Céline : Faut-il republier les pamphlets ?

 

Théroigne  – 11.11.2020

 

 

 

 

Rien que poser la question est méprisable !

Qu’il s’agisse des écrits de Céline ou de n’importe qui. Qu’il s’agisse de politique, de religion ou de littérature. Vouloir contrôler/régenter les lectures de ses semblables est de la part de quiconque d’une insurpassable outrecuidance. À plus forte raison dans l’état actuel des pouvoirs qui sévissent en Europe (laissons les autres continents s’occuper de leurs affaires).

C’est une question de principe : le principe qui veut que chacun soit libre, maître et responsable de soi. Mais comme l’a dit George Bernard Shaw – et dieusait qu’il avait raison ! – la liberté implique des responsabilités, c’est pour ça que tout le monde la réclame et que personne n’en veut. Et comme personne n’en veut, il y a des présomptueux qui la raflent à leur profit, comme ils s’administrent de la chloroquine avant de l’interdire à tout le monde, et qui se permettent de dire ce que vous pouvez faire et pas faire.

Soyons sérieux.

On lit bien le marquis de Sade, pourtant déclaré fou tordu. On le lit sans (plus) se préoccuper des ravages que ses écrits pourraient faire courir à des esprits faibles…

Le fait est, voyez-vous, que tous les esprits sont faibles au départ et qu’il n’y a pas trente-six manières de s’y prendre pour qu’ils ne le soient plus ou le soient moins : les aguerrir. En fuyant le danger ? C’est ça que vous voulez ? Jouer à Gribouille ?

 

 

 

 

Donc, pour vous muscler l’esprit (et la conscience) il faut lire tout ce que vous pouvez, en vous armant de curiosité et d’esprit critique. S’il vous arrive de vous tromper, si vos lectures vous font du mal : léchez vos plaies et repartez à l’attaque, vous finirez bien par être invincibles.

Mais, bon sang, ils vous prennent pour quoi ? Ils se prennent pour qui, ceux qui vous interdisent de faire ceci cela ?

Imaginez les mirliflores illettrés-analphabètes encocaïnés jusqu’au yeux, qui se sont agrippés au gouvernail de la barque où ils sont en train de vous faire couler, allant dire à Einstein qu’il y a des choses qu’il ne peut pas lire ? Vous imaginez l’énormité de la boursouflure ?

Vous croyez qu’on vous empêche de lire Céline pour vous protéger ? Par déférence envers les Juifs ? Mon cul ! aurait dit en d’autres temps Zazie. La limpidité de votre âme et les sentiments des juifs, ils s’en torchent. Ces choses-là, c’est pour l’alibi. Ce qu’ils ne veulent pas, en revanche, c’est que vous sachiez ce qu’il a tenu à vous dire, même s’il l’a fait en déraillant. Car, ce qu’ils ne veulent pas que vous sachiez LES CONCERNE. Et soyez sûrs qu’ils ne laisseront jamais facilement ouvrir son clapet à celui qui leur dira qu’ils ont le cul à l’air et qu’on voit leurs fesses. Sachez aussi qu’ils ne pourront jamais le faire taire qu’avec votre aide.

Sans compter, pour en revenir au cas présent, que Céline est vraiment un des deux plus grands écrivains français de tous les temps, et que c’est votre héritage dont vous spolient ces abusifs.

Pour neutraliser le premier des deux, ils s’y sont pris autrement : ils vous ont dit qu’il était drôle, ah, ha, ha, quoiqu’un peu vulgaire et ça a marché. Si, comme vos, pères, vous manquez de curiosité, si vous les croyez, ce sera tant pis pour vous.

Je ne vous ai pas déjà raconté ?… la tristesse et la rage de Dario Fo, prix Nobel (de littérature, pas de la paix, ça c’est pour les tueurs), lorsque, voulant honorer les Français, euh… enfin… disons les Parisiens, il a appris par cœur deux ou trois grande pages de Rabelais, en français du XVIe siècle, d’une somptuosité à ne pas croire, et s‘est aperçu que malgré son immense talent il faisait un bide, que personne ne comprenait ce qu’il disait, ne savait de quoi il parlait, n’avait la moindre idée de qui c‘était « Rabelais ». La honte !… C’est lui, l’étranger, qui l’a ressentie, pas eux. Vous voyez où vous en êtes, à vous laisser mener par le bout du nez, à obéir à des péteux faux-derches ?

Et c’est Gallimard qui vous donne des leçons de morale ? Ah, bon.

 

 

 

 

Il faut lire tout Céline, pamphlets compris.

Il faut lire tout Tardi, qu’il illustre Céline, la Commune ou la guerre. Les illustrations valent les textes et vice-versa.

 

 

 

 

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/celine-faut-il-republier-les-pamphlets/

 

 

9-11 novembre 2020

 

 

0 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *