Certains sont en train de se faire tabasser et sodomiser par « l’armée la plus morale du monde », mais il en vient d’autres.

 

 

 

Dernière minute

Une fois n’est pas coutume, on commence aujourd’hui par les niouzes de dernière minute, à savoir que les dégénérés bandits israéliens n’ont aucun complexe à faire savoir qu’ils attaquent les civils non armés d’une flotille d’aide protestataire avec des balles à revêtement nucléaire et qu’ils torturent et sodomisent gaîment ceux des passagers dont ils peuvent se saisir.

Avec l’assentiment de la « Communauté Intertnationale » (beurk !) qui n’a pas le temps de s’occuper de ça, elle a foot.

Concomitamment, les répugnants tarés du Trump’s Gang ne sont pas du tout gênés de lancer un mandat d’arrêt contre Raùl Castro, qui devrait souffler, s’il en a la force, ses 95 bougies le 3 juin prochain, dans la dernière ligne droite d’une vie précieuse à l’humanité par son exemple, pour avoir laissé abattre, en 1996, au-dessus de son pays, où ils n’avaient que faire, deux avions U.S. venus apporter des armes à d’innocents envahisseurs vendus à l’étranger, alors qu’il y avait d’intouchables ressortissants US à bord.

On ne peut plus sortir sans un bassin pendu à la ceinture, pour éviter, en dégueulant, de souiller d’innocents trottoirs.

Il n’y a pas un animal au monde qui serait capable d’autant d’abjection.

Pour tomber plus bas que ces ni gens ni bêtes, il faut crever la croûte terrestre.

PS : On ne parle pas souvent de Nicholas et Cela Maduro, mais on y pense tous les jours.

Les Grosses Orchades

 

 

 

 

Hasta la victoria, siempre !

 

 

 

 

Pendant que le monde s’étripe,

il y a des gens qui réfléchissent

 

 

Quand M. Wang Yi,

qui n’ose pas affronter M. Sergueï Lavrov, esquive le sommet des BRICS

 

 

On en déduit que :

 

Le voyage à Pékin de M. Vladimlir Poutine ne va pas être une partie de plaisir.

 

(Il en est maintenant revenu, et vous êtes peut-être fixés)

 

 

Parce qu’on a déjà compris que :

 

 

 Les BRICS, c’est mort

 

Et aussi que :

 

Il n’y a d’alliés sûrs que ceux qui ne vous trahissent pas.

 

 

 

Ces considérations désenchantées vont vous être ici exposées grâce à quelques réinformateurs sans peur et sans reproche, qu’il convient de remercier avec toute l’admiration que leur rigueur et leur ndépendance inspirent.

 

Commençons par M. John Helmer

(Dances with Bears)

qui nous parle du sommet des BRICS à New Delhi

 

 

L’aide du fMI À l’Ukraine…

 

La Russie vote contre. L’Inde s’abstient. La Chine vote pour [!]

Et autres secrets que Lavtov vient juste d’exposer

 

 

John Helmer  –  Dances with Bears –  17 mai 2026

Traduction : c.l. pour L.G.O.

 

 

« J’espère ne pas révéler un grand secret », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (photo ci-dessus), lors de sa conférence de presse à l’issue de la réunion ministérielle des BRICS qui s’est tenue à Delhi vendredi 15 mai.

Mais c’est pourtant exactement ce qu’il a fait

En faisant allusion à la Chine concernant son vote en faveur de l’octroi de prêts à l’Ukraine par le Fonds monétaire international (FMI) ; à l’Inde pour avoir empêché l’adoption d’une déclaration commune des pays des BRICS en soutien à la défense de l’Iran dans la guerre que lui livrent les USA et Israël ; et en n’ayant pas été explicites à l’égard des  États-Unis, particulièrement au sujet de leur négociateur Steven Witkoff pour sa duplicité lors des négociations sur la « formule d’Anchorage .,.

Lavrov répondait aux questions de la presse. L’une d’elles était la suivante : « Les pays des BRICS partagent-ils le point de vue selon lequel la crise ukrainienne touche à sa fin, et peuvent-ils y contribuer d’une manière ou d’une autre ? »

 

 

Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, troisième à partir de la droite, s’entretenant avec le vice-ministre des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, Walidd ben Abdulkarim, deuxième à partir de la droite, en présence du ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyan Jaishankar, à l’extrême droite, du ministre sud-africain des Affaires étrangères Ronald Lamola, deuxième à partir de  la gauche, du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, à l’extrême gauche, et du vice-ministre vietnamien des Affaires étrangères Nguyen Hang, troisième à partir de la gauche.

 

 

,Ccliquez ici. pour visionner l’intégralité de la présentation vidéo de Lavrov Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, ou tout autre représentant gouvernemental de rang équivalent, brillait par son absence sur la photo et à la conférence. C’est l’ambassadeur de Chine en Inde qui l’a remplacé, Pékin ayant de la sorte signalé qu’il accordait moins d’importance aux BRICS après la rencontre au sommet avec le président Donald Trump.

Dans sa réponse, Lavrov a directement abordé le rôle que jouent les principaux États des BRICS dans le financement de la guerre de l’Ukraine. « Lors des réunions d’aujourd’hui et d’hier, j’ai présenté à mes partenaires, de manière très détaillée, nos analyses de la situation actuelle autour de l’Ukraine. Cela comprenait des questions inscrites à l’ordre du jour (du sommet) des BRICS, telles que la réforme du système de gouvernance mondiale. Si on examine les institutions de Bretton Woods sous cet angle, il convient de prendre en compte les statistiques des trois ou quatre dernières années. Je ne me rappelle pas, de mémoire, du chiffre exact, et je ne peux pas garantir la précision du montant, mais regardez quels pays ont reçu des prêts et comparez ces prêts entre eux. Au cours des trois ou quatre dernières années, l’Ukraine a reçu du Fonds monétaire international (je peux me tromper très légèrement) des prêts représentant environ 600 % de sa quote-part, autrement dit six fois la quote-part à laquelle elle pouvait prétendre. Ce montant est plusieurs fois supérieur aux prêts reçus par l’ensemble des pays africains au cours de la même période. Cela illustre clairement la manière dont les institutions de Bretton Woods sont actuellement gérées, et dans l’intérêt de qui. Ce n’est certainement pas dans l’intérêt d’une gouvernance mondiale équitable. »

Lire la suite

URL de cet article : : https://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/laide-du-fmi-a-lukraine/ 

 

 

 

 

Les BRICS morts ?

 

On l’avait vu venir, non ? Après que l’Inde, membre de plein droit, ait plongé la tête la première dans le chaudron de sorcières US/Israël contre l’Iran, membre de plein droit aussi, il fallait bien que quielque chose se passe !

C’est Pepe Escobar, bricso-et-sinophile indiscutable, qui le reconnaît ici, dans un échange crépitant d’honnêteté avec Suleiman Ahmed.

C’est de Pékin où il se trouve qu’il parle.

 

 

Les BRICS, c’est mort.

 

[ BRICS IS DEAD ]

 

Pepe Escobar – Suleiman Ahmed –  Moral Resistance

 

(Tentative de)

Traduction de la transcription : L.G.O.

 

 

 

 

Transcription :

SULEIMAN AHMED  – Pourrait-il y avoir un scénario où l’on aurait la Chine, la Russie, et peut-être maintenant l’Iran ? Vous en avez parlé lors de la dernière émission, une sorte de triade ou… vous savez, une organisation tripartite, avec d’autres acteurs par dessous. Ou peut-être pourrait-on même avoir la Chine et la Russie, puis d’autres acteurs à différents niveaux ou je ne sais quoi, mais en ce qui concerne spécifiquement les BRICS, je n’ai jamais pensé que ça marcherait. J’aimerais bien savoir ce que vous en pensez.

 

PEPE ESCOBAR – Je suis d’accord avec vous, Suleiman. Je me suis peut-être montré trop idéaliste. Vous savez, j’ai suivi de très près le projet «BRICS » ces derniers temps : avant le sommet de Kazan en Russie et avant le sommet de Rio l’année dernière. J’ai toujours essayé de promouvoir les BRICS. J’ai tout le temps parlé aux sherpas. Parce que, vous savez, je crois que ça pourrait marcher. Mais c’étai, tout ça, c’était jusqu’à l’année dernière. Cette guerre change tout.  Vraiment tout. Et… même avant le début de la guerre : avec cette visite de Modi en Israël qui a fait exploser les fondations de l’intérieur, mais à très grande échelle,… Ppuis leur refus [aux BRICS, NdT]  de condamner la guerre contre l’Iran ! Jamais, jamais ils ne l’ont fait. Voilà, c’est comme ça. Et au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai, il y a même une certaine entente entre l’Inde et le Pakistan – pardon, entre l’Inde et le Pakistan, et entre l’Inde et la Chine –, mais au sein des fondations, d’après ce que j’ ai suivi ces dernières années, c’est Poutine qui était le ciment. Donc Poutine était le seul à pouvoir, vous savez, réunir Modi et Xi dans la même pièce, à la même table, et leur dire à tous les deux : « Bon, maintenant, nous sommes assis ici tous les trois et vous allez discuter de vos problèmes face à face ». C’était donc lui le ciment, et c’est pourquoi ça commençait à fonctionner au sein des BRICS. Mais maintenant, après la guerre contre un membre à part entière des BRICS, et avec deux autres membres qui lui sont fondamentalement opposés, l’organisation est en train de voler en éclats. Donc… c’est une question qu’on devrait poser à notre grand ami Sergueï Lavrov, ce que j’ac bien l’intention de faire la prochaine fois que je serai en Russie. C’était un fervent partisan des BRICS et il a travaillé d’arrache-pied pour ce groupe, notamment avant le sommet de Kazan. Quant à Sergueï Ryabkov, le numéro deux du ministère des Affaires étrangères, c’est un homme brillant et le principal représentant russe auprès des BRICS. Il occupera sans doute à nouveau ce poste cette année, avant qu’ils ne soient tous au tapis. Mais comment va-t-on pouvoir recoller les morceaux ?

 

SULEIMAN – C’est bien malheureux, mais votre analyse est juste : vu la façon dont les choses tournent actuellement, c’est même impossible. Surtout si on écoute ce que disent les Indiens. Ce que je veux dire par là, c’est que l’Inde a infiltré les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni. Prenons l’exemple de Vivaswami : son grand-père est membre du BJP [le parti de Narendra Modi, NdT], et aux USA, vous avez des gens comme Viv Ramaswan (?) ou Nikki Haley, qui soint tous extrêmement proches d’Israël, tous sionistes. Et l’une des choses qu’ils disent toujours… ils le disent en privé, mais en fait, quand j’ai interviewé Vivc, il l’a laissé échapper… et ce qu’il a dit, c’est «  ce vers quoi nous poussons essentiellement les choses aux États-Unis, c’est de faire  diminuer leur commerce avec la Chine et de faire augmenter celui qu’ils entretiennent avec l’Inde ». Donc toute cette infiltration indienne a toujours eu pour but de s’immiscer dans les affaires des USA. Je ne pourrais jamais…  personne ne peut… leur faire confiance en tant que partenaire. Leur partenariat « avec les BRICS » n’a jamais été qu’un moyen de les rapprocher des USA. Mais le problème, avec les États-Unis, c’est qu’ils ne se laisseront faire que si le Pakistan s’éloigne d’eux. C’est donc une situation assez complexe, voire très complexe.

Lire la suite…

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Tout ça n’est évidemment qu’une histoire de corridors concurrents. Et elle n’est même pas nouvelle.

 

 

Le Détroit d’Ormouz de l’Âge du Bronze:

C’est eclui des Dardanelles et de la Guerre de Troie vu de l’espace.

 

Déjà, la guerre de Troie, c’était l’empire grec (débutant, pas finissant) qui voulait  voler aux Troyens leur passage vers l’Asie.

Avec une armada aussi pire que celle d’aujourd’hui et un blocus de dix ans, dont aucun des vainqueurs ne devait rentrer chez lui en triomphateur, mais, bien au contraire, après une errance de dix autres années, pour affroner des populations révoltées, voire des épouses justicières.

Et les revoilà, les descendants des Agamemnon, Ménélas, Achille, Ulysse, Ajax et consorts, aujourd’hui cul-et-chemise avec les sionistes, occupés à participer au blocus de Téhéran et à saboter la Belt-and-Road des Chinois.

C’est Dimitri Lascaris qui vous en administre implacablement) la preuve.

Profitons-en pour dire toute l’admiration que nous portons à son remarquable travail de combattant solitaire, qui a décidé de vouer entièrement ce qu’il lui reste de vie à la défense des Palestiniens.

 

 

 

L’Iran porte un coup fatal au corridor IMEC (Inde-Moyen-Orient-Europe)

 

Notre traduction de l’extrait :

 

Comme je l’ai déjà signalé, j’ai pu assister cette semaine à une conférence privée organisée à Athènes, en Grèce, dans le but de renforcer les liens entre la Grèce, Chypre et l’entité israélienne génocidaire.

