désespoir qu’ils engendrent – ce n’étaient pas les Irlandao-Américains, c’étaient les Noirs, les Portoricains, les Chicanos… »
De retour chez elle, elle allait être condamnée, en décembre, pour incitation à l’émeute dans la ataille du Bogside et passer quelques mois en prison. Elle allait aussi faire face à d’âpres critiques et à du sexisme en provenance de partout.
« J’ai du mal à prendre […] Bernadette Devlin au sérieux. Une figure de proue de la lutte pour les droits civiques des catholiques irlandais devrait avant tout se conformer aux enseignements spirituels et moraux de l’Église catholique. Bernadette Devlin en minijupe se conforme aux tendances populaires à la mode d’un monde impie et les renforce. » – Chroniqueur irlando-américain du Belfast Telegraph, 1970
« Nous sommes écœurées par ce que nous avons vu à la télévision : notre courageuse policie attaquée par une horde de voyous ! […] Hier soir, nous avons vu Devlin et « son peuple » sous leur vrai jour. Ces gens devraient simplement prendre le temps de réfléchir quelques minutes et remercier Dieu de vivre en Ulster. S’ils vivaient n’importe où ailleurs, ils seraient morts de faim… » – « Cinq femmes au foyer qui travaillent », lettre à la rédaction du Belfast Telegraph, 1969, à la suite de la bataille du Bogside.
19 juillet 2022
En 1972, Bernadette a été témoin du massacre du Bloody Sunday (Dimanche sanglant) à Derry, au cours duquel 14 personnes manifestant contre les internements ont été abattues. Plus tard, à la Chambre des communes, on a refusé à Bernadette le droit de prendre la parole – alors qu’une disposition parlementaire stipulait que tout député ayant été témoin d’un incident faisant l’objet d’un débat devait se voir accorder la possibilité d’en parler. Lorsque le ministre de l’Intérieur, Reginald Maudling, a menti en déclarant que les parachutistes britanniques qui avaient tiré sur des civils étaient en état de légitime défense, Bernadette a traversé l’hémicycle et l’a giflé. « [Le Dimanche sanglant a marqué la fin du mouvement des droits civiques et le début de la lutte armée », a-t-elle déclaré plus tard. « C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience du fait que le prix à payer pour pouvoir revendiquer l’égalité des droits dans votre société, c’était que votre gouvernemeo e
Au cours des années suivantes,, Bernadette a contribué à la création du Parti Socialiste Républicain Irlandais (IRSP) avant de rejoindre au Parti Socialiste Indépendant. Elle a aussi apporté son soutien aux détenus qui ont fait la « grève des couvertures » et la « grève de la saleté » à la prison de Long Kesh, puis aux grévistes de la faim du début des années 1980.
En 1981, Bernadette et son mari ont tous deux essuyé de multiples tirs par balles en présence de leurs enfants, à l’intérieur de leur maison de Tyrone, par les Ulster Freedom Fighters (Combattants de la Liberté de l’Ulster) ,nom de code de la formation d’extrême-droite Ulster Defence Association (UDA ou Association de Défense de l’Ulster). Bien que des soldats britanniques surveillant la maison se soient constamment trouvés à l’extérieur sans jamais être vintervenus. Et sans jamais non plus avoir tenté d’empêcher les tueurs d’entrer.
After this, Bernadette began to campaign locally and work with women in her estate. In 1997, she co-founded STEP (South Tyrone Empowerment Programme) to research and campaign across many areas such as housing, legal rights, water charges etc. More recently, her work has involved trying to help migrant workers in the community.
Par la suite, Bernadette a commencé à miiter au niveau local et à travailler avec les femmes de son quartier. En 1997, elle a cofondé le South Tyrone Empowerment Programme (SEP = Programme d’autonomisation de Tyrone Sud) dans le but de mettre en train des recherches et des actions militantes dans de nombreux domaines tels que le logement, les droits juridiques, la facturation de l’eau, etc. Et plus récemment, son travail a consisté à venir en aide aux travailleurs migrants de la communauté.
« Je fais ce que j’ai toujours fait. Il s’agit toujours de garantir à chacun le droit de réaliser son potentiel et de ne pas pouvoir en être privé à cause des préjugés d’autrui. »
Sourcess :
Moreton, Cole, ‘Bernadette McAliskey: Return of the Roaring Girl,’ online at: https://web.archive.org/web/20081211164929/http://www.independent.co.uk/news/people/profiles/bernadette-mcaliskey-return-of-the-roaring-girl-951825.html [accessed 8 July 2022].
Belfast Telegraph, 13 July 1970.
Belfast Telegraph, 15 Aug. 1969.
Lewis, Jone Johnson, ‘Bernadette Devlin Profile,’ en ligne sur https://www.thoughtco.com/bernadette-devlin-biography-3530416 [consultés le 8 July 2022].
« Bernadette Devlin », sur : A Century of Women (Un siècle de femmes), en ligne sur : https://www.acenturyofwomen.com/bernadette-devlin/ [consulté le 7 July 2022].
« BERNADETTE MCALISKEY », en ligne sur : https://hozier.com/activitsts/bernadette-devlin/ [consulté le 6 juin 2022].
« BERNADETTE DEVLIN’S MAIDEN SPEECH TO PARLIAMENT (1969) » en ligne sur : https://alphahistory.com/northernireland/bernadette-devlins-maiden-speech-parliament-1969/ [consulté le 8 juillet 2022].
Notre source : https://www.herstory.ie/news/2022/7/8/bernadette-devlin-mcaliskey
URL de cet article : https://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/pour-que-ceux-qui-netaient-pas-nes-ne-meurent-pas-idiots/






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