Les écrivains français de la Grande guerre

 

 

 

 

 

 

Comme je l’ai dit, ils sont nombreux, au premier rang desquels Cendrars, qui a laissé un bras dans la mêlée, le second, Apollinaire, qui n’en a réchappé – blessé – que pour mourir aussitôt.

Rappelons que Cendrars et son bras jouent un certain rôle dans le roman d’Aleksandar Gatalika, À la guerre comme à la guerre, évoqué dans notre Armistice I.

 

 

Liste des écrivains-soldats français de la Première Guerre mondiale

(Wikipedia)

 

 

En outre :

Voici une liste de livres que proposait Babelio avant la célébration du centenaire de la guerre :

https://www.babelio.com/liste/616/La-Guerre-de-14-18

 

 

Ils sont loin d’y être tous et comme chacun de nous a peu de chances de les lire exhaustivement, il faut aller les chercher, là ou ailleurs, selon ses affinités.

On peut dire qu’à la fin de la deuxième, beaucoup lisaient encore ceux-ci :

 

 

 

Henri Barbusse

Le Feu

Larousse

96 pages

3 €

Voici, relaté par un combattant de première ligne, le quotidien des poilus dans les tranchées : c’est l’horreur absolue. Premier roman de guerre, Le Feu bouleverse tous les codes romanesques. Comment redonner la parole à ces combattants ? Barbusse invente un genre, façonne une nouvelle langue et soulève de grandes questions, d’amère actualité. Pourquoi la guerre ? Est-il possible de l’éradiquer à jamais ? Un siècle après sa parution, Le Feu reste un livre choc.

 

 

Roland Dorgelès

Les croix de bois

Le livre de Poche

283 pages

5,90 €

Les Croix de bois, chef-d’œuvre de Roland Dorgelès, engagé volontaire, est un témoignage exceptionnel sur la Première Guerre mondiale.

Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d’une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi sa bouffonnerie, son quotidien et ses moments d’exception.

 

 

 

Gabriel Chevallier

La peur

Le Dilettante

343 pages

6,51 €

Paru en 1930, ce livre, largement autobiographique et dont le titre était un défi, raconte la terrible expérience des combattants de 14-18 face à la férocité et l’inutilité de cette guerre. Au Dilettante, nous n’abusons pas des superlatifs mais il s’agit sans nul doute d’un chef d’oeuvre… Écoutons Jacques Tardi : « Tout le monde devrait lire et relire La Peur. »

Ce livre fut interdit en 1939

 

 

Leon Werth

Clavel soldat

Viviane Hamy

380 pages

11,20 €

En 1914, Werth a 36 ans. Libertaire, antimilitariste, jauressien, il croit à l’internationalisme. Pourtant, comme nombre de ses camarades, il part volontaire pour le front afin de défendre son idéal d’homme libre qui va faire « la guerre à la guerre », à cette guerre, la dernière. Il y restera 15 mois. Aussi biographique soit-il, Clavel soldat (rédigé entre 1916 et 1917) est avant tout un magnifique roman. Léon Werth fait surgir des figures fortes tels Vernay ou Mourèze ; les scènes qu’il décrit, hurlantes de terreur, de douleur mais aussi d’humanité ressemblent étonnamment aux tableaux des plus grands peintres dont il a si bien parlé.

Par le dédicataire du Petit Prince.

 

 

Blaise Cendrars, l’amputé

 

 

Blaise Cendrars

J’ai saigné

Nouvelle,

Hatier

96 pages

En 1915, le narrateur est amputé du bras droit, puis conduit à l’hôpital de Châlons-sur-Marne pour y être soigné. Là, il est confronté à la souffrance de ses compagnons, mais rencontre également des femmes au grand coeur, telle l’infirmière en chef, Madame Adrienne…
Dans ce court récit autobiographique, Cendrars raconte les souffrances et le chaos engendré par la Grande Guerre et rend hommage à ceux qui, par leur courage et leur générosité, l’ont transformé en aventure humaine.

 

Blaise Cendrars

La main coupée

Roman,

Folio Gallimard

447 pages

9,10€

– Comment, vous ne savez pas ? Asseyez-vous… Ce n’était pas encore l’heure du thé. Nous étions seuls dans la boutique. Et tout en me faisant goûter des bouchées au chocolat, grignoter des petits fours et déguster un verre de xérès, la nouvelle confiseuse, qui était veuve de guerre, me raconta avec beaucoup, beaucoup de détails, qui avaient tous trait à sa propre situation, comment Claire s’était pendue dans son fournil le jour où un message officiel d’Angleterre lui avait appris la mort atroce de son frère… Salut cher Blaise Cendrars ! tu es musicien. Salut ! Et gloire à toi ! Autant que des autres, nous avons besoin des poètes de la nuit et de la désolation. Autant que de diatribes au vitriol, nous avons besoin de mots réconfortants – et tu nous les apportes ! (Henry Miller)

 

 

Guillaume Apollinaire, le blessé

mort « de la grippe espagnole » l’avant-veille

de l’Armistice : 9 novembre 1918

 

 

Guillaume Apollinaire

Poèmes en guerre : 31 juillet 1914-9 novembre 1918

édition établie et préfacée par Claude Debon,

Paris, Les Presses du Réel, 2018.

510 pages

30 €

(L’ensemble des poèmes écrits par Apollinaire entre 1914 et 1918, réunis pour la première fois, méticuleusement retranscrits d’après les « manuprimes », eux-mêmes reproduits en annexe.)

Des quelque trois cents poèmes écrits par Apollinaire entre la déclaration de guerre le 31 juillet 1914 et sa propre mort le 9 novembre 1918, seul environ un tiers fut publié de son vivant. Le reste n’a été révélé que tardivement, comme les Poèmes à Lou, ou a été dispersé dans des publications posthumes. Il manquait un ouvrage permettant d’appréhender l’ensemble de cette création. En substituant aux rassemblements plus ou moins arbitraires une simple juxtaposition au jour le jour, les Poèmes en guerre déroulent une histoire quotidienne où chaque destinataire reprend sa place et son rôle dans le drame vécu par le poète. Ainsi apparaissent plus clairement, mais souvent entre les lignes et dans le non-dit, la détresse, l’angoisse de mort et les recours sans lesquels le soldat ne pourrait « tenir » : l’amour, les amitiés, la capacité de résilience grâce à l’écriture poétique, toujours prête à cueillir « le mystère en fleurs ». Celui qu’on a trop souvent dépeint comme un va-t-en guerre ne manque rien de la terrible réalité. Pontife et araignée, il tisse les liens qui le retiennent en haut et en bas, impuissants cependant à le détourner de son destin tragique. Claude Debon

 

 

Guillaume Apollinaire

Calligrammes : Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)

Belin – Gallimard, 2008

224 pages

5,60 €

Prenez des lettres, des mots, des phrases. Disposez-les sur une feuille blanche de façon que les phrases, les mots, les lettres composent des figures… Alors que la guerre de 14-18 accable le monde, dans le même temps, l’esprit nouveau surgit et souffle sur la poésie avec enthousiasme. Le poète-soldat Apollinaire ouvre des horizons : du jamais vu et du jamais lu. Des questionnaires progressifs de compréhension et d’analyse du texte. Des exercices de lecture d’images. Des exercices de vocabulaire à partir de champs lexicaux. Des travaux d’écriture. Une interview imaginaire de Guillaume Apollinaire. Les grands thèmes de l’oeuvre 1. Les images de la modernité 2. La guerre. Deux groupements de textes 1. Poésie à lire, poésie à voir 2. Le spectacle horrible et fascinant de la guerre. Recommandé dès la classe de 5e.

 

 

 

 

La « Mareye » évoquée sur l’aile de la Colombe est une Marie liégeoise qu’Apollinaire a dû connaître lors de son séjour en Ardenne : à Stavelot pour être précis, où l’on a gardé le souvenir de son passage et où on lui a, dans l’Abbaye, consacré un musée. C’est ici :

https://www.abbayedestavelot.be/fr/musees/musee-guillaume-apollinaire 

 

 

 

Apollinaire et Cendrars

 

L’enterrement de Guillaume Apollinaire

raconté par Blaise Cendrars

 

 

 

 

Apollinaire et Léautaud

 

 

         Léautaud

À Propos d’une édition critique du Journal littéraire de Paul Léautaud

 

 

La mort de Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire n’est pas mort du Covid-19 mais d’un de ses ancêtres les plus meurtriers qui aient été, la grippe dite espagnole.

Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky est né à Rome où son père officiel, polonais, occupait la fonction harassante de camérier honorifique du pape. Apollinaire est donc son cinquième prénom. De nombreux sites web donneront aux curieux d’autres détails, fort bien documentés.

Guillaume Apollinaire passe sa jeunesse à Monaco et à Cannes avant de « monter » à Paris en 1900. Il a vingt ans, Paul Léautaud vingt-huit.

C’est justement à vingt-huit ans que Guillaume Apollinaire est apparu pour la première fois dans le Journal de Paul Léautaud, le mardi 17 novembre 1908, un des mardis de Rachilde. PL, à son habitude, démolit tout le monde :

 

Edmond Pilon, empaqueté dans une redingote noire trop grande pour lui, sa tête rouge et fadasse mal posée sur les épaules. Toute l’allure d’un porteur d’eau[1] qui vient demander ses étrennes. Guillaume Apollinaire, la physionomie en cul de poule. Je les dépeignais à van Bever, dans un coin, riant tous les deux. Apollinaire à deux pas de nous. Derrière lui, le dessinateur Rouveyre, nous regardant d’un air méfiant. Van Bever dit à Apollinaire : « Hein ? Vous pensez que c’est de vous qu’on rit. Vous vous dites : Ils se payent ma tête ? » Apollinaire s’en défendant, je lui dis : « Vous savez, on ne fait pas seulement les caricatures des gens avec des traits. On les fait aussi avec des paroles… » Cela a paru dérider un peu Rouveyre, le nouveau grand homme de Gourmont[2].

 

Puis la guerre est venue. Le décret de mobilisation paraît le premier août 1914. Le Polonais Guillaume Apollinaire n’est pas concerné mais veux s’engager. Le dix août il dépose une demande d’engagement volontaire assortie d’une demande de naturalisation, refusée. Une seconde demande sera acceptée en décembre. Après les mois d’entraînement il sera affecté en Champagne en avril 1915. En mars 1916 Guillaume Apollinaire est enfin naturalisé mais huit jours après il est blessé à la tempe par un éclat d’obus alors qu’il lit tranquillement le Mercure de France dans sa tranchée[3]. Il sera trépané en mai. C’est peu après, peut-être à hôpital de Val-de-Grâce, que sera prise la célèbre photo, anonyme, où on le voit le front bandé. Les cheveux ont à peine repoussé. Il ne retournera plus au combat et sera affecté dans un bureau.

Pour une raison que nous ignorons encore, Paul Léautaud a interrompu son Journal à la mobilisation de 1914 pour ne le reprendre qu’un an plus tard, le sept août 1915 sans rien indiquer, au point qu’une perte de son manuscrit — jamais mentionnée — soit toutefois envisageable.

Ce qu’il nous reste de cette première période sont quelques lettres. Nous commencerons en 1915.

 

À Guillaume Apollinaire[4]

Fontenay-aux-Roses, le 1er janvier 1915.

Mon cher Apollinaire,

J’ai bien reçu votre lettre, curieuse, surprenante, touchante. J’ai des soucis aujourd’hui. Je vous répondrai dans quelques jours.

Je vous adresse mes vœux, mon cher ami. Vous savez mon amitié pour vous, en effet. Plus d’une fois, tous ces derniers mois, je me suis demandé où vous pouviez bien être, et à quoi faire ?
Je vous serre bien affectueusement la main.

Paul Léautaud

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Source : https://leautaud.com/mort-apollinaire/

 

 

 

 

 

 

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9-11 novembre 2020

 

 

 

One Responses

  • Sémimi

    A côté de l’ancien Secrétaire perpétuel De l’Académie française, Maurice Genevoix, Henri Barbusse est assurément l’écrivain qui a fourni dans Le Feu, le tableau le plus vrai et le plus réaliste de l’enfer de la guerre de 14 . Les dialogues sans concessions sont restitués dans un langage direct, violent, y compris dans l’argot des tranchées . Bien qu’un prix Goncourt ait couronné le roman dès 1916, « la monstrueuse et dégoûtante horreur de la guerre » indisposait d’autant plus les notables de l’arrière que dès 1919 , dans Clarté, Barbusse enfonçait le clou et dénonçait dans le capitalisme le véritable fauteur de la boucherie. Assurément, Barbusse n’était pas panthéonisable.

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