L’un des thèmes centraux de la conférence était qu’Israël, la Grèce et Chypre doivent redoubler d’efforts pour achever la mise en place du corridor Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC). L’IMEC a pour objectif de faire contrepoids à l’initiative chinoise « Une ceinture, une route ».

Dans ce quatrième et dernier compte rendu de la conférence, nous nous portons notre attention sur les interventions de quelques poids lourds des secteurs privés israélien et grec, notamment le président d’Israel Shipyards,Autorité portuaire israélienne et le président de la Chambre de commerce d’Athènes.

 

 

 

 

Il n’y a pas ici de transcription, mais vous pouvez activer un doublage en français. On n’est pas cap de vous dire comment, mais c’est affirmé par Youtube et ça en vaut la peine !

 

 

 

Quant à nous… brûlons un cierge à tous les saints du paradis, pour qu’ils protègent les Iraniens et leurs entreprises.

 

L a survie de l’espèce non IAtique en dépend.

 

 

 

 

 

 

 

Et voilà qu’avec Carl Zha, qui retrouvons-nous ?

Suleiman Ahmed soi-même !

 

 

La Chine trahit l’Iran ?

 

La Chine a-t-elle trahi l’Iran ?

Carl Zha apporte une réponse d’une honnêteté brutale

 

 

 

 

Toujours notre traduction de l’extrait :

 

L’historien et analyste géopolitique Carl Zha se joint à l’émission pour décrypter l’escalade de la lutte pour le pouvoir mondial entre les États-Unis, la Chine et l’Iran. Dans cette interview explosive, Carl explique pourquoi Donald Trump s’est rendu à Pékin en compagnie des plus puissantes « élites » technologiques et économiques US, ce que la Chine attend réellement des États-Unis, et si Pékin a trahi l’Iran lors de la crise du détroit d’Ormuz. La conversation aborde en profondeur :

 

La stratégie de Trump vis-à-vis de la Chine

L’Iran et le détroit d’Ormuz

Les terres rares et la dépendance des USA vis-à-vis de la Chine

Nvidia, l’IA et la guerre des semi-conducteurs

Tesla, Boeing et les oligarques du monde des affaires américain

L’ascension de la Chine en tant que superpuissance mondiale

Le déclin de la domination militaire U.S.

Les tensions autour de Taïwan

Pourquoi Carl Zha estime que l’empire américain s’affaiblit

 

Carl explique également comment la Chine a soutenu l’Iran sur le plan économique pendant le conflit, pourquoi le complexe militaro-industriel U.S. est en difficulté, et comment l’équilibre des pouvoirs mondiaux est en train de basculer sous nos yeux.

 

Idem, un doublage en français est possible. Et si vous n’entendez pas la vraie voix de Carl Zha, ce n’est pas trop grave.

 

 

 

Rappel de qui sont nos auteurs d’aujourd’hui :

 

John HELMER,

Fils d’un père polonais, héros de la IIe Guerre mondiale en URSS et d’une mère russe. Né en Australie.

Fixé à Moscou depuis 1989 comme correspondant étranger indépendant.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de très grande importance, dont certains avec sa défunte épouse.

Il anime un site important appelé Dances with Bears (« Il danse avec les ours ») et s’entretient au moins une fois par semaine avec l’autre Brésilien (natif d’Iran) Nima Alkhorshid, dans des vidéos publiées sur parDialogue Worls.

 

Pepe ESCOBAR

le Brésilien sinophile et BRICSophile qu’on ne présente plus, qui parle au moins dix langues, grand voyageur et reporter sous le soleil.

« Force de la nature » selon Maria Zakharova.

Auteur, lui aussi, de plusieurs ouvrages qui comptent.

 

Suleiman AHMED 

Nous le découvrons avec vous. Il anime Résistance morale,  un podcast qui publie notamment des interviews sur YouTube.

D’après Pepe Escobar, il est spécialiste en routes commerciales.

 

Dimitri LASCARIS,

bien connu de nos lecteurs, est un avocat d’origine grecque, naturalisé canadien, qui a fait partie, dans son pays d’adoption, d’un cabinet d’avocats, dont il s’est séparé lorsque son combat politique a risqué de le faire sombrer, mais qui est resté en bons termes avec ses anciens associés. Il poursuit seul ce combat, sur un plan international, soutenu financièrement par ses lecteurs/auditeurs de plus en plus nombreux. À notre avis, ses vidéos quotidiennes sont irremplaçables.

 

Carl ZHA

est un historien et un analyste probablement chinois des États-Unis, qui anime le podcast Silk & Steel où il publie des vidéos sur la Chine, l’histoire, la culture et la géopolitique.

 

 

 

 

Pour remercier nos lecteurs de leur patience…

 

Un point méconnu d’histoire euopéenne

 

Peu de gens savent – nous pensons même que personne à part nous ne le sait – que des débris de l’armée des Amazones (celle de Penthésilée), après la bataille perdue contre les Grecs, sont venus s’échouer tout au bout de l’Europe : dans la forêt d’Ardenne.

Vu leur bravoure au combat, il ne devait pas en rester beaucoup.

Mais, après la défaite, il leur avait été impossible de retourner dans leur matrée d‘origine, sur les bords de la mer Noire : toutes les routes, tous les passages étaient tenus par les vainqueurs. Pour les auteurs de l’Antiquité, elles avaient disparu « dans les forêts profondes ou sur le sommet des montagnes ». C’est-à-dire là où il est impossible de faire pousser du grain ou de nourrir des troupeaux d’animaux domestiques.

À pied ou à cheval ? Mystère. En passant par où ? Le long du Danube ? On ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est que tout au long des siècles chrétiens, une espèce de totem a trôné dans une église de campagne – celle de Polleur, bourg proche de Spa, au marquisat de Franchimont (Pays de Liège)  – sans qu’aucun des prêtres qui l’ont desservie ait jamais fait quoi que ce soit pour l’en expulser. Elle est connue aujourd’hui sous le sobriquet de « Bête du Staneux ». C’était une centauresse sagittaire à queue de lionne. Et les habitants du lieu continuent de participer, chaque dernier « week-end » de juillet, à une chasse folklorique : la traque à la Bête, parfaite inversion d’un rite antédiluvien où c’était elle qui chassait… les rois à sacrifier à la Grande Mère-Lune des origines.

C’est toujours ainsi que les choses se passent : quand une religion est vaincue, elle est soit diabolisée soit ridiculisée par celle qui la remplace.

Or, celle qui est devenue « La Bête » n’était autre que Méduse, la Gorgone… déesse-mère des Amazones.

Au siècle dernier (vers 1912), Jane-Ellen Harrison, dame très savante, a publié à Cambridge un livre intitulé  Prolégomènes à l’étude de la religion grecque (ici réédité en 2010),

 

 

où elle s’interrogeait sur cette divinité, « qui a disparu, dit-elle, du jour au lendemain, sans laisser de traces ». Ce qui lui a fait conclure qu’en matière d’histoire et de religion, « toutes choses sont en flux ». Elle oubliait seulement que cette divinité n’était pas grecque, même si c’est par les Grecs que nous la connaissons. Elle était, nous l’avons dit, la déesse-mère des Amazones, et elle a disparu, en effet, du jour au lendemain, avec elles.

Au fait, le mot amazone vient de « amaz-onë » : reine Amaz, mère Amaz, dame-Amaz, et… ânesse-Amaz.  « Amaz » est un mot arménien qui a été, dans ces contrées, le nom donné à la lune. Et les Amazones étaient, pour le très savant aussi Robert Graves qui nous a appris tout cela : des « Dames-Lune à cheval ».

Bien entendu, le christianisme successeur n’a fait le plus souvent que reprendre à son compte des divinités si chères à ses ouailles qu’il eût été dangereux et impensable de les en priver. Il suffisait d’en faire des saints. C’est ainsi, par exemple, que les toutes premières églises de l’Ardenne ont été… des chapelles à Sainte Anne. Rien qui fût dédié à Dieu-le-Père ni à Jésus, ni au Saiint-Esprit ni à la Sainte Vietge, mais à sainte Anne. Qui certes devint « sa mère » en même temps qu’elle restait en catimini la 3e personne de la Déesse-Lune (la Déesse Blanche de Me Graves). Celle qui avait survécu aux deux autres, évincées par des dieux mâles (dieux-fils, hélas, et non dieux-pères, donc en aucune façon « protecteurs de tout ce qui vit » lesquels auront pour patron saint Joseph.

Au début du XXeme siècle, lors de certaines festivités catholiques, on attachait encore à la tête des chevaux des drapelets triangulaires où l’on voyait une chapelle de sainte Anne précédée d’un perron de plusieurs marche et d’une représentation de saint Eloi en évêque. On y voyait sainte Anne trônant dans les nuages un livre ouvert à la main.

Elle est devenue, par chez nous, la patronne des gens qui lisent.

Il s’agissait bien de la 3e personne de la très antique et triple Déesse Lune Blanche : la vieille, l’ensevelisseuse, à laquelle les fils pourtant affamés du pouvoir des mères, n’avaient jamais osé toucher.

Qui a lu attentivement Robert Graves n’a aucun mal à comprendre que la centauresse sagittaire à queue de lionne dite « Bête du Staneux » est la Triple-Déesse elle-même, maîtresse des vents et grande mère des Amazones, connue sous d’autres cieux sous le nom de Sakmet (l’Égyptienne déesse-lionne couronnée de sepents) mais aussi de Méduse ou Gorgone, dont les cheveux étaient, on le sait, aussi des serpents. La queue de lionne de notre Bête nous apprend simplement qu’elle « gouvernait les vents du nord » qui « soufflent en mars avec la force du lion ».

Nous sommes un jour tombés sur une représentation de la Dea Syria, celle à qui Lucien de Samosate a sacrifié sa première boucle de cheveux. Elle avait été gravée sur une coquille d’huître, par un soldat de Pharaon, revenu à Thèbes d’une campagne en Syrie. C’est là qu’on l’a trouvée.

Nous l’avons placée face à face avec la dernière représentation de notre Bête, griffonnée à la hâte par un habitant de Spa juste avant qu’on la brûle.

 

 

 

 

Elles témoignent à nos yeux de deux époques différentes de l’évolution de notre espèce, l’ancienne créature mi-humaine mi-animale des temps matriarcaux s’étant plus tard entièrement anthropomorphisée.

Ce qu’il faut savoir, c’est que toutes ces choses – transmission et folklorisation des croyances anciennes – sont le trésor du populaire, de la classe qui travaille, qui a labouré la terre depuis la plis ancienne préhistoire pour nourrir les autres humains.

En 1803, les tristement célèbres « cocardes noires », revenus de Coblence, d’Aix-la-Chapelle et de Maastricht et remis au pouvoir par les colonisateurs français thermidoriens, ont forcé le curé du lieu à traîner la plus antique de toutes ses reliques sur le parvis de son église et de l’y brûler « en présence du peuple assemblé ». Qu’il voie bien, ce peuple, à quel point il avait été battu. Lui qui avait donné, dès 1788, le coup d’envoi à la grande Révolution.

Que reste-t-il des Amazones d’il y a ± 3.300 ans ? Ont-elles fait souche là où elles étaient venues s’abattre ? Le contraire est très improbable. Tout ce qu’on peut dire, c’est que dans un mouchoir de poche d’une centaine de kilomètres carrés peut-être, sont nés Jeanne d’Arc, Théroigne de Méricourt, Saint Just et Rimbaud. Et non, on n’a de preuves de rien, leurs ADN ont disparu,  pour deux d’entre eux au moins, brûlé comme celui de « la Bête ». Mais on peut rêver, non ? Ne sommes-nous pas  « de l’étoffe dont sont faits les rêve » ?.

 

Et incidemment :

Le chef d’œuvre de Robert Graves – que John Cowper Powys eût pu appeler « borne d’histoire terrestre », est un fabuleux décryptage du mythe planétaire de la Lune divinisée par le matriarcat. Il a paru en Grande Bretagne en 1948, et aux USA la même année, avec le sous-titre « grammaire historique du mythe poétique ».

 

Ceci est une réédition de 1999 par Faber & Faber.

 

Il a paru en français en 1979, aux éditions du Rocher, sous son titre exact :

 

Plus tard, on ne sait pas quand au juste, il a été republié, par un éditeur analphabète (le même, racheté par d’autres), sous un titre aussi abusif qu’ahurissant :

 

C’est un des innombrables méfaits du libéralisme.

Parce que « les Celtes », en France, ça fait vendre.

 

 

Pour en savoir plus sur ce livre capital consacré à un mythe religieux de l’age de pierre (donc matriarcal) détrôné par le mythe monothéiste male des Hébreux, auquel l’auteur attribue la plupart des maux contemporains, voir ici :  https://en.wikipedia.org/wiki/The_White_Goddess

 

 

 

Où est l’Homère occidental qui chantera la Persiade ?

 

Et d’abord, quelle défaite ou quelle victoire  célèbrera-t-il ?

 

En attendant de le savoir, relisons Céline.

 

 

 

 

Mis en ligne le 22 mai 2026

par Les Grosses Orchades

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